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Le Mystère De La Chambre Jaune

Электронная книга - «Le Mystère De La Chambre Jaune». Краткое содержание книги:

Des cris et des coups de feu se font entendre dans une chambre annexe au laboratoire du pavillon du château où dort la belle Mathilde, fille du célèbre professeur Stangerson. Tout de suite, son père accompagné de l’un de ses domestiques, le père Jacques, se précipite à la porte qu’il trouve clause. Très vite rejoints par le concierge du Glandier et son épouse, ils parviennent à enfoncer la porte.
Une fois dans la «chambre jaune», ils découvrent Mathilde râlant, allongée sur le sol et pleine de sang. On peut apercevoir des marques impressionnantes d’ongles sur son cou. Le criminel a filé. Pourtant, la porte est prise d’assaut par quatre personnes et l’unique fenêtre grillagée de la pièce est verrouillée avec ses volets clos qu’on ne peut fermer que de l’intérieur. Aucune fuite n’est possible! Le jeune Rouletabille décide de se rendre sur le lieu du crime afin de retrouver la trace du malfaiteur.
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Après avoir dépassé le donjon qui se trouve à l’extrémité de l’aile gauche, nous passâmes sur les derrières du château. Rouletabille me dit en me montrant une fenêtre que je reconnus pour être l’une de celles qui donnent sur les appartements de Mlle Stangerson.

«Si vous étiez passé par ici il y a deux nuits, à une heure du matin, vous auriez vu votre serviteur au haut d’une échelle s’apprêtant à pénétrer dans le château, par cette fenêtre!»

Comme j’exprimais quelque stupéfaction de cette gymnastique nocturne, il me pria de montrer beaucoup d’attention à la disposition extérieure du château, après quoi nous revînmes dans le bâtiment.

«Il faut maintenant, dit mon ami, que je vous fasse visiter le premier étage, aile droite. C’est là que j’habite.

Pour bien faire comprendre l’économie des lieux, je mets sous les yeux du lecteurs un plan du premier étage de cette aile droite, plan dessiné par Rouletabille au lendemain de l’extraordinaire phénomène que vous allez connaître dans tous ses détails:

1. Endroitoù Rouletabille plaça Frédéric Larsan.

2. Endroit où Rouletabille plaça le père Jacques.

3. Endroit où Rouletabille plaça M. Stangerson.

4. Fenêtre par laquelle entra Rouletabille.

5. Fenêtre trouvée ouverte par Rouletabille quand il sort de sa chambre. Il la referme. Toutes les autres fenêtres et portes sont fermées.

6. Terrasse surmontant une pièce en encorbellement au rez-de-chaussée.

Rouletabille me fit signe de monter derrière lui l’escalier monumental double qui, à la hauteur du premier étage, formait palier. De ce palier on se rendait directement dans l’aile droite ou dans l’aile gauche du château par une galerie qui y venait aboutir. La galerie, haute et large, s’étendait sur toute la longueur du bâtiment et prenait jour sur la façade du château exposée au nord. Les chambres dont les fenêtres donnaient sur le midi avaient leurs portes sur cette galerie. Le professeur Stangerson habitait l’aile gauche du château. Mlle Stangerson avait son appartement dans l’aile droite. Nous entrâmes dans la galerie, aile droite. Un tapis étroit, jeté sur le parquet ciré, qui luisait comme une glace, étouffait le bruit de nos pas. Rouletabille me disait à voix basse, de marcher avec précaution parce que nous passions devant la chambre de Mlle Stangerson. Il m’expliqua que l’appartement de Mlle Stangerson se composait de sa chambre, d’une antichambre, d’une petite salle de bain, d’un boudoir et d’un salon. On pouvait, naturellement, passer de l’une de ces pièces dans l’autre sans qu’il fût nécessaire de passer par la galerie. Le salon et l’antichambre étaient les seules pièces de l’appartement qui eussent une porte sur la galerie. La galerie se continuait, toute droite, jusqu’à l’extrémité est du bâtiment où elle avait jour sur l’extérieur par une haute fenêtre (fenêtre 2 du plan). Vers les deux tiers de sa longueur, cette galerie se rencontrait à angle droit avec une autre galerie qui tournait avec l’aile droite du château.

