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La Marquise De Pompadour Tome I

Электронная книга - «La Marquise De Pompadour Tome I». Краткое содержание книги:

Un jour de 1744, Jeanne Poisson, belle jeune femme, rencontre, au hasard d'un bois, le roi Louis XV qui chasse, et obtient de lui la gr?ce d'un cerf. A la suite d'un chantage visant son p?re, Jeanne est bient?t oblig?e d'?pouser un homme qu'elle n'aime pas, Henri d'Etioles. Mais le roi a ? son tour succomb? au charme de Jeanne et leur idylle ?clate au grand jour. Les intrigues s'?chafaudent et de sinistres personnages comme le comte du Barry ou le myst?rieux M. Jacques manigancent dans l'ombre. Quel sera le destin de Jeanne?
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Bernis, n’ayant reçu aucun ordre, restait immobile à sa place.

Du Barry embrassa cette scène d’un coup d’œil.

Il vit alors que le carrosse était arrêté devant la porte d’un élégant pavillon de style Renaissance où tout paraissait dormir, volets clos et portes fermées…

Le roi s’approcha de la porte d’entrée et souleva trois fois le marteau.

Aussitôt, comme s’il y eût quelqu’un qui veillât en permanence, la porte s’ouvrit, et une gracieuse soubrette apparut, éclairée par la lampe qu’elle tenait à la main. Cette femme reconnut-elle le roi? Peut-être. Mais elle ne fit aucun geste de surprise, ne prononça pas un mot et se contenta d’éclairer le passage en élevant sa lampe.

Alors Louis XV se rapprocha du carrosse, ouvrit la portière et tendit la main.

Du Barry vit apparaître Mme d’Étioles qui, pâle et tremblante, s’appuya sur cette main pour descendre.

Le roi la conduisit jusqu’à l’entrée de la maison, et, s’adressant à la soubrette:

– Suzon, dit-il, voici votre nouvelle maîtresse. J’espère que tout est prêt pour la recevoir dignement.

– Oui, monsieur, répondit la soubrette.

– Madame, reprit Louis XV en se tournant vers Jeanne, veuillez vous considérer ici comme chez vous. Et vous y êtes réellement. Car cette maison, dès cet instant, vous appartient. J’ose espérer que vous voudrez bien parfois, parmi les amis qui viendront vous saluer, recevoir le plus fidèle et le plus soumis de vos serviteurs.

En même temps il s’inclina profondément.

Jeanne, troublée jusqu’à l’âme, eut une dernière hésitation…

Elle fit une révérence et murmura d’une voix confuse:

– Vous serez toujours le bienvenu… monsieur!…

Et elle entra!…

Louis XV demeura un instant devant cette porte, un singulier sourire au coin des lèvres. Puis, vivement, il remonta dans le carrosse qui, quelques minutes plus tard, s’arrêta devant le château où tout était toujours prêt, nuit et jour, pour recevoir Sa Majesté…

– Ouf! murmura Bernis en remettant le carrosse aux mains des valets d’écurie, je ne sais combien maître Berryer a pu grimper d’échelons cette nuit… je crois que, de mon côté, l’escalade se présente assez bien… Or çà! réfléchissons maintenant!… Dois-je ou non prévenir ce cher M. Jacques… oh! pardon… monseigneur!… Voyons: de quel côté dois-je me laisser pousser?… Si je laissais faire?… Qui sera vainqueur? le roi, ou la puissante société à laquelle je suis affilié?… Prenons toujours deux jours de repos… et de réflexion…

Sur ce, M. de Bernis se retira dans la chambre qu’on lui avait préparée, et se mit, en effet, à réfléchir.

Quant à du Barry, il était remonté sur sa bête et avait repris à franc étrier le chemin de Paris.

À trois heures du matin, tandis que Bernis réfléchissait, que Berryer attendait, que Jeanne songeait à l’étourdissante aventure et que le roi dormait fort paisiblement, du Barry frappa à la maison de la rue du Foin, et, malgré l’heure, fut aussitôt introduit.

