Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Классическая проза » La Dame de Monsoreau Tome III
La Dame de Monsoreau Tome III - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

La Dame de Monsoreau Tome III

Электронная книга - «La Dame de Monsoreau Tome III». Краткое содержание книги:

Le dimanche gras de l'année 1578, après la fête du populaire, et tandis que s'éteignaient dans les rues les rumeurs de la joyeuse journée, commençait une fête splendide dans le magnifique hôtel que venait de se faire bâtir, de l'autre côté de l'eau et presque en face du Louvre, cette illustre famille de Montmorency qui, alliée à la royauté de France, marchait l'égale des familles princières. Cette fête particulière, qui succédait à la fête publique, avait pour but de célébrer les noces de François d'Epinay de Saint-Luc, grand ami du roi Henri III et l'un des favoris les plus intimes, avec Jeanne de Cossé-Brissac, fille du maréchal de France de ce nom. Le repas avait eu lieu au Louvre, et le roi, qui avait consenti à grand-peine au mariage, avait paru au festin avec un visage sévère qui n'avait rien d'approprié à la circonstance …' 'La Dame de Monsoreau' est, à la suite de 'La Reine Margot', le deuxième volet du somptueux ensemble historique que Dumas écrivit sur la Renaissance.
1 ... 53 54 55 56 57 58 59 60 61 ... 74
Перейти на страницу:

Le maître sortit des appartements intérieurs; c'était Bussy; Bussy, qui, en sa qualité de capitaine des gardes, venait, avant de se rendre à son rendez-vous, de donner le mot d'ordre pour la nuit.

Le duc, en apercevant ce beau et brave jeune homme, dont il n'avait jamais eu à se plaindre, éprouva un instant de remords; mais, à mesure qu'il le vit s'approcher de la torche que tenait le valet, son visage s'éclaira; et, sur ce visage, le duc lut tant de joie, d'espérance et de bonheur, que toute sa jalousie lui revint.

Cependant Bussy, ignorant que le duc le regardait et épiait les différentes émotions de son visage, Bussy, après avoir donné le mot d'ordre, roula le manteau sur ses épaules, se mit en selle, et, piquant des deux son cheval, s'élança avec un grand bruit sous la voûte sonore.

Un instant, le duc, inquiet de ne voir arriver personne, eut encore l'idée de faire courir après lui, car il se doutait bien qu'avant de se rendre à la Bastille, Bussy ferait une halte à son hôtel; mais il se représenta le jeune homme riant avec Diane de son amour méprisé, le mettant, lui prince, sur la même ligne que le mari dédaigné, et, cette fois encore, son mauvais instinct l'emporta sur le bon.

Bussy avait souri de bonheur en partant; ce sourire était une insulte au prince: il le laissa aller. S'il eût eu le regard attristé et le front sombre, peut-être l'eût-il retenu.

Cependant, à peine hors de l'hôtel d'Anjou, Bussy quitta son allure précipitée, comme s'il eût craint le bruit de sa propre marche; et, passant à son hôtel, comme l'avait prévu le duc, il remit son cheval aux mains d'un palefrenier qui écoutait respectueusement une leçon d'hippiatrique que lui faisait Remy.

– Ah! ah! dit Bussy reconnaissant le jeune docteur, c'est toi, Remy.

– Oui, monseigneur, en personne.

– Et pas encore couché?

– Il s'en faut de dix minutes, monseigneur. Je rentrais chez moi, ou plutôt chez vous. En vérité, depuis que je n'ai plus mon blessé, il me semble que les jours ont quarante-huit heures.

– T'ennuierais-tu, par hasard? demanda Bussy.

– J'en ai peur!

– Et l'amour?

– Ah! je vous l'ai dit souvent, l'amour, je m'en défie, et je ne fais en général sur lui que des études utiles.

– Alors Gertrude est abandonnée?

– Parfaitement.

– Ainsi tu t'es lassé?

– D'être battu. C'était ainsi que se manifestait l'amour de mon amazone, brave fille du reste.

– Et ton cœur ne te dit rien pour elle ce soir?

– Pourquoi ce soir, monseigneur?

– Parce que je t'eusse emmené avec moi.

– À la Bastille?

– Oui.

– Vous y allez?

– Sans doute.

– Et le Monsoreau?

– À Compiègne, mon cher, où il prépare une chasse pour Sa Majesté.

– Êtes-vous sûr, monseigneur?

– L'ordre lui en a été donné publiquement ce matin.

