Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Ensemble, c’est tout - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Ensemble, c’est tout

Электронная книга - «Ensemble, c’est tout». Краткое содержание книги:

Et puis, qu'est-ce que ça veut dire, différents ? C'est de la foutaise, ton
histoire de torchons et de serviettes... Ce qui empêche les gens de vivre
ensemble, c'est leur connerie, pas leurs différences... Camille dessine.
Dessinais plutôt, maintenant elle fait des ménages, la nuit. Philibert, aristo
pur jus, héberge Franck, cuisinier de son état, dont l'existence tourne autour
des filles, de la moto et de Paulette, sa grand-mère. Paulette vit seule, tombe
beaucoup et cache ses bleus, paniquée à l'idée de mourir loin de son jardin. Ces
quatre là n'auraient jamais dû se rencontrer. Trop perdus, trop seuls, trop
cabossés... Et pourtant, le destin, ou bien la vie, le hasard, l'amour -appelez
ça comme vous voulez -, va se charger de les bousculer un peu. Leur histoire,
c'est la théorie des dominos, mais à l'envers. Au lieu de se faire tomber, ils
s'aident à se relever.
1 ... 46 47 48 49 50 51 52 53 54 ... 93
Перейти на страницу:

Camille souriait :

� Non, je ne suis pas amoureuse de lui, mais tu vois, c'est le grand fr�re que j'aurais r�v� avoir...

� T'es fille unique ?

� Je... Je ne sais plus... murmura-t-elle en se pr�cipitant vers son zombi bigleux et ador�.

Bien s�r il �tait confus, bien s�r il b�gaya, bien s�r il l�cha sa valise qui tomba sur les pieds de Camille, bien s�r il se confondit en excuses et perdit ses lunettes du m�me coup. Bien s�r.

� Oh, mais Camille, comme vous y allez... On croirait un petit chiot, mais, mais, mais...

� M'en parle pas, on peut plus la tenir... bougonna Franck.

� Tiens, prends sa valise, lui ordonna-t-elle pendant qu'elle se pendait � son cou, tu sais, on a une surprise pour toi...

� Une surprise, mais mon Dieu, non... Je... Je n'aime pas pas tellement les surprises, il ne fal... fallait pas...

� H�, les tourtereaux ! �a vous g�nerait pas de marcher moins vite ? Y a votre boy qu'est fatigu�, l�... Putain, mais qu'est-ce que t'as mis l�-dedans ? Une armure ou quoi ?

� Oh, quelques livres... Rien de plus...

� Putain, Philou, t'en as d�j� des milliers, merde... Ceux-l�, tu pouvais pas les laisser au ch�teau ?

� Mais, il est tr�s en forme, notre ami... glissa-t-il, � l'oreille de Camille, �a va, vous ?

� Qui �a, nous ?

� Euh... eh bien, vous...

� Pardon ?

� T... toi ?

� Moi ? reprit-elle en souriant, tr�s bien. Je suis contente que tu sois l�...

� Moi aussi... Tout s'est bien pass� ? Pas de tranch�es dans l'appartement ? Pas de barbel�s ? Pas de sacs de sable ?

� Aucun probl�me. Il a une petite amie en ce moment...

� Ah, tr�s bien... Et les f�tes ?

� Quelles f�tes ? C'est ce soir la f�te ! D'ailleurs, on va d�ner quelque part... Je vous invite !

� O� �a ? ronchonna Franck.

� � la Coupole !

� Oh, non... C'est pas un restaurant, �a, c'est une usine � bouffe...

Camille fron�a les sourcils :

� Si. � La Coupole. Moi, j'adore cet endroit... On n'y va pas pour manger, on y va pour le d�cor, poui l'ambiance, pour les gens et pour �tre ensemble...

� �a veut dire quoi � on n'y va pas pour manger �? c'est la meilleure, �a !

� Eh ben si tu ne veux pas nous accompagner, tant pis, mais moi j'invite Philibert. Consid�rez tous les deux que c'est mon premier caprice de l'ann�e !

� On n'aura pas de place...

� Mais si ! On attendra au bar sinon...

� Et la biblioth�que de Monsieur le Marquis ? C'est moi qui me la fade jusque l�-bas ?

� On n'a qu'� la laisser � la consigne et on la r�cup�rera au retour...

� Ben voyons... Merde, Philou ! Dis quelque chose !

� Franck ?

� Oui.

� J'ai six s�urs...

� Et alors ?

� Alors je te le dis le plus simplement du monde : abandonne. Ce que femme veut, Dieu le veut...

� Qui c'est qui dit �a ?

� La sagesse populaire...

� Et voil� ! �a recommence ! Vous faites chier tous les deux avec vos citations...

Il se calma quand elle cala son autre bras sous le sien et, sur le boulevard Montparnasse, les badauds s'�cart�rent pour les laisser passer.

De dos, ils �taient tr�s mignons...

