Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
La vermine du lion - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

La vermine du lion

Электронная книга - «La vermine du lion». Краткое содержание книги:

Téraï Laprade est un géant sportif, avec l’esprit aussi développé que le corps puisqu’il est géologue de profession et auteur d’une brillante thèse. Mais n’allez pas croire qu’il pourrait être recruté pour représenter le surhomme idéal d’une quelconque « race » humaine : il est métis d’au moins quatre populations très différentes, et fier de l’être. Il est aussi le propriétaire (ou le frère, ou l’ami) d’un lion génétiquement amélioré, unique en son genre depuis que des fanatiques ont détruit le laboratoire des parents de Laprade et assassiné ceux-ci. Employé par le Bureau International des Mines, agence gouvernementale un peu trop puissante et habituée à obtenir ce qu’elle veut, même s’il faut passer quelques indigènes au rouleau compresseur pour cela, il va découvrir jusqu’où peuvent aller ses patrons pour quelques grammes de métal en plus... Et sur Eldorado, il va basculer définitivement du côté des indigènes, même s’il doit pour se faire s’opposer à sa propre espèce…
1 ... 36 37 38 39 40 41 42 43 44 ... 56
Перейти на страницу:

Téraï continua à lire, fronça d’abord les sourcils, jura, jeta violemment le journal à terre, puis, calmé, le reprit. L’article était excellent. Pas une seconde, il ne crut que Stella l’avait écrit toute seule. Si intelligente, si cultivée qu’elle fût, elle ne l’aurait pu. Il y avait derrière cet article des années de métier. Rien dans les faits n’était faux, mais… mais ils étaient présentés d’une telle manière que, pour tout homme sensé, Eldorado était un enfer où les miniers du BIM, au prix de sacrifices énormes, luttaient héroïquement pour assurer le ravitaillement de la Terre en métaux rares !

L’article racontait en détails le voyage de Stella, saluait en passant le « courageux prospecteur » qui l’avait guidée et lui avait sauvé la vie, mais sans donner son nom. Le lecteur pouvait de bonne foi croire qu’il s’agissait d’un dévoué employé du Bureau. Le séjour chez les Ihambés était escamoté en grande partie, mais les plus atroces détails étaient donnés sur la guerre civile de Kéno, réduite à l’affrontement de deux factions rivales d’adorateurs de dieux aussi sanguinaires les uns que les autres. L’article se terminait par un appel au gouvernement mondial, pour qu’il envoie sur Eldorado des forces puissantes pour protéger les mineurs. Sinon, il fallait s’attendre à ce que le Bureau international des Métaux agisse de lui-même, comme il avait été forcé de le faire par l’impéritie des autres branches du gouvernement, lors de l’affaire récente de Tinho.

Téraï sifflota entre ses dents. Ainsi, la situation s’était dégradée au point que le BIM s’érigeait en puissance indépendante. Cela sentait mauvais, très mauvais. Il s’était attendu, quand Stella lui avait demandé de l’escorter, à un reportage classique, appuyant sur les côtés pittoresques. Il aurait déjà été assez nuisible comme cela ! Mais maintenant la preuve était faite qu’elle l’avait joué, qu’elle avait toujours été, comme il l’avait supposé un moment, au service du BIM. « Et dire que je l’ai respectée, alors que j’aurais pu… ». Enfin, le mal était fait, il fallait songer à parer les coups si possible. Depuis l’assassinat d’Igricheff, il était coupé du BUX. Brusquement, il se souvint de la lettre. Le désactivateur l’avait crachée, et elle gisait sur le sol.

Il la ramassa, l’ouvrit, jeta un coup d’œil à la signature : Jean Nokombé, le grand chef lui-même ! Elle réclamait un rapport immédiat et détaillé sur la situation, et proposait à Laprade de passer du rang d’agent libre à celui d’agent intégré, avec haute main sur Eldorado. Vu l’urgence, on lui donnait le nom des opérateurs du BUX sans attendre sa réponse. Tous étaient des prospecteurs, sauf trois ingénieurs de l’usine.

Il se leva, parcourut pensivement son bureau, mains derrière le dos.

— Allons, Léo, dit-il enfin, il va falloir nous séparer une fois de plus. Il est temps de sortir notre première arme secrète. Ils veulent un rapport ? Eh bien, je vais le leur porter moi-même !

Le Taaroa sortit de l’hyperespace à l’intérieur de l’orbite de Mars. Téraï avait couru un risque, à calculer ainsi son saut, mais gagnait plusieurs jours. La Terre, cependant, n’était encore qu’un petit point de lumière verte, à gauche du soleil. Il fonça vers elle.

