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La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette [Flickan som lekte med elden - fr]

Электронная книга - «La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette [Flickan som lekte med elden - fr]». Краткое содержание книги:

Tandis que Lisbeth Salander coule des journées supposées tranquilles aux Caraïbes, Mikael Blomkvist, réhabilité, victorieux, est prêt à lancer un numéro spécial de Millénium sur un thème brûlant pour des gens haut placés : une sombre histoire de prostituées exportées des pays de l'Est.
Mikael aimerait surtout revoir Lisbeth. Il la retrouve sur son chemin, mais pas vraiment comme prévu : un soir, dans une rue de Stockholm, il la voit échapper de peu à une agression manifestement très planifiée. Enquêter sur des sujets qui fâchent mafieux et politiciens n'est pas ce qu'on souhaite à de jeunes journalistes amoureux de la vie.
Deux meurtres se succèdent, les victimes enquêtaient pour Millénium. Pire que tout, la police et les médias vont bientôt traquer Lisbeth, coupable toute désignée et qu'on a vite fait de qualifier de tueuse en série au passé psychologique lourdement chargé.
Mais qui était cette gamine attachée sur un lit, exposée aux caprices d'un maniaque et qui survivait en rêvant d'un bidon d'essence et d'une allumette ? S'agissait-il d'une des filles des pays de l'Est, y a-t-il une hypothèse plus compliquée encore ? C'est dans cet univers à cent à l'heure que nous embarque Stieg Larsson qui signe avec ce deuxième volume de la trilogie Millénium un thriller au rythme affolant.
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Elle disposa les échecs devant lui et il comprit avec un choc que c'était son propre échiquier. Elle devait l'avoir volé dans l'appartement après qu'il avait eu son attaque. Comme un souvenir ? Elle lui laissa les blancs. Brusquement, il fut heureux comme un gamin.

LISBETH SALANDER RESTA avec Holger Palmgren pendant deux heures. Elle l'avait battu trois fois quand une infirmière vint interrompre leurs chamailleries au-dessus de l'échiquier en expliquant que c'était l'heure de la séance de rééducation de l'après-midi. Lisbeth ramassa les pièces et replia l'échiquier.

— Est-ce que vous pouvez me dire en quoi consiste la rééducation ? dit-elle à l'infirmière.

— Entraînement musculaire et coordination. Et on fait des progrès, n'est-ce pas ?

La dernière question était adressée à Holger Palmgren. Il hocha la tête.

— Vous arrivez déjà à marcher sur plusieurs mètres. Cet été, vous pourrez vous promener tout seul dans le parc. C'est votre fille ?

Les yeux de Lisbeth et de Holger Palmgren se croisèrent.

— Fi dptive. Fille adoptive.

— C'est chouette que tu sois venue le voir. Traduction : Merde alors, où t'étais passée pendant tous ces mois ?

Lisbeth ignora la critique sous-entendue. Elle se pencha et l'embrassa sur la joue.

— Je reviens te voir vendredi.

Holger Palmgren se leva péniblement du fauteuil roulant. Elle marcha avec lui jusqu'à un ascenseur où leurs chemins se séparèrent. Dès que les portes d'ascenseur se furent refermées, elle fila à l'accueil et demanda à parler au responsable. On lui indiqua un Dr A. Sivarnandan, qu'elle trouva dans un bureau plus loin dans le couloir. Elle se présenta et expliqua qu'elle était la fille adoptive de Holger Palmgren.

— Je voudrais savoir comment il va et ce qui va se passer pour lui.

Le Dr Sivarnandan ouvrit le dossier de Holger Palmgren et lut les premières pages. Sa peau était grêlée et il avait une fine moustache qui agaçait Lisbeth. Il finit par lever les yeux. Il parlait de façon surprenante avec un accent finlandais. On aurait carrément dit un personnage de Moumine.

— Je n'ai aucune note qui indique que M. Palmgren ait une fille ou une fille adoptive. En fait, son parent le plus proche semble être un cousin de quatre-vingt-six ans dans le Jämtland.

— Il s'est occupé de moi depuis mes treize ans jusqu'à ce qu'il ait son attaque. J'en avais vingt-quatre à ce moment-là.

Elle fouilla dans la poche intérieure de sa veste et lança un stylo sur le bureau devant le Dr A. Sivarnandan.

— Je m'appelle Lisbeth Salander. Notez mon nom dans son dossier. Je suis son plus proche parent dans ce monde.

