Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Научная фантастика » Le grand silence [The Alien Years - fr]
Le grand silence [The Alien Years - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le grand silence [The Alien Years - fr]

Электронная книга - «Le grand silence [The Alien Years - fr]». Краткое содержание книги:

Cette fois, ce n’est plus du cinéma ! Surgis de nulle part, les extraterrestres ont débarqué sur la Terre pour s’installer dans les principales métropoles du globe : Los Angeles, New York, Londres, Prague, Paris…
Indiciblement beaux ou incroyablement hideux – les avis sont partagés sur les géants d’outre-espace –, refusant toute communication depuis les enclaves impénétrables où ils se sont enfermés, ils dirigent la planète selon des voies mystérieuses par l’intermédiaire de collaborateurs humains télépathiquement asservis. Communications, gouvernements et systèmes bancaires disparaissent, plongeant le monde dans le chaos. Coupures d’électricité à grande échelle, pandémies, déportations et exécutions massives sanctionnent les tentatives de rébellion. Les Entités, comme on les appelle, sont venues, Elles ont vu, Elles ont vaincu. Mais pas sur toute la ligne… En Californie du Sud, le vieux colonel Carmichael prêche la Résistance au milieu de son clan rassemblé dans les collines de Santa Barbara. Ex-hippie ou ex-militaire, escroc repenti ou musulman mystique, professeurs d’université ou informaticiens de haute volée, au fil des générations, la pittoresque tribu Carmichael va unir ses compétences pour bouter l’envahisseur hors de la Terre…
A la fois étrange et familière, une chronique de cinquante ans d’occupation extraterrestre qui atteint à l’ampleur d’Autant en emporte le vent.
1 ... 60 61 62 63 64 65 66 67 68 ... 130
Перейти на страницу:

« Karl-Heinrich », commença-t-elle. Sa voix était calme, neutre. Elle donnait l’impression de sourire pour de bon, même si ce sourire était distant. « Ça fait un bail, hein ? Tu t’en es très bien tiré. » D’un geste large, elle engloba le bureau lambrissé, la vue sur le fleuve, la batterie d’ordinateurs, les trésors des musées nationaux qui l’entouraient de tous côtés.

« Et toi ? dit-il plus ou moins machinalement. Comment ça se passe pour toi, Barbro ? » II ne reconnaissait plus le ton de sa propre voix, bizarrement chaleureux, comme s’ils étaient de vieux amis, comme si elle était autre chose qu’une inconnue dont il s’était cinq ou six fois servi, à son corps défendant, une douzaine d’années auparavant.

« Pas aussi bien que je le voudrais, à la vérité, dit-elle avec un petit soupir. Tu as reçu ma lettre, Karl-Heinreich ?

— Désolé. Je ne me souviens pas. » II ne lisait jamais son courrier. Jamais. Il était toujours plein de tirades venimeuses, d’exécrations, de dénonciations, de menaces.

« C’était une demande d’assistance. Quelque chose de particulier, quelque chose que toi seul peux vraiment comprendre. »

II lui fit grise mine. Il venait de se rendre compte qu’il avait commis une effroyable erreur en la laissant entrer, en recevant un quémandeur en personne. Il fallait qu’il se débarrasse d’elle.

Mais elle était déjà en train de sortir des documents, de déplier des papiers sous ses yeux. « J’ai un fils, expliqua-t-elle. Il a dix ans. Il ferait ton admiration. Il est formidable avec les ordinateurs, comme tu devais l’être à son âge. Il sait tout ce qu’il faut savoir en informatique. Il s’appelle Gustav. Regarde, j’ai sa photo. Il est beau, non ? »

II repoussa le cliché d’un geste. « Écoute, Barbro, je n’ai pas besoin de protégés, si c’est pour ça que tu es venue…

— Non. Il y a un terrible problème. Il a été transféré dans un camp de travail au Canada. L’ordre est arrivé la semaine dernière. Quelque part dans le Grand Nord, là où il fait froid tout le temps, un endroit où on abat les arbres pour les papeteries. Dis-moi, Karl-Heinrich, pourquoi les Entités auraient-Elles besoin d’expédier un gamin qui n’a pas onze ans dans un camp de bûcherons ? Ça n’a rien à voir avec l’informatique. C’est du strict travail manuel. Il va mourir là-bas. C’est sûrement une erreur.

— Il y a des erreurs, effectivement. Il y a des tas de facteurs aléatoires là-dedans. » II voyait où elle voulait en venir avec ce discours.

Il avait raison.

« Sauve-le, dit-elle. Je me rappelle comment, il y a bien longtemps, tu as rédigé des ordres de transfert pour moi et les as ensuite modifiés. Tu as tous les pouvoirs. Sauve mon enfant, je t’en supplie. S’il te plaît. Je t’en saurai gré. »

Elle le considérait d’un air affligé, le regard fixe, tous les muscles du visage rigides.

