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Le Mystère De La Chambre Jaune

Электронная книга - «Le Mystère De La Chambre Jaune». Краткое содержание книги:

Des cris et des coups de feu se font entendre dans une chambre annexe au laboratoire du pavillon du château où dort la belle Mathilde, fille du célèbre professeur Stangerson. Tout de suite, son père accompagné de l’un de ses domestiques, le père Jacques, se précipite à la porte qu’il trouve clause. Très vite rejoints par le concierge du Glandier et son épouse, ils parviennent à enfoncer la porte.
Une fois dans la «chambre jaune», ils découvrent Mathilde râlant, allongée sur le sol et pleine de sang. On peut apercevoir des marques impressionnantes d’ongles sur son cou. Le criminel a filé. Pourtant, la porte est prise d’assaut par quatre personnes et l’unique fenêtre grillagée de la pièce est verrouillée avec ses volets clos qu’on ne peut fermer que de l’intérieur. Aucune fuite n’est possible! Le jeune Rouletabille décide de se rendre sur le lieu du crime afin de retrouver la trace du malfaiteur.
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«Vous reconnaissez monsieur?

– Je le reconnais, fit Robert Darzac d’une voix qu’il essayait en vain de rendre ferme. C’est un employé de l’Orléans à la station d’Épinay-sur-Orge.

– Ce jeune homme, continua M. de Marquet, affirme qu’il vous a vu descendre de chemin de fer, à Épinay…

– Cette nuit, termina M. Darzac, à dix heures et demie… c’est vrai!…»

Il y eut un silence…

«Monsieur Darzac, reprit le juge d’instruction sur un ton qui était empreint d’une poignante émotion… Monsieur Darzac, que veniez-vous faire cette nuit à Épinay-sur-Orge, à quelques kilomètres de l’endroit où l’on assassinait Mlle Stangerson?…»

M. Darzac se tut. Il ne baissa pas la tête, mais il ferma les yeux, soit qu’il voulût dissimuler sa douleur, soit qu’il craignît qu’on pût lire dans son regard quelque chose de son secret.

«Monsieur Darzac, insista M. de Marquet… pouvez-vous me donner l’emploi de votre temps, cette nuit?»

M. Darzac rouvrit les yeux. Il semblait avoir reconquis toute sa puissance sur lui-même.

«Non, monsieur!…

– Réfléchissez, monsieur! car je vais être dans la nécessité, si vous persistez dans votre étrange refus, de vous garder à ma disposition.

– Je refuse…

– Monsieur Darzac! Au nom de la loi, je vous arrête!…»

Le juge n’avait pas plutôt prononcé ces mots que je vis Rouletabille faire un mouvement brusque vers M. Darzac. Il allait certainement parler, mais celui-ci d’un geste lui ferma la bouche… Du reste, le gendarme s’approchait déjà de son prisonnier… À ce moment un appel désespéré retentit:

«Robert!… Robert!…»

Nous reconnûmes la voix de Mlle Stangerson, et, à cet accent de douleur, pas un de nous qui ne frissonnât. Larsan lui-même, cette fois, en pâlit. Quant à M. Darzac, répondant à l’appel, il s’était déjà précipité dans la chambre…

Le juge, le gendarme, Larsan s’y réunirent derrière lui; Rouletabille et moi restâmes sur le pas de la porte. Spectacle déchirant: Mlle Stangerson, dont le visage avait la pâleur de la mort, s’était soulevée sur sa couche, malgré les deux médecins et son père… Elle tendait des bras tremblants vers Robert Darzac sur qui Larsan et le gendarme avaient mis la main… Ses yeux étaient grands ouverts… elle voyait… elle comprenait… Sa bouche sembla murmurer un mot… un mot qui expira sur ses lèvres exsangues… un mot que personne n’entendit… et elle se renversa, évanouie… On emmena rapidement Darzac hors de la chambre… En attendant une voiture que Larsan était allé chercher, nous nous arrêtâmes dans le vestibule. Notre émotion à tous était extrême. M. de Marquet avait la larme à l’œil. Rouletabille profita de ce moment d’attendrissement général pour dire à M. Darzac:

«Vous ne vous défendrez pas?

– Non! répliqua le prisonnier.

– Moi, je vous défendrai, monsieur…

– Vous ne le pouvez pas, affirma le malheureux avec un pauvre sourire… Ce que nous n’avons pu faire, Mlle Stangerson et moi, vous ne le ferez pas!

– Si, je le ferai.»

Et la voix de Rouletabille était étrangement calme et confiante. Il continua:

«Je le ferai, monsieur Robert Darzac, parce que moi, j’en sais plus long que vous!

