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Le Mystère De La Chambre Jaune

Электронная книга - «Le Mystère De La Chambre Jaune». Краткое содержание книги:

Des cris et des coups de feu se font entendre dans une chambre annexe au laboratoire du pavillon du château où dort la belle Mathilde, fille du célèbre professeur Stangerson. Tout de suite, son père accompagné de l’un de ses domestiques, le père Jacques, se précipite à la porte qu’il trouve clause. Très vite rejoints par le concierge du Glandier et son épouse, ils parviennent à enfoncer la porte.
Une fois dans la «chambre jaune», ils découvrent Mathilde râlant, allongée sur le sol et pleine de sang. On peut apercevoir des marques impressionnantes d’ongles sur son cou. Le criminel a filé. Pourtant, la porte est prise d’assaut par quatre personnes et l’unique fenêtre grillagée de la pièce est verrouillée avec ses volets clos qu’on ne peut fermer que de l’intérieur. Aucune fuite n’est possible! Le jeune Rouletabille décide de se rendre sur le lieu du crime afin de retrouver la trace du malfaiteur.
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«- Vous deviez vous marier, monsieur», fis-je négligemment, sans plus regarder mon interlocuteur, et tout d’un coup ce mariage devient impossible à cause de l’auteur de cette lettre, puisque, aussitôt la lecture de la lettre, vous parlez d’un crime nécessaire pour avoir Mlle Stangerson. IL Y A DONC QUELQU’UN ENTRE VOUS ET MLLE STANGERSON, QUELQU’UN QUI LUI DÈFEND DE SE MARIER, QUELQU’UN QUI LA TUE AVANT QU’ELLE NE SE MARIE!»

«Et je terminai ce petit discours par ces mots:

«- Maintenant, monsieur, vous n’avez plus qu’à me confier le nom de l’assassin!»

«J’avais dû, sans m’en douter, dire des choses formidables. Quand je relevai les yeux sur Robert Darzac, je vis un visage décomposé, un front en sueur, des yeux d’effroi.

«- Monsieur, me dit-il, je vais vous demander une chose, qui va peut-être vous paraître insensée, mais en échange de quoi je donnerais ma vie: il ne faut pas parler devant les magistrats de ce que vous avez vu et entendu dans les jardins de l’Élysée,… ni devant les magistrats, ni devant personne au monde. Je vous jure que je suis innocent et je sais, et je sens, que vous me croyez, mais j’aimerais mieux passer pour coupable que de voir les soupçons de la justice s’égarer sur cette phrase: «le presbytère n’a rien perdu de son charme, ni le jardin de son éclat.» Il faut que la justice ignore cette phrase. Toute cette affaire vous appartient, monsieur, je vous la donne, mais oubliez la soirée de l’Élysée. Il y aura pour vous cent autres chemins que celui-là qui vous conduiront à la découverte du criminel; je vous les ouvrirai, je vous aiderai. Voulez-vous vous installer ici? Parler ici en maître? Manger, dormir ici? Surveiller mes actes et les actes de tous? Vous serez au Glandier comme si vous en étiez le maître, monsieur, mais oubliez la soirée de l’Élysée.»

Rouletabille, ici, s’arrêta pour souffler un peu. Je comprenais maintenant l’attitude inexplicable de M. Robert Darzac vis-à-vis de mon ami, et la facilité avec laquelle celui-ci avait pu s’installer sur les lieux du crime. Tout ce que je venais d’apprendre ne pouvait qu’exciter ma curiosité. Je demandai à Rouletabille de la satisfaire encore. Que s’était-il passé au Glandier depuis huit jours? Mon ami ne m’avait-il pas dit qu’il y avait maintenant contre M. Darzac des signes extérieurs autrement terribles que celui de la canne trouvée par Larsan?

«Tout semble se tourner contre lui, me répondit mon ami, et la situation devient extrêmement grave. M. Robert Darzac semble ne point s’en préoccuper outre mesure; il a tort; mais rien ne l’intéresse que la santé de Mlle Stangerson qui allait s’améliorant tous les jours quand est survenu un événement plus mystérieux encore que le mystère de la «Chambre Jaune»!

– Ça n’est pas possible! m’écriai-je, et quel événement peut être plus mystérieux que le mystère de la «Chambre Jaune»?

