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La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville

Электронная книга - «La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville». Краткое содержание книги:

Ce roman épistolaire nous conte l'histoire classique d'une jeune fille, provinciale d'origine modeste, qui monte à Paris. Après avoir profité, sans en abuser, de la bonté d'une amie de la famille, la facilité et la vie dans la grande ville incitent notre héroïne à se faire «entretenir» par un marquis. La maîtresse sera en bons termes avec la marquise puisque son propre frère en est l'amant. Mais ces amours ne durent guère et la déchéance sera grande?
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Le lendemain.

Comme j’en étais hier à la page précédente de ma lettre, j’ai reçu la visite de M. Gaudet. Mon mariage est faux: l’homme en prêtre était un domestique du marquis; M. Gaudet a fait cette découverte, par le, moyen des deux jeunes filles qu’on m’avait données en second pour me servir, quoiqu’elles ne fussent pas du secret, car elles n’avaient pas vu le mariage; mais M. Gaudet, qui avait des soupçons, leur ayant demandé tout uniment lequel des gens du marquis était en prêtre, le jour de ma délivrance, elles l’ont nommé, sans connaître le motif de ce déguisement…

Une heure après.

Lorsque M. Gaudet a été parti, on m’a annoncé M. le conseiller. On m’a dit qu’il était déjà venu plusieurs fois. La conversation que nous avons eue est singulière! Après m’avoir témoigné l’intérêt qu’il prend à ce qui me touche, j’ai vu qu’il voulait pénétrer plus avant avec moi, qu’il n’avait fait avec Mme Parangon et mes autres amis. Je me suis trouvée très embarrassée. Mentir me répugnait; d’ailleurs le mensonge nous met toujours au-dessous de celui à qui nous mentons, fût-ce le dernier des laquais; car nous craignons qu’il ne découvre la vérité, et qu’après avoir su le mensonge, il ne nous méprise. Cela est encore plus vrai d’une fille avec son amant: le mensonge, dans cette position, est, je crois, égal au manque de sagesse, pour la honte dont il la peut couvrir; voici comme je me suis tirée. Le conseiller, après les compliments, m’a dit: «L’état où je vous vois, prouve que vous avez eu beaucoup à souffrir du marquis, mademoiselle? – Et de mon désespoir, monsieur. – Quel indigne moyen… d’arracher des faveurs! Ce ne sont pas des faveurs que la violence arrache. – Je le sais, mademoiselle: mais j’ai employé ce terme faute d’autre. Le marquis s’est rendu bien coupable! – Au-delà de ce que vous pouvez imaginer, monsieur, et ses propositions de mariage secret n’ont pas été le moindre de ses torts. – Il employait ce moyen? – Certainement, et toute la violence d’un homme emporté par une passion criminelle! Et quelle ressource aviez-vous, contre ses attaques? Mes larmes, les instances, les prières, l’état déplorable où je me suis trouvée, par de fréquents évanouissements. – Vous vous êtes évanouie? – Au point que deux femmes qu’il m’avait données pour me servir, ne pouvaient me quitter. – Elles ne vous quittaient pas? – Non, monsieur, ni jour ni nuit; et lorsque le marquis venait, elles étaient toujours prêtes à venir au moindre mot. (C’est la vérité, mais les malheureuses me trahissaient.) – N’a-t-il rien osé… c’est comme magistrat, et comme ayant du crédit ici que je vous fais cette question?» J’ai feint de me trouver mal, en lui répondant: «Le souvenir des excès du marquis… Je ne me trouve pas bien, monsieur, sonnez…» Il a sonné… «Cette image, ai-je repris, comme égarée, ôtez-la! – où? – Là, au pied de mon lit… Retire-toi, monstre!… Ne m’approche pas!…» On est entré. «Elle est dans le délire!» a dit le conseiller avec effroi. Par cette adresse je m’en suis débarrassée, sans avoir répondu à sa question d’une manière qui l’éclairât, et sans avoir menti. Si pourtant un jour, il s’agissait réellement de mariage entre lui et moi, je crois que je ferais le mensonge: car sa personne m’a toujours convenu; et puis, je ne perds pas de vue l’utilité dont cette alliance serait à notre famille, et le relief qu’elle nous donnerait dans le pays.

Le jour suivant.

Je viens d’avoir une longue conversation avec Mme Parangon. Ô! ma chère sœur! que de secrets elle m’a dévoilés! Ils sont tels que je ne lui ai rien caché non plus: je lui ai ouvert mon cœur comme à toi-même. Je vais seulement te rendre compte de ce qui la concerne.

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