Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Историческая проза » Le Compagnon Du Tour De France
Le Compagnon Du Tour De France - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le Compagnon Du Tour De France

Электронная книга - «Le Compagnon Du Tour De France». Краткое содержание книги:

Pierre Huguenin et son p?re sont compagnons. Le Comte de Villepreux les a engag?s pour qu'ils restaurent les boiseries de sa chapelle. Le Comte vit avec deux jeunes femmes: sa fille Yseult, tr?s cultiv?e et ?prise d'id?al, et la Marquise Jos?phine des Fresnays, qui est passionn?e et romantique. Pierre Huguenin quitte le manoir pour aller chercher des ouvriers capables de remplacer son p?re qui a eu un accident le rendant inapte au travail. Il ram?ne son ami nantais, le Corinthien qui abandonne son amie La Savinienne au profit de Jos?phine. Le Comte de Villepreux refuse de voir des roturiers, m?me cultiv?s, entrer dans sa famille. Il exp?die le Corinthien en Italie. Pierre et Yseult doivent, eux aussi, renoncer ? leur amour, bien qu'il soit pur et calme.
1 ... 39 40 41 42 43 44 45 46 47 ... 67
Перейти на страницу:

– Accrochez les rênes sur le siège, vous les aurez bientôt dans la main en cas de besoin.

– Au fait, il est occupé! dit Amaury en voyant que l’excellente bête broutait sans songer à mal.

– Il broute la fougère comme je mange le pain de seigle, dit Joséphine en riant; certainement, à lui aussi, cette lande rappelle la jeunesse et la liberté.

Amaury s’assit dans la calèche vis-à-vis la marquise. C’était le dernier acte de respect qui lui restait à faire. Mais la nuit était si fraîche, et il s’était dépouillé pour lui couvrir les pieds! Elle le fit asseoir auprès d’elle, pour qu’il eût au moins un peu d’abri contre le brouillard. Quelque chose lui disait bien, au fond du cœur, que c’était frapper le dernier coup sur un homme déjà vaincu. Il s’était défendu courageusement pendant deux heures, et certes elle n’avait pas l’idée de le provoquer. Elle comptait que la timidité d’un homme de vingt ans la préserverait jusqu’au bout, et qu’un amour pur et fraternel suffirait à leur mutuelle joie. Mais il y avait de l’effroi dans son âme à cause du monde où elle vivait, et dans l’âme du Corinthien il y avait du remords à cause de la Savinienne. Or l’amour pur a besoin du calme parfait de la conscience, et ni l’un ni l’autre n’était calme. Un frémissement étrange s’était emparé d’elle comme de lui. Ils essayèrent encore de l’attribuer au froid. Ils tâchaient de rire et de causer; ils ne trouvaient plus rien à dire, et le Corinthien était d’une tristesse qui tournait à l’amertume. Ce silence devenait plus gênant et plus effrayant à mesure qu’il se prolongeait, et Joséphine sentait bien qu’il fallait fuir ou succomber.

– Croyez-vous, lui dit-elle avec effroi, que nous ne pourrions pas reprendre notre route?

– Et où est-elle, notre route? dit le Corinthien avec une rage secrète.

La marquise vit qu’il souffrait: elle fut vaincue.

– Au fait, dit-elle, nous ne ferions que nous égarer encore davantage. Il vaut mieux patienter ici jusqu’au jour. Les nuits sont si courtes dans cette saison!

Elle fit sonner sa montre. Il était minuit. Et elle ajouta pour lui arracher une réponse:

– Il fera jour dans deux heures, n’est-ce pas?

– Le jour viendra bientôt, soyez tranquille, répondit Amaury d’une voix désespérée.

Ce son de voix fit tressaillir Joséphine. Un nouveau silence succéda à ce muet emportement d’Amaury. Le cheval hennissait en signe d’ennui et de détresse. Les grenouilles coassaient dans le marécage.

Tout à coup Amaury vit que Joséphine pleurait. Il se jeta à ses pieds; et deux autres heures s’écoulèrent dans une ivresse si complète, qu’ils oublièrent tout, et le monde, et les anciennes amours, et l’avenir, et la peur, et le jour qui se levait, et le cheval qui s’était remis en route.

Un cri de terreur échappa à la marquise, lorsqu’elle vit, à la clarté de l’aube, la tête d’un homme s’avancer à la portière. Cette frayeur était bien naturelle, mais elle arracha le Corinthien comme d’un rêve. Et lorsqu’il y pensa depuis, il s’imagina que la marquise aurait eu moitié moins d’effroi et de honte si elle eût été surprise dans les bras d’un gentilhomme.

Quant à lui, il eut aussi un sentiment de confusion devant le témoin de son bonheur. C’était Pierre Huguenin.

