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Ainsi parlait Zarathoustra

Электронная книга - «Ainsi parlait Zarathoustra». Краткое содержание книги:

Ainsi parlait Zarathoustra
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Ô comment ne serais-je pas ardent de l’éternité, ardent du nuptial anneau des anneaux, – l’anneau du devenir et du retour?

Jamais encore je n’ai trouvé la femme de qui je voudrais avoir des enfants, si ce n’est cette femme que j’aime: car je t’aime, ô éternité!

Car je t’aime, ô Éternité!

5.

Si j’aime la mer et tout ce qui ressemble à la mer et le plus encore quand fougueuse elle me contredit:

Si je porte en moi cette joie du chercheur, cette joie qui pousse la voile vers l’inconnu, s’il y a dans ma joie une joie de navigateur:

Si jamais mon allégresse s’écria: «Les côtes ont disparu – maintenant ma dernière chaîne est tombée -

– l’immensité sans bornes bouillonne autour de moi, bien loin de moi scintillent le temps et l’espace, allons! en route! Vieux cœur!» -

Ô comment ne serais-je pas ardent de l’éternité, ardent du nuptial anneau des anneaux, – l’anneau du devenir et du retour?

Jamais encore je n’ai trouvé la femme de qui je voudrais avoir des enfants, si ce n’est cette femme que j’aime: car je t’aime, ô éternité!

Car je t’aime, ô Éternité!

6.

Si ma vertu est une vertu de danseur, si souvent des deux pieds j’ai sauté dans des ravissements d’or et d’émeraude:

Si ma méchanceté est une méchanceté riante qui se sent chez elle sous des branches de roses et des haies de lys:

– car dans le rire tout ce qui est méchant se trouve ensemble, mais sanctifié et affranchi par sa propre béatitude:

Et ceci est mon alpha et mon oméga, que tout ce qui est lourd devienne léger, que tout corps devienne danseur, tout esprit oiseau: et, en vérité, ceci est mon alpha et mon oméga! -

Ô comment ne serais-je pas ardent de l’éternité, ardent du nuptial anneau des anneaux, l’anneau du devenir et du retour?

Jamais encore je n’ai trouvé la femme de qui je voudrais avoir des enfants, si ce n’est cette femme que j’aime: car je t’aime, ô éternité!

Car je t’aime, ô Éternité!

7.

Si jamais j’ai déployé des ciels tranquilles au-dessus de moi, volant de mes propres ailes dans mon propre cieclass="underline"

Si j’ai nagé en me jouant dans de profonds lointains de lumière, si la sagesse d’oiseau de ma liberté est venue: -

– car ainsi parle la sagesse de l’oiseau: «Voici il n’y a pas d’en haut, il n’y a pas d’en bas! Jette-toi çà et là, en avant, en arrière, toi qui es léger! Chante! ne parle plus!»

– «toutes les paroles ne sont-elles pas faites pour ceux qui sont lourds? Toutes les paroles ne mentent-elles pas à celui qui est léger? Chante! ne parle plus!» -

Ô comment ne serais-je pas ardent de l’éternité, ardent du nuptial anneau des anneaux, l’anneau du devenir et du retour?

Jamais encore je n’ai trouvé la femme de qui je voudrais avoir des enfants, si ce n’est cette femme que j’aime: car je t’aime, ô éternité!

Car je t’aime, ô Éternité!

QUATRIÈME PARTIE

Hélas, où fit-on sur la terre plus de folies que parmi les miséricordieux, et qu’est-ce qui fit plus de mal sur la terre que la folie des miséricordieux?

Malheur à tous ceux qui aiment sans avoir une hauteur qui est au-dessus de leur pitié!

Ainsi me dit un jour le diable: «Dieu aussi a son enfer: c’est son amour des hommes.»

Et dernièrement je l’ai entendu dire ces mots: «Dieu est mort; c’est sa pitié des hommes qui a tué Dieu.»

