Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
La Recluse - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

La Recluse

Электронная книга - «La Recluse». Краткое содержание книги:

Le 25 mars 1851, un charmant aviso gréé en goélette quittait New-York, vers cinq heures de l'après-midi, et, poussé par une brise favorable, prenait la mer, toutes voiles dehors.
C'était l'Atalante, un des plus fins, voiliers de la marine. La petite goélette faisait partie d'une escadre d'exploration qui, évoluait sur les côtes d'Amérique; elle avait reçu pour mission d'aller prendre à New-York les dépêches de France, et, après avoir mouillé quelques jours en vue du port, elle repartait, alerte et vive, pour rallier l'escadre et lui apporter les correspondances attendues…
1 ... 49 50 51 52 53 54 55 56 57 ... 68
Перейти на страницу:

– Pauvre mère!

– Oui, plaignez-la, chère Edmée, aimez-la surtout!… car désormais elle n’a plus que vous au monde, et vous seule pourrez la consoler de toutes les souffrances qu’elle a endurées.

– Ah! vous lui direz que je veux la voir.

– Et quel bonheur ce sera pour elle de vous appeler sa fille!

– Pourquoi n’est-elle pas venue déjà?

– Elle était obligée à une grande prudence.

– À quel propos?

– Madame de Beaufort fait épier toutes ses actions.

– Mais mon père?

– Lui!

– Il est bon, généreux.

– Sans doute.

– Si vous le voulez, quand il viendra, je lui dirai…

– Non! non! interrompit vivement Fanny, le moment n’est pas venu, il ne faut pas qu’il sache… tout serait compromis!

– Je ne vous comprends pas.

– C’est que je ne vous ai pas tout dit.

– Qu’y a-t-il encore?

Miss Fanny eut une seconde d’hésitation qu’elle surmonta bien vite.

Elle prit dans ses bras l’enfant qui, cette fois, s’abandonna sans crainte, et la serra follement contre sa poitrine.

– Mieux vaut vous dire toute la vérité, poursuivit-elle d’un ton âpre; il y a des choses que vous ignorez, et ces choses sont graves. Je vous parlais de votre mère, tout à l’heure.

– Oui, oui, parlez-moi d’elle.

– Et je vous disais qu’elle était restée seule avec son enfant; mais il y a un détail qu’il faut bien que vous connaissiez, car il peut créer à M. de Beaufort un danger terrible.

– Que dites-vous?

– Cette femme n’était point indigne de l’amour que M. de Beaufort, qui s’appelait alors le comte de Simier, avait conçu pour elle; elle était jeune, de caractère léger, peut-être, mais se rappelant toujours les sévères leçons de vertu qu’elle avait reçues dans son enfance; et quand elle succomba, elle était légitimement mariée au comte.

– Mariée! répéta Edmée en tressaillant.

– Vous comprenez bien?

– Sans doute; mais alors, depuis…

– Depuis, le comte put la croire morte.

– Ah!

– Et, en tout cas, l’incendie du presbytère de Smeaton, où avait eu lieu le mariage, devait lui faire croire qu’il ne restait plus aucune preuve légale de cette union.

– De sorte qu’aujourd’hui…

– De sorte que si la malheureuse abandonnée voulait aujourd’hui revendiquer ses droits incontestables, savez-vous ce qui arriverait?

– Oh! taisez-vous, c’est affreux? Et mon père le sait, sans aucun doute, et voilà pourquoi il est maintenant si triste, si soucieux. Quelle épouvantable épreuve!

Edmée laissa tomber son front dans ses deux mains, et pendant quelques secondes elle garda le silence.

Miss Fanny l’observait avec inquiétude.

Enfin, elle releva la tête, et, à travers l’obscurité, ses regards s’attachèrent ardents et fixes à la sœur Rosalie.

– Quelle effroyable aventure! reprit-elle d’une voix tremblante; mais vous ne m’avez pas tout dit.

– Que désirez-vous savoir encore?

– Ma mère?

– Eh bien!

