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La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette [Flickan som lekte med elden - fr]

Электронная книга - «La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette [Flickan som lekte med elden - fr]». Краткое содержание книги:

Tandis que Lisbeth Salander coule des journées supposées tranquilles aux Caraïbes, Mikael Blomkvist, réhabilité, victorieux, est prêt à lancer un numéro spécial de Millénium sur un thème brûlant pour des gens haut placés : une sombre histoire de prostituées exportées des pays de l'Est.
Mikael aimerait surtout revoir Lisbeth. Il la retrouve sur son chemin, mais pas vraiment comme prévu : un soir, dans une rue de Stockholm, il la voit échapper de peu à une agression manifestement très planifiée. Enquêter sur des sujets qui fâchent mafieux et politiciens n'est pas ce qu'on souhaite à de jeunes journalistes amoureux de la vie.
Deux meurtres se succèdent, les victimes enquêtaient pour Millénium. Pire que tout, la police et les médias vont bientôt traquer Lisbeth, coupable toute désignée et qu'on a vite fait de qualifier de tueuse en série au passé psychologique lourdement chargé.
Mais qui était cette gamine attachée sur un lit, exposée aux caprices d'un maniaque et qui survivait en rêvant d'un bidon d'essence et d'une allumette ? S'agissait-il d'une des filles des pays de l'Est, y a-t-il une hypothèse plus compliquée encore ? C'est dans cet univers à cent à l'heure que nous embarque Stieg Larsson qui signe avec ce deuxième volume de la trilogie Millénium un thriller au rythme affolant.
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— Eh bien..., dit-il, hésitant.

— Ne te casse pas la tête. Je n'accepte que des boulots qui m'intéressent, la probabilité que je dise non est donc forte. Fais-moi savoir si tu te retrouves avec un vrai problème ardu. Je suis bonne en énigmes.

Elle tourna les talons et disparut par la porte. Dragan Armanskij secoua la tête. Elle est frappadingue. Vraiment, complètement frappadingue.

La seconde d'après, Lisbeth Salander fut de retour à la porte.

— A propos... Tu as deux gars qui ont consacré un mois à protéger cette actrice, là, Christine Ruterford, du fou qui lui écrit des lettres de menaces anonymes. Vous pensez que c'est le boulot d'un proche, vu tous les détails que le correspondant connaît sur sa vie.

Dragan Armanskij fixa Lisbeth Salander. Un courant électrique parcourut son corps. Voilà qu'elle recommence. Elle parlait d'un sujet qu'elle ne pouvait absolument pas connaître. Elle ne peut pas être au courant.

— Ouiii... ?

— Oublie. C'est bidon. C'est elle et son copain qui écrivent les lettres pour attirer l'attention. Elle va recevoir une nouvelle lettre d'ici quelques jours et ils vont laisser filtrer aux médias la semaine prochaine. Le risque est grand qu'elle accuse Milton de la fuite. Tu devrais la rayer de tes clients.

Avant que Dragan Armanskij ait eu le temps de formuler une question, elle avait disparu. Il fixa la porte vide.

Elle ne pouvait pas savoir quoi que ce soit sur le cas Ruterford. Elle avait forcément un indic à Milton qui connaissait l'affaire. Mais lui-même, le chef du groupe d'intervention et les quelques personnes qui enquêtaient sur les menaces... tous étaient des professionnels avérés et fiables. Armanskij se frotta le menton. Ou bien, par un hasard incroyable, elle connaissait peut-être Christine Ruterford ou l'un de ses amis ou...

Il regarda sa table de travail. Le dossier du cas Ruterford était enfermé à clé dans le tiroir de son bureau. Le bureau était branché sur l'alarme. Il se mordit pensivement la lèvre, regarda une nouvelle fois l'heure et constata que Harry Fransson, le chef de la section technique, était parti pour la journée. Il démarra son programme de courrier électronique et envoya un message à Fransson dans lequel il lui demandait d'installer une caméra de surveillance cachée dans son bureau dès le lendemain.

LISBETH SALANDER RENTRA tout droit chez elle à Fiskaregatan. Elle hâta le pas avec le sentiment soudain qu'il y avait urgence.

Elle appela l'hôpital de Söder et, après avoir insisté un moment dans différents services, elle réussit à localiser Holger Palmgren. Il se trouvait depuis quatorze mois dans le centre de rééducation d'Ersta. Les images de la maison de santé où avait été sa mère lui vinrent à l'esprit, ça ne devait pas être bien différent. Quand elle appela, on lui dit qu'il était en train de dormir, mais qu'elle pouvait venir lui rendre visite le lendemain.

