Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Классическая проза » La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville
La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville

Электронная книга - «La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville». Краткое содержание книги:

Ce roman épistolaire nous conte l'histoire classique d'une jeune fille, provinciale d'origine modeste, qui monte à Paris. Après avoir profité, sans en abuser, de la bonté d'une amie de la famille, la facilité et la vie dans la grande ville incitent notre héroïne à se faire «entretenir» par un marquis. La maîtresse sera en bons termes avec la marquise puisque son propre frère en est l'amant. Mais ces amours ne durent guère et la déchéance sera grande?
1 ... 57 58 59 60 61 62 63 64 65 ... 219
Перейти на страницу:

«Je soussigné, Ursule R **, fille mineure, âgée de dix-huit ans trois mois, de présent à Paris, où ma famille m’a envoyée, sous les auspices de Mme Parangon, amie de madite famille, et sous la conduite de la respectable dame Canon, sa tante, reconnais, qu’ayant été enlevée par des paysans, dans la rue des Billettes, à Paris, j’ai été heureusement rencontrée et délivrée par M. le marquis de ***, qui me trouvant évanouie et sans connaissance, m’a conduite dans une petite maison à lui appartenante, du côté de la Chausséed’Antin, où il m’a mise en sûreté. Qu’étant revenue à moi, ledit sieur marquis m’a parlé avec respect, soumission et tendresse. Que sur la demande que je lui ai faite, d’être ramenée chez Mme Canon, il s’est mis en devoir de me satisfaire; mais que ma faiblesse, causée par la frayeur, et par la fièvre qui s’était allumée, ne l’ayant pas permis, il a continué de me garder, en usant avec moi de la manière la plus obligeante. Qu’à la vérité, il m’a parlé d’amour, mais comme peut le faire un honnête homme. Que je l’ai paisiblement écouté; qu’un jour n’ayant pas bien compris ce qu’il me disait et, ayant donné une marque d’acquiescement, ledit sieur marquis trompé, pensa que je consentais à couronner sa tendresse, et se conduisit en conséquence, tandis que moi, encore effrayée de mon enlèvement, et croyant que l’action du marquis en était une suite, j’ai perdu l’usage de mes sens; situation dont le marquis ne s’est point aperçu… Qu’après l’injure involontaire qu’il m’avait faite, le marquis m’a exprimé ses regrets de la manière la plus vive et la plus vraie. Que pour réparer, autant qu’il est en lui, et qu’il convient à un fils de famille encore sous l’autorité de ses parents, le mal que j’avais souffert par son erreur, il a promis d’engager ses parents à me faire le capital de quinze mille livres de rentes; que j’ai promis d’accepter, en lui délivrant la présente reconnaissance, pour servir et valoir en toute occurrence où elle sera nécessaire. Fait à Paris, ce octobre 17… Approuvé l’écriture. URSULE R **.».

J’ai fait signer cette décharge à ta sœur, comme une lettre à tes parents, où je la priais de mettre sa signature pour les tranquilliser. Elle ignore ce qu’elle a reconnu, et je crois qu’il est à propos qu’elle n’en soit pas de sitôt instruite. Le mal est fait: en exigeant un prix aussi fort, pour acheter le silence d’Ursule, je n’ai pas seulement en vue de lui faire un sort, mais de diminuer aux yeux, du monde, et d’une famille distinguée, la distance que le rang et les richesses mettent entre ta sœur et le marquis de ***: cent mille écus sont une dot honnête; et si l’attentat avait des suites, qu’un fils, par exemple, vînt appuyer des droits légitimes, nous pourrions prétendre à un mariage: c’est un plan que je n’abandonne pas; au contraire, toutes mes démarches, et en particulier celle-ci, tendent à le réaliser.

Ainsi, mon cher il s’agit ici d’acquitter la parole d’honneur que je viens de donner aux parents du marquis, en leur remettant la déclaration, et en recevant d’eux, en bons effets, la somme convenue. Je la place sur-le-champ: parce qu’un notaire de ma connaissance se trouve avoir un fonds très avantageux à vendre à l’amiable, l’acquisition produira au-delà de l’intérêt ordinaire, c’est une excellente occasion! Les vendeurs partent pour les colonies, et, ils sont enchantés d’emporter une somme ronde avec eux; cette considération leur a fait rabattre du prix une vingtaine de mille francs. Ce nouvel acte vient d’être signé par Ursule, en ma présence: ainsi tout est fait. Je compte sur ton amitié, sur quelque reconnaissance pour mes soins, sur la considération de ton intérêt; je dis plus, de ta sûreté: car avec la déclaration d’Ursule, la famille, en cas de vengeance, te perdrait sûrement. Je suis,

Ton fidèle ami, à toute épreuve.

P.-S. – Le conseiller vient d’arriver: de la prudence avec cet homme! Mon intention est de ménager tous les partis, de les tromper s’il le faut, et de n’être utile qu’à toi.

Lettre 40. Ursule, à Fanchon.

[Elle raconte son malheur à ma femme, et en reconnaît la cause. Ensuite elle met son âme à nu, disant ce qu’elle a tu dans la lettre à Laure.].

10 novembre.

C’est entre la mort et la vie, que je t’écris, chère sœur; mais je crois pourtant que je suis mieux: du moins j’ai plus de courage. Quel triste sort m’attendait à Paris! Et quel a été le terme de mes trop mondaines espérances! J’ai perdu… ce qu’on ne recouvre jamais, et j’envie le sort de ces filles que je regardais comme bien au-dessous de moi, mais qui sont à présent au-dessus; elles ont l’honneur, et je ne l’ai plus!… On a beau me dire que la violence… La violence faite à Thamar ne lui ôta pas moins sa qualité de fille, et l’infortunée passa ses jours dans la honte et dans la douleur!…

1 ... 57 58 59 60 61 62 63 64 65 ... 219
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)