Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Классическая проза » Mondo et autres histoires
Mondo et autres histoires - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Mondo et autres histoires

Электронная книга - «Mondo et autres histoires». Краткое содержание книги:

Les contes de Le Clézio, qui semblent nés du rêve et du recueillement, nous parlent pourtant de notre époque.Venu d'ailleurs, Mondo le petit garçon qui passe, Lullaby la voyageuse, Jon, Juba le sage, Daniel Sindbad qui n'a jamais vu la mer, Alia, Petite Croix, et tant d'autres, nous sont délégués comme autant d'enfants-fées. Ils nous guident. Ils nous forcent à traverser les tristes opacités d'un univers où l'espoir se meurt. Ils nous fascinent par leur volonté tranquille, souveraine, accordée au silence des éléments retrouvés. Ils nous restituent la cadence limpide du souffle, clé de notre âme.
1 ... 42 43 44 45 46 47 48 49 50 ... 58
Перейти на страницу:

Il n'y avait personne, et pourtant l'on sentait partout la présence de la vie, des regards. C'était comme d'être la nuit dans une grande ville endormie, et de marcher devant toutes ces fenêtres qui cachent les gens.

Les bruits résonnaient ensemble. Dans la nuit ils étaient plus forts, plus précis. Le froid rendait la terre vibrante, sonore, grandes étendues de sable chantonnantes, grandes dalles de pierre qui parlaient. Les insectes crissaient, et aussi les scorpions, les mille-pattes, les serpents du désert. De temps en temps on entendait la mer, le grondement sourd des vagues de l'océan qui venaient s'effondrer sur le sable de la plage. Le vent apportait la voix de la mer, jusqu'ici, par bouffées, avec un peu d'embruns.

Où est-ce qu'on était, maintenant? Il n'y avait pas de points de repère. Seulement les dunes, les rangées de dunes, l'étendue invisible du sable où tremblotaient les touffes d'herbe, où cliquetaient les feuilles des arbustes, tout cela, à perte de vue. Pas très loin, pourtant, il y avait sûrement les maisons, la ville plate, les réverbères, les phares des camions. Mais maintenant on ne savait plus où c'était. Le vent froid avait tout balayé, tout lavé, tout usé avec ses grains de sable.

Le grand ciel noir était absolument lisse, dur, percé de petites lumières lointaines. C'était le froid qui commandait sur ce pays, qui faisait entendre sa voix. Peut-être que là où on allait, on ne pourrait plus revenir en arrière, jamais.

Peut-être que le vent recouvrait vos traces, comme cela, avec son sable, et qu'il fermait tous les chemins derrière vous. Puis les dunes se mouvaient lentement, imperceptiblement, pareilles aux longues lames de la mer. La nuit vous enveloppait. Elle vidait votre tête, elle vous faisait tourner en rond. Le bruit rugissant de la mer arrivait comme à travers le brouillard. Les grincements des insectes s'éloignaient, revenaient, repartaient, jaillissaient de tous les côtés à la fois, et c'étaient la terre entière et le ciel qui criaient.

Comme la nuit était longue dans ce pays! Elle était si longue qu'on avait oublié comment c'était quand il faisait jour. Les étoiles giraient lentement dans le vide, descendaient vers l'horizon. Parfois, une étoile filante rayait le ciel. Elle glissait par-dessus les autres, très vite, puis elle s'éteignait. Les lucioles filaient aussi dans le vent, s'accrochaient aux branches des buissons. Elles restaient là, en faisant clignoter leurs ventres. En haut des dunes, on voyait le désert qui s'allumait et s'éteignait sans cesse, de tous côtés.

C'était peut-être à cause de cela qu'on sentait cette présence, ces regards. Et puis il y avait ces bruits, tous ces bruits étranges et menus qui vivaient alentour. Les petits animaux inconnus détalaient dans les creux de sable, entraient dans leurs terriers. On était chez eux, dans leur pays. Ils lançaient leurs signaux d'alerte. Les engoulevents volaient d'un buisson à l'autre. Les gerboises suivaient leurs chemins minuscules. Entre les dalles de pierre froide, la couleuvre coulait son corps. C'étaient eux, les habitants, qui couraient s'arrêtaient, cœur palpitant, cou dressé, yeux fixes. C'était ici leur monde.

Un peu avant l'aube, quand le ciel devenait gris peu à peu, un chien s'est mis à aboyer, et les chiens sauvages ont répondu. Ils ont poussé de longs cris aigus, la tête renversée en arrière. C'était étrange, cela faisait frissonner la peau.

Il n'y avait plus de bruits d'insectes à présent. Les pierres ne craquaient plus. Le brouillard montait de la mer, en suivant le lit des torrents à sec. Il passait très lentement sur les dunes, il s'étirait comme de la fumée.

