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Ainsi parlait Zarathoustra

Электронная книга - «Ainsi parlait Zarathoustra». Краткое содержание книги:

Ainsi parlait Zarathoustra
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«Celui qui vous écoute, celui qui aime à vous écouter, vous qui êtes les rois, celui-là s’appelle Zarathoustra.

Je suis Zarathoustra qui a dit un jour: «Qu’importe encore des rois! Pardonnez-moi, si je me suis réjoui lorsque vous vous êtes dit l’un à l’autre: «Qu’importe encore de nous autres rois!»

Mais vous êtes ici dans mon royaume et sous ma domination: que pouvez-vous bien chercher dans mon royaume? Peut-être cependant avez-vous trouvé en chemin ce que je cherche: je cherche l’homme supérieur.»

Lorsque les rois entendirent cela, ils se frappèrent la poitrine et dirent d’un commun accord: «Nous sommes reconnus!

Avec le glaive de cette parole tu tranches la plus profonde obscurité de nos cœurs. Tu as découvert notre détresse. Car voici! nous sommes en route pour trouver l’homme supérieur – l’homme qui nous est supérieur: bien que nous soyons des rois. C’est à lui que nous amenons cet âne. Car l’homme le plus haut doit être aussi sur la terre le maître le plus haut.

Il n’y a pas de plus dure calamité, dans toutes les destinées humaines, que lorsque les puissants de la terre ne sont pas en même temps les premiers hommes. C’est alors que tout devient faux et monstrueux, que tout va de travers.

Et quand ils sont les derniers même, et plutôt des animaux que des hommes: alors la populace monte et monte en valeur, et enfin la vertu populacière finit par dire: «Voici, c’est moi seule qui suis la vertu!» -

«Qu’est-ce que je viens d’entendre? répondit Zarathoustra; quelle sagesse chez des rois! Je suis ravi, et, vraiment, déjà j’ai envie de faire un couplet là-dessus: – mon couplet ne sera peut-être pas pour les oreilles de tout le monde. Il y a longtemps que j’ai désappris d’avoir de l’égard pour les longues oreilles. Allons! En avant!

(Mais à ce moment il arriva que l’âne, lui aussi, prit la parole: il prononça distinctement et avec mauvaise intention I-A.)

Autrefois – je crois que c’était en l’an un -

La sibylle dit, ivre sans avoir bu de vin:

«Malheur, maintenant cela va mal!

«Déclin! Déclin! Jamais le monde n’est tombé si bas!

Rome s’est abaissée à la fille, à la maison publique,

Le César de Rome s’est abaissé à la bête,

Dieu lui-même s’est fait juif!»

2.

Les rois se délectèrent de ce couplet de Zarathoustra; cependant le roi de droite se prit à dire: «Ô Zarathoustra, comme nous avons bien fait de nous mettre en route pour te voir!

Car tes ennemis nous ont montré ton image dans leur miroir: tu y avais la grimace d’un démon au rire sarcastique: en sorte que nous avons eu peur de toi.

Mais qu’importe! Toujours à nouveau tu pénétrais dans nos oreilles et dans nos cœurs avec tes maximes. Alors nous avons fini par dire: qu’importe le visage qu’il a!

Il faut que nous l’entendions, celui qui enseigne: «Vous devez aimer la paix, comme un moyen de guerres nouvelles, et la courte paix plus que la longue!»

Jamais personne n’a prononcé de paroles aussi guerrières: «Qu’est-ce qui est bien? Être braves voilà qui est bien. C’est la bonne guerre qui sanctifie toute cause.»

Ô Zarathoustra, à ces paroles le sang de nos pères s’est retourné dans nos corps: cela a été comme la parole du printemps à de vieux tonneaux de vin.

Quand les glaives se croisaient, semblables à des serpents tachetés de sang, alors nos pères se sentaient portés vers la vie; le soleil de la paix leur semblait flou et tiède, mais la longue paix leur faisait honte.

