Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Фэнтези » Le Nouveau Soleil de Teur. Livre 2 [The Urth of the New Sun - fr]
Le Nouveau Soleil de Teur. Livre 2 [The Urth of the New Sun - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le Nouveau Soleil de Teur. Livre 2 [The Urth of the New Sun - fr]

Электронная книга - «Le Nouveau Soleil de Teur. Livre 2 [The Urth of the New Sun - fr]». Краткое содержание книги:

Après bien des péripéties, voici Sévérian de retour sur Teur. Un Sévérian métamorphosé, fort de pouvoirs quasi divins et entraînant dans son sillage la Fontaine Blanche — cet objet astronomique qui est l’exact opposé d’un trou noir, un jaillissement de matière né de la semande de l’Autarque.
Mais cela suffira-t-il à redonner vie à Teur et à son soleil moribond ?
Dans cette deuxième et dernière partie de la coda imaginée par Gene Wolfe pour couronner son Livre du Second Soleil de Teur, Sévérian sera le moteur de bouleversements cosmiques — un nouveau Déluge, une plongée dantesque dans les Corridors du Temps — qui, ultime révélation, lui apprendront que les sauveurs des mondes sont forcés d’en être aussi les sacrificateurs.
1 ... 41 42 43 44 45 46 47 48 49 ... 51
Перейти на страницу:

Je n’avais pas eu de mal à remettre en état les murs de la maison de la femme, mais j’étais plus en peine pour le toit. Les troncs étaient menus et vieux et plusieurs étaient craquelés de façon menaçante ; j’envisageai un moment d’ériger une colonne de pierre pour soutenir les plus abîmés, mais cette colonne n’aurait fait qu’encombrer un peu plus la maison déjà petite.

Après y avoir réfléchi, je jetai à bas toute la structure et la remplaçai par un entrecroisement d’arches comme celles que j’avais vues dans l’abri de berger où j’avais laissé le châle des Pèlerines, faites de pierres plates de la rivière qui venaient se rejoindre au sommet. Je me servis d’autres pierres, de terre battue et des troncs que j’avais retirés du toit comme échafaudage en attendant l’achèvement des arches, et je renforçai les murs à l’aide d’autres pierres encore, afin qu’ils supportent le poids de l’ensemble. La femme et moi dûmes dormir dehors pendant la construction ; mais elle accepta cet inconvénient sans se plaindre, et lorsque j’eus terminé et revêtu la structure en ruche d’une couche de boue et d’herbes mêlées comme avant, elle se retrouva avec une nouvelle demeure, haute et solide.

Lorsque je m’étais mis au travail et avais commencé à abattre l’ancien toit, personne ne m’avait prêté attention ; mais quand je me mis à monter mes arches, des hommes vinrent des champs pour me voir, et certains m’aidèrent. Au moment où je démantelais le dernier échafaudage, le chaman lui-même fit son apparition, accompagné du hetman du bourg.

Pendant quelque temps, ils firent le tour de la maison ; mais lorsqu’il devint évident que les échafaudages ne soutenaient plus le toit, ils entrèrent avec des torches. Et finalement quand mon travail fut terminé, ils me firent asseoir et me posèrent des questions en s’aidant de nombreux gestes parce que je ne parlais encore que très peu leur langue.

Je leur expliquai tout ce que je pus, entassant pour cela des éclats de pierres plates pour leur montrer comme tout tenait. Puis ils m’interrogèrent sur moi-même : d’où je venais, et pourquoi je vivais parmi eux. Cela faisait tellement longtemps que je n’avais parlé à personne d’autre qu’à la femme, que je leur dis en bafouillant tout ce que je pus. Je ne m’attendais pas à être cru ; il suffisait pour moi de m’être expliqué.

Finalement, lorsque je sortis de la maison pour leur montrer le soleil, je m’aperçus que le soir était tombé tandis que je bredouillais et traçais mes dessins grossiers sur le sol de terre battue. La femme de haute taille était assise à côté de la porte, et le vent froid de la pampa agitait ses cheveux en torsades. Le chaman et le hetman étaient sortis à ma suite, portant leurs torches qui brasillaient, et je vis de la frayeur sur son visage.

Je voulus demander ce qui se passait, mais le chaman se lança dans un long discours avant qu’elle pût placer un mot, un discours dans lequel je ne comprenais qu’un mot sur dix. Quand il eut terminé, le hetman en fit autant. Tout cela avait attiré les hommes des maisons environnantes ; certains portaient des lances de chasse (car c’était un peuple qui ne connaissait pas la guerre), d’autres des doloires ou des couteaux. Je me tournai vers la femme et lui demandai ce qui se passait.

