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Les enfants de Dune [Children of Dune - fr]

Электронная книга - «Les enfants de Dune [Children of Dune - fr]». Краткое содержание книги:

Sur Dune, la planète des sables, les anciennes prophéties sont en train de s’accomplir. La transformation écologique s’accélère : l’eau, jadis plus coûteuse que l’or, coule à flots, et les jardins débordent sur le désert. Mais la prospérité nouvelle de Dune menace sa richesse, l’Epice de longévité et de prescience. Les durs Fremen, qui ont porté aux confins de l’univers humain la bannière et la parole de Muad’Dib, s’amollissent. Les vers géants se font rares. Et depuis que Paul est allé au désert pour y mourir selon la tradition Fremen parce qu’il a perdu la vue, ses prêtres ont construit sur son message de paix une théocratie autoritaire qui régit toute la galaxie.
C’est alors que se jouent les destins des enfants de Dune.
Leto et Ghanima, les jumeaux nés de Paul et de Chani, se sont éveillés à la conscience dans le ventre de leur mère et portent en eux les mémoires héréditaires d’innombrables générations. Il leur faut les dompter s’ils veulent échapper à l’Abomination redoutée par les Sœurs du Bene Gesserit à la possession par un spectre surgi de ce passé génétique.
Il leur faut aussi déjouer les complots s’ils veulent survivre, refondre l’univers humain ébranlé par le Jihad et régner à leur tour sur Dune.

Voici enfin le troisième volet de l’épopée la plus fascinante de toute la science-fiction moderne. Un grand roman historique situé dans l’avenir lointain.
Dans huit mille ans.
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« Une ruse dans une ruse qui cache une ruse, dit la voix paresseuse de la Princesse. Nous connaissons tous la forme ordinaire de l’attaque contre le pouvoir. Je ne puis en vouloir à Alia de ses soupçons. Bien sûr, elle soupçonne n’importe qui – nous y compris. Mais, pour l’heure, il faut ne pas en tenir compte. Ce qui demeure l’arène première des motivations est notre premier souci. Quelle est la source de danger la plus fertile pour la Régence ? »

« La CHOM », déclara Duncan, et il avait le ton neutre du mentat.

Alia eut un sourire dur. La Compagnie Universelle ! Le Combinat des Honnêtes Ober Marchands ! Mais la Maison des Atréides était majoritaire de la CHOM avec cinquante et un pour cent des actions. La Prêtrise de Muad’Dib possédait une autre part de cinq pour cent, ce qui impliquait le consentement pratique des Grandes Maisons au contrôle de Dune sur le précieux Mélange. Ce n’était pas sans raison que l’épice était souvent appelée « la monnaie secrète ». Privés du Mélange, les Navigateurs de la Guilde Spatiale étaient paralysés. C’était le Mélange qui suscitait cette « transe de navigation » qui leur permettait de « voir » le sentier transluminique que devait suivre le vaisseau. Sans le Mélange et le développement du système immunitaire humain qu’il assurait, les plus riches verraient leur espérance de vie divisée par quatre. Même la classe moyenne de l’Imperium absorbait le Mélange en petite quantité, mais au moins une fois par jour, au cours d’un repas.

Alia, pourtant, avait su lire la sincérité du mentat dans les paroles de Duncan ; c’était un son particulier qu’elle avait guetté avec angoisse.

La CHOM. La grande Compagnie était bien plus que la Maison des Atréides, bien plus que Dune, que la Prêtrise ou le Mélange. Elle était le vinencre, la fourrure de baleine, la shigavrille, les artefacts et les jeux ixiens, le commerce entre les gens, entre les lieux, Le Hajj, ces produits qui venaient de la technologie semi-légale du Tleilax. C’était aussi les drogues à accoutumance et les techniques médicales, les transports (la Guilde) et tout l’hyper-complexe commercial d’un empire qui embrassait des milliers de mondes connus, plus quelques autres qui vivaient sur les franges, tolérés pour services rendus. Lorsque Duncan Idaho disait CHOM, il évoquait un ferment permanent, un nœud d’intrigues, un réseau de forces dans lequel un changement de la douzième décimale des intérêts versés pouvait amener la chute du propriétaire d’une planète.

Alia revint vers la Princesse et Duncan.

« A propos de la CHOM, vous avez une inquiétude précise ? »

« Certaines Maisons continuent de spéculer activement sur le stockage de l’épice », dit Irulan.