Lisbeth passa la soirée à arpenter en tous sens son appartement. Elle se sentait mal à l'aise. Pour finir, elle alla se coucher tôt et s'endormit presque immédiatement. Elle se réveilla à 7 heures, prit une douche et descendit petit-déjeuner au 7-Eleven. Vers 8 heures elle se rendit à l'agence de location de Ringvägen. Il faut que j'aie une bagnole à moi. Elle loua la même Nissan Micra que quand elle était allée récupérer les affaires de sa mère.

Elle ressentit une nervosité soudaine quand elle se gara au centre d'Ersta, mais elle rassembla son courage, entra à l'accueil et demanda à voir Holger Palmgren.

La femme de l'accueil, Margit selon son badge, consulta des papiers et expliqua qu'il était en séance de rééducation et ne serait de retour qu'après 11 heures. Lisbeth pouvait soit l'attendre dans la salle d'attente, soit revenir plus tard. Lisbeth retourna au parking, s'assit dans la voiture et fuma trois cigarettes en attendant. Ai l heures, elle retourna à l'accueil. On lui indiqua la salle à manger, par le couloir à droite puis à gauche ensuite.

Elle s'arrêta à la porte et chercha des yeux Holger Palmgren dans une salle à manger à moitié vide. Il avait le visage tourné dans sa direction mais toute sa concentration était dirigée sur une assiette. Il tenait la fourchette d'une main malhabile et faisait un gros effort pour mener les aliments vers sa bouche. Il échouait à peu près une fois sur trois et laissait tomber ce qu'il y avait sur la fourchette.

Il était gris sombre et affaissé, et il paraissait avoir cent ans. Son visage était bizarrement figé. Il était en fauteuil roulant. Alors seulement Lisbeth Salander accepta le fait qu'il était vivant et qu'Armanskij ne lui avait pas menti.

HOLGER PALMGREN JURA intérieurement quand, pour la troisième fois, il essaya de ramasser une portion de gratin de macaronis avec la fourchette. Il acceptait de ne pas pouvoir marcher et de ne pas pouvoir accomplir une foule de gestes. Mais il détestait ne pas pouvoir manger correctement et baver comme un bébé.

Intellectuellement, il savait très bien ce qu'il devait faire. Poser la fourchette avec la bonne inclinaison, pousser, soulever et porter à la bouche. Mais il y avait un problème avec la coordination. La main semblait vivre sa propre vie. Quand il donnait l'ordre de soulever, la main poussait lentement sur le côté. Quand il portait à la bouche, la main changeait de direction au dernier moment et filait vers la joue ou le menton.

Mais il savait que la rééducation donnait des résultats. Pas plus tard que six mois auparavant, sa main tremblait tellement qu'il n'arrivait pas à engouffrer une seule bouchée tout seul. A présent, les repas se déroulaient très lentement, certes, mais il réussissait quand même à manger tout seul. Il n'avait pas l'intention d'abandonner avant d'avoir repris le contrôle de ses membres.

Il abaissait la fourchette pour prendre une nouvelle bouchée, quand une main s'avança de derrière lui et lui prit doucement la fourchette. Il vit la fourchette ramasser une portion de gratin de macaronis et soulever la bouchée. Il reconnut immédiatement la fine main de poupée, tourna la tête et rencontra les yeux de Lisbeth Salander à moins de dix centimètres de son visage. Son regard était dans l'expectative. Elle paraissait angoissée.

Un long moment, Palmgren resta immobile et fixa son visage. Son cœur se mit soudain à battre d'une façon incroyable. Puis il ouvrit la bouche et accepta la nourriture.

Elle le nourrit, bouchée par bouchée. D'ordinaire, Palmgren détestait être assisté aux repas, mais il comprit le besoin de Lisbeth Salander. Il ne s'agissait pas de lui, un paquet impuissant. Elle le nourrissait en une sorte de geste d'humilité — attitude affectueuse extrêmement rare chez elle. Elle préparait des bouchées de la bonne taille et attendait qu'il ait fini de mâcher. Quand il montra le verre avec la paille, elle le lui tendit calmement pour qu'il puisse boire.

Ils n'échangèrent pas un seul mot pendant tout le repas. Quand il eut avalé la dernière bouchée, elle posa la fourchette et l'interrogea du regard. Il secoua la tête. Non, merci, je n'en veux plus.

Holger Palmgren se laissa aller dans le fauteuil roulant et respira à fond. Lisbeth prit la serviette et lui essuya la bouche. Il se sentit tout à coup comme un parrain de la mafia dans un film américain où un capo di tutti capi témoignait son respect. Il l'imagina posant un baiser sur sa main, et cette image saugrenue le fit sourire.

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