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La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette [Flickan som lekte med elden - fr]

Электронная книга - «La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette [Flickan som lekte med elden - fr]». Краткое содержание книги:

Tandis que Lisbeth Salander coule des journées supposées tranquilles aux Caraïbes, Mikael Blomkvist, réhabilité, victorieux, est prêt à lancer un numéro spécial de Millénium sur un thème brûlant pour des gens haut placés : une sombre histoire de prostituées exportées des pays de l'Est.
Mikael aimerait surtout revoir Lisbeth. Il la retrouve sur son chemin, mais pas vraiment comme prévu : un soir, dans une rue de Stockholm, il la voit échapper de peu à une agression manifestement très planifiée. Enquêter sur des sujets qui fâchent mafieux et politiciens n'est pas ce qu'on souhaite à de jeunes journalistes amoureux de la vie.
Deux meurtres se succèdent, les victimes enquêtaient pour Millénium. Pire que tout, la police et les médias vont bientôt traquer Lisbeth, coupable toute désignée et qu'on a vite fait de qualifier de tueuse en série au passé psychologique lourdement chargé.
Mais qui était cette gamine attachée sur un lit, exposée aux caprices d'un maniaque et qui survivait en rêvant d'un bidon d'essence et d'une allumette ? S'agissait-il d'une des filles des pays de l'Est, y a-t-il une hypothèse plus compliquée encore ? C'est dans cet univers à cent à l'heure que nous embarque Stieg Larsson qui signe avec ce deuxième volume de la trilogie Millénium un thriller au rythme affolant.
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Un tas de courrier s'était accumulé derrière la porte du vestibule à l'aplomb du volet. Il ramassa les enveloppes et les posa sur la table de cuisine. Il ressentait un grand vide et avait développé un fort désintérêt pour tout ce qui concernait le travail et le monde extérieur. Plus tard dans la soirée seulement, son regard tomba sur la pile de courrier et il le feuilleta presque distraitement.

L'une des enveloppes portait l'en-tête de Handelsbanken. Il l'ouvrit et eut presque un choc en découvrant que c'était la copie d'un relevé de retrait de 9 312 couronnes effectué sur le compte de Lisbeth Salander.

Elle est de retour.

Il alla dans sa pièce de travail et posa le document sur son bureau. Il le contempla les yeux remplis de haine pendant plus d'une minute tandis qu'il recouvrait ses esprits. Il lui fallait trouver le numéro de téléphone. Ensuite il leva le combiné et composa le numéro d'un téléphone portable anonyme à carte. Il visualisa le géant blond avec le léger accent.

— Oui?

— C'est Nils Bjurman.

— Qu'est-ce que tu veux ?

— Elle est de retour en Suède.

Un bref silence se fit à l'autre bout du fil.

— D'accord. N'appelle plus sur ce numéro.

— Mais...

— Tu recevras des indications sous peu.

A sa grande irritation, la communication fut coupée. Bjurman jura intérieurement. Il se dirigea vers le bar et se servit une dizaine de centilitres de bourbon. Il avala le verre en deux gorgées. Il faut que je diminue l’alcool, pensa-t-il. Ensuite, il versa à nouveau un fond et emporta le verre avec lui au bureau où il contempla une fois encore le relevé de Handelsbanken.

MIRIAM WU MASSAIT le dos et la nuque de Lisbeth Salander. Cela faisait vingt bonnes minutes qu'avec application elle pétrissait une Lisbeth qui s'était en gros contentée d'un ou deux soupirs de satisfaction. Se faire masser par Mimmi était terriblement bon et Lisbeth se sentait comme un chaton qui n'a qu'une envie : faire dodo et agiter les papettes.

Elle retint un soupir de déception quand Mimmi lui tapota les fesses en annonçant que ça allait comme ça. Elle resta sans bouger un moment dans l'espoir vain que son amie continue, mais quand elle entendit Mimmi attraper son verre de vin, elle roula sur le dos.

— Merci, dit-elle.

— J'ai l'impression que tu passes tes journées immobile devant l'ordinateur. C'est pour ça que tu as mal au dos.

— Je me suis froissé un muscle, c'est tout.

Toutes les deux étaient nues sur le lit de Mimmi dans l'appartement de Lundagatan. Quelques verres de vin les avaient rendues un peu pompettes. Lisbeth fronça les sourcils. Depuis qu'elle avait repris contact avec Miriam Wu, c'était comme si elle n'en avait jamais assez. Elle avait pris la mauvaise habitude d'appeler Mimmi à tout bout de champ — carrément trop souvent pour qu'il s'agisse d'un simple et très sain désir. Elle regarda Mimmi et se redit qu'en aucun cas il ne fallait qu'elle s'attache de nouveau à quelqu'un. Au bout du compte, il n'y aurait que des blessures.