Les étoiles s'effaçaient dans le ciel. Une lumière faisait une tache, à l'est, au-dessus du désert. La terre commençait à apparaître, pas du tout belle, mais grise et terne, parce qu'elle dormait encore. Les chiens sauvages erraient entre les dunes, à la recherche de nourriture. C'étaient de petits chiens maigres avec un dos arqué et de longues pattes. Ils avaient des oreilles pointues comme les renards.

La lumière augmentait, on commençait à distinguer les formes. Il y avait une plaine, semée de rochers brûlés, et quelques huttes en pisé avec des toits de palmes. Les huttes étaient en ruine, probablement abandonnées depuis des mois, sauf une où vivaient les enfants. Autour des maisons, c'était la grande plaine de pierres, les dunes. Derrière les dunes, la mer. Quelques sentiers traversaient la plaine; c'étaient les pieds nus des enfants et les sabots des chèvres qui les avaient tracés.

Quand le soleil apparut au-dessus de la terre, loin, à l'est, la lumière fit briller d'un seul coup la plaine. Le sable des dunes brillait comme de la poussière de cuivre. Le ciel était lisse et clair comme de l'eau. Les chiens sauvages s'approchèrent des maisons et du troupeau de chèvres.

C'était ici leur monde, sur la grande étendue de pierres et de sable.

Quelqu'un arrivait le long des sentiers, entre les dunes. C'était un jeune garçon vêtu comme les gens de la ville. Il portait sur l'épaule une veste de lin un peu froissée, et ses chaussures de toile blanche étaient couvertes de poussière. De temps en temps il s'arrêtait et hésitait, parce que les sentiers se divisaient. Il repérait le bruit de la mer, à sa gauche, puis il recommençait à marcher. Le soleil était déjà haut sur l'horizon, mais il ne sentait pas sa chaleur. La lumière qui se réverbérait sur le sable l'obligeait à fermer les yeux. Son visage n'était pas habitué au soleil; il était rouge par endroits, sur le front, et surtout sur le nez, où la peau commençait à partir. Le jeune garçon n'était pas très habitué non plus à marcher dans le sable; cela se voyait à la façon dont il tordait ses chevilles en marchant sur les pentes des dunes.

Quand il arriva devant le mur de pierres sèches, le garçon s'arrêta. C'était un très long mur qui barrait la plaine. A chaque extrémité, le mur disparaissait sous les dunes. Il fallait faire un grand détour pour trouver un passage. Le garçon hésita. Il regarda en arrière, pensant qu'il allait peut-être revenir sur ses pas.

C'est alors qu'il entendit des bruits de voix. Cela venait de l'autre côté du mur, des cris étouffés, des appels. C'étaient des voix d'enfants. Le vent les portait par-dessus la muraille, un peu irréelles, mêlées au grondement de la mer. Les chiens sauvages aboyaient plus fort, parce qu'ils avaient senti la présence du nouveau venu.

Le jeune garçon escalada la muraille et regarda de l'autre côté. Mais il n'aperçut pas les enfants. De ce côté du mur, c'était toujours la même plaine de rochers, les mêmes arbustes et, au loin, la ligne douce des dunes.

Le jeune garçon avait très envie d'aller voir là-bas. Il y avait beaucoup de traces sur le sol, des sentiers, des brisées dans les fourrés qui indiquaient le passage des gens. Sur les rochers, le soleil faisait briller les parcelles de mica.

Le jeune garçon était attiré par cet endroit. Il sauta du mur et il se sentit plus léger, plus libre. Il écouta le bruit du vent et de la mer, il vit les creux où vivent les lézards, les buissons où les oiseaux font leurs nids.

Il commença à marcher sur la plaine de pierres. Ici, les arbustes étaient plus hauts. Certains portaient des baies rouges.

Tout à coup, il s'arrêta, parce qu'il avait entendu tout près de lui:

«Frrtt! Frrtt!»

un bruit bizarre, comme si on jetait de petits cailloux sur la terre. Mais personne ne se montrait.

Le jeune garçon recommença à avancer. Il suivait un petit sentier qui conduisait à un groupe de rochers, au centre de l'enceinte de pierres sèches.

Encore une fois, il entendit, tout près de lui:

«Frrtt! Frrtt!»

Cela venait de derrière, maintenant. Mais il ne vit que la muraille, les buissons, les dunes. Il n'y avait personne.

Mais le jeune garçon sentait qu'on le regardait. Cela venait de tous les côtés à la fois, un regard insistant qui le guettait, qui suivait chacun de ses mouvements. Il y avait longtemps qu'on le regardait ainsi, mais le jeune garçon venait seulement de s'en rendre compte. Il n'avait pas peur; il faisait grand jour maintenant, et d'ailleurs le regard n'avait rien d'effrayant.

1 ... 42 43 44 45 46 47 48 49 50 ... 58
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)