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Les enfants de Dune [Children of Dune - fr]

Электронная книга - «Les enfants de Dune [Children of Dune - fr]». Краткое содержание книги:

Sur Dune, la planète des sables, les anciennes prophéties sont en train de s’accomplir. La transformation écologique s’accélère : l’eau, jadis plus coûteuse que l’or, coule à flots, et les jardins débordent sur le désert. Mais la prospérité nouvelle de Dune menace sa richesse, l’Epice de longévité et de prescience. Les durs Fremen, qui ont porté aux confins de l’univers humain la bannière et la parole de Muad’Dib, s’amollissent. Les vers géants se font rares. Et depuis que Paul est allé au désert pour y mourir selon la tradition Fremen parce qu’il a perdu la vue, ses prêtres ont construit sur son message de paix une théocratie autoritaire qui régit toute la galaxie.
C’est alors que se jouent les destins des enfants de Dune.
Leto et Ghanima, les jumeaux nés de Paul et de Chani, se sont éveillés à la conscience dans le ventre de leur mère et portent en eux les mémoires héréditaires d’innombrables générations. Il leur faut les dompter s’ils veulent échapper à l’Abomination redoutée par les Sœurs du Bene Gesserit à la possession par un spectre surgi de ce passé génétique.
Il leur faut aussi déjouer les complots s’ils veulent survivre, refondre l’univers humain ébranlé par le Jihad et régner à leur tour sur Dune.

Voici enfin le troisième volet de l’épopée la plus fascinante de toute la science-fiction moderne. Un grand roman historique situé dans l’avenir lointain.
Dans huit mille ans.
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Idaho n’était revenu qu’à regret du Sietch Tabr. Alia avait dû lui adresser un ordre péremptoire. Plus que jamais l’enlèvement de Jessica était nécessaire, mais pourtant, il fallait attendre. Elle avait besoin des pouvoirs mentat de Duncan.

« Tous ces faits dérivent du même schéma, dit-elle. Ils sentent le complot en profondeur. »

« Peut-être pas », suggéra Irulan, mais, dans le même temps, elle adressait un regard perplexe à Duncan.

Alia eut une brève expression de mépris. Comment Irulan pouvait-elle se montrer si naïve ? A moins que… Elle eut un regard perçant et interrogateur à l’adresse de la Princesse. Irulan portait une simple robe aba noire qui allait parfaitement avec les ombres qui hantaient l’indigo de ses yeux. Ses cheveux blonds étaient ramenés en un chignon serré sur la nuque, accentuant la maigreur de son visage, durci par toutes ces années d’Arrakis. Elle conservait un peu de l’attitude hautaine qui lui avait été enseignée à la cour de son père et, souvent, Alia se surprenait à songer que ce maintien orgueilleux pouvait dissimuler des pensées de conspiration.

Idaho paradait nonchalamment en uniforme noir et vert de la Garde de la Maison des Atréides, sans insignes. Ce que réprouvaient en secret la plupart des gardes d’Alia, tout spécialement ses amazones, qui arboraient fièrement l’insigne de leur fonction. La présence même de ce ghola-maître d’armes et mentat leur déplaisait d’autant plus qu’il était l’époux de leur maîtresse.

« Ainsi, les tribus souhaitent que Dame Jessica soit réintégrée dans le Conseil de Régence, dit Idaho. Comment cela peut-il…»

« Leur demande est unanime ! s’écria Alia tout en désignant la feuille de papier d’épice gaufré posée sur le divan à côté d’Irulan. Farad’n est une chose, mais ceci… ceci sent à plein nez la manœuvre ! »

« Qu’en pense Stilgar ? » demanda Irulan.

« Ce papier porte sa signature ! »

« Mais s’il…»

« Comment pourrait-il renier la mère de son dieu ? » lança Alia, méprisante.

Idaho leva les yeux sur elle et songea : Elle va trop loin avec Irulan ! A nouveau, il se demanda pourquoi Alia l’avait rappelé ici alors qu’elle savait qu’il devait absolument être présent au Sietch Tabr pour mener à bien l’enlèvement de Jessica. Se pouvait-il qu’elle ait eu vent du message que lui avait adressé le Prêcheur ? A cette pensée, quelque chose pesa au creux de sa poitrine. Comment ce mendiant mystique pouvait-il donc connaître le signal secret dont Paul Atréides s’était toujours servi pour convoquer son maître d’armes ? Duncan bouillait d’impatience : il fallait mettre un terme à cette réunion inutile et recommencer à chercher une réponse à cette question.

« Il ne fait aucun doute que le Prêcheur a quitté cette planète, reprit Alia. La Guilde n’oserait pas nous tromper. Je vais le faire…»

« Prudence ! » dit Irulan.

« Oui, prudence, intervint Duncan. La moitié de la population de ce monde considère qu’il est… (Il haussa les épaules.) ton frère. »

Il espérait que son ton restait suffisamment désinvolte. Mais comment cet homme connaissait-il le signal ?