– Ah!

Remy demeura un instant pensif.

– Alors? dit-il après un instant.

– Alors j'ai passé la journée à remercier Dieu du bonheur qu'il m'envoyait pour cette nuit, et je vais passer la nuit à jouir de ce bonheur.

– Bien. Jourdain, mon épée, fit Remy.

Le palefrenier disparut dans l'intérieur de la maison.

– Tu as donc changé d'avis? demanda Bussy.

– En quoi?

– En ce que tu prends ton épée.

– Oui, je vous accompagne jusqu'à la porte, pour deux raisons.

– Lesquelles?

– La première, de peur que vous ne fassiez, par les rues, quelque mauvaise rencontre.

Bussy sourit.

– Eh! mon Dieu, oui. Riez, monseigneur. Je sais bien que vous ne craignez pas les mauvaises rencontres, et que c'est un pauvre compagnon que le docteur Remy; mais on attaque moins facilement deux hommes qu'un seul. La seconde, parce que j'ai une foule de bons conseils à vous donner.

– Viens, mon cher Remy, viens. Nous nous entretiendrons d'elle; et, après le plaisir de voir la femme qu'on aime, je n'en connais pas de plus grand que celui d'en parler.

– Il y a même des gens, répliqua Remy, qui mettent le plaisir d'en parler avant celui de la voir.

– Mais, dit Bussy, il me semble que le temps est bien incertain.

– Raison de plus: le ciel est tantôt sombre, tantôt clair. J'aime la variété, moi. – Merci, Jourdain, ajouta-t-il, s'adressant au palefrenier, qui lui rapportait sa rapière.

Puis se retournant vers le comte:

– Me voici à vos ordres, monseigneur; partons.

Bussy prit le bras du jeune docteur, et tous deux s'acheminèrent vers la Bastille.

Remy avait dit au comte qu'il avait une foule de bons conseils à lui donner; et, en effet, à peine furent-ils en route, que le docteur commença de tirer du latin mille citations imposantes, pour prouver à Bussy qu'il avait tort de faire, ce soir-là, un visite à Diane, au lieu de se tenir tranquillement dans son lit, attendu que d'ordinaire un homme se bat mal quand il a mal dormi; puis, des apophthegmes de la Faculté, il passa aux mythes de la Fable, et raconta galamment que c'était d'habitude Vénus qui désarmait Mars.

Bussy souriait; Remy insistait.

– Vois-tu, Remy, dit le comte, quand mon bras tient une épée, il s'y attache de telle sorte, que les fibres de la chair prennent la rigueur et la souplesse de l'acier, tandis que, de son côté, l'acier semble s'animer et s'échauffer comme une chair vivante. De ce moment, mon épée est un bras et mon bras est une épée. Dès lors, comprends-tu? il ne s'agit plus de force ni de dispositions. Une lame ne se fatigue pas.

– Non, mais elle s'émousse.

– Ne crains rien.

– Ah! mon cher seigneur, continua Remy, c'est que demain, voyez-vous, il s'agit de faire un combat comme celui d'Hercule contre Antée, comme celui de Thésée contre le Minotaure, comme celui des Trente, comme celui de Bayard; quelque chose d'homérique, de gigantesque, d'impossible; il s'agit qu'on dise dans l'avenir le combat de Bussy comme étant le combat par excellence, et, dans ce combat, je ne veux pas, voyez-vous, je ne veux pas seulement qu'on vous entame la peau.

– Sois tranquille, mon bon Remy; tu verras des merveilles. J'ai, ce matin, mis quatre épées aux mains de quatre ferrailleurs qui, durant huit minutes, n'ont pu, à eux quatre, me toucher une seule fois, tandis que je leur ai mis leurs pourpoints en loques. Je bondissais comme un tigre.

– Je ne dis pas le contraire, maître; mais vos jarrets de demain seront-ils vos jarrets d'aujourd'hui?

Ici Bussy et son chirurgien entamèrent un dialogue latin, fréquemment interrompu par leurs éclats de rire.

Ils parvinrent ainsi au bout de la grande rue Saint-Antoine.

– Adieu, dit Bussy; nous sommes arrivés.

– Si je vous attendais? dit Remy.

– Pourquoi faire?

– Pour être sûr que vous serez de retour avant deux heures, et que vous aurez au moins cinq ou six heures de bon sommeil avant votre duel.

1 ... 53 54 55 56 57 58 59 60 61 ... 74
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)