Zarathoustra, II,

Des miséricordieux.

L’offrande du miel

– Et de nouveau des mois et des années passèrent sur l’âme de Zarathoustra et il ne s’en apercevait pas; ses cheveux cependant devenaient blancs. Un jour qu’il était assis sur une pierre devant sa caverne, regardant en silence dans le lointain – car de ce point on voyait la mer, bien loin par-dessus des abîmes tortueux, – ses animaux pensifs tournèrent autour de lui et finirent par se placer devant lui.

«Ô Zarathoustra, dirent-ils, cherches-tu des yeux ton bonheur? – Qu’importe le bonheur, répondit-il, il y a longtemps que je n’aspire plus au bonheur, j’aspire à mon œuvre. – Ô Zarathoustra, reprirent derechef les animaux, tu dis cela comme quelqu’un qui est saturé de bien. N’es-tu pas couché dans un lac de bonheur teinté d’azur? – Petits espiègles, répondit Zarathoustra en souriant, comme vous avez bien choisi la parabole! Mais vous savez aussi que mon bonheur est lourd et qu’il n’est pas comme une vague mobile: il me pousse et il ne veut pas s’en aller de moi, adhérent comme de la poix fondue.» -

Alors ses animaux pensifs tournèrent derechef autour de lui, et de nouveau ils se placèrent devant lui. «Ô Zarathoustra, dirent-ils, c’est donc à cause de cela que tu deviens toujours plus jaune et plus foncé, quoique tes cheveux se donnent des airs d’être blancs et faits de chanvre? Vois donc, tu es assis dans ta poix et dans ton malheur! – Que dites-vous là, mes animaux, s’écria Zarathoustra en riant, en vérité j’ai blasphémé en parlant de poix. Ce qui m’arrive, arrive à tous les fruits qui mûrissent. C’est le miel dans mes veines qui rend mon sang plus épais et aussi mon âme plus silencieuse. – Il doit en être ainsi, ô Zarathoustra, reprirent les animaux, en se pressant contre lui; mais ne veux-tu pas aujourd’hui monter sur une haute montagne? L’air est pur et aujourd’hui, mieux que jamais, on peut vivre dans le monde. – Oui, mes animaux, repartit Zarathoustra, vous conseillez à merveille et tout à fait selon mon cœur: je veux monter aujourd’hui sur une haute montagne! Mais veillez à ce que j’y trouve du miel à ma portée, du miel des ruches dorées, du miel jaune et blanc et bon et d’une fraîcheur glaciale. Car sachez que là-haut je veux présenter l’offrande du miel.» -

Cependant, lorsque Zarathoustra fut arrivé au sommet, il renvoya les animaux qui l’avaient accompagné, et il s’aperçut qu’il était seuclass="underline" – alors il rit de tout cœur, regarda autour de lui et parla ainsi:

J’ai parlé d’offrandes et d’offrandes de miel; mais ce n’était là qu’une ruse de mon discours et, en vérité, une folie utile! Déjà je puis parler plus librement là-haut que devant les retraites des ermites et les animaux domestiques des ermites.

Que parlais-je de sacrifier? Je gaspille ce que l’on me donne, moi le gaspilleur aux mille bras: comment oserais-je encore appeler cela – sacrifier!

Et lorsque j’ai demandé du miel, c’était une amorce que je demandais, des ruches dorées et douces et farouches dont les ours grognons et les oiseaux singuliers sont friands: – je demandais la meilleure amorce, l’amorce dont les chasseurs et les pêcheurs ont besoin. Car si le monde est comme une sombre forêt peuplée de bêtes, jardin des délices pour tous les chasseurs sauvages, il me semble ressembler plutôt encore à une mer abondante et sans fond, – une mer pleine de poissons multicolores et de crabes dont les dieux mêmes seraient friands, en sorte qu’à cause de la mer ils deviendraient pêcheurs et jetteraient leurs filets: tant le monde est riche en prodiges grands et petits!

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