Comme ils soupiraient, nos pères, lorsqu’ils voyaient au mur des glaives polis et inutiles! Semblables à ces glaives ils avaient soif de la guerre. Car un glaive veut boire du sang, un glaive scintille de désir.» -

– Tandis que les rois parlaient et babillaient ainsi, avec feu, de la félicité de leurs pères, Zarathoustra fut pris d’une grande envie de se moquer de leur ardeur: car c’étaient évidemment des rois très paisibles qu’il voyait devant lui, des rois aux visages vieux et fins. Mais il se surmonta. «Allons! En route! dit-il, vous voici sur le chemin, là-haut est la caverne de Zarathoustra; et ce jour doit avoir une longue soirée! Mais maintenant un cri de détresse pressant m’appelle loin de vous.

Ma caverne sera honorée, si des rois y prennent place pour attendre: mais il est vrai qu’il faudra que vous attendiez longtemps!

Eh bien! Qu’importe! Où apprend-on mieux à attendre aujourd’hui que dans les cours? Et de toutes les vertus des rois, la seule qui leur soit restée, – ne s’appelle-t-elle pas aujourd’hui: savoir attendre?»

Ainsi parlait Zarathoustra.

La sangsue

Et Zarathoustra pensif continua sa route, descendant toujours plus bas, traversant des forêts et passant devant des marécages; mais, comme il arrive à tous ceux qui réfléchissent à des choses difficiles, il butta par mégarde sur un homme. Et voici, d’un seul coup, un cri de douleur, deux jurons et vingt injures graves jaillirent à sa face: en sorte que, dans sa frayeur, il leva sa canne pour frapper encore celui qu’il venait de heurter. Pourtant, au même instant, il reprit sa raison; et son cœur se mit à rire de la folie qu’il venait de faire.

«Pardonne-moi, dit-il à l’homme, sur lequel il avait butté, et qui venait de se lever avec colère, pour s» asseoir aussitôt, pardonne-moi et écoute avant tout une parabole.

Comme un voyageur qui rêve de choses lointaines, sur une route solitaire, se heurte par mégarde à un chien qui sommeille, à un chien qui est couché au soleiclass="underline" – comme tous deux se lèvent et s’abordent brusquement, semblables à des ennemis mortels, tous deux effrayés à mort: ainsi il en a été de nous.

Et pourtant! Et pourtant! – combien il s’en est fallu de peu qu’ils ne se caressent, ce chien et ce solitaire! Ne sont-ils pas tous deux – solitaires?»

– «Qui que tu sois, répondit, toujours avec colère, celui que Zarathoustra venait de heurter, tu t’approches encore trop de moi, non seulement avec ton pied, mais encore avec ta parabole!

Regarde, suis-je donc un chien?» – et, tout en disant cela, celui qui était assis se leva en retirant son bras nu du marécage. Car il avait commencé par être couché par terre tout de son long, caché et méconnaissable, comme quelqu’un qui guette un gibier des marécages.

«Mais que fais-tu donc?» s’écria Zarathoustra effrayé, car il voyait que beaucoup de sang coulait sur le bras nu. – «Que t’est-il arrivé? Une bête malfaisante t’a-t-elle mordu, malheureux?»

Celui qui saignait ricanait toujours avec colère. «En quoi cela te regarde-t-il? s’écria l’homme, et il voulut continuer sa route. Ici je suis chez moi et dans mon domaine. M’interroge qui voudra: je ne répondrai pas à un maladroit.»

«Tu te trompes, dit Zarathoustra plein de pitié, en le retenant, tu te trompes: tu n’es pas ici dans ton royaume, mais dans le mien, et ici il ne doit arriver malheur à personne.

Appelle-moi toujours comme tu voudras, – je suis celui qu’il faut que je sois. Je me nomme moi-même Zarathoustra.

Allons! C’est là-haut qu’est le chemin qui mène à la caverne de Zarathoustra: elle n’est pas bien loin, – ne veux-tu pas venir chez moi pour soigner tes blessures?

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