� gauche, le grand maigre avec sa pelisse Retraite de Russie, � droite, le petit r�bl� avec son blouson Lucky Strike et au milieu, une jeune fille qui p�piait, riait, sautillait et r�vait en secret d'�tre soulev�e du sol et de les entendre dire : � � la une ! � la deux ! � la trois ! Yooouuuh... �

Elle les serrait le plus fort possible. Tout son �quilibre �tait l� aujourd'hui. Ni devant, ni derri�re, mais l�. Juste l�. Entre ces deux coudes d�bonnaires...

Le grand maigre penchait l�g�rement la t�te et le petit r�bl� enfon�ait ses poings dans ses poches us�es.

Tous les deux, et sans en �tre aussi conscients, pensaient exactement la m�me chose : nous trois, ici, maintenant, affam�s, ensemble, et que vogue la gal�re...

Pendant les dix premi�res minutes, Franck fut ex�crable, critiquant tour � tour, la carte, les prix, le service, le bruit, les touristes, les Parisiens, les Am�ricains, les fumeurs, les non-fumeurs, les tableaux, les homards, sa voisine, son couteau et la statue immonde qui allait s�rement lui couper l'app�tit.

Camille et Philibert se marraient.

Apr�s une coupe de Champagne, deux verres de chablis et six hu�tres, il la boucla enfin.

Philibert, qui n'avait pas l'habitude de boire, riait b�tement et sans raison. � chaque fois qu'il reposait son verre, il s'essuyait la bouche et imitait le cur� de son village en se lan�ant dans des sermons mystiques et tortur�s avant de conclure : � Aaa-men, aaah que je suis heureux d'�tre avec vous... � Press� par les deux autres, il leur donna des nouvelles de son petit royaume humide, de sa famille, des inondations, du r�veillon chez les cousins int�gristes et leur expliqua, au passage nombre d'usages et coutumes hallucinantes avec un humour pince-sans-rire qui les enchanta.

Franck, surtout, �carquillait les yeux et r�p�tait � non ? � � non ! � � non... � toutes les dix secondes :

� Tu dis qu'ils sont fianc�s depuis deux ans et qu'ils n'ont jamais... Arr�te... J'y crois pas...

� Tu devrais faire du th��tre, le pressait Camille, je suis s�r que tu serais un excellent show man... Tu connais tellement de mots et tu racontes les choses avec tellement d'esprit... Tellement de distance... Tu devrais raconter le charme azimut� de vieille noblesse fran�aise ou quelque chose dans ce go�t-l�...

� Tu... tu crois ?

� J'en suis s�re ! Hein Franck ? Mais... tu ne m'avais pas parl� d'une fille au mus�e qui voulait t'emmener � ses cours ?

� C'est... c'est exact... mais, mais je b�... b�gaye trop...

� Non, quand tu racontes, tu parles normalement...

� Vou... vous croyez ?

� Oui. Allez ! C'est ta bonne r�solution de l'ann�e ! trinqua Franck. Sur les planches, Monseigneur ! Et te plains pas, hein, parce que la tienne, elle est pas difficile � tenir...

Camille d�cortiquait leurs crabes, brisait pattes, pinces et carapaces et leur pr�parait de merveilleuses tartines. Depuis toute petite, elle adorait les plateaux de fruits de mer parce qu'il y avait toujours beaucoup � s'occuper et peu � manger. Avec une montagne de glace pil�e entre elle et ses interlocuteurs, elle pouvait donner le change pendant tout un repas sans qu'on s'en m�le ou qu'on l'emb�te. Et, ce soir encore, alors qu'elle �tait d�j� en train de h�ler le gar�on pour une autre bouteille, elle �tait loin d'avoir honor� sa part. Elle s'�tait rinc� les doigts, avait attrap� une tartine de pain de seigle et s'�tait adoss�e contre la banquette en fermant les yeux.

Clic clac.

Plus personne ne bouge.

Moment suspendu.

Bonheur.

Franck racontait des histoires de carburateur � Philibert qui l'�coutait patiemment, prouvant, une fois encore, son �ducation parfaite et sa grande bont� d'�me :

� Certes, 89 euros c'est une somme, opinait-il gravement, et... qu'en pense ton ami le... Le gros...

� Le gros Titi ?

� Oui !

� Oh ben, tu sais, Titi, il s'en fout, lui... Des joints de culasse comme �a, il en a tant qu'il veut...

� �videmment, r�pondit-il, sinc�rement d�sol�, le gros Titi, c'est le gros Titi...

Il ne se moquait pas. Pas la moindre ironie l�-dessous. Le gros Titi, c'�tait le gros Titi et puis voil�.

Camille demanda qui voulait bien partager des cr�pes flamb�es avec elle. Philibert pr�f�rait un sorbet et Franck prit ses pr�cautions :

� Attends... T'es quel genre de nana, toi ? Celles qui disent on partage et qui se goinfrent tout en papillotant des cils ? Celles qui disent on partage et qui chipotent le nez du g�teau ? Ou celles qui disent on partage et qui partagent vraiment ?

� Commande et tu le sauras...

� Mmmm, c'est d�licieux...

� Nan, elles sont r�chauff�es, trop �paisses et y a trop de beurre... Je t'en ferai un jour et tu verras la diff�rence...

1 ... 46 47 48 49 50 51 52 53 54 ... 93
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)