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Les cavernes d'acier [The Caves of Steel - fr]

Электронная книга - «Les cavernes d'acier [The Caves of Steel - fr]». Краткое содержание книги:

Les cavernes d’acier sont les villes souterraines du futur. Là, bien que privés d’air et de lumière naturels, des millions d’hommes vivent à un rythme étourdissant.
Malgré une civilisation superscientifique et l’apparition de robots intelligents, les passions humaines n’ont pas cessé pour autant et le meurtre n’a pas disparu.
Mais le problème de Lije Baley West pas seulement de retrouver un meurtrier, il est aussi d’y parvenir avant son collègue R. Daneel. R. = Robot, car R. Daneel est un androïde au cerveau électronique ultraperfectionné, créé certes par l’homme, mais qui n’attend peut-être que l’occasion de prendre sa place.
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Malgré lui, Baley fut impressionné par le farouche orgueil du technicien. Brusquement, il lui demanda :

— Où étiez-vous, hier soir, entre 18 et 20 heures ?

— Je me promenais, fit l’autre, en haussant les épaules. J’aime bien marcher un peu après dîner.

— Vous avez été voir un ami ? Ou êtes-vous allé au cinéma ?

— Non, j’ai fait un petit tour à pied, tout simplement.

Baley serra les dents. Si Clousarr avait été au cinéma, on aurait pu le vérifier sur sa carte, laquelle aurait été cochée. Quant à une visite chez un ami, elle eût été encore plus contrôlable.

— Alors, personne ne vous a vu ?

— Peut-être que si ; mais moi, je n’en sais rien, car je n’ai rencontré personne de connaissance.

— Et avant-hier soir ?

— Même chose. Je me suis promené.

— Vous n’avez donc aucun alibi pour ces deux soirées ? ?

— Si j’avais commis un délit, inspecteur, vous pourriez être sûr que j’aurais un alibi. Mais, comme ce n’est pas le cas, pourquoi m’en serais-je préoccupé ?

Baley ne répliqua rien et consulta son carnet.

— Vous êtes passé en jugement une fois, pour incitation à l’émeute, dit-il.

— C’est vrai ! J’ai été bousculé par un robot, et je l’ai fichu en l’air. Vous appelez ça de l’incitation à l’émeute, vous ?

— Ce n’est pas moi, c’est le tribunal qui en a jugé ainsi. Il vous a reconnu coupable et condamné à une amende.

— D’accord. L’incident a donc été clos ainsi. A moins que vous ne désiriez me refaire payer l’amende ?

— Avant-hier soir, il y eut presque un début d’émeute, dans un magasin de chaussures du Bronx. On vous y a vu.

— Qui ça ?

— Cela s’est passé à l’heure de votre diner. Avez-vous dîné ici avant-hier soir ?

Clousarr hésita un instant, puis secoua la tête.

— J’avais mal à l’estomac. La levure produit parfois cet effet-là, même sur des vieux du métier comme moi.

— Hier soir, à Williamsburg, il y a eu également un incident, et on vous y a vu.

— Qui ça ?

— Niez-vous avoir été là en ces deux circonstances ?

— Vous ne me dites rien que j’aie besoin de nier. Où exactement cela s’est-il passé, et qui déclare m’avoir vu ?

Baley regarda bien en face le zymologiste et lui dit :

— Je crois que vous savez parfaitement de quoi je parle ; et je pense que vous jouez un rôle important dans un mouvement médiévaliste clandestin.

— Je n’ai aucun moyen de vous empêcher de penser ou de croire ce qui vous passe par la tête, inspecteur ! rétorqua l’autre, en souriant ironiquement. Mais vos idées ne constituent pas des preuves : ce n’est pas à moi de vous apprendre ça, j’imagine !

— Il n’empêche que je compte bien tirer de vous, dès maintenant, un peu de vérité, Clousarr !

Il s’en fut jusqu’à la porte, l’ouvrit, et dit à R. Daneel, qui se trouvait planté devant l’entrée :

— Est-ce qu’on va bientôt apporter le diner de Clousarr, Daneel ?

