Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Другие детективы » Dernier meurtre avant la fin du monde
Dernier meurtre avant la fin du monde - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Dernier meurtre avant la fin du monde

Электронная книга - «Dernier meurtre avant la fin du monde». Краткое содержание книги:

À quoi bon tenter de résoudre un meurtre quand tout le monde va mourir ?
Concord, New Hamsphire. Hank Palace est ce qu’on appelle un flic obstiné. Confronté à une banale affaire de suicide, il refuse de s’en tenir à l’évidence et, certain qu’il a affaire à un meurtre, poursuit inlassablement son enquête.
Hank sait pourtant qu’elle n’a pas grand intérêt puisque, dans six mois il sera mort. Comme tous les habitants de Concord. Et comme tout le monde aux États-Unis et sur Terre.
Dans six mois en effet, notre planète aura cessé d’exister, percutée de plein fouet par 2011GV1, un astéroïde de six kilomètres de long qui la réduira en cendres. Aussi chacun, désormais, se prépare-t-il au pire à sa façon.
Dans cette ambiance pré-apocalyptique, où les marchés financiers se sont écroulés, où la plupart des employés ont abandonné leur travail, où des dizaines de personnes se livrent à tous les excès possibles alors que d’autres mettent fin à leurs jours, Hank, envers et contre tous, s’accroche. Il a un boulot à terminer.
Et rien, même l’apocalypse, ne pourra l’empêcher de résoudre son affaire.
Sans jamais se départir d’un prodigieux sens de l’intrigue et du suspens, Ben H Winters nous y propose une vision douloureusement convaincante d’un monde proche de l’agonie.
Le lecteur est tiraillé par cette interrogation lancinante : que ferions nous, que ferions nous réellement si nos jours étaient comptés.
1 ... 37 38 39 40 41 42 43 44 45 ... 65
Перейти на страницу:

– Qu’en penserais-tu, continue Alison, si je te disais que le gouvernement des États-Unis, ayant anticipé depuis longtemps une catastrophe de ce genre, a préparé un plan d’évasion ? Qu’il a construit, dans le plus grand secret, un environnement habitable, hors de portée des effets destructeurs de l’astéroïde, où l’élite de l’humanité pourrait être transportée en sécurité afin de repeupler l’espèce ?

Je porte une main à mon visage et frotte ma joue, qui commence seulement maintenant à sortir de son engourdissement pour entrer dans une douleur active.

– Je dirais que c’est cinglé. Du grand n’importe quoi façon Hollywood.

– Et tu aurais raison. Mais il y a des gens qui ne sont pas si perspicaces.

– Oh, non, c’est pas vrai !

Je me souviens de Derek Skeve étendu sur le fin matelas de sa cellule, un sourire de clown sur son visage de sale gosse pourri gâté. J’aimerais pouvoir te le dire, Henry. Mais c’est secret.

Alison ouvre l’enveloppe, déplie trois feuilles de papier blanc et net, me les tend, et ma première impulsion est de lui dire : « Tu sais quoi ? Laisse tomber tout ça. J’ai un meurtre à élucider. » Mais je n’en ai pas. Plus maintenant.

Trois pages tapées en interligne simple, sans filigrane, sans sceau d’agence, semées ici et là d’épaisses lignes noires laissées par la censure. En 2008, la Direction de la planification stratégique de l’armée de l’air américaine a mis sur pied une simulation faisant appel aux ressources et au personnel de seize discrètes agences gouvernementales, parmi lesquelles le département de la Sécurité intérieure, la DTRA[2] et la NASA. L’exercice consistait à imaginer un événement « dépassant le niveau d’une catastrophe mondiale » et laissant « un temps de préparation court » – autrement dit, exactement ce qui se passe en ce moment – et à envisager toutes les réactions possibles : contre-attaque nucléaire, actions pour dévier l’objet, solutions cinétiques. La conclusion fut que les seules solutions réalistes se limiteraient à la défense civile.

Je poursuis ma lecture. J’en suis encore à la première page.

– Alison ?

Elle lève légèrement les yeux au ciel, et cette petite touche de sarcasme bienveillant m’est si familière qu’elle me serre le cœur. Elle me reprend les papiers.

– Il y a eu un désaccord, Palace. Une astrophysicienne de Lawrence Livermore,[3] appelée Mary Catchman, a insisté pour que le gouvernement anticipe la catastrophe en construisant des environnements habitables sur la Lune. Quand Maïa est apparue, certains individus se sont persuadés que le département de la Défense l’avait écoutée, et que ces refuges existaient.

– Des bases ?

– Oui.

– Sur la Lune ?

– C’est ça.

Je plisse les paupières pour regarder le soleil gris et je revois Andreas se décollant du bus, glissant lentement vers le sol. Tout simplement la prière. Des bases de repli secrètes bâties par le gouvernement. L’incapacité des gens à faire face à cette chose est encore pire que la chose elle-même, vraiment.

– Donc, Derek fouinait autour de la base de la Garde nationale dans son véhicule tout-terrain pour chercher… quoi, des plans ? Des capsules spatiales ? Un lance-pierre géant ?

