Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Исторические любовные романы » Angélique et le Nouveau Monde Part 1
Angélique et le Nouveau Monde Part 1 - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Angélique et le Nouveau Monde Part 1

Электронная книга - «Angélique et le Nouveau Monde Part 1». Краткое содержание книги:

Angélique et le Nouveau Monde Part 1
1 ... 33 34 35 36 37 38 39 40 41 ... 67
Перейти на страницу:

– Ne vous affolez pas, madame. Je me suis aperçu que vous étiez en difficulté ; que se passe-t-il ?

– Le sais-je moi-même ? Je ne comprends rien à ce qu'ils réclament !

Les Indiens s'adressèrent au lieutenant. Ils criaient tous à la fois et paraissaient ou angoissés ou extasiés.

– La légende de votre rencontre avec la tortue, signe de l'Iroquois, a voyagé toute la nuit d'un wigwam à l'autre. Ils veulent savoir par vous-même si l'Iroquois est vraiment vaincu et si vous l'avez enchaîné... Pour eux, voyez-vous, le symbole et le songe ont plus d'importance que la vie réelle... Mais ne craignez rien. Je vais vous débarrasser de leur curiosité.

Il parla aux Indiens avec beaucoup de conviction et ceux-ci consentirent à s'éloigner, tout en palabrant entre eux avec animation.

Pont-Briand était heureux de cette occasion qui lui avait été donnée d'approcher Angélique et de se pencher vers elle comme pour la protéger. Il percevait le parfum de sa peau, mais elle ne fut pas dupe, et se dégagea de la main qui tenait son bras.

– Madame, j'aurais voulu vous poser une question.

– Posez toujours votre question.

– Est-ce vraiment bien vous le tireur infernal qui hier m'a mis en si mauvaise posture ? On me l'a dit mais je ne peux y croire.

– C'est pourtant exact. Et croyez que je n'ai jamais eu affaire à pareil entêté. J'ai bien cru que j'allais être obligée de vous casser au moins un bras pour vous arrêter, car j'avais ordre de vous empêcher d'atteindre l'autre rive. Décidément, lieutenant, je crois qu'il vous en faut beaucoup pour comprendre ce que l'on vous signifie, ajouta-t-elle en lui glissant un regard entendu.

Il comprit qu'elle trouvait sa cour trop pressante, et déplacée. Mais il ne pouvait se résigner à la quitter. Comme il était venu pour la tirer d'embarras, elle s'entretint encore quelques instants avec lui, puis le laissa sur un signe de tête et un sourire discrets. Il resta troublé et titubant, comme un homme ivre. L'air frémissait devant lui et il y voyait danser l'éclat de son sourire ; il y avait eu du chemin parcouru depuis la veille et l'avant-veille. Le monde, pour lui, s'était bouleversé, et n'avait plus le même goût, ni la même couleur. Mais pourquoi Loménie avait-il refusé le combat avec Peyrac ? Lui, Pont-Briand, le premier, il aurait mis la main sur elle et il aurait acquis ainsi le droit de l'emmener captive à Québec... pour la convertir. « N'ai-je pas le droit, moi aussi, de gagner au ciel une âme égarée ?... Et, ainsi, je l'aurais prise dans ma maison. »

Par quel maléfice le grand diable noir au visage masqué les avait-il tous circonvenus, au point de les rendre, eux Français de Canada, doux et dociles comme des moutons ?...

« Méfie-toi, frère, méfie-toi des maléfices ! et qu'importe, après tout, se dit-il, si c'est elle la Démone de l'Acadie et si elle vient de l'Enfer ! Je veux bien y aller avec elle !... »

Chapitre 17

Malgré les apparences, la journée s'écoula lentement et l'on restait tendu.

– Qu'allons-nous devenir ? gémissait Mme Jonas en pleurant. (La venue du jésuite avait eu raison de son courage.) Fais rentrer tes enfants, Elvire, ils vont les massacrer.

Au cours des dernières journées, Angélique avait acquis une estime particulière pour les compagnons de Peyrac. L'esprit de discipline des hommes avait été admirable et par leur calme ils avaient témoigné de la confiance en leur chef. Pourtant, il y avait parmi eux des étrangers : des Anglais, des Espagnols, des Français en rupture de ban, qui pouvaient s'attendre d'être traités en ennemis par ceux qui les guettaient à Katarunk. Mais cependant ils étaient entrés dans le fort, la tête haute, derrière le comte de Peyrac, et les Français n'avaient pas protesté. On avait festoyé ensemble de compagnie, et même bien ri et bien chanté. Mais on se surveillait constamment. Peyrac allait s'entretenir avec M. de Loménie, puis allait saluer les capitaines algonquins ou hurons et leur faisait porter du tabac et des perles. On s'occupait ensemble, on se racontait des histoires.

