Moby Dick
- Автор: Мелвилл Герман
- Язык: французский
- Жанр: Морские приключения
Электронная книга - «Moby Dick». Краткое содержание книги:
Faut-il présenter ce livre mythique, magnifique aventure, suspense prenant qui nous amène peu à peu à l'apocalypse finale, parabole chargée de thèmes universels et nouvelle Bible aux accents prophétiques.
Nous boirons, ce soir, à la santé de l’amour
D’un cœur léger, gai et volage
Comme les bulles qui, au bord de la coupe
Éclatent sur nos lèvres.
C’est un fameux couplet! Qui appelle? M. Starbuck? Oui, oui, sir… (à part) c’est mon supérieur mais il a le sien si je ne m’abuse. Oui, oui, sir, j’ai tout de suite fini ce travail, j’arrive.
CHAPITRE XL Minuit. Le gaillard d’avant
HARPONNEURS ET MATELOTS
(La misaine se lève et l’on voit les hommes de quart debout, flânant, appuyés ou étendus dans des attitudes diverses, et chantant en chœur.)
Notre capitaine nous a donné l’ordre
De vous dire adieu, dames espagnoles!
De vous dire adieu, dames d’Espagne!
LE PREMIER MATELOT NANTUCKAIS
Oh! les gars, pas de fadaises, c’est mauvais pour la digestion! Quelque chose de plus stimulant, accompagnez-moi!
(Il chante, tous se joignent à lui.)
Notre capitaine était sur le pont
Avec sa longue vue
Il regardait les nobles baleines
Qui soufflent et sondent
Oh! les bailles dans les pirogues, les gars!
Soyez prêts aux bras de vergues
Et nous aurons une des ces belles baleines!
Halons main sur main, les gars!
Soyez gais et gardez le cœur en place
Quand le hardi harponneur pique la baleine!
Voix du second sur le gaillard d’arrière
Piquez huit, à l’avant!
LE DEUXIÈME MATELOT NANTUCKAIS
En avant le chœur! Huit coups là-bas! Entends-tu, sonneur? Toi, Pip, pique huit coups, noiraud! J’appellerai la bordée, j’ai le gosier qu’il faut, une gueule de baril. Comme ça (il passe sa tête dans l’écoutille). Tri – booordais, en haut! Huit coups, là en bas! Grimpez!
LE MATELOT HOLLANDAIS
Belle ronflée, ce soir, les amis, une nuit fertile pour ça. J’ai remarqué que le vin de notre vieux Mogol, s’il est un coup de fouet pour les uns, est un coup de massue pour les autres. Nous chantons, ils dorment, oui, comme des souches, un vrai premier plan d’arrimage. Là, appelez-les à travers cette pompe de cuivre. Dites-leur de cesser de rêver à leurs belles. Dites-leur que c’est le jour de la Résurrection, qu’ils doivent les embrasser une dernière fois et se présenter au Jugement. Voilà, très bien… parfait… le beurre d’Amsterdam ne t’a pas graissé la voix, à toi.
LE MATELOT FRANÇAIS
Psitt, les gars, En avant pour une ou deux gigues avant de mouiller l’ancre dans la baie des Couvertures. Qu’en dites-vous! Voici l’autre bordée qui monte. Attention! Toutes les jambes prêtes! Pip, petit Pip! Hourra pour ton tambourin!
PIP (Boudeur et somnolent.)
Sais pas où il est.
LE MATELOT FRANÇAIS
Alors frappe-toi sur le ventre et remue les oreilles. Dansons la gigue, les hommes; la vie est belle, hourra! Le diable m’emporte ne danserez-vous pas? En file indienne et une sabotière au galop! Remuez-vous, en avant, les jambes!
LE MATELOT ISLANDAIS
Je n’aime pas ton plancher, camarade, il est trop moelleux pour mon goût. J’ai l’habitude de parquets de glace. Je m’excuse de jeter un froid, mais excusez-moi.
LE MATELOT MALTAIS
Excusez-moi aussi. Où sont les filles? Qui, sinon un fou va prendre sa main gauche dans sa droite et se dire à lui-même: «Comment allez-vous?» Des partenaires, il me faut des danseuses!
LE MATELOT SICILIEN
Oui, des filles et de l’herbe! Alors je sauterai avec vous, oui, je me transformerai en sauterelle!