Il n’avait pas de plans précis. La mort d’Igricheff l’avait pris au dépourvu. Il s’était toujours reposé sur lui pour les relations avec le BUX, trop jaloux de son indépendance pour s’embrigader, voulant agir sans avoir à rendre de comptes. Aussi, revenu à Port-Métal après avoir aidé Ophti-Tika à s’installer sur le trône de Kéno, il s’était trouvé isolé. Il était certain que le BUX n’avait jamais reçu les pièces à conviction, ni même son rapport. Il avait, au cours d’un rapide voyage au camp ihambé, distribué quelques armes et instruit quelques guerriers dans leur emploi, puis, à Port-Métal, avait attendu les événements. La lettre de Nokombé l’avait décidé. Il prit à nouveau son hélicoptère, confia Léo à Eenko, puis vola droit à l’Ouest vers le Rossé Mozelli, vers la grande grotte où était cachée son astronef privée, protégée par la terreur superstitieuse qui enveloppait les monts sacrés.

Peu d’hommes disposaient d’une astronef particulière. Le Taaroa était un tout petit engin, triplace au maximum, mais du dernier modèle sorti des chantiers de la Loire, en France. Ses frères formaient l’escadre d’éclaireurs rapides du BUX. Le Taaroa avait été construit officiellement pour la République océanienne unie, et portait toujours ses couleurs, Téraï était officier de réserve dans sa flotte. En réalité, il avait payé la moitié du prix, les finances de la république n’étant pas pléthoriques.

Arrivé à bonne distance de la Terre, il envoya un message-radio, sollicitant l’autorisation d’atterrir sur le camp militaire d’Astra, au Texas, base principale du bureau de Xénologie. Là, son appareil serait en sécurité. Il l’obtint sans peine, et, une heure après avoir touché le sol, prit la stratonef directe pour New York, siège du gouvernement mondial.

La ville avait encore grandi, depuis son dernier passage, s’étendant maintenant de Hartford, au Nord, à Philadelphie au Sud. C’était bien la Mégalopolis, la ville géante, fière de ses 50 millions d’habitants, dont seules au monde Tokyo et Moscou approchaient. De l’aéroport, un hélitaxi le conduisit au Johnston Building, qui abritait le BUX. Un des derniers gratte-ciel construits, avant la nouvelle mode des bâtiments en grande partie souterrains, il dressait vers le ciel ses 120 étages de bureaux, laboratoires, salles de conférences, restaurants, etc. L’hélico atterrit au sommet, sur la plate-forme. Deux hommes en armes, vêtus d’un uniforme gris, s’approchèrent.

— Objet de votre visite ? demanda le plus grand.

— Convocation du chef.

— Avez-vous un rendez-vous ?

— Non. Dites-lui simplement que Téraï Laprade est là.

L’homme décrocha un téléphone, parla, écouta.

— C’est bon. Passez à l’identification. Poste 3, couloir 2. Par ici !

Il descendit quelques marches, entra dans le bureau indiqué. Le bureaucrate qui l’attendait compara une photo avec Téraï, hocha la tête.

— Ça semble être ça. Il serait d’ailleurs difficile de trouver quelqu’un capable de se faire passer pour vous. Cependant, veuillez poser vos mains sur cette plaque, comme cela. Maintenant, regardez dans cette lunette. Bon, ça concorde. Une dernière formalité : passez devant cet écran. Ah ! il vous faut laisser ici ce couteau !

Téraï haussa les épaules, sortit de sa poche son couteau pliant, le posa sur la table.

— Que dois-je faire maintenant ?

— Un guide vous attend à la porte.

Le guide était un homme vigoureux, armé jusqu’aux dents, et il n’était pas seul. Trois astronautes de la flotte du BUX l’accompagnaient, armés eux aussi.

— Bigre, la confiance règne, ne put-il s’empêcher de dire à haute voix.

Le chef de l’escorte se retourna.

— Hier encore, on a tenté d’assassiner le patron !

— Les choses en sont à ce point ?

— Hélas ! Suivez-moi.

Un ascenseur les déposa au centième étage. Le bureau de Nokombé était gardé, et trois mitrailleuses prenaient les couloirs en enfilade.

Nokombé se leva pour le recevoir. C’était un Africain du plus beau noir, presque aussi grand que Téraï, mais plus svelte. Ses cheveux blancs crépus se dressaient sur sa tête comme une crête de cacatoès. Il sourit, indiqua un siège.

1 ... 36 37 38 39 40 41 42 43 44 ... 56
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)