« Qu'ils s'en aillent ! Mon Dieu ! Qu'ils s'en aillent enfin au diable », se disait Angélique. En attendant, il fallait jouer le jeu, avoir l'œil à tout, ne pas montrer sa crainte et son impatience.

Angélique essayait de conserver à la vie une apparence quotidienne, s'installait ostensiblement dans ses meubles. Mais c'était difficile. Tout le monde avait les nerfs à fleur de peau.

Comme elle était allée au puits et remontait le lourd seau de bois, cerclé de fer, elle interpella Cantor qui se trouvait proche.

– Veux-tu venir m'aider, mon garçon ?

Il lui répondit avec arrogance :

– Pour qui me prenez-vous ? Ce sont là des besognes de femmes !

Angélique se sentit pâlir et, d'un réflexe, elle saisit le seau et lui envoya tout le contenu à la volée.

– Voilà de quoi rafraîchir les idées d'un grand guerrier de ton espèce, trop réputé pour aider sa mère à porter une charge.

Elle raccrocha avec fracas le seau vide à la chaîne et le fit redescendre, les lèvres serrées de colère. Cantor était trempé de la tête aux pieds et ses yeux brillaient, farouches. Mais Angélique le lui rendait bien.

Cet échange de regards pareillement verts et furibonds parut distraire au plus haut point le vieil Eloi Macollet, seul témoin proche de la scène. Il se rapprocha en ricanant de sa bouche édentée.

– Bravo, c'est ainsi qu'il faut dresser la jeunesse !

Derechef accouraient les Indiens badauds, s'esclaffant devant l'adolescent et ses vêtements mouillés, se racontant la chose vue de loin et venant regarder Angélique sous le nez, en riant aux éclats, comme si elle avait été décidément l'animal le plus comique de la création... Ils la bousculaient tellement qu'elle faillit lâcher le seau vide dans le puits et presque y tomber.

– Arrière ! arrière ! fit Macollet. (Il les écarta avec des bourrades et quelques paroles énergiques.)

– Je vais vous aider, belle dame. J'aime les femmes de caractère, moi. Ah ! ces jeunes aujourd'hui !... Leur faut faire la leçon, pas vrai ? Connaissent rien. Je m'en vas vous le porter, votre seau. Y a pas honte quand c'est pour une femme de votre rang. Et pourtant je suis bien plus guerrier que ce petit imbécile...

– Cela vous va bien de faire le galant, cria Cantor dont la voix se cassait de colère. Des leçons de politesse, oui da ! Vous qui n'arrivez pas à dévisser votre bonnet de dessus votre crâne, même devant les dames, et même à la messe. Je vous ai bien vu ce matin, quand le père officiait !

– Mon bonnet, c'est mon bonnet, fit le vieux. Si ce n'est que ça pour te faire plaisir, j'm'en vas l'ôter, mon gars...

– Oh ! non, faites pas ça, crièrent d'une même voix L'Aubignière et Perrot qui passaient par là, qui se précipitèrent sur lui et qui le retinrent chacun par un bras... Ne regardez pas, Madame. Il a le crâne le plus hideux de la Nouvelle-France.

– Il a été scalpé dans sa jeunesse, expliqua Perrot.

– Sous Montréal, précisa Macollet, très fier.

– C'est rare qu'on se remette d'une telle opération. Mais lui, si ! C'est la mère Marguerite Bourgeois qui l'a sauvé de la mort. Mais le résultat n'est pas beau à voir. Vaut mieux qu'il garde son bonnet. Tiens-toi tranquille, Eloi.

– Non, je veux donner une leçon à ce petit jean-foutre...

Cantor s'enfuit pour cacher son dépit et changer de vêtements.

*****

Le jour s'écoulait lentement, dans une lumière ardente, et plus lentement encore quelques Hurons et Algonquins commençaient à s'en aller. On leur avait dit qu'il n'y aurait pas la guerre. On leur avait donné de beaux présents pour calmer leur déception. De loin, Peyrac surveillait leurs mouvements et chaque fois qu'une embarcation se détachait de la rive, et pagayait en direction de l'amont du fleuve, il éprouvait une impression de soulagement. Son regard perspicace allait de la barrière noire des sapins, vers le nord, aux souples méandres du fleuve, lové comme un serpent d'or à travers l'empire des arbres, et poursuivant sa route vers le sud-est. Pour l'instant, le spectre de la guerre s'éloignait, laissant reprendre leur rythme de vie habituel aux grands espaces incivilisés : chasse, pêche, sommeil, tabagie...

1 ... 33 34 35 36 37 38 39 40 41 ... 67
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)