— Ça se peut, répondit A. Sivarnandan, inébranlable. Mais si tu es son plus proche parent, il faut dire que tu as mis du temps à donner de tes nouvelles. Pour autant que je sache, il n'y a qu'une personne qui n'est même pas de sa famille qui soit venue lui rendre visite de temps en temps. C'est la personne qu'il faut avertir si son état devait empirer ou s'il devait décéder.

— Sans doute Dragan Armanskij.

Le Dr A. Sivarnandan leva les sourcils et hocha pensivement la tête.

— Le nom est correct. Tu le connais alors.

— Vous pouvez l'appeler et vérifier qui je suis.

— Ça ne sera pas nécessaire. Je te crois. On m'a rapporté que tu as passé deux heures à jouer aux échecs avec M. Palmgren. Mais quoi qu'il en soit, je ne peux pas discuter de son état de santé avec toi sans son accord.

— Et jamais il ne donnera un tel accord, têtu comme il est, cette vieille mule. Il trimballe l'idée qu'il ne doit pas me charger de ses douleurs et qu'il est toujours responsable de moi et pas le contraire. Je vais vous expliquer... pendant deux ans j'ai cru que Palmgren était mort. J'ai appris hier qu'il était en vie. Si j'avais su qu'il... c'est difficile de l'expliquer, mais je veux savoir quel est son pronostic et s'il va guérir.

Le Dr A. Sivarnandan prit le stylo et nota minutieusement le nom de Lisbeth Salander dans le dossier de Holger Palmgren. Il demanda son numéro personnel d'identité et son numéro de téléphone.

— Ça va, maintenant tu es formellement sa fille adoptive. Ce n'est peut-être pas tout à fait régulier, mais après tout tu es la première à venir le voir depuis Noël dernier où M. Armanskij est passé... Tu l'as vu tout à l'heure et tu as pu constater qu'il a des problèmes de coordination et des difficultés pour parler. Il a eu une attaque cérébrale.

— Je sais. C'est moi qui l'ai trouvé et qui ai appelé l'ambulance.

— Aha. Alors sache qu'il a passé trois mois en soins intensifs. Il est resté dans le coma pendant une longue période. Le plus souvent, les patients n'en sortent pas, mais parfois ça arrive. Apparemment ce n'était pas son heure. Il a d'abord été transféré dans un service de gériatrie pour des malades chroniques qui sont dans l'incapacité totale de s'occuper d'eux-mêmes. Contre toute attente, il a montré des signes d'amélioration et on l'a transféré ici à la rééducation il y a neuf mois.

— Et le pronostic d'avenir ?

Le Dr A. Sivarnandan écarta les mains en un geste d'impuissance.

— Il te faudrait une boule de cristal de meilleure qualité que la mienne. Pour être franc, je n'en ai aucune idée. Il peut faire une autre hémorragie cérébrale cette nuit et être mort demain matin. Ou alors il peut vivre une vie relativement normale pendant encore vingt ans. Je ne sais pas. Disons que c'est Dieu qui décide.

— Et s'il vit encore vingt ans ?

— La rééducation a été laborieuse pour lui, et nous n'avons pu noter des améliorations sensibles que ces tout derniers mois. Il y a six mois, il ne pouvait pas encore manger tout seul. Il y a un mois, il ne pouvait pratiquement pas se lever de sa chaise, entre autres parce que tous ses muscles se sont atrophiés à force de rester alité. Aujourd'hui il peut en tout cas marcher sur de courtes distances.

— Est-ce qu'il va aller mieux ?

— Oui. Considérablement mieux même. Le premier seuil était difficile à franchir, mais maintenant on note des progrès chaque jour. Il a perdu presque deux ans de sa vie. Dans quelques mois, cet été, j'espère le voir se promener dehors dans le parc tout seul.

— Et l'élocution ?

— Le problème, c'est que le centre de la parole a été touché en même temps que sa motricité. Longtemps il est resté une sorte de légume. Depuis, on l'a amené à reprendre le contrôle de son corps et à réapprendre à parler. Il a du mal à se souvenir du mot qu'il doit utiliser, il est obligé de se réapproprier les mots. Mais en même temps, ce n'est pas comme apprendre à parler à un enfant — il comprend ce que le mot veut dire, mais il ne peut pas le formuler. Donne-lui encore quelques mois, et tu verras que son élocution sera améliorée comparée à aujourd'hui. Pareil pour l'orientation. Il y a neuf mois, il avait du mal à faire la différence entre la droite et la gauche, et à monter ou descendre dans l'ascenseur.

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