LE MATELOT DE LONG ISLAND
Bon, bon, les grognons, nous sommes assez nombreux sans vous. Sarclez le grain quand vous le pouvez, dis-je. Toutes les jambes iront bientôt à la moisson. Ah! voilà la musique. Allons-y.
LE MATELOT AÇORIEN
(En montant, il lance le tambourin par l’écoutillon.)
Voilà Pip, et voilà les bittes du guindeau. Grimpe dessus! Allons, les gars! (La moitié des hommes dansent au son du tambourin, d’autres descendent, se couchent, d’autres encore dorment ou restent étendus sur des glènes de filins. Abondance de jurons.)
LE MATELOT AÇORIEN (Dansant.)
Vas-y Pip! Frappe, sonneur! Bing le, bang le, bong le, sonneur! Tires-en des lucioles! Brise les grelots!
PIP
Les grelots, dites-vous! En voilà encore un d’arraché tellement je cogne.
LE MATELOT CHINOIS
Alors, claque des dents et cogne toujours! Change-toi en pagode…
LE MATELOT FRANÇAIS
Joyeuse folie! Lève le cerceau, Pip, jusqu’à ce que je saute à travers! Déhanchez vos tournures! Fendez-vous!
TASHTEGO (Fumant tranquillement.)
Ça c’est un homme blanc, il appelle ça s’amuser. Hum! J’économise ma sueur, moi.
LE VIEUX MATELOT MANNOIS
Je me demande si ces joyeux gaillards savent sur quoi ils dansent. Moi je danserai sur votre tombe, certes… c’est la plus cruelle menace de vos femmes nocturnes qui remontent dans le vent au coin des rues. Ô Christ! Penser à ces flottes verdies, aux crânes rongés de mousse des équipages! Que voulez-vous? Vraisemblablement le monde n’est qu’une boule, à ce que disent les savants, alors autant en faire une salle de danse. Dansez, les gars, vous êtes jeunes, je l’ai été une fois!
LE TROISIÈME MATELOT NANTUCKAIS
La relève, oh! Ouf! C’est pire que de ramer après les baleines par le calme plat… Laissez-nous tirer une bouffée, Tash.
(Ils s’arrêtent de danser, et se rassemblent en groupes. Cependant que le ciel s’assombrit et que le vent se lève.)
LE MATELOT LASCAR
Par Brahma! les gars, il va bientôt falloir amener les voiles rondement. Le Gange du ciel a changé en vent ses grosses eaux! Tu fronces les sourcils, Civa!
LE MATELOT MALTAIS (Étendu, secouant son chapeau.)
Ce sont les vagues… ce sont les bonnets de neige qui dansent à présent. Bientôt, elles secoueront leurs pompons. Et si toutes les vagues étaient des femmes, alors je me noierai et je danserai avec elles à jamais. Il n’est rien de plus doux sur la terre – le ciel n’a pas sa pareille – que ces poitrines chaudes et sauvages, furtivement surprises dans la danse, lorsque la tonnelle d’une étreinte dissimule ces grappes mûres et pleines.
LE MATELOT SICILIEN (Étendu.)
Ne m’en parle pas! Écoute, le gars… ce rapide entrecroisement des membres… ces balancements souples… ces timidités… ces trémoussements! ces lèvres! ce cœur! ces hanches! ces frôlements… effleurer sans cesse et rien de plus! Ne pas goûter, juste regarder, sans cela vient la satiété. Hein, païen? (Il lui envoie une bourrade.)
LE MATELOT TAHITIEN (Allongé sur une natte.)
Salut, sainte nudité de nos danseuses! Les Hula-Hula! Ah! Tahiti, la voile aux reins, les palmes hautes! Je demeure étendu sur ta natte mais elle ne repose plus sur ta douce terre! Je t’ai vu tisser dans les bois, ô ma natte! Je t’ai apportée jusqu’ici verte encore, mais à présent te voilà flétrie, usée. Ah! ni toi, ni moi n’avons pu supporter cet exil! Qu’en sera-t-il, si nous sommes transplantés au ciel? N’entends-je pas gronder les torrents qui descendent des cimes aiguës de Pirohitee, bondissent dans les rochers escarpés et viennent noyer les villages?… L’orage! L’orage! Redresse l’échine et va à sa rencontre! (Il saute sur ses pieds.)