– Rassurez-vous, madame la marquise, dit celui-ci en voyant la pâleur effrayante et l’air égaré de Joséphine. Je suis seul, et vous n’avez rien à craindre. Mais il faut vite retourner au château. On vous a attendue fort avant dans la nuit. Votre cousine a été si inquiète de vous, qu’elle a envoyé à la ville. On vous cherche peut-être aussi d’un autre côté.

– Écoute, Pierre, dit le Corinthien. Voici ce que tu diras. J’ai passé la nuit à la ville, tu ne m’as pas vu; tu as trouvé madame la marquise seule, égarée, emportée par son cheval, vers minuit…

– Ce serait impossible, on vient de me voir au château il n’y a pas une demi-heure.

– Mais où sommes-nous donc?

– À un quart de lieue tout au plus du château. Que dirai-je?

– Que Wolf s’est enivré hier soir, c’est la vérité; qu’il a failli verser dix fois en dix minutes; qu’il est descendu dans un cabaret à la sortie de la ville…

– C’est bien, dit Pierre; alors le cheval s’est emporté et a couru la lande toute la nuit. Maintenant sauve-toi, Amaury; cache-toi dans les genêts, et ne rentre que vers midi. Tu as couché à la ville.

Le Corinthien se hâta de descendre et de s’enfoncer dans les buissons. La marquise n’eut pas la force de dire une parole. À demi évanouie au fond de la voiture, elle était dans un état nerveux qui rendit très vraisemblable l’histoire que Pierre se chargea de raconter.

Il prit le cheval par la bride, et l’aida à sortir des marécages, marchant devant lui, et s’assurant avec le pied de la solidité du terrain qu’il lui faisait traverser. Lorsqu’ils arrivèrent au château, la première personne qu’ils virent accourir fut Yseult, qui ne s’était pas couchée, et qui, de sa fenêtre, explorait tous les chemins depuis le jour.

Pierre lui raconta qu’il avait trouvé la marquise seule dans la voiture, entraînée par le cheval, qui, après avoir couru toute la nuit, revenait au hasard; que dans le premier moment elle avait eu la force de lui dire comment cet accident était arrivé; et il fit à cet égard le conte arrangé avec le Corinthien. Puis il aida mademoiselle de Villepreux à transporter sa cousine dans son appartement, tandis que les domestiques examinaient les harnais du cheval, que Pierre avait eu soin de déranger et de rompre en plusieurs endroits pour faire croire à une révolte sérieuse de sa part. Ce pauvre animal fut le seul calomnié de l’aventure. Personne ne soupçonna la vérité. Wolf, qui n’avait rien vu, et qui ne se rappelait pas seulement comment les choses s’étaient passées, ne put se disculper. On l’eût chassé si la marquise, après avoir une attaque de nerfs, n’eût demandé vivement sa grâce. Pierre fut remercié dans les plus beaux termes par le comte de Villepreux. Mais rien ne valait pour lui un mot d’Yseult; et comme il l’attendait toujours, il allait retourner tristement à l’atelier, lorsqu’elle s’approcha de lui, lui tendit la main, et la lui serra, devant tout le monde, avec une franchise d’amitié dont ses traits confirmaient la rayonnante effusion. C’était un autre bonheur que celui du Corinthien; mais il n’était peut-être pas moindre.

CHAPITRE XXIV

Joséphine était dans une disposition d’esprit à n’oser lever les yeux sur personne. Consternée de sa chute, effrayée de tout, elle se tenait presque toujours dans sa chambre depuis l’aventure des brouillards; et Amaury, en proie à mille inquiétudes, passant de la reconnaissance au dépit et de l’espoir à la jalousie, ignorait s’il lui serait jamais permis de la revoir. Il ne l’apercevait plus que de loin, à travers les arbres. Après le dîner, la famille prenait le café sur une terrasse couverte d’orangers qu’Amaury pouvait voir de l’atelier. À cette heure, il avait toujours quelque travail à faire aux fenêtres, et, monté sur une échelle, il plongeait sur la terrasse, suivait tous les mouvements de la languissante marquise. Il aurait eu bien besoin d’ouvrir son cœur à son ami Pierre, et de lui demander conseil; d’autant plus qu’il n’avait rien à lui révéler, puisque le hasard l’avait initié au secret de son amour; mais Pierre semblait éviter ses confidences. En proie lui-même à un rêve dont il craignait d’être forcé de s’éveiller, il s’enfonçait dans la solitude aussitôt que sa journée de travail était finie. Il errait dans le parc aux mêmes endroits où il avait rencontré Yseult, n’osant espérer l’y rencontrer encore, et l’y rencontrant presque toujours, ayant l’air de ne pas le chercher, et pourtant ne l’évitant pas. Leurs conversations roulaient toujours sur les idées générales. Aucune familiarité extérieure ne s’était établie entre eux; mais l’intimité du cœur grandissait et prenait de la force. Il y avait une estime et une admiration mutuelles qui trouvaient chaque jour de nouveaux aliments et de nouvelles causes.

1 ... 39 40 41 42 43 44 45 46 47 ... 67
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)