Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Историческая проза » Les Pardaillan - Livre VI - Les Amours Du Chico
Les Pardaillan - Livre VI - Les Amours Du Chico - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Les Pardaillan - Livre VI - Les Amours Du Chico

Электронная книга - «Les Pardaillan - Livre VI - Les Amours Du Chico». Краткое содержание книги:

La suite de Pardaillan et Fausta. Au cours de son ambassade à la Cour d'Espagne, Pardaillan est amené à protéger une jeune bohémienne, La Giralda, fiancée d'El Torero, Don César, qui n'est autre que le petit-fils secret et persécuté de Philippe II. Or, Fausta a jeté son dévolu sur El Torero pour mener à bien ses intrigues, et elle bénéficie de l'appui du Grand Inquisiteur Don Espinoza dans ses criminelles manoeuvres. Le chevalier est aidé dans cette lutte par le dévouement absolu d'un pauvre déshérité, le malicieux Chico et sa bien-aimée Juana…
1 ... 70 71 72 73 74 75 76 77 78 ... 115
Перейти на страницу:

Au même instant, il aperçut sa bourse posée ostensiblement sur la table. Il s’en empara et l’empocha avec une satisfaction non dissimulée.

– Allons, murmura-t-il, je me suis trop hâté de mal juger… Mais, mordiable! je ne vais plus oser boire ni manger maintenant, de crainte qu’on ne mélange encore quelque drogue endormante à ma pitance.

Il réfléchit un instant, et:

– Non! fit-il en souriant, ils ont obtenu ce qu’ils voulaient. Il est à présumer qu’ils ne chercheront pas à m’endormir de nouveau. Attendons. Nous verrons bien.

Comme il l’avait prévu, il put boire et manger sans éprouver aucun malaise, sans qu’aucune drogue fût mêlée à ses aliments.

Pendant trois jours, il vécut ainsi, sans voir d’autres personnes que les moines qui le servaient et le gardaient en même temps, sans jamais se départir d’un calme absolu, sans jamais lui dire une parole.

Il avait voulu les interroger, savoir, s’informer. Les religieux s’étaient contentés de le saluer gravement et profondément, et s’étaient retirés sans répondre à ses questions.

Le matin de ce troisième jour, il allait et venait dans sa prison, marchant d’un pas nerveux et saccadé pour se dérouiller, cherchant et combinant dans sa tête une foule de projets, qu’il rejetait au fur et à mesure qu’ils naissaient. Il avait laissé sa fenêtre grande ouverte, comme il faisait tous les jours du reste, et il passait et repassait devant cette fenêtre.

Tout à coup, il entendit un bruit sourd. Il se retourna vivement et aperçut une balle grosse comme le poing qui venait d’être projetée par la croisée ouverte. Avant même que de ramasser cette balle, il se précipita à la fenêtre et il aperçut une silhouette connue qui lui fit un signe furtif en traversant vivement le jardin sur lequel il avait vue.

«Le Chico! clama Pardaillan dans son esprit! Ah! le brave petit homme!… Comment diable a-t-il pu s’introduire ici?»

Il alla ramasser la balle, non sans s’assurer au préalable qu’il n’était pas épié par le judas percé au milieu de sa porte. Le judas était fermé… ou du moins il paraissait l’être.

Il alla se placer à la fenêtre, tournant ainsi le dos à la porte, et contempla l’objet qui venait de lui être jeté. C’était un assez gros paquet de laine enroulé autour d’un corps dur. Il le défit rapidement et trouva un feuillet enroulé autour d’une pierre. Il déplia le feuillet et lut:

«Ne mangez rien, ne buvez rien de ce qu’on vous servira. On veut vous empoisonner. Avant trois jours j’aurai réussi à vous faire évader. Si j’échoue il sera temps pour vous de prendre le poison qui doit vous foudroyer. Patientez donc ces trois jours. Courage. Espoir.»

– Trois jours sans boire et sans manger, songea Pardaillan en faisant la grimace, diable! À ce compte-là, je ne sais s’il ne vaudrait pas mieux me résigner au poison tout de suite… Oui, mais si le Chico réussit?… Hum!… Que veut-il faire?… Bah! après tout je ne mourrai pas pour trois jours de jeûne, tandis que je mourrai fort proprement du poison… d’autant que ces trois jours se réduisent à deux, attendu qu’il me reste de mon souper d’hier de quoi me nourrir aujourd’hui. Puisque j’ai mangé de ces provisions hier soir et que je ne suis pas encore mort, j’ai tout lieu de penser qu’elles ne sont pas empoisonnées. En conséquence, je puis encore en manger.