Là aussi, on était prêt à toute heure du jour et de la nuit…

Le lendemain, Paris apprit avec indifférence que la Cour s’était transportée à Versailles que le roi fût au Louvre ou au château, les édits sur les impôts n’en pleuvaient pas moins avec leur implacable régularité. Les Parisiens ne furent donc ni attristés ni joyeux de savoir que, par un de ces caprices qui étaient fréquents, leur monarque avait quitté la ville dans la nuit pour aller dormir à Versailles.

Toute la journée ce fut un exode de cavaliers, de carrosses, seigneurs et hautes dames s’empressant de courir là où ils étaient sûrs de retrouver Sa Majesté, c’est-à-dire la source des honneurs et des faveurs.

Seulement, comme tout ce monde était au courant des habitudes de Louis XV, il ne témoignait pas la même philosophie indifférente que les bons bourgeois de Paris.

Les ministres étaient soucieux.

Les jeunes seigneurs étaient au contraire tout joyeux: car Versailles, c’était le lieu de délices… les fêtes de toute nature, la grande vie royale et somptueuse…

Les dames se demandaient ce que cachait ce caprice du roi…

Et plus d’une songeait à cette petite Mme d’Étioles avec qui Sa Majesté s’était entretenue pendant la fête de l’Hôtel de Ville… Quelques unes, aussi, pensaient à cette superbe Mme du Barry que le roi avait paru si fort admirer, – et toutes, avec inquiétude, avec une sourde jalousie, se demandaient si, en arrivant à Versailles, on n’allait pas leur présenter quelque nouvelle duchesse de Châteauroux…

L’étonnement de tous et de toutes fut grand lorsque, le soir, on vit le roi causer affectueusement avec la pauvre Marie Leszczynska, la reine si dédaignée, si délaissée…

Louis XV avait assidûment travaillé avec M. le marquis d’Argenson. Puis, il avait eu une longue entrevue avec son lieutenant de police. Avec ses courtisans, il se montra gai, affable, plus de vingt hautes dames à qui il n’avait jamais adressé la parole reçurent ses compliments…

Il en résulta que tout le monde au château de Versailles était radieux, depuis la reine Marie, qui put espérer un retour de son royal époux, jusqu’au premier ministre qui n’avait jamais trouvé Louis XV aussi attentif au conseil, jusqu’aux seigneurs de moindre importance qui, dans la bonne humeur du roi, voyaient un présage des fêtes prochaines.

Mais ce qui surprit surtout ce monde si mobile et si prompt aux commentaires, ce fut de voir Sa Majesté s’entretenir assez longuement et en particulier avec ce petit abbé dédaigné, ce freluquet de poète qu’était M. de Bernis.

De Bernis portait le bras en écharpe, et, en l’abordant, le roi lui avait dit à haute voix:

– Vous êtes donc blessé, monsieur?…

– Oui, Sire, avait répondu de Bernis, je me suis quelque peu foulé le bras gauche…

– Il faut vous reposer, avait repris le roi avec sollicitude.

– Sire, il n’est pas pour moi de repos plus propice à la guérison que de me trouver auprès de Votre Majesté.

Le roi avait souri à cette extravagante flatterie et avait entraîné le petit abbé dans une embrasure de fenêtre.

Lorsque Louis XV quitta Bernis, les seigneurs les plus huppés se crurent obligés de venir lui demander des nouvelles de son bras. Jamais Bernis ne s’était vu à pareille fête. Quelques-uns essayèrent habilement de savoir la cause de cette mystérieuse foulure… mais il demeura impénétrable, papillonna de groupe en groupe, reçut et rendit force œillades, force compliments; chacun l’admira et lui découvrit tout à coup un esprit, une galanterie, une foule de qualités jusque-là insoupçonnées!… Bernis était sur le chemin de la fortune!…

Vers dix heures, Louis XV se retira dans ses appartements et se remit aux mains de Lebel, son valet de chambre.

Bernis rayonnant monta les escaliers qui conduisaient à la chambre qui lui avait été assignée: car le roi avait voulu qu’il logeât au château.

– Décidément, se disait Bernis, je crois que j’ai bien fait de ne pas aller trouver… M. Jacques! Vive le roi, morbleu!… surtout s’il tient les promesses qu’il m’a faites… Et pourquoi ne les tiendrait-il pas?

En prononçant ces paroles in petto, Bernis tourna le bouton de sa chambre, et aperçut un homme installé au coin de la cheminée, devant un bon feu clair…

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