Un festin pour les corbeaux
- Автор: Мартин Джордж Рэймонд Ричард
- Серия: Le Trone de fer #12
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Pygmalion
- ISBN: 978-2-7564-0125-6
- Переводчик: Jean Sola
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Un festin pour les corbeaux». Краткое содержание книги:
Car Sansa, depuis le régicide auquel elle a été mêlée à son insu, se cache au Val d’Arryne, sous l’identité d’Alayne Stone, prétendue bâtarde de Lord Petyr Baelish, Littlefinger. Plus pour longtemps, cependant : ce dernier a concocté un plan qui, s’il fonctionne, devrait faire revenir la jeune fille sur le devant de la scène.
Et pendant que tous les Loups s’agitent, Cersei Lannister tente de maintenir en un seul morceau l’empire qu’a laissé Lord Tywin, son père. N’a-t-elle pas joué une fois de trop avec le feu en réarmant la Foi et ses ecclésiastiques pour le moins radicaux ?
Un festin pour les corbeaux, douzième tome du Trône de Fer, clôt un chapitre important de la magistrale saga de George R.R. Martin.
Le grand pavillon rectangulaire de Ryman Frey était le plus vaste du camp ; ses murs de toile grise étaient faits de carrés cousus de manière à imiter un appareillage de pierres, et les deux pointes de son toit évoquaient les Jumeaux. Loin d’être indisposé, ser Ryman s’adonnait à va savoir quels divertissements. Les éclats de rire d’une femme soûle s’échappaient de la tente, mêlés aux accents d’une harpe et à la voix d’un chanteur. Je m’occuperai de vous plus tard, ser, songea Jaime. Debout devant sa modeste tente personnelle, Walder Rivers s’entretenait avec deux hommes d’armes. Son bouclier portait les armoiries de la maison Frey, mais avec des couleurs interverties et une barre senestre rouge en travers des tours. En apercevant Jaime, le bâtard fronça les sourcils. Voilà ce qui s’appelle une mine soupçonneuse et froide, s’il m’est jamais arrivé d’en voir. Ce type est plus dangereux que n’importe lequel de ses demi-frères légitimes.
On avait dressé la potence à dix pieds au-dessus du sol. Deux factionnaires armés de piques étaient postés au pied des marches. « Vous ne pouvez pas monter sans l’autorisation de ser Ryman, dit l’un d’eux à Jaime.
— Ceci prétend que je peux. » Jaime tapota d’un doigt la poignée de son épée. « La question est : me faudra-t-il enjamber votre cadavre ? »
Les gardes s’écartèrent.
Planté sur la plate-forme de la potence, le sire de Vivesaigues regardait fixement la trappe qui le supportait. Ses pieds étaient noirs et encroûtés de glaise, ses jambes nues. Il portait une tunique de soie crasseuse rayée des rouge et bleu Tully, et le nœud coulant d’une corde de chanvre. Le bruit des pas de Jaime lui fit relever la tête, et il lécha ses lèvres sèches et crevassées. « Régicide ? » Ses yeux s’agrandirent à la vue de ser Ilyn. « Plutôt une épée qu’une corde. Faites, Payne.
— Ser Ilyn, dit Jaime. Vous avez entendu lord Tully. Faites. »
Le chevalier silencieux saisit son épée à deux mains. Longue et lourde elle était, et aussi tranchante que pouvait l’être de l’acier commun. Les lèvres crevassées d’Edmure s’animèrent sans émettre le moindre son. En voyant ser Ilyn brandir sa lame de manière à ce qu’elle bénéficie du maximum de recul requis, il ferma les yeux. Payne concentra tout son poids derrière le coup fatal.
« Non ! Arrêtez ! NON ! ! ! » Edwyn Frey surgit, pantelant. « Mon père arrive. Aussi vite qu’il peut. Jaime, vous devez…
— Messire me siérait mieux, Frey, lui assena Jaime. Et vous feriez bien d’exclure une fois pour toutes devez des moindres paroles qui s’adressent à moi. »
Ser Ryman survint là-dessus, gravissant d’un pas pesant les marches de la potence en compagnie d’une souillon à cheveux de paille aussi bourrée que lui. Elle avait une robe qui se laçait par-devant, mais quelqu’un l’avait débraillée jusqu’au nombril, de sorte que ses seins s’éparpillaient à l’air. Ils étaient gros et lourds, avec de grands tétons bruns. Sur sa tête était posé de guingois un bandeau de bronze martelé, gravé de runes et ceinturé de petites épées noires. A la vue de Jaime, elle s’esclaffa. « Par les sept enfers, qui qu’ c’est-y, çui-là ?