Ayant ainsi décidé, il prit les provisions qui lui restaient, en fit deux parts, et attaqua bravement la première. Quand il ne resta plus miette de la ration qu’il s’était accordée, il prit la deuxième part et alla l’enfermer dans le coffre à habits. Et il attendit.

Il paraissait très calme en apparence, mais de l’effort qu’il faisait pour se maîtriser il sentait la sueur perler à son front. En effet, savait-il si on n’avait pas profité de son sommeil pour mêler à ces restes le poison qui devait le foudroyer, disait le billet de Chico. Si brave et si maître de lui qu’il fût, Pardaillan passa là deux heures d’angoisse sans nom, au bout desquelles il se sentit rassuré.

Entre temps, on lui avait apporté son déjeuner. Les moines qui le servaient avaient paru s’étonner de la disparition des restes du souper de la veille. Mais comme le prisonnier avait refusé de toucher au déjeuner qu’ils apportaient, ils avaient dû penser que, pris d’une fringale subite, il avait préféré se contenter de ces restes et que maintenant, il n’avait plus faim. Ils avaient donc laissé la table servie et s’étaient retirés, toujours sans ouvrir la bouche.

Certain maintenant de ne pas être empoisonné – pour le moment, du moins – il se mit à réfléchir. Il pensait au Chico et se sentait profondément touché par le dévouement du petit homme. Est-ce à dire qu’il comptait sur le nain? Pardaillan ne comptait que sur lui-même.

Mais l’esprit toujours en éveil, plus que quiconque il savait profiter des incidents les plus futiles en apparence, et les faire tourner à son avantage. Qui sait si l’intervention inespérée de Chico ne ferait pas surgir un de ces incidents dont il saurait profiter?

En attendant, la plus élémentaire prudence conseillait de tenir compte de l’avis reçu en ne s’exposant pas de propos délibéré à la mort qu’on lui destinait.

À vrai dire, il s’étonnait un peu que Fausta et d’Espinosa n’eussent pas trouvé quelque supplice plus long, plus raffiné. Mais, somme toute, savait-il quel genre de poison lui serait administré? Savait-il si ce poison foudroyant ne le ferait pas souffrir, durant quelques minutes, plus que la plus cruelle des tortures? Puis, quoi? Il n’y avait pas à douter, il avait vu de ses propres yeux le Chico traverser furtivement le jardin et lui faire un geste amical. Donc le billet était bien du nain, donc son avis devait être exact, donc il avait bien fait de le suivre.

Il fut interrompu dans ses réflexions par l’arrivée soudaine du grand inquisiteur.

«Enfin! songea Pardaillan, je vais savoir quelque chose.»

Et il se hérissa, prêt à lutter, car il devinait que l’entrevue avec un tel adversaire ne pouvait être qu’une sorte de duel.

D’Espinosa avait son immuable visage calme, indifférent, pourrait-on dire. Dans son attitude aisée, correcte, pas l’ombre de défi, pas la moindre manifestation de satisfaction de son succès. On eût dit d’un gentilhomme venant faire une visite courtoise à un autre gentilhomme.

Dès que Pardaillan avait été emmené par ses hommes, d’Espinosa s’était rendu, directement à la Tour de l’Or. C’est là, si on ne l’a pas oublié, que le cardinal Montalte et le duc de Ponte-Maggiore, réconciliés dans leur haine commune de Pardaillan, étaient soignés, sur l’ordre de d’Espinosa, par un moine médecin.

D’Espinosa avait décidé de le faire partir pour Rome et de se servir de leur influence réelle pour peser sur les décisions du conclave, à l’effet de faire élire un pape de son choix. Sans doute avait-il des moyens à lui d’imposer ses volontés, car, après une résistance sérieuse, le cardinal et le duc, vaincus, durent se résigner à obéir. Cependant Ponte-Maggiore qui, n’étant pas prêtre, n’avait rien à espérer personnellement dans cette élection, s’était montré plus rebelle que Montalte qui, lui, prince de l’Église, était éligible et pouvait espérer succéder à son oncle Sixte Quint.

D’Espinosa sentit que, pour vaincre définitivement la résistance de ces deux hommes que la jalousie torturait, il lui fallait leur prouver qu’ils pouvaient quitter Fausta sans avoir rien à redouter de Pardaillan. Il n’avait pas hésité un seul instant.

1 ... 70 71 72 73 74 75 76 77 78 ... 115
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)