Le Mystère De La Chambre Jaune
- Автор: Леру Гастон
- Язык: французский
- Жанр: Классические детективы
Электронная книга - «Le Mystère De La Chambre Jaune». Краткое содержание книги:
Une fois dans la «chambre jaune», ils découvrent Mathilde râlant, allongée sur le sol et pleine de sang. On peut apercevoir des marques impressionnantes d’ongles sur son cou. Le criminel a filé. Pourtant, la porte est prise d’assaut par quatre personnes et l’unique fenêtre grillagée de la pièce est verrouillée avec ses volets clos qu’on ne peut fermer que de l’intérieur. Aucune fuite n’est possible! Le jeune Rouletabille décide de se rendre sur le lieu du crime afin de retrouver la trace du malfaiteur.
– Eh! Frédéric Larsan a peut-être raison! m’écriai-je, interrompant Rouletabille… Êtes-vous sûr que M. Darzac soit innocent? Il me semble que voilà bien des fâcheuses coïncidences…
– Les coïncidences, me répondit mon ami, sont les pires ennemies de la vérité.
– Qu’en pense aujourd’hui le juge d’instruction?
– M. de Marquet, le juge d’instruction, hésite à découvrir M. Robert Darzac sans aucune preuve certaine. Non seulement, il aurait contre lui toute l’opinion publique, sans compter la Sorbonne, mais encore M. Stangerson et Mlle Stangerson. Celle-ci adore M. Robert Darzac. Si peu qu’elle ait vu l’assassin, on ferait croire difficilement au public qu’elle n’eût point reconnu M. Robert Darzac, si M. Robert Darzac avait été l’agresseur. La «Chambre Jaune» était obscure, sans doute, mais une petite veilleuse tout de même l’éclairait, ne l’oubliez pas. Voici, mon ami, où en étaient les choses quand, il y a trois jours, ou plutôt trois nuits, survint cet événement inouï dont je vous parlais tout à l’heure.»
XIV «J’attends l’assassin, ce soir»
«Il faut, me dit Rouletabille, que je vous conduise sur les lieux pour que vous puissiez comprendre ou plutôt pour que vous soyez persuadé qu’il est impossible de comprendre. Je crois, quant à moi, avoir trouvé ce que tout le monde cherche encore: la façon dont l’assassin est sorti de la «Chambre Jaune»… sans complicité d’aucune sorte et sans que M. Stangerson y soit pour quelque chose. Tant que je ne serai point sûr de la personnalité de l’assassin, je ne saurais dire quelle est mon hypothèse, mais je crois cette hypothèse juste et, dans tous les cas, elle est tout à fait naturelle, je veux dire tout à fait simple. Quant à ce qui s’est passé il y a trois nuits, ici, dans le château même, cela m’a semblé pendant vingt-quatre heures dépasser toute faculté d’imagination. Et encore l’hypothèse qui, maintenant, s’élève du fond de mon moi est-elle si absurde, celle-là, que je préfère presque les ténèbres de l’inexplicable.
Sur quoi, le jeune reporter m’invita à sortir; il me fit faire le tour du château. Sous nos pieds craquaient les feuilles mortes; c’est le seul bruit que j’entendais. On eût dit que le château était abandonné. Ces vieilles pierres, cette eau stagnante dans les fossés qui entouraient le donjon, cette terre désolée recouverte de la dépouille du dernier été, le squelette noir des arbres, tout concourait à donner à ce triste endroit, hanté par un mystère farouche, l’aspect le plus funèbre. Comme nous contournions le donjon, nous rencontrâmes «l’homme vert», le garde, qui ne nous salua point et qui passa près de nous, comme si nous n’existions pas. Il était tel que je l’avais vu pour la première fois, à travers les vitres de l’auberge du père Mathieu; il avait toujours son fusil en bandoulière, sa pipe à la bouche et son binocle sur le nez.
«Drôle d’oiseau! me dit tout bas Rouletabille.
– Lui avez-vous parlé? demandai-je.
– Oui, mais il n’y a rien à en tirer… il répond par grognements, hausse les épaules et s’en va. Il habite à l’ordinaire au premier étage du donjon, une vaste pièce qui servait autrefois d’oratoire. Il vit là en ours, ne sort qu’avec son fusil. Il n’est aimable qu’avec les filles. Sous prétexte de courir après les braconniers, il se relève souvent la nuit; mais je le soupçonne d’avoir des rendez-vous galants. La femme de chambre de Mlle Stangerson, Sylvie, est sa maîtresse. En ce moment, il est très amoureux de la femme du père Mathieu, l’aubergiste; mais le père Mathieu surveille de près son épouse, et je crois bien que c’est la presque impossibilité où «l’homme vert» se trouve d’approcher Mme Mathieu qui le rend encore plus sombre et taciturne. C’est un beau gars, bien soigné de sa personne, presque élégant… les femmes, à quatre lieues à la ronde, en raffolent.»