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Les enfants de Dune [Children of Dune - fr]

Электронная книга - «Les enfants de Dune [Children of Dune - fr]». Краткое содержание книги:

Sur Dune, la planète des sables, les anciennes prophéties sont en train de s’accomplir. La transformation écologique s’accélère : l’eau, jadis plus coûteuse que l’or, coule à flots, et les jardins débordent sur le désert. Mais la prospérité nouvelle de Dune menace sa richesse, l’Epice de longévité et de prescience. Les durs Fremen, qui ont porté aux confins de l’univers humain la bannière et la parole de Muad’Dib, s’amollissent. Les vers géants se font rares. Et depuis que Paul est allé au désert pour y mourir selon la tradition Fremen parce qu’il a perdu la vue, ses prêtres ont construit sur son message de paix une théocratie autoritaire qui régit toute la galaxie.
C’est alors que se jouent les destins des enfants de Dune.
Leto et Ghanima, les jumeaux nés de Paul et de Chani, se sont éveillés à la conscience dans le ventre de leur mère et portent en eux les mémoires héréditaires d’innombrables générations. Il leur faut les dompter s’ils veulent échapper à l’Abomination redoutée par les Sœurs du Bene Gesserit à la possession par un spectre surgi de ce passé génétique.
Il leur faut aussi déjouer les complots s’ils veulent survivre, refondre l’univers humain ébranlé par le Jihad et régner à leur tour sur Dune.

Voici enfin le troisième volet de l’épopée la plus fascinante de toute la science-fiction moderne. Un grand roman historique situé dans l’avenir lointain.
Dans huit mille ans.
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Les rapports sur sa mort étaient dans la bibliothèque. Le Sardaukar qui l’avait terrassé avait rapporté que dix-neuf d’entre eux étaient tombés aux pieds d’Idaho. Dix-neuf Sardaukar ! Cette chair méritait bien les cuves de régénération. Pourtant, les Tleilaxu avaient choisi d’en faire un mentat. Étrange créature revenue d’entre les morts. Par-dessus tous ses talents, il était devenu computeur humain. Qu’en éprouvait-il ?

Pourquoi a-t-il tenté de se tuer ?

Farad’n connaissait les talents qui lui étaient propres et il n’entretenait que peu d’illusions à cet égard. Il était archéologue et historien, juge des hommes. La nécessité avait fait de lui un expert dans l’étude de ceux qui allaient le servir, la nécessité et l’analyse attentive des Atréides. Il considérait que tel était le prix que l’on avait toujours exigé de l’aristocratie. Exercer le pouvoir, cela impliquait des jugements précis et incisifs sur ceux qui soutenaient votre pouvoir. Combien de souverains s’étaient effondrés par les fautes et les excès de leurs subordonnés.

L’étude approfondie des Atréides révélait un talent exceptionnel dans l’art de choisir ses serviteurs. Ils avaient su préserver la loyauté, entretenir l’ardeur de leurs soldats.

Idaho ne se conformait pas à ce personnage.

Pourquoi ?

Farad’n plissa les paupières comme s’il voulait voir au-delà de la peau de cet homme. Il émanait d’Idaho une impression de durée, le sentiment qu’il ne pouvait connaître l’usure du temps. Il formait un tout, un ensemble organisé et solidement intégré. Cet être qui était sorti des cuves tleilaxu transcendait l’humain. Farad’n en était persuadé. Il percevait dans ce nouvel homme une sorte de mouvement auto-régénérateur, tout comme s’il agissait en accord avec des lois immuables, renaissant chaque matin, transformé à chaque terme. Il se déplaçait selon une orbite fixe, solidement, comme une planète autour de son étoile. Les pressions ne pouvaient le casser, elles ne parviendraient qu’à modifier imperceptiblement son orbite sans opérer le moindre changement radical.

Pourquoi s’est-il tranché un poignet ?

Quel qu’ait pu être son motif, il n’avait agi que pour les Atréides, pour sa Maison. Il orbitait autour de l’étoile des Atréides à tout jamais.

On dirait qu’il considère que la présence de Dame Jessica ici, en mon pouvoir, ne fait que renforcer celui des Atréides. Mais, se souvint Farad’n, c’est un mentat qui pense ainsi. Cela donnait à cette conclusion une autre profondeur.

Les mentats se trompaient, mais rarement.

Ayant atteint cette conclusion, Farad’n fut sur le point d’ordonner à ses serviteurs de renvoyer Dame Jessica en même temps que Duncan Idaho.

