Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Космическая фантастика » L'homme des jeux [The Player of Games - fr]
L'homme des jeux [The Player of Games - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

L'homme des jeux [The Player of Games - fr]

Электронная книга - «L'homme des jeux [The Player of Games - fr]». Краткое содержание книги:

Gurgeh est l’un des plus célèbres joueurs de jeux que la Culture ait jamais connu. Il joue, gagne, enseigne, théorise. La Culture est une immense société galactique, pacifiste, multiforme, anarchiste, tolérante, éthique et cynique. Elle est composée d’humains, d’Intelligences Artificielles et d’espèces étrangères qui ont accepté ses valeurs. Elle cultive les loisirs et les jeux qui ont le statut d’un art majeur.
Le Contact, service de la Culture spécialisé dans l’évaluation et l’infiltration de civilisations étrangères nouvellement découvertes, considère l’Empire d’Azad, terrifiant de puissance et de cruauté, comme un danger potentiel. L’Empire repose, historiquement, sur un jeu infiniment complexe dont le gagnant devient Empereur.
Si bien que Gurgeh, contre son gré, manipulé mais fasciné par le défi, se retrouve à cent mille années-lumière de sa confortable demeure, devenu un pion des IA qui régissent la Culture et lancé dans le formidable jeu d’Azad.
Avec la série de la Culture, Iain Banks renouvelle avec panache et humour l’aventure spatiale. Comme dans L’usage des armes, il construit une société d’envergure galactique, bigarrée, baroque et attachante qui deviendra une référence dans l’histoire des futurs.
1 ... 70 71 72 73 74 75 76 77 78 ... 114
Перейти на страницу:

Entre les coups, pendant les parties mineures, Bermoiya restait parfaitement immobile, sans jamais quitter des yeux le tablier, et ne bougeait que pour déplacer un pion. Il faisait preuve de la même réflexion et de la même assurance avec les cartes, et Gurgeh se surprit à réagir à l’inverse, c’est-à-dire en devenant nerveux et agité. Il contra cette tendance au moyen d’endodrogues destinées à lui rendre son calme, et, durant les sept jours pleins qu’occupèrent les parties mineures, il finit par composer avec le style réfléchi, mesuré de l’apical. Au total, le juge termina avec un léger avantage. Personne n’avait prononcé le mot de pari.

Ils commencèrent par le Tablier d’Origine, et Gurgeh crut dans un premier temps que l’Empire se contenterait de se fier au don manifeste de Bermoiya pour l’Azad… Mais soudain, au bout d’une heure de jeu, l’apical grisonnant leva la main pour appeler le Juge de jeu. Tous deux vinrent trouver Gurgeh, qui se tenait dans un angle du tablier. Bermoiya s’inclina.

« Jernow Gurgey, commença-t-il. (Il s’exprimait d’une voix grave, et Gurgeh crut déceler, dans chacune de ses syllabes résonnant dans les basses, de profonds accents d’autorité.) Je me vois contraint de demander à ce que nous nous engagions corporellement. Êtes-vous disposé à considérer ma requête ? »

Gurgeh plongea son regard dans les grands yeux paisibles de son adversaire, et se sentit vaciller ; il fut contraint de baisser les yeux. Il se rappela fugitivement la jeune fille du bal. Il releva les yeux… et ressentit à nouveau la pression impitoyable qui émanait de ce visage d’homme sage et instruit.

Il avait devant lui un être accoutumé à prononcer à l’encontre de ses concitoyens des sentences de mort, de défiguration, de souffrance et d’emprisonnement ; un apical qui dispensait la torture, la mutilation et détenait le pouvoir de les faire administrer, voire le pouvoir de vie ou de mort, et tout cela pour préserver l’Empire et ses valeurs.

Il te suffirait simplement de répondre « non », songea Gurgeh. Tu en as assez fait. Personne ne te le reprocherait. Pourquoi pas ? Pourquoi ne pas accepter le fait qu’ils sont meilleurs que toi à ce jeu ? Pourquoi t’imposer ces soucis, ces affres ? Psychologiques au moins, physiques peut-être. Tu as prouvé tout ce que tu devais prouver, tout ce que tu voulais, plus qu’ils ne croyaient…

Abandonne. Ne fais pas l’idiot. L’héroïsme, ce n’est pas ton genre. Sers-toi de ce fameux sens développé par le jeu : tes succès dépassent toutes tes espérances. Retire-toi, maintenant ; montre-leur ce que tu penses de leur absurde « option physique », de leurs sordides menaces de tyranneaux… Montre-leur le peu d’importance que tout cela a pour toi.

Mais il n’en ferait rien. Il regarda l’apical droit dans les yeux et sut qu’il continuerait à jouer. Il se dit qu’il perdait un peu la tête, peut-être, mais qu’il n’abandonnerait pas comme cela. Il allait le prendre à bras-le-corps, ce fabuleux jeu de maniaques, l’enfourcher et ne plus le lâcher.

On verrait bien jusqu’où il l’entraînerait avant de le jeter à terre, ou de se retourner et de le dévorer sur place.

« Je suis d’accord, dit-il en écarquillant les yeux.

« Vous êtes de sexe mâle, je crois.

« Oui, répondit Gurgeh dont les paumes se mirent à transpirer.