Puis elle se mit à roucouler : « Je ferai tout ce que tu voudras, Karl-Heinrich. Tu as voulu que je sois ton amante, jadis. J’avais alors gardé mes distances, je ne voulais pas me permettre de te faire plaisir, mais je veux bien l’être maintenant. Je serai ton esclave. Je te baiserai les pieds. Je me prêterai à tout ce que tu exigeras de moi. Aux actes les plus intimes, à tous tes désirs, quels qu’ils soient. Je serai à toi tant que tu le voudras. Mais sauve mon fils, je t’en supplie. Tu es le seul qui puisse le faire. »

En cette moite journée d’été, elle portait un corsage blanc sur une courte jupe bleue. Tout en parlant, elle se déboutonnait, jetant par terre un vêtement après l’autre. Les lourdes et pâles éminences de ses seins s’offrirent au regard, luisantes de transpiration. Ses narines se dilatèrent ; ses lèvres se retroussèrent en ce qui se voulait apparemment un sourire avide et enjôleur.

Je serai ton esclave. Le fantasme même qu’il avait caressé tant d’années auparavant ! Comment pouvait-elle savoir ?

Il commençait à avoir mal à la tête. Sauve mon fils. Je t’en supplie. Je serai ton esclave.

Karl-Heinrich ne voulait pas – ne voulait plus – que Barbro Ekelund soit son esclave. Il n’avait plus du tout envie de Barbro Ekelund. Il l’avait désirée longtemps auparavant, certes, désespérément, quand il avait seize ans, il l’avait eue – plus ou moins -et voilà ; elle n’était plus que de l’histoire ancienne, une pièce d’archivé dans sa mémoire et rien d’autre. Il n’avait plus seize ans. Il n’avait aucune envie de relations durables. Nul besoin de retrouvailles sentimentales avec des figures de son passé. Il.se contentait de convoquer des femmes presque au hasard, via son ordinateur, et jamais deux fois la même ; il les faisait venir pour sa brève satisfaction, puis elles disparaissaient à jamais de son existence.

Tous les ennuyeux attachements humains, les vrilles tenaces de la dépendance ou d’il ne savait trop quoi, tout ce qu’impliquait n’importe quel rapport personnel authentique, il avait toute sa vie essayé de les éviter, s’était maintenu très au-dessus des vicissitudes du commun des mortels comme la première Entité venue. Et pourtant, de temps à autre, il se retrouvait piégé : ici on voulait une faveur, là, on lui offrait une sorte de compensation – comme s’il en avait besoin ! Des gens qui faisaient semblant d’être ses amis, ses amantes. Il n’avait pas d’amis. Il n’aimait personne. Il savait que personne ne l’aimait. Il s’en satisfaisait. Tout ce dont Karl-Heinrich Borgmann avait besoin, il n’avait qu’à tendre la main pour l’obtenir.

Quand même, songea-t-il. Sois magnanime pour une fois. Cette femme a compté pour toi pendant quelques mois, il y a bien longtemps. Donne-lui ce qu’elle veut, fais le nécessaire pour sauver son fils et dis-lui de se rhabiller et de décamper.

Elle était nue à présent. Elle se tortillait devant lui, provocante, s’offrant à lui d’une manière qui aurait fait ses délices des années plus tôt mais qu’il trouvait maintenant carrément absurde. Et d’un moment à l’autre, elle allait entrer dans le périmètre de sécurité. « Attention, dit-il. La zone autour de mon bureau est sous surveillance. Si tu t’approches encore, tu vas déclencher l’écran de protection. La décharge va t’assommer. »

Trop tard.

« Oh ! » Un petit cri d’oiseau. Elle leva les bras en l’air et partit en arrière en tournant sur elle-même.

Elle avait touché le champ de protection, semblait-il, du moins sa lisière, et avait reçu une secousse. Elle s’écarta d’une manière spectaculaire. Karl-Heinrich la regarda tituber, chanceler, s’effondrer et rouler sur le plancher, atterrissant lourdement – boum ! – au beau milieu de la pièce. Elle se mit immédiatement en boule, la tête rétractée en une masse sanglotante, labourant du front le vénérable tapis persan emprunté au musée. C’était la première fois que Karl-Heinrich voyait quelqu’un heurter le champ. L’effet en était plus puissant que prévu. Consterné, il la vit entrer dans une crise d’hystérie, tout le corps secoué de convulsions, le souffle haché de hoquets incontrôlables. C’était gênant ; gênant et un peu triste aussi. Qu’elle souffre à ce point.

Il se demanda ce qu’il devait faire. Il s’arrêta au-dessus d’elle et contempla sa forme nue et tressautante, la voyant à présent comme il l’avait vue par l’œil de son espion électronique bien des années auparavant : captivé par les fesses blanches et charnues, le dos pâle et élancé, le pointillé délicat de sa colonne vertébrale.

1 ... 60 61 62 63 64 65 66 67 68 ... 130
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)