Elle me répondit dans un murmure furieux, me racontant que le chaman et le hetman disaient que je prétendais avoir amené le jour et marché dans le ciel. Nous devions rester là où nous nous trouvions en attendant que le jour vienne sans que ce fût moi qui l’apportât ; à ce moment-là nous mourrions. Elle pleura. Peut-être des larmes roulèrent-elles le long de ses joues ; je ne les vis cependant pas, à la lueur vacillante des torches. Je fus alors frappé par l’idée que je n’avais jamais vu personne pleurer chez ces gens, pas même les petits enfants. Ses sanglots secs et stridents m’émurent plus que tout ce que j’avais jamais vu en matière de larmes.

Nous attendîmes longtemps devant sa maison. On apporta de nouvelles torches ainsi que de quoi faire plusieurs petits feux des maisons voisines. Malgré tout, le froid qui montait du sol me raidissait les jambes.

Notre seul espoir me parut être de faire preuve de plus de sang-froid que ces gens, de mettre leurs nerfs à l’épreuve. Mais à étudier leurs visages, des visages qui auraient pu être autant de masques de bois barbouillés d’ocre, je les sentis capables de tenir un an, et qu’une courte nuit d’été ne leur ferait pas peur.

Si seulement j’avais parlé leur langue couramment, me disais-je, j’aurais réussi à leur faire suffisamment peur, ou au moins à leur expliquer ce que j’avais voulu exactement dire. Les mots – des mots qui n’étaient hélas ! pas dans leur langue mais dans la mienne – tournaient dans ma tête, et je finis par m’interroger sur eux. Savais-je moi-même ce que signifiaient ces mots ? Ceux-ci ou d’autres ? Certainement pas.

Désespéré, et poussé par cette même impulsion irrésistible qui m’a conduit à écrire et réviser l’histoire que j’ai envoyée moisir (pour qu’elle y fût engloutie) dans la bibliothèque de maître Oultan, celle que peu de temps après j’expédiais dans le vide, je me mis à gesticuler et à répéter mon histoire, du mieux que je pus et sans l’aide des mots. Dans mes bras se berça l’enfant que j’avais été ; je me débattis, impuissant, dans les eaux de Gyoll jusqu’à ce que je fusse libéré par l’ondine. Personne ne bougea pour m’arrêter ; au bout d’un moment je me levai afin de me servir de mes jambes autant que de mes bras ; je mimai mes courses dans les corridors encombrés du Manoir Absolu et galopai comme le destrier mort sous moi à la Troisième Bataille d’Orithyia.

Je crus entendre de la musique ; et quelques instants plus tard j’en entendais effectivement, car les hommes qui s’étaient rassemblés pour écouter les discours du chaman puis du hetman fredonnaient, en martelant une cadence solennelle sur le sol avec le bout opposé de leurs lances de pierre ou avec leurs doloires à tête de gazelle ; l’un d’eux jouait d’une flûte nasale. Ses notes frêles grouillaient autour de moi comme des abeilles.

Au bout d’un certain temps, je vis les hommes regarder vers le ciel et se pousser du coude. Pensant qu’ils voyaient apparaître les signes annonciateurs de l’aube, je levai également les yeux ; mais je ne vis se lever que la croix et la licorne, les étoiles de l’été. Le chaman et le hetman se prosternèrent alors devant moi. À cet instant, par le plus merveilleux des coups de chance, Teur regarda le soleil, et mon ombre tomba sur eux.

CHAPITRE L

Ténèbres dans la maison du jour

La femme de haute taille et moi déménageâmes pour la maison du chaman où l’on attribua la meilleure chambre. On ne me permit plus de travailler ; on m’amenait les blessés et les malades pour que je les soigne ; j’en guéris certains comme je l’avais fait pour Declan, ou comme me l’avait appris la guilde lorsqu’il s’agissait de prolonger la vie de nos clients. D’autres moururent dans mes bras. Peut-être aurais-je pu ressusciter les morts, comme je l’avais fait pour Zama, mais je ne m’y essayai pas.

Par deux fois nous subîmes l’attaque de nomades. Le hetman tomba lors du premier affrontement ; je ralliai ses guerriers et nous les repoussâmes. On choisit un nouveau hetman, mais il ne semblait pas lui-même se considérer (et les autres ne semblaient pas le considérer) comme autre chose que mon subordonné. Au cours du deuxième engagement, c’est moi qui pris la tête du gros des troupes tandis qu’il se chargeait de surprendre les nomades à revers grâce à des archers embusqués ; à tous les deux nous les cernâmes et les massacrâmes comme des moutons, et nous ne fûmes plus inquiétés.

1 ... 41 42 43 44 45 46 47 48 49 ... 51
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)