Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне

Электронная книга - «La chambre de la Reine». Краткое содержание книги:

Ne cherchez pas, vous ne trouverez pas une héroïne de Juliette Benzoni qui n'ait un destin hors du commun...
Sylvie de Valaine, une adorable petite fille de quatre ans que François de Vendôme, âgé de dix ans, découvre un soir de juin 1626, errant dans la forêt d'Anet, pieds nus, vêtue d'une chemise ensanglantée, ne sera pas l'exception qui confirme la règle. Elle vient d'échapper, par miracle, aux hommes de main de Richelieu qui ont assassiné toute sa famille...
Élevée par les Vendôme, Sylvie devient, à quinze ans, fille d'honneur de la reine qui ne cesse de comploter contre Louis XIII et Richelieu et se trouve entraînée dans de bien dangereuses aventures. Heureusement, François, dont elle est follement éprise mais qui la considère comme une petite fille, est là pour veiller sur elle…
1 ... 47 48 49 50 51 52 53 54 55 ... 81
Перейти на страницу:

- Vous vous en étiez fort bien tirée, hier.

- Hier, vous étiez très occupée et La Porte était absent. Ce soir, vous pouviez vous charger de cette... besogne. Alors, je répète : pourquoi moi ? Moi dont vous saviez bien que j'en souffrirais ?

Il y eut un silence. Puis, Marie vint vers Sylvie et emprisonna de ses mains les fragiles épaules qu'elle sentit trembler.

- Peut-être pour juger de la qualité de votre dévouement, petite fille... Vous avez mal ? demanda-t-elle avec une grande douceur.

À demi étouffée par les larmes qu'elle retenait, Sylvie hocha la tête.

- Et pour le moment vous me détestez, reprit Marie, mais rendez-moi cette justice que je vous avais prévenue en vous disant que votre petit cour était fort aventuré avec le beau François !

- Ce n'est pas seulement cela ! J'ai peur pour lui ! Vous ne savez donc pas qu'il risque sa tête en venant ici ?

- Nous la risquons tous : vous, moi, La Porte et même l'abbesse. Je pensais que vous l'aviez compris ?

- J'ai compris et j'ai accepté... mais lui, c'est autre chose ! Le bruit court d'un duel où il aurait tué son adversaire pour les beaux yeux de Mme de Montbazon et au lieu de fuir il est ici, à la porte de Paris, ou du Cardinal, ce qui est la même chose !

- D'où sortez-vous cela ?

Sylvie comprit qu'entraînée par son angoisse et sa peine, elle en avait trop dit. Elle eut un geste d'impuissance.

- Un bruit, vous dis-je. C'est, je crois, Jeannette, ma camériste, qui l'a entendu à l'hôtel de Vendôme.

- Vous m'étonnez fort ! Je recueille de nombreuses informations de divers amis et celle-là ne m'est pas revenue... D'où vient d'ailleurs que vous ne m'en ayez pas parlé ?

- Eh bien, je vous en parle ! Quant à ce qui peut être véridique dans ce bruit, vous n'avez qu'à le demander à M. de Beaufort puisque vous l'avez sous la main ! Cela dit, bonsoir ! Je vais me coucher puisque vous l'ordonnez !

- Je ne vous ai rien ordonné du tout. C'était un simple conseil. Le temps avance plus vite quand on dort et, demain, ce qui s'est passé ce soir ne sera plus qu'un mauvais rêve...

- Cela vous plaît à dire. Bonne nuit !

Mais, rentrée dans sa cellule, Sylvie ne se coucha pas. Elle voulait attendre la sortie de François et lui parler seule à seul. Ce qui était impossible sous l'oil d'épervier de Marie. Une solution : sortir de l'abbaye par la porte et attendre François à l'extérieur. Évidemment, il fallait considérer le retour, mais il n'y avait pas si longtemps que Sylvie grimpait aux arbres dans le parc d'Anet ou dans les bois de Chenonceau : le lierre du mur lui offrirait toutes les prises voulues. Restait à mettre son projet à exécution !

Elle commença par enlever les jupons qui gonflaient sa simple robe en toile des Flandres brune, sans autre ornement qu'un col et des manchettes blanches, et comme, n'étant plus supportée, la jupe était un peu trop longue et risquait de gêner ses mouvements, elle la releva suffisamment pour libérer ses pieds en la maintenant serrée à la taille par une ceinture de cuir solide, ôta ses manchettes et son col dont la blancheur pouvait être trop visible, et enfin prit un mantelet à capuchon qui dissimulerait bien son visage et les gants de cuir nécessaires pour une empoignade avec les branches du lierre : il ne s'agissait pas qu'on lui vît demain des mains écorchées et des ongles cassés.

