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La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville

Электронная книга - «La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville». Краткое содержание книги:

Ce roman épistolaire nous conte l'histoire classique d'une jeune fille, provinciale d'origine modeste, qui monte à Paris. Après avoir profité, sans en abuser, de la bonté d'une amie de la famille, la facilité et la vie dans la grande ville incitent notre héroïne à se faire «entretenir» par un marquis. La maîtresse sera en bons termes avec la marquise puisque son propre frère en est l'amant. Mais ces amours ne durent guère et la déchéance sera grande?
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Quatrième lettre du Marquis de***.

Vous êtes charmante, mademoiselle: je vous l’ai déjà écrit plus d’une fois, et mes regards vous l’ont dit plus de cent; mais vous paraissez ne pas faire attention à ce langage éloquent: il faut vous en parler un autre. Je vous ai marqué que j’étais riche; que je suis de condition; je vais aujourd’hui signer cette lettre de mon vrai nom. Je vous adore, et je vous propose tel arrangement que vous voudrez; il n’en est point que je ne tienne, pourvu qu’il vous rende riche et heureuse. Vous me paraissez de l’honnête bourgeoisie, malgré l’air extraordinaire de votre gouvernante, mère, tante, ou bisaïeule, je ne sais lequel, mais si vous cherchez une situation honnête, elle est trouvée; je suis à vous, et vous pouvez disposer de,

Votre dévoué serviteur,

Le marquis de***.

Cinquième lettre.

Mademoiselle, le premier billet que j’ai pris la liberté de vous écrire, est si heureusement parvenu entre vos mains, que j’attendais une réponse; mais votre silence, et de plus exactes observations qu’il a occasionnées, m’ont fait comprendre que je m’étais mépris, non à mes sentiments, qui seront éternels, mais dans l’idée que j’avais prise de vous, par vos alentours. Je serais au désespoir, mademoiselle, de tendre des pièges à la vertu d’une jeune personne honnête, et digne de la plus haute considération, telle que vous êtes en effet: ce qui doit naturellement résulter de la découverte que j’ai faite, c’est non d’éteindre mon amour, mais de régler mes sentiments. Je vous offre un mariage secret, à cause de ma famille, mais cimenté par tout ce que pourront nous dicter des personnes prudentes et désintéressées. Je n’aspire, mademoiselle qu’à vous donner un titre dont vous êtes digne, et si vous me permettez un moment d’entretien avec vous, ou avec quelqu’un dans qui vous ayez confiance, je détaillerai le reste des arrangements, surtout la manière dont je me propose de découvrir à ma famille un mariage, qu’elle ne m’aura pas procuré. Je suis, en attendant l’honneur d’une réponse, très respectueusement, mademoiselle,

Votre très humble, etc.

Voici ma réponse à la seconde de ces deux lettres:

Monsieur, l’honnêteté de votre second billet me détermine à y répondre non pour accepter votre proposition, ce qui serait trop hardi pour une fille de mon âge, et dans la position où je me trouve, mais seulement pour vous remercier de l’honneur que vous me faites: je sais, monsieur, que votre proposition ne peut avoir été déterminée que par des sentiments très honorables pour moi. Cependant, je ne puis que vous en témoigner une stérile reconnaissance, attendu que ma famille a des vues pour mon établissement qui sont très avantageuses. J’ai cru devoir cette réponse à un homme de votre naissance et de votre mérite, qui pense à moi, pour que vous ne preniez plus des peines inutiles. Je suis avec une parfaite considération, monsieur,

Votre très humble,

URSULE R**.

Le lendemain du second billet, ayant aperçu à côté de moi à l’église le laquais qui me l’avait glissé, je l’ai regardé un instant pour lui faire entendre que je le reconnaissais, et tirant aussitôt mon mouchoir, ma réponse est tombée devant lui. Comme elle était cachetée, il a compris ce que c’était; il l’a ramassée très adroitement, et s’est dérobé. Un instant après en levant les yeux de sur mon livre, j’ai vu le marquis devant moi. Il m’a fait à la dérobée, un regard suppliant, auquel j’ai répondu par une légère inclination qui a paru le combler de joie. Les choses en sont là.

Il paraît que l’amant de Mme Parangon, celui dont je t’ai rapporté la lettre, a aussi reçu quelques éclaircissements biscornus; car ne pouvant réussir pour l’aînée, il s’est proposé pour la cadette, avec de magnifiques propositions. Il est vrai que Fanchette devient de jour en jour plus charmante, et je ne suis pas surprise de cette conquête. Il a écrit à sa sœur, et à elle-même. Fanchette se sentant donner un billet, m’a dit tout bas: «On se trompe; je crois que ça te regarde, car je m’aperçois qu’on t’en donne de temps en temps.» J’ai prodigieusement rougi, moi qui me croyais si sûre de n’être pas vue dans mes petits arrangements! Si Fanchette m’avait remis le billet, certainement je le déchirais, mais elle l’a gardé. Lorsque nous avons été à la maison, elle m’a dit: «Vois ce qu’on t’écrit: je ne suis pas curieuse, et je ne demande à rien savoir. – Qui te dit que c’est pour moi? – Mais, je t’en ai vu donner deux, par un laquais, et tomber la réponse en tirant ton mouchoir… Mais lis. – Eh mon Dieu! ma chère fille, c’est pour toi! regarde! – Mais oui! ah! c’est drôle! lisons, lisons:

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