Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Ужасы » Le donjon [=La forteresse noire / The Keep - fr]
Le donjon [=La forteresse noire / The Keep - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le donjon [=La forteresse noire / The Keep - fr]

Электронная книга - «Le donjon [=La forteresse noire / The Keep - fr]». Краткое содержание книги:

Adressé durant l'hiver 41 au Q.G. des armées du IIIe Reich, cet incroyable message, venu d'une antique forteresse de Transylvanie, est signé du capitaine Woermann, un soldat d'expérience…
Aussitôt le major SS Kaempffer lui est envoyé. Homme de fer, il va cependant découvrir la peur face au spectacle des cadavres atrocement déchiquetés. Et sa garde de SS est impuissante : chaque nuit fait une nouvelle victime, gorge sectionnée…
Alors Kaempffer, qui ne veut ni fuir ni renoncer, appelle à la forteresse un vieil archéologue et sa fille qui ont été tous deux initiés aux sciences interdites…
Mais d'où vient qu'à cet instant, au Portugal, un homme reçoit en rêve l'ordre impérieux de se rendre là-bas ? Il partira.
Bientôt tout est prêt pour un combat aux dimensions de l'humanité…
1 ... 37 38 39 40 41 42 43 44 45 ... 85
Перейти на страницу:

XVIII

LE DONJON
Jeudi 1er mai
2 heures 17

Theodor Cuza avait fait preuve de beaucoup de patience et de dévotion, sans même savoir pourquoi il était persuadé que la créature entrevue la nuit précédente le visiterait à nouveau ce soir. Il lui avait parlé dans la langue des anciens. Et elle reviendrait. Cette nuit.

Rien d’autre n’était certain. Peut-être découvrirait-il des secrets recherchés par les savants à travers les âges. Peut-être aussi ne verrait-il plus jamais le matin.

Tout était prêt. Il était installé devant la table ; à sa gauche étaient empilés les gros ouvrages et, à sa droite, toutes sortes d’amulettes destinées à se préserver des vampires. Et puis, il y avait aussi l’éternelle timbale pleine d’eau.

L’unique lumière était prodiguée par l’ampoule nue pendue au-dessus de la table ; sa respiration constituait tout le fond sonore. Cuza tremblait, par désir de savoir mais aussi par peur de l’inconnu.

Soudain, il comprit qu’il n’était plus seul.

Il sentit, avant de voir quoi que ce soit, une présence maligne, qui échappait à son champ de vision et toute possibilité de description. Elle était là, tout simplement. Puis ce fut le début de l’obscurité. La nuit précédente, les ténèbres avaient remplacé l’air même de la chambre ; ce soir, elles sourdaient lentement des murs, insidieusement, jusqu’à les lui dissimuler.

Cuza posa les mains bien à plat sur la table pour les empêcher de trembler. Il sentait son cœur battre avec tant de violence qu’il redoutait à tout instant de voir ses vaisseaux se rompre. Le moment était venu, enfin !

Les murs avaient disparu. La nuit le couvrait d’un dôme d’ébène qui engloutissait toute lumière. Il faisait froid, mais pas autant que la nuit précédente, et le vent ne soufflait pas.

— Où êtes-vous ? dit-il en slavon.

Pas de réponse. Mais dans les ténèbres, par-delà le point que la lumière ne pouvait franchir, il savait que quelque chose attendait.

— Montrez-vous, je vous en prie !

Il y eut un long moment de silence puis une voix fortement accentuée s’éleva dans l’ombre.

— Je peux parler une forme plus moderne de notre langue.

Les mots étaient empruntés à une forme ancienne du dialecte daco-roumain parlé dans cette région à l’époque où fut construit le donjon.

Les ténèbres se dissipèrent quelque peu à l’extrémité de la petite table. Une forme se dessina dans le noir. Cuza reconnut immédiatement les yeux et le visage, puis le corps tout entier devint visible. Devant lui se dressait une sorte de géant : il devait mesurer un bon mètre quatre-vingt-quinze et se tenait fièrement campé sur ses jambes. Une cape noire, comme ses yeux et sa chevelure, traînait jusqu’à terre ; une broche d’or ciselé la retenait au cou. Cuza pouvait également voir une chemise rouge flottante faite probablement de soie, des pantalons vagues ressemblant à des culottes de cheval et de hautes bottes de cuir brun.

Puissance, décadence, arrogance – tout y était.

— Comment se fait-il que vous sachiez cette langue ? dit la voix.

Cuza s’entendit bredouiller :

— Je l’ai étudiée pendant des années, de nombreuses années.

