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Le Mystère De La Chambre Jaune

Электронная книга - «Le Mystère De La Chambre Jaune». Краткое содержание книги:

Des cris et des coups de feu se font entendre dans une chambre annexe au laboratoire du pavillon du château où dort la belle Mathilde, fille du célèbre professeur Stangerson. Tout de suite, son père accompagné de l’un de ses domestiques, le père Jacques, se précipite à la porte qu’il trouve clause. Très vite rejoints par le concierge du Glandier et son épouse, ils parviennent à enfoncer la porte.
Une fois dans la «chambre jaune», ils découvrent Mathilde râlant, allongée sur le sol et pleine de sang. On peut apercevoir des marques impressionnantes d’ongles sur son cou. Le criminel a filé. Pourtant, la porte est prise d’assaut par quatre personnes et l’unique fenêtre grillagée de la pièce est verrouillée avec ses volets clos qu’on ne peut fermer que de l’intérieur. Aucune fuite n’est possible! Le jeune Rouletabille décide de se rendre sur le lieu du crime afin de retrouver la trace du malfaiteur.
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Beaucoup s’attendaient à ce que M. Stangerson allât serrer la main de l’accusé; mais l’appel des témoins eut lieu et ceux-ci quittèrent tous la salle sans que cette démonstration sensationnelle se fût produite. Au moment où les jurés prirent place, on remarqua qu’ils avaient eu l’air de s’intéresser beaucoup à un rapide entretien que maître Henri-Robert avait eu avec le directeur de L’Époque. Celui-ci s’en fut ensuite prendre place au premier rang de public. Quelques-uns s’étonnèrent qu’il ne suivît point les témoins dans la salle qui leur était réservée.

La lecture de l’acte d’accusation s’accomplit comme presque toujours, sans incident. Je ne relaterai pas ici le long interrogatoire que subit M. Darzac. Il répondit à la foi de la façon la plus naturelle et la plus mystérieuse. «Tout ce qu’il pouvait dire» parut naturel, tout ce qu’il tut parut terrible pour lui, même aux yeux de ceux qui «sentaient» son innocence. Son silence sur les points que nous connaissons se dressa contre lui et il semblait bien que ce silence dût fatalement l’écraser. Il résista aux objurgations du président des assises et du ministère public. On lui dit que se taire, en une pareille circonstance, équivalait à la mort.

«C’est bien, dit-il, je la subirai donc; mais je suis innocent!»

Avec cette habileté prodigieuse qui a fait sa renommée, et profitant de l’incident, maître Henri-Robert essaya de grandir le caractère de son client, par le fait même de son silence, en faisant allusion à des devoirs moraux que seules des âmes héroïques sont susceptibles de s’imposer. L’éminent avocat ne parvint qu’à convaincre tout à fait ceux qui connaissaient M. Darzac, mais les autres restèrent hésitants. Il y eut une suspension d’audience, puis le défilé des témoins commença et Rouletabille n’arrivait toujours point. Chaque fois qu’une porte s’ouvrait, tous les yeux allaient à cette porte, puis se reportaient sur le directeur de L’Époque qui restait, impassible, à sa place. On le vit enfin qui fouillait dans sa poche et qui «en tirait une lettre». Une grosse rumeur suivit ce geste.

Mon intention n’est point de retracer ici tous les incidents de ce procès. J’ai assez longuement rappelé toutes les étapes de l’affaire pour ne point imposer aux lecteurs le défilé nouveau des événements entourés de leur mystère. J’ai hâte d’arriver au moment vraiment dramatique de cette journée inoubliable. Il survint, comme maître Henri-Robert posait quelques questions au père Mathieu, qui, à la barre des témoins, se défendait, entre ses deux gendarmes, d’avoir assassiné «l’homme vert». Sa femme fut appelée et confrontée avec lui. Elle avoua, en éclatant en sanglots, qu’elle avait été «l’amie» du garde, que son mari s’en était douté; mais elle affirma encore que celui-ci n’était pour rien dans l’assassinat de son «ami». Maître Henri-Robert demanda alors à la cour de bien vouloir entendre immédiatement, sur ce point, Frédéric Larsan.

