Ainsi parlait Zarathoustra
- Автор: Ницше Фридрих Вильгельм
- Год: 21
- Язык: французский
- Жанр: Классическая проза
Электронная книга - «Ainsi parlait Zarathoustra». Краткое содержание книги:
Je suis vraiment fatigué d’être toujours ton berger moutonnier! Sorcière! j’ai chanté pour toi jusqu’à présent, maintenant pour moi tu dois – crier!
Tu dois danser et crier au rythme de mon fouet! Je n’ai pourtant pas oublié le fouet? – Non!» -
2.
Voilà ce que me répondit alors la vie, en se bouchant ses délicates oreilles:
«Ô Zarathoustra! Ne claque donc pas si épouvantablement de ton fouet! Tu le sais bien: le bruit assassine les pensées, – et voilà que me viennent de si tendres pensées.
Nous sommes tous les deux de vrais propres à rien, de vrais fainéants. C’est par delà le bien et mal que nous avons trouvé notre île et notre verte prairie – nous les avons trouvées tout seuls à nous deux! C’est pourquoi il faut que nous nous aimions l’un l’autre!
Et si même nous ne nous aimons pas du fond du cœur, – faut-il donc s’en vouloir, quand on ne s’aime pas du fond du cœur?
Et que je t’aime, que je t’aime souvent de trop, tu sais cela: et la raison en est que je suis jaloux de ta sagesse. Ah! cette vieille folle sagesse!
Si ta sagesse se sauvait une fois de toi, hélas! vite mon amour, lui aussi, se sauverait de toi.» -
Alors la vie regarda pensive derrière elle et autour d’elle et elle dit à voix basse: «Ô Zarathoustra, tu ne m’es pas assez fidèle!
Il s’en faut de beaucoup que tu ne m’aimes autant que tu le dis; je sais que tu songes à me quitter bientôt.
Il y a un vieux bourdon, lourd, très lourd: il sonne la nuit là-haut, jusque dans ta caverne: – quand tu entends cette cloche sonner les heures à minuit, tu songes à me quitter entre une heure et minuit: – tu y songes, ô Zarathoustra, je sais que tu veux bientôt m’abandonner!» -
«Oui, répondis-je en hésitant, mais tu le sais aussi -» Et je lui dis quelque chose à l’oreille, en plein dans ses touffes de cheveux embrouillées, dans ses touffes jaunes et folles.
«Tu sais cela, ô Zarathoustra? Personne ne sait cela -»
Et nous nous sommes regardés, nous avons jeté nos regards sur la verte prairie, où passait la fraîcheur du soir, et nous avons pleuré ensemble. – Mais alors la vie m’était plus chère que ne m’a jamais été toute ma sagesse. -
Ainsi parlait Zarathoustra.
3.
Un!
Ô homme prends garde!
Deux!
Que dit minuit profond?
Trois!
«J’ai dormi, j’ai dormi -,
Quatre!
«D’un rêve profond je me suis éveillé: -
Cinq!
«Le monde est profond,
Six!
«Et plus profond que ne pensait le jour.
Sept!
«Profonde est sa douleur -,
Huit!
«La joie – plus profonde que l’affliction.
Neuf!
«La douleur dit: Passe et finis!
Dix!
«Mais toute joie veut l’éternité -
Onze!
«- veut la profonde éternité!»
Douze!
Les sept sceaux
(ou: Le chant de L’Alpha et de L’Oméga)
1.
Si je suis un devin et plein de cet esprit divinatoire qui chemine sur une haute crête entre deux mers, -
qui chemine entre le passé et l’avenir, comme un lourd nuage, – ennemi de tous les étouffants bas-fonds, de tout ce qui est fatigué et qui ne peut ni mourir ni vivre:
prêt à l’éclair dans le sein obscur, prêt au rayon de clarté rédempteur, gonflé d’éclairs affirmateurs! qui se rient de leur affirmation! prêt à des foudres divinatrices:
– mais bienheureux celui qui est ainsi gonflé! Et, en vérité, il faut qu’il soit longtemps suspendu au sommet, comme un lourd orage, celui qui doit un jour allumer la lumière de l’avenir! -
Ô, comment ne serais-je pas ardent de l’éternité, ardent du nuptial anneau des anneaux, – l’anneau du devenir et du retour?
Jamais encore je n’ai trouvé la femme de qui je voudrais avoir des enfants, si ce n’est cette femme que j’aime: car je t’aime, ô éternité!
Car je t’aime, ô Éternité!
2.
Si jamais ma colère a violé des tombes, reculé des bornes frontières et jeté de vieilles tables brisées dans des profondeurs à pic:
Si jamais ma moquerie a éparpillé des paroles décrépites, si je suis venu comme un balai pour les araignées, et comme un vent purificateur pour les cavernes mortuaires, vieilles et moisies:
Si je me suis jamais assis plein d’allégresse, à l’endroit où sont enterrés des dieux anciens, bénissant et aimant le monde, à côté des monuments d’anciens calomniateurs du monde: -
– car j’aimerai même les églises et les tombeaux des dieux, quand le ciel regardera d’un œil clair à travers leurs voûtes brisées; j’aime à être assis sur les églises détruites, semblable à l’herbe et au rouge pavot -
Ô comment ne serais-je pas ardent de l’éternité, ardent du nuptial anneau des anneaux – l’anneau du devenir et du retour?
Jamais encore je n’ai trouvé la femme de qui je voudrais avoir des enfants, si ce n’est cette femme que j’aime: car je t’aime, ô éternité!
Car je t’aime, ô Éternité!
3.
Si jamais un souffle est venu vers moi, un souffle de ce souffle créateur, de cette nécessité divine qui force même les hasards à danser les danses d’étoiles:
Si jamais j’ai ri du rire de l’éclair créateur que suit en grondant, mais avec obéissance, le long tonnerre de l’action:
Si jamais j’ai joué aux dés avec des dieux, à la table divine de la terre, en sorte que la terre tremblait et se brisait, soufflant en l’air des fleuves de flammes: -
– car la terre est une table divine, tremblante de nouvelles paroles créatrices et d’un bruit de dés divins: -
Ô comment ne serais-je pas ardent de l’éternité, ardent du nuptial anneau des anneaux, – l’anneau du devenir et du retour?
Jamais encore je n’ai trouvé la femme de qui je voudrais avoir des enfants, si ce n’est cette femme que j’aime: car je t’aime, ô éternité!
Car je t’aime, ô Éternité!
4.
Si jamais j’ai bu d’un long trait à cette cruche écumante d’épices et de mixtures, où toutes choses sont bien mélangées:
Si jamais ma main a mêlé le plus lointain au plus proche, le feu à l’esprit, la joie à la peine et les pires choses aux meilleures:
Si je suis moi-même un grain de ce sable rédempteur, qui fait que toutes choses se mêlent bien dans la cruche des mixtures:
– car il existe un sel qui lie le bien au mal; et le mal lui-même est digne de servir d’épice et de faire déborder l’écume de la cruche: -