– Allons donc! murmura Darzac presque avec colère.

– Oh! soyez tranquille, je ne saurai que ce qu’il sera utile de savoir pour vous sauver!

– Il ne faut rien savoir, jeune homme… si vous voulez avoir droit à ma reconnaissance.»

Rouletabille secoua la tête. Il s’approcha tout près, tout près de Darzac:

«Écoutez ce que je vais vous dire, fit-il à voix basse… et que cela vous donne confiance! Vous, vous ne savez que le nom de l’assassin; Mlle Stangerson, elle, connaît seulement la moitié de l’assassin; mais moi, je connais ses deux moitiés; je connais l’assassin tout entier, moi!…»

Robert Darzac ouvrit des yeux qui attestaient qu’il ne comprenait pas un mot de ce que venait de lui dire Rouletabille. La voiture, sur ces entrefaites, arriva, conduite par Frédéric Larsan. On y fit monter Darzac et le gendarme. Larsan resta sur le siège. On emmenait le prisonnier à Corbeil.

XXV Rouletabille part en voyage

Le soir même nous quittions le Glandier, Rouletabille et moi. Nous en étions fort heureux: cet endroit n’avait rien qui pût encore nous retenir. Je déclarai que je renonçais à percer tant de mystères, et Rouletabille, en me donnant une tape amicale sur l’épaule, me confia qu’il n’avait plus rien à apprendre au Glandier, parce que le Glandier lui avait tout appris. Nous arrivâmes à Paris vers huit heures. Nous dînâmes rapidement, puis, fatigués, nous nous séparâmes en nous donnant rendez-vous le lendemain matin chez moi.

À l’heure dite, Rouletabille entrait dans ma chambre. Il était vêtu d’un complet à carreaux en drap anglais, avait un ulster sur le bras, une casquette sur la tête et un sac à la main. Il m’apprit qu’il partait en voyage.

«Combien de temps serez-vous parti? lui demandai-je.

– Un mois ou deux, fit-il, cela dépend…»

Je n’osai l’interroger…

«Savez-vous, me dit-il, quel est le mot que Mlle Stangerson a prononcé hier avant de s’évanouir… en regardant M. Robert Darzac?…

– Non, personne ne l’a entendu…

– Si! répliqua Rouletabille, moi! Elle lui disait: «parle!»

– Et M. Darzac parlera?

– Jamais!»

J’aurais voulu prolonger l’entretien, mais il me serra fortement la main et me souhaita une bonne santé, je n’eus que le temps de lui demander:

«Vous ne craignez point que, pendant votre absence, il se commette de nouveaux attentats?…

– Je ne crains plus rien de ce genre, dit-il, depuis que M. Darzac est en prison.»

Sur cette parole bizarre, il me quitta. Je ne devais plus le revoir qu’en cour d’assises, au moment du procès Darzac, lorsqu’il vint à la barre «expliquer l’inexplicable».

XXVI Où Joseph Rouletabille est impatiemment attendu

Le 15 janvier suivant, c’est-à-dire deux mois et demi après les tragiques événements que je viens de rapporter, L’Époque publiait, en première colonne, première page, le sensationnel article suivant:

«Le jury de Seine-et-Oise est appelé aujourd’hui, à juger l’une des plus mystérieuses affaires qui soient dans les annales judiciaires. Jamais procès n’aura présenté tant de points obscurs, incompréhensibles, inexplicables. Et cependant l’accusation n’a point hésité à faire asseoir sur le banc des assises un homme respecté, estimé, aimé de tous ceux qui le connaissent, un jeune savant, espoir de la science française, dont toute l’existence fut de travail et de probité. Quand Paris apprit l’arrestation de M. Robert Darzac, un cri unanime de protestation s’éleva de toutes parts. La Sorbonne tout entière, déshonorée par le geste inouï du juge d’instruction, proclama sa foi dans l’innocence du fiancé de Mlle Stangerson. M. Stangerson lui-même attesta hautement l’erreur où s’était fourvoyée la justice, et il ne fait de doute pour personne que, si la victime pouvait parler, elle viendrait réclamer aux douze jurés de Seine-et-Oise l’homme dont elle voulait faire son époux et que l’accusation veut envoyer à l’échafaud. Il faut espérer qu’un jour prochain Mlle Stangerson recouvrera sa raison qui a momentanément sombré dans l’horrible mystère du Glandier. Voulez-vous qu’elle la reperde lorsqu’elle apprendra que l’homme qu’elle aime est mort de la main du bourreau? Cette question s’adresse au jury «auquel nous nous proposons d’avoir affaire, aujourd’hui même».

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