Il hésita, puis renonça. Cet homme et cette femme – ce ghola-mentat et cette sorcière Bene Gesserit – étaient des pions d’une valeur inconnue dans ce jeu du pouvoir. Il fallait renvoyer Idaho sur Arrakis car cela y provoquerait certainement des troubles, mais Dame Jessica devrait demeurer ici et déverser son étrange savoir pour le bien de Corrino.

Farad’n n’ignorait pas qu’il jouait un jeu subtil et mortel, désormais. Mais, depuis des années, il s’était préparé à cette possibilité, depuis qu’il avait pris conscience de son intelligence supérieure, de sa sensibilité supérieure par rapport à tous ceux qui l’entouraient. Pour l’enfant qu’il était, cette découverte avait été effrayante. La bibliothèque avait été un asile, pour lui, de même que son professeur.

Pourtant, il était maintenant assailli par le doute et se demandait s’il était bien à la hauteur du jeu. Il avait rejeté sa mère, avait écarté ses conseils, mais les décisions qu’elle avait prises avaient toujours été dangereuses pour lui. Les tigres ! Leur entraînement avait relevé de l’atrocité et leur usage de la stupidité. Ils avaient été dépistés si aisément ! Wensicia ne pourrait qu’être reconnaissante d’être simplement frappée de bannissement… Sur ce point, se dit-il, le conseil de Dame Jessica épousait parfaitement ses aspirations. Elle devrait lui révéler les voies de cette réflexion Atréides.

Les doutes de Farad’n commençaient à s’estomper. Il pensa à ses Sardaukar qui redevenaient rudes et vifs grâce à l’entraînement rigoureux et à l’existence stricte qu’il avait prescrits. Ses forces étaient minimes mais elles étaient capables, à nouveau, d’affronter les Fremen d’égal à égal. Ce qui ne servait pas à grand-chose aussi longtemps que les limitations du Traité d’Arrakeen s’étendraient à l’importance des forces armées. Les Fremen continueraient de dominer les Sardaukar en nombre, aussi longtemps qu’ils ne seraient pas affaiblis et bloqués par la guerre civile.

Il était encore trop tôt pour envisager une bataille entre Fremen et Sardaukar. Il avait besoin de temps. Il avait besoin d’alliés nouveaux qui lui viendraient des Maisons Majeures mécontentes et des Maisons Mineures récemment consolidées. Il avait besoin du financement de la CHOM. Il avait besoin d’un délai pour permettre à ses Sardaukar de devenir plus forts et aux Fremen de s’affaiblir.

Il revint à l’écran, à l’image du ghola si patient. Pourquoi Idaho désirait-il voir Dame Jessica en un tel moment ? Il devait savoir qu’on les espionnait, que chacun de leurs gestes, de leurs mots était enregistré et analysé.

Pourquoi ?

Le regard de Farad’n s’écarta de l’écran pour se poser sur l’étagère à côté de la console de contrôle. Il pouvait distinguer dans la pâle lumière électronique les bobines qui contenaient les tout derniers rapports d’Arrakis. Il eut une pensée de reconnaissance pour ses espions : ils accomplissaient consciencieusement leur mission, il lui fallait le reconnaître. Il y avait des motifs de plaisir et d’espérance dans ces bobines. Farad’n ferma les yeux, et les passages importants défilèrent dans son esprit, dans ce style bizarrement littéraire qu’il donnait aux bobines pour son usage personnel :

La planète devenant fertile, les Fremen se trouvent libérés des pressions de la terre, et leurs nouvelles communautés perdent le caractère traditionnel du sietch-refuge. Dans la vieille culture du sietch, depuis l’enfance, les Fremen s’entendaient enseigner le dogme : « Tout comme la connaissance de ton être propre, le sietch forme une base ferme à partir de laquelle tu t’avances dans le monde et dans l’univers. »

Les Fremen traditionalistes disent : « Regarde le Massif », entendant par là que la Loi est la science maîtresse. Mais la nouvelle structure sociale a provoqué le relâchement de ces vieilles restrictions légales : la discipline devient laxiste. Les nouveaux chefs Fremen ne connaissent plus que le Bas Catéchisme de leurs ancêtres, et que cette part de leur histoire qui est camouflée dans la structure mythique de leurs chants. La population des communautés nouvelles est plus ouverte, moins constante. Ses membres se querellent plus souvent et réagissent plus difficilement à l’autorité. Le vieux peuple des sietch est plus discipliné, plus enclin à des actions de groupe et à un travail plus intense. De même, il est plus prudent quant à ses ressources. Le vieux peuple continue de croire que l’accomplissement de l’individu est dans la société organisée. Les plus jeunes ont tendance à s’écarter de cette croyance. Les survivants de l’ancienne culture, lorsqu’ils regardent les jeunes, déclarent : « Le vent de mort a rongé leur passé. »

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