Miriam Wu se laissa soudain aller en arrière par-dessus le bord du lit et ouvrit le tiroir de la table de chevet. Elle sortit un petit paquet plat dans un papier cadeau fleuri et entouré d'un ruban doré, qu'elle jeta dans les bras de Lisbeth.

— Qu'est-ce que c'est ?

— Ton cadeau d'anniversaire.

— C'est dans plus d'un mois, mon anniversaire.

— C'est celui de l'année dernière. Je n'ai pas réussi à te localiser à ce moment-là. J'ai retrouvé le paquet en faisant mes cartons de déménagement.

Lisbeth resta silencieuse un instant.

— Je l'ouvre ?

— Eh bien oui, si tu veux.

Elle posa son verre, secoua le paquet et l'ouvrit tout doucement. Elle sortit un bel étui à cigarettes en métal noir et bleu décoré de quelques signes chinois.

— Tu devrais arrêter de fumer, dit Miriam Wu. Mais si tu dois absolument continuer, range au moins tes clopes dans un emballage esthétique.

— Merci, dit Lisbeth. Tu es la seule à m'offrir des cadeaux d'anniversaire. Tu sais ce que signifient les signes ?

— Comment veux-tu que je le sache ? Je ne comprends pas le chinois. C'est seulement un petit truc que j'ai trouvé dans un marché aux puces.

— Il est beau, cet étui.

— Une babiole. Mais je me suis dit que ça te plairait. Tu sais qu'on n'a plus rien à boire... On sort prendre une bière quelque part ?

— Ça veut dire qu'il faut qu'on se lève et qu'on s'habille ?

— J'en ai bien peur. A quoi ça sert d'habiter dans un quartier comme Söder si on ne va pas au troquet de temps en temps ?

Lisbeth soupira.

— Allez, dit Miriam Wu en tripotant le bijou dans le nombril de Lisbeth. Tu fais une fixation sur le sexe. Mais on peut revenir ici après le bar.

Lisbeth soupira de nouveau, posa un pied par terre et se tendit pour attraper sa culotte.

DAG SVENSSON ÉTAIT INSTALLÉ devant le bureau qu'on lui prêtait dans un coin de la rédaction de Millenium, lorsque soudain il eut la surprise d'entendre le cliquetis de la serrure de la porte d'entrée. Il regarda sa montre et réalisa qu'il était déjà 21 heures. Mikael Blomkvist fut tout aussi surpris de découvrir quelqu'un à la rédaction.

— Eh ben, tu fais des heures sup ? Salut Micke. Moi, à force de bosser sur mon livre, je ne vois pas l'heure passer. Qu'est-ce qui t'amène ?

— Je passe juste chercher un livre que j'ai oublié. Tout se passe comme tu veux ?

— Oui, bof, non... Voilà trois semaines que j'essaie de pister ce connard de Björck de la Säpo. On dirait qu'il a été enlevé par des services de renseignements étrangers. Plus aucune trace de lui.

Dag raconta ses revers. Mikael prit une chaise, s'assit et réfléchit un instant.

— Tu n'as pas essayé le truc de tirage gagnant ?

— Quoi ?

— Invente un en-tête ronflant, écris une lettre annonçant qu'il a gagné un téléphone portable avec GPS ou ce que tu veux. Tu la sors proprement sur l'imprimante et tu l'envoies à son adresse — dans le cas présent à sa boîte postale. Et l'astuce, c'est de lui dire qu'il a déjà gagné le téléphone portable. Tout ce qu'il lui reste à faire, c'est préciser où il veut le chercher. Et comme il a droit au bonus, il est l'une des vingt personnes qui peuvent continuer et gagner 100 000 couronnes. On lui demande seulement de participer à une enquête sur différents produits. L'enquête se fait en une heure et elle est réalisée par un enquêteur professionnel. Et ensuite... bon, tu m'as compris.

Dag Svensson fixa Mikael bouche bée.

— Tu es sérieux ?

— Pourquoi pas ? Tu as tout essayé, et même un gros bonnet de la Säpo devrait être capable de comprendre que la chance de gagner 100 000 couronnes est assez honnête s'il est un des vingt sélectionnés.

Dag Svensson découvrit soudain qu'il était plié de rire.

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