« Je mets en jeu l’émasculation. L’ablation du membre viril et des testicules contre la castration apicale, dans la partie sur le Tablier d’Origine. Acceptez-vous ?

« Je… »

Gurgeh déglutit, mais sa bouche demeura sèche. C’était absurde ; il ne courait aucun danger réel. Le Facteur limite viendrait à son secours ; sinon, il pouvait supporter cela. Il ne ressentirait aucune douleur, et les organes génitaux étaient parmi les parties du corps qui mettaient le moins de temps à repousser… Et pourtant, la salle parut se déformer, se gauchir sous ses yeux ; il eut brusquement une vision écœurante : des bulles éclatant à la surface d’un liquide rouge et visqueux qui virait lentement au noir.

« … Oui ! proféra-t-il en se forçant. Oui », dit-il, cette fois à l’intention du Juge.

Les deux apicaux s’inclinèrent, puis se retirèrent.

Chapitre 17

« Vous pouvez appeler le vaisseau maintenant, si vous voulez », dit Flère-Imsaho.

De fait, Gurgeh avait bien l’intention de contacter le Facteur limite, mais seulement dans le but d’analyser la position – plutôt mauvaise – qui était pour l’instant la sienne dans le jeu, et non pour crier à l’aide. Il fit donc la sourde oreille.

La nuit était tombée ; pour Gurgeh, la journée avait mal tourné. Bermoiya avait extrêmement bien joué, et la presse ne parlait que de la partie, qu’on saluait déjà comme un classique du genre ; une fois de plus, Gurgeh partageait – en compagnie de Bermoiya – les gros titres avec Nicosar qui, comme toujours, piétinait son adversaire, malgré la compétence qu’on reconnaissait à ce dernier.

Le bras toujours en écharpe, l’air soumis et presque respectueux, Péquil vint trouver Gurgeh après la séance du soir et l’informa que le module était désormais placé sous surveillance spéciale, et que cela durerait jusqu’à la fin du jeu. Péquil ne doutait pas de son sens de l’honneur, mais quand on faisait l’objet d’un pari corporel on était toujours discrètement surveillé ; dans son cas, on opérerait par l’intermédiaire d’un croiseur anti-G en haute atmosphère faisant partie d’une escadre qui patrouillait en permanence dans le quasi-espace au-dessus de Groasnachek. Le module ne serait en aucun cas autorisé à quitter la position qu’il occupait actuellement dans le jardin suspendu sur le toit de l’hôtel.

Gurgeh se demanda ce que devait ressentir Bermoiya. Il avait bien remarqué la formule qu’avait employée l’apical en exposant son intention de recourir à l’option physique : « Je me vois contraint »… Il en était venu à respecter le style-de-jeu de son concurrent, et par-là Bermoiya lui-même. Il doutait fort que le juge eût la moindre envie d’en recourir à l’option, mais l’Empire se trouvait à présent dans une situation délicate : on était parti du principe que Gurgeh se ferait battre avant d’en arriver à ce stade, et on exagérait en conséquence la menace qu’il représentait. Or, cette partie prétendument gagnée d’avance se révélait être un véritable désastre. On murmurait que des têtes étaient d’ores et déjà tombées au sein du Bureau Impérial. Bermoiya avait dû recevoir des consignes ; il fallait à tout prix arrêter Gurgeh.

Ce dernier s’était renseigné sur le sort que subirait Bermoiya dans l’improbable éventualité où ce serait l’apical, et non l’homme, qui perdrait la face. La castration apicale impliquait l’ablation totale et irrémédiable du vagin et des ovaires. En considérant la question, ainsi que le traitement qui serait réservé en cas d’échec à cet individu placide et imposant, Gurgeh comprit qu’il n’avait pas envisagé toutes les implications de l’option physique. Même s’il l’emportait effectivement, comment pourrait-il laisser mutiler un autre être vivant ? Si Bermoiya perdait au jeu, il était fini : carrière, famille, plus rien n’existerait pour lui. L’Empire proscrivait la régénération ou le remplacement de toute partie du corps perdue à l’occasion d’un pari ; le préjudice subi par le juge serait définitif, et éventuellement mortel : dans ce genre de circonstances, le suicide n’était pas rare. Il valait peut-être mieux que ce soit Gurgeh qui perde.

L’ennui, c’est qu’il ne voulait pas perdre. Il ne ressentait aucune animosité personnelle à l’encontre de Bermoiya, mais désirait éperdument sortir vainqueur de cette partie, de la suivante, et de celle qui viendrait ensuite. Il venait seulement de comprendre à quel point l’Azad pouvait être envoûtant lorsqu’on y jouait dans son environnement d’origine. Concrètement, il jouait au même jeu que naguère à bord du Facteur limite ; mais le sentiment global qu’il éprouvait à l’idée d’y jouer dans le cadre prévu à cet effet bouleversait sa conception ; maintenant, il comprenait… Maintenant il savait pourquoi ce jeu avait permis à l’Empire de se perpétuer. L’Azad créait en lui-même une soif insatiable de victoires accumulées, de pouvoir, de territoires toujours plus étendus et de domination toujours plus grande.

1 ... 70 71 72 73 74 75 76 77 78 ... 114
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)