«Dans une courte conversation que je viens d’avoir avec Frédéric Larsan, pendant la suspension d’audience, déclara l’avocat, celui-ci m’a fait comprendre que l’on pouvait expliquer la mort du garde autrement que par l’intervention du père Mathieu. Il serait intéressant de connaître l’hypothèse de Frédéric Larsan.»

Frédéric Larsan fut introduit. Il s’expliqua fort nettement.

«Je ne vois point, dit-il, la nécessité de faire intervenir le père Mathieu en tout ceci. Je l’ai dit à M. de Marquet, mais les propos meurtriers de cet homme lui ont évidemment nui dans l’esprit de M. le juge d’instruction. Pour moi, l’assassinat de Mlle Stangerson et l’assassinat du garde «sont la même affaire». On a tiré sur l’assassin de Mlle Stangerson, fuyant dans la cour d’honneur; on a pu croire l’avoir atteint, on a pu croire l’avoir tué; à la vérité il n’a fait que trébucher au moment où il disparaissait derrière l’aile droite du château. Là, l’assassin a rencontré le garde qui voulut sans doute s’opposer à sa fuite. L’assassin avait encore à la main le couteau dont il venait de frapper Mlle Stangerson, il en frappa le garde au cœur, et le garde en est mort.

Cette explication si simple parut d’autant plus plausible que, déjà, beaucoup de ceux qui s’intéressaient aux mystères du Glandier l’avaient trouvée. Un murmure d’approbation se fit entendre.

«Et l’assassin, qu’est-il devenu, dans tout cela? demanda le président.

– Il s’est évidemment caché, monsieur le président, dans un coin obscur de ce bout de cour et, après le départ des gens du château qui emportaient le corps, il a pu tranquillement s’enfuir.»

À ce moment, du fond du «public debout», une voix juvénile s’éleva. Au milieu de la stupeur de tous, elle disait:

«Je suis de l’avis de Frédéric Larsan pour le coup de couteau au cœur. Mais je ne suis plus de son avis sur la manière dont l’assassin s’est enfui du bout de cour!»

Tout le monde se retourna; les huissiers se précipitèrent, ordonnant le silence. Le président demanda avec irritation qui avait élevé la voix et ordonna l’expulsion immédiate de l’intrus; mais on réentendit la même voix claire qui criait:

«C’est moi, monsieur le président, c’est moi, Joseph Rouletabille!»

XXVII Où Joseph Rouletabille apparaît dans toute sa gloire

Il y eut un remous terrible. On entendit des cris de femmes qui se trouvaient mal. On n’eût plus aucun égard pour «la majesté de la justice». Ce fut une bousculade insensée. Tout le monde voulait voir Joseph Rouletabille. Le président cria qu’il allait faire évacuer la salle, mais personne ne l’entendit. Pendant ce temps, Rouletabille sautait par-dessus la balustrade qui le séparait du public assis, se faisait un chemin à grands coups de coude, arrivait auprès de son directeur qui l’embrassait avec effusion, lui prit «sa» lettre d’entre les mains, la glissa dans sa poche, pénétra dans la partie réservée du prétoire et parvint ainsi jusqu’à la barre des témoins, bousculé, bousculant, le visage souriant, heureux, boule écarlate qu’illuminait encore l’éclair intelligent de ses deux grands yeux ronds. Il avait ce costume anglais que je lui avais vu le matin de son départ – mais dans quel état, mon Dieu! – l’ulster sur son bras et la casquette de voyage à la main. Et il dit:

«Je demande pardon, monsieur le président, le transatlantique a eu du retard! J’arrive d’Amérique. Je suis Joseph Rouletabille!…»

On éclata de rire. Tout le monde était heureux de l’arrivée de ce gamin. Il semblait à toutes ces consciences qu’un immense poids venait de leur être enlevé. On respirait. On avait la certitude qu’il apportait réellement la vérité… qu’il allait faire connaître la vérité…

Mais le président était furieux:

«Ah! vous êtes Joseph Rouletabille, reprit le président… eh bien, je vous apprendrai, jeune homme, à vous moquer de la justice… En attendant que la cour délibère sur votre cas, je vous retiens à la disposition de la justice… en vertu de mon pouvoir discrétionnaire.

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