« Mais s’il est un messager, ou un espion de…»

« Il n’a eu aucun contact avec la CHOM ou la Maison de Corrino, dit Irulan. Nous pouvons être certains que…»

« Nous ne pouvons être certains de rien ! » Alia, à présent, n’essayait plus de voiler son mépris. Elle tourna le dos à la Princesse pour faire face à Idaho. Il savait pourquoi il se retrouvait ici ! Pourquoi ne réagissait-il pas comme elle l’avait escompté ? Il était dans la Chambre du Conseil à cause d’Irulan. Jamais nul n’oublierait l’histoire qui avait amené une Princesse de la Maison de Corrino sous la bannière Atréides. Lorsque l’allégeance changeait une fois, elle pouvait changer encore. Les pouvoirs mentat de Duncan devaient lui révéler les failles du comportement d’Irulan, ses plus subtiles déviations.

Idaho parut s’éveiller. Son regard se posa sur la Princesse. Il y avait des moments où il ne pouvait supporter les obligations rigides imposées à ses dons de mentat. Il savait ce qu’Alia pensait. Et Irulan le savait aussi, sans doute. Mais cette épouse-Princesse de Paul Muad’Dib avait surmonté les décisions qui avaient fait d’elle l’inférieure de Chani, la concubine royale. On ne pouvait douter de sa dévotion aux jumeaux. Elle avait renoncé à sa famille et au Bene Gesserit en se consacrant aux Atréides.

« Ma mère fait partie de ce complot ! insista Alia. Pour quelle autre raison les Sœurs l’auraient-elles envoyée ici en ce moment ? »

« Ce n’est pas l’hystérie qui nous aidera beaucoup », dit Duncan.

Comme il l’avait espéré, Alia se détourna brusquement de lui. Il préférait ne pas avoir à regarder ce visage qu’il avait tant aimé et qui était maintenant déformé par une possession étrangère.

« Ma foi, dit Irulan, on ne peut absolument se fier à la Guilde…»

« La Guilde ! » ricana Alia.

« Nous ne pouvons écarter l’hostilité de la Guilde ou du Bene Gesserit, dit Idaho, mais il nous faut leur assigner une catégorie particulière, celle de combattants passifs. La Guilde s’en tiendra à son principe de base : Ne jamais Gouverner. Ils sont une excroissance parasite, et ils le savent. Ils ne feront jamais rien qui risque de tuer l’organisme qui les fait vivre. »

« Il se pourrait qu’ils se fassent une autre idée que nous de cet organisme, insinua Irulan. Et elle avait ce ton paresseux qui se rapprochait le plus chez elle de l’ironie et qui signifiait présentement : « Tu as oublié un point, mentat. »

Alia parut décontenancée. Elle ne s’était pas attendue à l’intervention d’Irulan sur ce sujet. Une conspiratrice ne saurait souhaiter que l’on examine un tel point de vue.

« Sans doute, admit Duncan, mais la Guilde n’affrontera pas directement la Maison des Atréides. D’un autre côté, les Sœurs risqueraient une cassure politique…»

« Si elles bougent, il leur faudra trouver une couverture, un groupe ou une personnalité qu’elles puissent désavouer, dit Irulan. Le Bene Gesserit n’a pas traversé tous ces siècles sans connaître la valeur de l’effacement. Les Sœurs préfèrent se trouver derrière le trône plutôt que de s’y asseoir. »

L’effacement ? pensa Alia. Était-ce donc là le choix qu’avait fait Irulan ?

« Exactement la position que je définis pour la Guilde », souligna Duncan. Il trouvait un certain soulagement dans le jeu de la discussion et de l’explication. Cela détournait son esprit d’autres problèmes.

Alia s’approcha des fenêtres illuminées par le soleil. Elle connaissait la tache aveugle de Duncan. C’était celle de tous les mentats. Ils devaient se prononcer. Ce qui développait en eux une tendance à dépendre d’absolus, à tracer des limites définies. Ils en étaient avertis car cela faisait partie de leur éducation. Pourtant, ils continuaient d’agir à l’intérieur de paramètres définis, se limitant d’eux-mêmes.

Je n’aurais pas dû le rappeler du Sietch Tabr, se dit Alia. Il aurait mieux valu livrer Irulan à Javid pour qu’il la soumette à la question…

Au centre de son crâne, une voix gronda : « Exactement ! »

Taisez-vous ! Taisez-vous ! supplia-t-elle. Elle devinait une faute dangereuse, en cet instant, sans pouvoir en définir la forme. Elle avait seulement conscience du péril. Idaho devait l’aider à sortir de cette passe. C’était un mentat. Les mentats étaient nécessaires, depuis que les ordinateurs humains avaient remplacé les appareils mécaniques que le Jihad Butlérien avait détruits. Tu ne feras point de machine à l’esprit de l’homme semblable ! Mais Alia aurait tant aimé disposer d’une machine obéissante. Une machine affranchie des limitations d’Idaho, dont jamais elle n’aurait à se méfier.

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