Pour la clarté de ce récit, nous appellerons la galerie qui va de l’escalier jusqu’à la fenêtre à l’est, «la galerie droite» et le bout de galerie qui tourne avec l’aile droite et qui vient aboutir à la galerie droite, à angle droit, «la galerie tournante». C’est au carrefour de ces deux galeries que se trouvait la chambre de Rouletabille, touchant à celle de Frédéric Larsan. Les portes de ces deux chambres donnaient sur la galerie tournante, tandis que les portes de l’appartement de Mlle Stangerson donnaient sur la galerie droite (voir le plan).

Rouletabille poussa la porte de sa chambre, me fit entrer et referma la porte sur nous, poussant le verrou. Je n’avais pas encore eu le temps de jeter un coup d’œil sur son installation qu’il poussait un cri de surprise en me montrant, sur un guéridon, un binocle.

«Qu’est-ce que c’est que cela? se demandait-il; qu’est-ce que ce binocle est venu faire sur mon guéridon?»

J’aurais été bien en peine de lui répondre.

«À moins que, fit-il, à moins que… à moins que… à moins que ce binocle ne soit «ce que je cherche»… et que… et que… et que ce soit un binocle de presbyte!…»

Il se jetait littéralement sur le binocle; ses doigts caressaient la convexité des verres… et alors il me regarda d’une façon effrayante.

«Oh!… oh!»

Et il répétait: Oh!… oh! comme si sa pensée l’avait tout à coup rendu fou…

Il se leva, me mit la main sur l’épaule, ricana comme un insensé et me dit:

«Ce binocle me rendra fou! car la chose est possible, voyez-vous, «mathématiquement parlant»; mais «humainement parlant» elle est impossible… ou alors… ou alors… ou alors…»

On frappa deux petits coups à la porte de la chambre, Rouletabille entrouvrit la porte; une figure passa. Je reconnus la concierge que j’avais vue passer devant moi quand on l’avait amenée au pavillon pour l’interrogatoire et j’en fus étonné, car je croyais toujours cette femme sous les verrous. Cette femme dit à voix très basse:

«Dans la rainure du parquet!»

Rouletabille répondit: «Merci!» et la figure s’en alla. Il se retourna vers moi après avoir soigneusement refermé la porte. Et il prononça des mots incompréhensibles avec un air hagard.

«Puisque la chose est «mathématiquement» possible, pourquoi ne la serait-elle pas «humainement!… Mais si la chose est «humainement» possible, l’affaire est formidable!»

J’interrompis Rouletabille dans son soliloque:

«Les concierges sont donc en liberté, maintenant? demandai-je.

– Oui, me répondit Rouletabille, je les ai fait remettre en liberté. J’ai besoin de gens sûrs. La femme m’est tout à fait dévouée et le concierge se ferait tuer pour moi… Et, puisque le binocle a des verres pour presbyte, je vais certainement avoir besoin de gens dévoués qui se feraient tuer pour moi!

– Oh! oh! fis-je, vous ne souriez pas, mon ami… Et quand faudra-t-il se faire tuer?

– Mais, ce soir! car il faut que je vous dise, mon cher, j’attends l’assassin ce soir!

– Oh! oh! oh! oh!… Vous attendez l’assassin ce soir… Vraiment, vraiment, vous attendez l’assassin ce soir… mais vous connaissez donc l’assassin?

– Oh! oh! oh! Maintenant, il se peut que je le connaisse. Je serais un fou d’affirmer catégoriquement que je le connais, car l’idée mathématique que j’ai de l’assassin donne des résultats si effrayants, si monstrueux, que j’espère qu’il est encore possible que je me trompe! Oh! Je l’espère de toutes mes forces…

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