– Ou quelque chose dans le genre.

– Ça ne fait pas de lui un terroriste.

– Je sais, mais c’est le terme qui s’applique. Et vu comme le système militaro-judiciaire fonctionne en ce moment, une fois qu’on lui a collé cette étiquette, il n’y a plus rien à faire.

– Bah, je ne suis pas fan de ce type, mais Nico l’aime, que veux-tu. Il n’y a vraiment rien à faire ?

– Rien. Du tout.

Alison contemple longuement la rivière, les rameurs, les canards, les nuages qui voguent parallèlement au cours d’eau. Elle n’est pas la première fille que j’ai embrassée, mais elle demeure celle que j’ai le plus embrassée, de toute ma vie jusqu’à présent.

– Désolée. Ce n’est pas mon rayon.

– Et d’ailleurs, c’est quoi, ton rayon ?

Pas de réponse. Je m’y attendais. Nous avons toujours gardé le contact, échangé un mail de temps en temps, un coup de fil un an sur deux. Je sais qu’elle vit en Nouvelle-Angleterre, et je sais qu’elle travaille pour une agence fédérale, à un niveau qui dépasse très largement le mien. Avant que nous sortions ensemble, elle voulait faire l’école vétérinaire.

– D’autres questions, Palace ?

Je jette un regard à la rivière, puis reviens à elle.

– Non. Attends. Si. Un ami m’a demandé pourquoi on ne laisse pas les Pakistanais essayer de faire sauter l’astéroïde, puisqu’ils en ont envie.

Alison a un bref rire sans joie, et commence à déchirer les papiers en fines bandelettes.

– Dis à ton ami, me répond-elle en déchirant les bandelettes en bandelettes plus fines, et ainsi de suite, que s’ils le touchaient – ce qui n’arrivera pas, d’ailleurs –, mais s’ils y arrivaient, au lieu d’un gros astéroïde nous en aurions des milliers, plus petits mais destructeurs quand même. Des milliers et des milliers d’astéroïdes radioactifs.

Je garde le silence. De ses petits doigts efficaces, Alison jette les miettes de papier dans la Charles, puis se tourne vers moi et sourit.

– Et à part ça, inspecteur Palace ? Sur quoi est-ce que tu bosses, en ce moment ?

– Rien. (Je détourne la tête.) Rien, je t’assure.

* * *

Mais je lui parle quand même de l’affaire Zell, c’est plus fort que moi. Nous remontons la rue John-F.-Kennedy depuis Memorial Drive jusqu’à Harvard Square, et je lui raconte toute l’histoire, du début à la fin, après quoi je lui demande, d’un point de vue professionnel, ce qu’elle en pense. Nous avons atteint un ancien kiosque à journaux, à présent couvert de guirlandes lumineuses. Un petit groupe électrogène bourdonne à côté, sifflant et ahanant comme un char d’assaut miniature. La vitre du kiosque est condamnée, et quelqu’un a scotché sur la porte un grand carton sur lequel on peut lire l’inscription docteur café en grandes lettres au marqueur noir.

– Eh bien, me dit-elle tandis que je lui tiens la porte ouverte, même si je n’ai pas vu les preuves moi-même j’ai bien l’impression que tu as tiré les bonnes conclusions. Il y a 95 % de chances pour que ton bonhomme soit un pendu parmi d’autres.

– Eh oui.

Il fait sombre dans le kiosque réaménagé, éclairé seulement par deux ampoules nues et une autre guirlande. Il y a une caisse enregistreuse d’un modèle ancien, et une machine à expresso, compacte et luisante, est garée comme un tank sur le comptoir noir.

– Salutations, humains ! nous lance le proprio, un jeune Asiatique qui ne doit pas avoir plus de dix-neuf ans et qui arbore un chapeau à petit bord, des lunettes d’écaille et une barbe clairsemée.

Il accueille Alison avec effusion.

– C’est un plaisir, comme toujours.

– Merci, docteur Café, lui répond-elle. Qui gagne ?

– Voyons ça.

Je suis le regard du garçon : sept gobelets en carton sont alignés au bout du comptoir, chacun marqué du nom d’un continent. Il en renverse deux, les remue, jette un coup d’œil au nombre de haricots que contenait chacun.

– L’Antarctique. Haut la main.

– Un vœu pieux, commente Alison.

– Tu m’étonnes, frangine.

– La même chose que d’habitude, deux.

– Tes désirs sont des ordres.

Rapide et efficace, il aligne deux délicates petites tasses en faïence, plonge un tube dans un pichet de lait en inox et envoie la vapeur.

вернуться

2

Defense Threat Reduction Agency, agence dépendant du département de la Défense qui a pour mission de protéger la nation contre les armes de destruction massive.

вернуться

3

Le Lawrence Livermore National Laboratory. L’une des missions de ce laboratoire, qui dépend du département de l’Énergie, est de créer des armes nucléaires.

1 ... 37 38 39 40 41 42 43 44 45 ... 65
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)