— Le lord Commandant de la Garde Royale, lui retourna Jaime d’un ton froidement poli. Je pourrais vous poser la même question, ma dame.
— Dame ? Chuis pas dame. Chuis la reine.
— Ma sœur sera surprise de l’apprendre.
— Lord Ryman m’a couronnée lui-même ’vec ses prop’es mains. » Elle affecta ses hanches copieuses d’un trémoussement. « Chuis la reine des putes. »
Non, songea Jaime, ma chère sœur détient aussi ce titre-là.
Ser Ryman retrouva sa langue. « Ferme-la, salope, lord Jaime n’a pas envie d’entendre des couillonnades de catin. » Ce Frey-là était du genre trapu, avec une large bouille, de petits yeux, et des tripotées molles de doubles mentons charnus. Son haleine puait le picrate et l’oignon.
« On fait des reines, ser Ryman ? s’enquit Jaime doucereusement. Stupide. Aussi stupide que tout ce bordel avec lord Edmure.
— J’ai donné au Silure un avertissement. Je lui ai dit qu’Edmure mourrait, à moins que le château se rende. J’ai fait construire cette potence, pour leur montrer que ser Ryman Frey fait pas des menaces en l’air. A Salvemer, mon fils Walder a fait pareil avec Patrek Mallister, et lord Jason a ployé le genou, mais… le Silure est un homme froid. Il nous a refusés, alors…
— … vous avez pendu lord Edmure ? »
L’autre rougit. « Messire mon grand-père… Si nous le pendons, nous n’avons pas d’otage, ser. Avez-vous réfléchi à cela ?
— Seul un bouffon brandit des menaces qu’il n’est pas prêt à exécuter. Si j’en venais à menacer de vous casser la gueule à moins que vous ne la fermiez, et que vous ayez néanmoins le culot de la rouvrir, que pensez-vous que je ferais ?
— Ser, vous ne compre… »
Jaime le frappa. Ce fut d’un simple revers administré avec sa main d’or, mais la force du choc suffit à expédier ser Ryman à reculons s’affaler en titubant entre les bras de sa pouffiasse « Vous avez une tête de lard, ser Ryman, et une nuque épaisse aussi. Ser Ilyn, combien de coups vous faudrait-il pour trancher de part en part cette échine-là ? »
Ser Ilyn posa un seul doigt sur son nez.
Jaime se mit à rire. « Une vantardise creuse. Je parie pour trois, moi. »
Ryman Frey s’effondra sur ses deux genoux. « Je n’ai absolument rien fait…
— … sauf boire et courir les putes. Je sais.
— Je suis l’héritier du Pont. Vous ne pouvez pas..
— Je vous ai prévenu d’avoir à vous taire. » Jaime le regarda devenir blême. Un poivrot, un pitre et un pleutre. Lord Walder ferait mieux de lui survivre, ou les Frey sont fichus. « Vous êtes congédié, ser.
— Congédié ?
— Vous m’avez entendu. Tirez-vous.
— Mais… où devrais-je aller ?
— En enfer ou chez vous, comme vous préférez. Prenez garde à ne plus vous trouver dans le camp au lever du soleil. Libre à vous d’emmener votre reine des putes, mais sans sa couronne. » Jaime se détourna de ser Ryman au profit de son fils. « Edwyn, je vous confie le commandement qu’exerçait jusqu’ici votre père. Tâchez de ne pas vous montrer aussi bouché que lui.
— Cela ne devrait pas soulever beaucoup de difficulté, messire.
— Envoyez un message à lord Walder. La Couronne réclame tous les prisonniers qu’il détient. » Jaime agita sa main d’or. « Ser Lyle, amenez-le. »
Edmure Tully était tombé à plat ventre sur le plancher de la potence lorsque la lame de ser Ilyn avait sectionné la corde. Un pied de chanvre prolongeait encore le nœud coulant qui entourait son cou. Le Sanglier en saisit l’extrémité et tira dessus pour le remettre sur ses pieds. « Une truite en laisse, dit-il en pouffant, voilà un spectacle que je n’avais jamais vu jusqu’ici. »
Les Frey s’écartèrent pour leur livrer passage. Pas mal de gens s’étaient amassés au pied de l’échafaudage, y inclus une douzaine de traînées de camp plus ou moins dévêtues. Jaime remarqua dans le tas un individu qui tenait une harpe. « Holà, toi. Le chanteur. Suis-moi. »