Ainsi équipée, elle sortit par la fenêtre de la cellule qui donnait sur le jardin potager, atterrit dans un plant de choux dont elle s'efforça de ne pas bousculer les grosses têtes rondes. Ensuite elle prit sa course vers la porte, l'ouvrit, la referma et se trouva hors des murs, sur une petite place ornée d'un calvaire de l'autre côté de laquelle s'élevait le noviciat des Capucins. Ses yeux vifs en eurent vite fait le tour : aucun cheval n'était en vue. François, prudent pour une fois, avait dû venir à pied. Mais d'où ?

Il ne restait plus qu'à attendre. La lune, bien qu'allant vers son déclin, jouait à cache-cache avec de petits nuages mais elle éclairait encore beaucoup trop. Aussi, pour éviter d'être vue, Sylvie choisit de se tapir dans le lierre qui couvrait en vagues épaisses le mur de l'abbaye.

Sa faction, dans la nuit qui fraîchissait, lui parut interminable car deux heures venaient de sonner à la chapelle quand, enfin, François reparut. Il n'était pas seul : La Porte l'accompagnait, armé jusqu'aux dents. Ensemble, les deux hommes remontèrent le faubourg en direction de la porte Saint-Jacques. Furieuse mais décidée à aller jusqu'au bout, Sylvie suivit en priant Dieu que Beaufort n'ait pas laissé sa monture trop loin. Cependant, arrivés en vue des murailles plus ou moins écroulées de Paris, les deux hommes poursuivirent leur chemin au long des fossés en direction du sud. Sylvie serra les dents et continua sa poursuite en se demandant jusqu'où on allait l'emmener ainsi, mais elle était tenace et eût accepté de faire le tour de Paris pour échanger quelques mots avec l'homme qu'elle aimait, qui tenait sa vie entre ses mains et en jouait si follement...

La randonnée avait quelque chose d'irréel. Enfermé dans ses tours rondes ou pointues et ses crenaux, Paris vivait son inquiétante vie nocturne, éclairé par les rayons de plus en plus obliques de la lune. Le silence n'était troublé que par le cri des guetteurs sur le rempart, l'écho d'une chanson à boire dans un corps de garde, le cri des matous en chaleur, l'aboiement d'un chien dérangé. Et Sylvie marchait touj ours...

Enfin, on atteignit la Seine dont le large ruban brillait d'un éclat sourd de mercure et Sylvie comprit pourquoi on n'avait rencontré aucun cheval attaché à un arbre ou à un anneau quand les deux hommes descendirent à la grève et se séparèrent : un bateau était là sur lequel François sauta avec un geste d'adieu. Soudain désespérée de ne pouvoir lui parler, elle ouvrait la bouche pour crier, l'appeler, lui demander de l'attendre et -pourquoi pas ? - de l'emmener avec lui, mais il était déjà trop tard : poussé par les longues perches de deux bateliers, l'esquif était lancé dans le courant... Épuisée, Sylvie se laissa tomber à genoux, cacha sa figure dans ses mains et se mit à pleurer. Elle ne vit même pas La Porte rebrousser chemin et passer à trois toises d'elle [xx] sans seulement l'apercevoir.

[xx] La toise équivalait à deux mètres environ.

Quand elle revint à la réalité et regarda autour d'elle, elle était seule dans un lieu obscur bordé d'un côté par la porte de Nesle et la silhouette sinistre de la vieille tour dont elle portait le nom, de l'autre par les jardins et le magnifique hôtel de la reine Marguerite. Laissés à l'abandon après sa mort, ils servaient de refuge à une faune étrange.

Se relevant péniblement, Sylvie songeait avec accablement qu'il allait falloir refaire tout le chemin parcouru, en espérant qu'elle arriverait à trouver sans encombre le faubourg Saint-Jacques, quand un cri affreux, celui de quelqu'un qu'on égorge, lui parvint, suivi aussitôt d'un râle puis d'un bruit de course. Quelqu'un lui arriva dessus comme un boulet de canon et la jeta à terre en jurant abominablement, se releva aussi vite et disparut dans les ténèbres, emportant une bizarre odeur de crasse et de cire chaude.

Cette fois, Sylvie, à bout de forces, mit un peu plus de temps à se relever. Elle venait tout juste de reprendre pied quand deux hommes surgirent des ombres épaisses de la tour. Eux aussi couraient. Ils faillirent la renvoyer d'où elle venait mais ils l'aperçurent à temps :

- Il y a quelqu'un ! Une femme, je crois.

- Dites plutôt une fille. À cette heure-ci, les femmes honnêtes sont couchées. As-tu vu un homme s'enfuir, la fille ?

- Démasquez votre lanterne, mon ami. Nous verrons au moins à quoi elle ressemble.

Une lumière jaune lui arriva en pleine figure, mais elle savait déjà à qui elle avait affaire. Seulement, elle était tellement surprise que la voix lui était restée dans la gorge.

1 ... 47 48 49 50 51 52 53 54 55 ... 81
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)