— Oui, dans un instant, Elijah.

— Dès qu’on vous l’aura remis, vous viendrez vous-même le lui donner !

— Entendu, Elijah, fit le robot.

Un instant plus tard, il pénétra dans la pièce, portant un plateau métallique cloisonné en plusieurs compartiments.

— Posez-le devant M. Clousarr, s’il vous plaît, Daneel, dit Baley.

Il s’assit sur un des tabourets qui se trouvaient alignés devant les balances, et croisa ses jambes, balançant en cadence l’un de ses pieds ; au moment où Daneel plaça le plateau sur un tabouret proche de Clousarr, il remarqua que l’homme s’écartait brusquement.

— Monsieur Clousarr, lui dit-il alors, je voudrais vous présenter à mon collègue, Daneel Olivaw.

Le robot tendit la main à l’homme et lui dit :

— Bonjour, Francis. Comment allez-vous ?

Mais Clousarr ne broncha pas, et n’esquissa pas le moindre geste pour saisir la main de Daneel. Celui-ci continua à la lui offrir, si bien que le zymologiste commença à rougir. Baley intervint alors, d’une voix douce :

— Ce que vous faites là est une impolitesse, monsieur Clousarr. Etes-vous trop orgueilleux pour serrer la main d’un policier ?

— Si vous le permettez, répliqua l’autre, je vais diner, car j’ai faim.

Il tira de sa poche un couteau comportant une fourchette repliable, et s’assit, la tête penchée sur son assiette.

— Daneel, reprit Baley, j’ai l’impression que notre ami est offensé par votre attitude, et je ne le comprends pas. Vous n’êtes pas fâché contre lui, j’espère ?

— Pas le moins du monde, Elijah, dit R. Daneel.

— Alors, montrez-lui donc que vous n’avez aucune raison de lui en vouloir, et passez votre bras autour de son épaule.

— Avec plaisir, répondit R. Daneel, en s’approchant de l’homme.

— Qu’est-ce que ça signifie ? Qu’est-ce que c’est que ces manières ? s’écria Clousarr en posant sa fourchette.

Mais R. Daneel, imperturbable, s’apprêta à exécuter l’ordre de Baley.

Aussitôt, Clousarr, furieux, fit un bond en arrière, et rabattit d’un coup de poing le bras de Daneel, en s’écriant :

— Ne me touchez pas ! Je vous le défends !

Dans le mouvement qu’il fit, le plateau contenant son dîner glissa du tabouret et vint s’affaler bruyamment sur le sol. Baley fixa sur le suspect un regard dur ; il fit un bref signe de tête à R. Daneel qui continua à avancer, sans s’émouvoir, vers le zymologiste, lequel battit en retraite. Pendant ce temps, l’inspecteur alla lui-même se placer devant la porte.

— Empêchez cette machine de me toucher ! hurla Clousarr.

— Voyons, Clousarr, répliqua gentiment Baley, en voilà des manières ! Cet homme est mon collègue !

— C’est faux ! C’est un immonde robot !

— Ca va, Daneel ! Laissez-le !, ordonna vivement Baley.

R. Daneel recula aussitôt et vint s’adosser à la porte, juste derrière Baley. Quant à Clousarr, il soufflait bruyamment, et, serrant les poings, il fit face à Baley qui lui dit :

— D’accord, mon ami. Vous êtes très fort ! Et peut-on savoir ce qui vous fait dire que Daneel est un robot ?

— N’importe qui pourrait s’en rendre compte.

— Nous laisserons le tribunal en juger. Pour l’instant c’est à la préfecture de police que je vais vous mener. J’aimerais que vous nous y expliquiez exactement comment vous avez découvert que Daneel est un robot. Et puis beaucoup, beaucoup d’autres choses, mon cher monsieur, par la même occasion ! Daneel, voulez-vous aller téléphoner au commissaire principal ? A cette heure-ci, il doit être rentré chez lui. Dites-lui de revenir à son bureau, car il faut que nous procédions sans retard à l’interrogatoire de ce personnage.

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