Il se rendit compte que son esprit était engourdi. Tout ce qu’il voulait savoir, tout ce qu’il désirait demander— tout cela s’était envolé. Machinalement, il énonça la première idée qui lui vint à l’esprit.

— Je m’attendais presque à vous voir arriver en smoking.

Les sourcils épais du visiteur se rapprochèrent pour manifester son étonnement.

— Je ne comprends pas le mot « smoking ».

Cuza s’en voulut de sa légèreté – c’est étonnant de voir comment un roman écrit au XIXe siècle par un Anglais peut modifier votre perception d’un mythe essentiellement roumain. Il s’appuya sur les bras du fauteuil.

— Qui êtes-vous ?

— Je suis le vicomte Radu Molasar. Cette région de Valachie m’appartenait jadis.

— Un boyard ?

— Oui, un des rares qui furent fidèles à Vlad – celui que l’on surnommait Tepes, l’Empaleur – jusqu’à sa fin devant Bucarest.

Cuza ne pouvait en croire ses oreilles bien qu’il se fût attendu à une telle réponse.

— Cela se passait en 1476 ! Il y a près de cinq siècles ! Êtes-vous donc si vieux ?

— J’étais là.

— Mais où vivez-vous depuis le XVe siècle ?

— Ici.

— Pourquoi ?

Au fur et à mesure qu’il parlait, la peur cédait la place au plaisir de la découverte. Il voulait tout savoir – tout de suite !

— J’étais poursuivi.

— Par les Turcs ?

Les yeux de Molasar se fermèrent à moitié pour ne plus montrer que des pupilles d’une noirceur infinie.

— Non… par d’autres hommes… des fous qui m’auraient pourchassé dans le monde entier pour me détruire. Je savais que je ne pourrais tous les écraser, aussi préférai-je les éviter.

Ce disant, il ébaucha un sourire qui révéla des dents longues et jaunâtres, robustes sans qu’aucune fût particulièrement pointue.

— C’est pour cela que j’ai édifié ce donjon, poursuivit-il, que je l’ai aménagé et que je m’y suis caché.

— Êtes-vous… commença Cuza qui ne pouvait plus retenir plus longtemps sa question. Êtes-vous un mort vivant ?

A nouveau ce sourire froid, presque moqueur.

— Un mort vivant ? Un Nosferatu ? Un moroi ? Peut-être.

— Mais comment avez-vous…

Molasar balaya l’air de la main.

— Assez ! Assez de questions insidieuses ! Je me moque de votre curiosité malsaine. Une seule chose m’importe : votre pays est le mien, et il y a des envahisseurs. Que faites-vous avec eux ? Trahissez-vous la Valachie ?

— Non !

Cuza sentit la terreur grandir à nouveau en lui. Mais il parvint à ajouter :

— Ils m’ont conduit ici contre mon gré.

— Pourquoi ? s’écria Molasar.

— Ils pensaient que je pourrais découvrir ce qui a tué les soldats. Et j’y suis parvenu, je crois…

— Oui, fit Molasar dont l’humeur était des plus changeantes. J’ai besoin d’eux pour reprendre des forces après ce trop long repos. Il me les faudra tous si je veux recouvrer la toute-puissance !

— Vous ne pouvez pas faire ça ! s’écria Cuza sans même réfléchir à ce qu’il disait.

— Ne me dites jamais ce que je dois ou ne dois pas faire dans ma demeure ! Surtout lorsque des envahisseurs s’y sont introduits ! J’ai veillé à ce qu’aucun Turc ne s’aventure dans ce défilé, et je m’éveille aujourd’hui pour trouver mon donjon grouillant d’Allemands !

Il écumait littéralement et arpentait la pièce en tous sens, ponctuant chaque mot d’un geste rageur de la main.

Cuza profita de cette occasion pour soulever le couvercle d’une petite boîte et en tirer le fragment de miroir que Magda lui avait donné pendant la journée. Il le tendit en direction de Molasar pour tenter d’en saisir l’image. Molasar se tenait sur sa gauche, près de la pile de livres, mais le miroir ne renvoyait que le reflet des livres.

Le miroir fut soudain arraché à Cuza.

— Toujours aussi curieux ? dit Molasar en levant le miroir à hauteur de son visage. Oui, les légendes n’ont pas menti : je n’ai pas de reflet. Du moins, je n’en ai plus. Qu’avez-vous d’autre dans cette boîte ?

— De l’ail, dit Cuza en en tirant une gousse. On prétend qu’il éloigne les morts vivants.

1 ... 37 38 39 40 41 42 43 44 45 ... 85
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)