– Vous la voyez souvent. C’est elle probablement qui vous envoie vers moi.

– Ah! si elle pouvait vous dire elle-même tout l’amour qui est en elle.

– Je l’aime, moi aussi, et je suis disposée à lui faire oublier tout ce qu’elle a souffert.

– Elle n’a jamais demandé autre chose à Dieu. Seulement, elle ne veut pas qu’on lui enlève son enfant; et cela, on ne peut le lui refuser! Aussi, quand elle a appris la séquestration dont vous étiez victime; quand surtout elle a compris que l’on allait vous retrancher du monde pour vous enfermer dans un cloître, alors, la révolte s’est faite dans son cœur, et elle a juré de rendre le mal pour le mal.

– Sans doute.

– Qui oserait l’en blâmer?

– Personne, assurément. Mais en agissant de la sorte, elle n’a pas pensé qu’elle allait placer sa fille dans une situation terrible.

– Que voulez-vous dire?

– Moi, j’ai été habituée à considérer M. de Beaufort comme le meilleur et le plus affectueux des pères; et s’il lui arrivait malheur à cause de moi, je sens bien que je n’y survivrais pas.

– Edmée!…

– Vous le lui direz, n’est-ce pas? Et, ce qui vaut mieux, vous la prierez de venir. On ne lui refusera pas de me voir! et elle connaîtra mon âme tout entière. Voyez-vous, je suis bien jeune encore, et j’ignore bien des choses; mais il est impossible qu’elle ne soit pas touchée par les prières que je lui adresserai! Tenez, laissez-moi ajouter quelques mots encore. Si la révélation que vous venez de me faire ne m’a pas étonnée autant que vous vous y attendiez sans doute, c’est qu’il y avait en moi, depuis longtemps déjà, un pressentiment de ce qui arrive. Il me semblait que madame de Beaufort ne m’aimait pas comme une mère doit aimer son enfant. Vaguement j’avais l’instinct de la vérité, et dans mon isolement je m’étais fait un idéal que je pusse aimer avec toutes les tendresses, tous les abandons de l’amour filiaclass="underline" et si vous saviez quel trésor d’affection je conservais au fond de mon cœur à celle qui fut ma mère! Oh! elle peut être assurée que du jour où je l’aurai retrouvée je ne la quitterai plus jamais, et son désespoir, sa haine, sa jalousie, se fondront sous les caresses que je lui prodiguerai. Croyez-vous que cela ne vaille pas mieux que la vengeance qu’elle médite, et qui ne ferait pas seulement le malheur de M. de Beaufort, mais qui me tuerait infailliblement. Voilà ce qu’il faut lui dire, entendez-vous, et vous y ajouterez les baisers de sa fille qui ne sera tout à fait heureuse que lorsqu’elle pourra les lui donner elle-même.

En parlant ainsi, Edmée prit à son tour miss Fanny dans ses bras, et la serra tendrement contre sa poitrine.

Mais presque aussitôt, elle se dressa inquiète et troublée.

– Eh quoi! vous pleurez! dit-elle, frappée de surprise.

– Ce n’est rien, balbutia miss Fanny les joues baignées de larmes; ce que vous venez de me dire m’a attendrie; je n’ai pas été maîtresse de me contenir; cela a été plus fort que moi. Mais je suis forte, voyez, et je saurai…

– Mon Dieu! fit Edmée, c’est bizarre!

– Quoi donc?

– Ce que j’éprouve.

– Qu’avez-vous?

– Depuis que vous m’avez parlé de ma mère, depuis que je sais qu’elle vit, que je vais la voir, il me semble parfois que son image se présente à moi, et alors…

– Alors?…

– Mais qui êtes-vous donc vous-même, qui me parlez avec tant de bonté, qui vous intéressez à moi avec tant de dévouement?

– Qu’importe?

– Ne me cachez rien. Voyons, vous m’avez dit naguère que vous aviez une enfant.

– C’est vrai.

1 ... 49 50 51 52 53 54 55 56 57 ... 68
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)