Alia se frappa nerveusement les cuisses avant de désigner la feuille de papier d’épice, à quelques centimètres d’Irulan.

« Cette exigence ne vous intrigue donc pas, venant ainsi…»

« Très bien ! éclata Duncan. Finissons-en. Que me dissimules-tu ? Tu ne peux quand même pas garder des informations secrètes et exiger de moi que je fonctionne comme…»

« Récemment, dit Alia, le commerce des hommes s’est développé de façon très significative dans quatre spécialités particulières. » Dans le même instant, elle se demandait si cette information serait tellement neuve pour Duncan et Irulan.

« Quelles spécialités ? » demanda Irulan.

« Maîtres d’armes, Mentats “tordus” du Tleilax, Médecins conditionnés de l’école Suk et trésoriers comptables… plus particulièrement ces derniers. Pourquoi une telle demande de vagues employés aux écritures en ce moment ? »

La question visait Duncan.

Raisonnement mental ! se dit-il, et c’était un ordre qu’il s’adressait car cela valait mieux que d’affronter ce qu’Alia était devenue. Il se concentra sur ses paroles, les soumit au filtre de son esprit. Des maîtres d’armes ? Jadis il avait porté ce titre. Les maîtres d’armes étaient, certes, bien plus que des spécialistes du combat : ils pouvaient réparer les boucliers énergétiques, dresser des plans de campagnes militaires, organiser l’intendance des armées, improviser des armes… Les mentats « tordus » ? Il semblait évident que les Tleilaxu avaient décidé de poursuivre cette duperie. En tant que mentat, Duncan était au fait de la fragilité de cette prétention tleilaxu. Les Maisons Majeures qui faisaient l’acquisition de tels mentats espéraient les contrôler totalement. C’était impossible ! Même Piter de Vries, qui avait servi les Harkonnens pendant leur guerre contre la Maison Atréides avait réussi à maintenir l’essentiel de sa dignité, allant jusqu’à préférer la mort à l’abandon de son intégrité. Des docteurs Suk ? Leur conditionnement était censé garantir leur loyauté envers leurs patients propriétaires. Ils étaient devenus très coûteux. Un accroissement de la demande impliquerait des échanges de fonds très importants.

Idaho compara ces facteurs à l’augmentation du marché des trésoriers comptables.

« Computation première, dit-il, indiquant ainsi qu’il avait l’assurance soigneusement pesée de parler d’un fait induit. Un accroissement de richesse a récemment été enregistré chez les Maisons Mineures. Certaines s’apprêtent à acquérir discrètement le statut de Maison Majeure. Cet accroissement financier ne peut provenir que de modifications spécifiques dans les alignements politiques. »

« Et nous en venons au Landsraad », dit Alia, exprimant sa propre conviction.

« La prochaine réunion du Landsraad aura lieu dans deux années standard », lui rappela Irulan.

« Mais les marchandages politiques ne s’interrompent jamais, dit Alia. Et je suis bien certaine (elle désigna une fois encore le document posé près d’Irulan) que certains signataires de ces tribus appartiennent à ces Maisons Mineures qui ont quitté leur alignement. »

« Peut-être », dit Irulan.

« Le Landsraad… Quelle meilleure couverture pour le Bene Gesserit ? Et quel meilleur agent pour les Sœurs que ma propre mère ? (Alia se planta devant Idaho.) Eh bien ? »

Pourquoi ne pas raisonner en mentat ? se demanda-t-il. Il discernait le grand soupçon d’Alia, maintenant. Après tout, il avait été le garde personnel de Dame Jessica durant bien des années.

« Duncan ? » insista Alia.

« Il faut enquêter minutieusement sur toute législation consultative qui serait en préparation pour la prochaine session du Landsraad. Ils pourraient s’opposer sur une base légale au veto de la Régence sur certaines catégories de législation – plus précisément à propos des réajustements de taxations et de la direction des cartels. Il en existe d’autres, mais…»

« Ce genre de pari ne serait guère pragmatique de leur part, s’ils adoptaient une telle position », dit Irulan.

« Je suis d’accord, fit Alia. Les Sardaukar n’ont plus de crocs et il nous reste encore nos légions Fremen. »

« Prudence, Alia, dit Idaho. Nos ennemis ne souhaiteraient rien de mieux que de nous faire apparaître monstrueux. Quel que soit le nombre de légions dont on dispose, le pouvoir, en définitive, s’appuie sur la souffrance populaire dans un empire aussi dispersé que celui-ci. »

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