– Revenons d’abord à M. Robert Darzac, fit Rouletabille en me calmant. Je vous disais que tout se tourne contre lui. «Les pas élégants» relevés par Frédéric Larsan paraissent bien être «les pas du fiancé de Mlle Stangerson». L’empreinte de la bicyclette peut être l’empreinte de «sa» bicyclette; la chose a été contrôlée. Depuis qu’il avait cette bicyclette, il la laissait toujours au château. Pourquoi l’avoir emportée à Paris justement à ce moment-là? Est-ce qu’il ne devait plus revenir au château? Est-ce que la rupture de son mariage devait entraîner la rupture de ses relations avec les Stangerson? Chacun des intéressés affirme que ces relations devaient continuer. Alors? Frédéric Larsan, lui, croit que «tout était rompu». Depuis le jour où Robert Darzac a accompagné Mlle Stangerson aux grands magasins de la Louve, jusqu’au lendemain du crime, l’ex-fiancé n’est point revenu au Glandier. Se souvenir que Mlle Stangerson a perdu son réticule et la clef à tête de cuivre quand elle était en compagnie de M. Robert Darzac. Depuis ce jour jusqu’à la soirée de l’Élysée, le professeur en Sorbonne et Mlle Stangerson ne se sont point vus. Mais ils se sont peut-être écrit. Mlle Stangerson est allée chercher une lettre poste restante au bureau 40, lettre que Frédéric Larsan croit de Robert Darzac, car Frédéric Larsan, qui ne sait rien naturellement de ce qui s’est passé à l’Élysée, est amené à penser que c’est Robert Darzac lui-même qui a volé le réticule et la clef, dans le dessein de forcer la volonté de Mlle Stangerson en s’appropriant les papiers les plus précieux du père, papiers qu’il aurait restitués sous condition de mariage. Tout cela serait d’une hypothèse bien douteuse et presque absurde, comme me le disait le grand Fred lui-même, s’il n’y avait pas encore autre chose, et autre chose de beaucoup plus grave. D’abord, chose bizarre, et que je ne parviens pas à m’expliquer: ce serait M. Darzac en personne qui, le 24, serait allé demander la lettre au bureau de poste, lettre qui avait été déjà retirée la veille par Mlle Stangerson; la description de l’homme qui s’est présenté au guichet répond point par point au signalement de M. Robert Darzac. Celui-ci, aux questions qui lui furent posées, à titre de simple renseignement, par le juge d’instruction, nie qu’il soit allé au bureau de poste; et moi, je crois M. Robert Darzac, car, en admettant même que la lettre ait été écrite par lui – ce que je ne pense pas – il savait que Mlle Stangerson l’avait retirée, puisqu’il la lui avait vue, cette lettre, entre les mains, dans les jardins de l’Élysée. Ce n’est donc pas lui qui s’est présenté, le lendemain 24, au bureau 40, pour demander une lettre qu’il savait n’être plus là. Pour moi, c’est quelqu’un qui lui ressemblait étrangement, et c’est bien le voleur du réticule qui dans cette lettre devait demander quelque chose à la propriétaire du réticule, à Mlle Stangerson, – «quelque chose qu’il ne vit pas venir». Il dut en être stupéfait, et fut amené à se demander si la lettre qu’il avait expédiée avec cette inscription sur l’enveloppe: M.A.T.H.S.N. avait été retirée. D’où sa démarche au bureau de poste et l’insistance avec laquelle il réclame la lettre. Puis il s’en va, furieux. La lettre a été retirée, et pourtant ce qu’il demandait ne lui a pas été accordé! Que demandait-il? Nul ne le sait que Mlle Stangerson. Toujours est-il que, le lendemain, on apprenait que Mlle Stangerson avait été quasi assassinée dans la nuit, et que je découvrais, le surlendemain, moi, que le professeur avait été volé du même coup, grâce à cette clef, objet de la lettre poste restante. Ainsi, il semble bien que l’homme qui est venu au bureau de poste doive être l’assassin; et tout ce raisonnement, des plus logiques en somme, sur les raisons de la démarche de l’homme au bureau de poste, Frédéric Larsan se l’est tenu, mais, en l’appliquant à Robert Darzac. Vous pensez bien que le juge d’instruction, et que Larsan, et que moi-même nous avons tout fait pour avoir, au bureau de poste, des détails précis sur le singulier personnage du 24 octobre. Mais on n’a pu savoir d’où il venait ni où il s’en est allé! En dehors de cette description qui le fait ressembler à M. Robert Darzac, rien! J’ai fait annoncer dans les plus grands journaux: «Une forte récompense est promise au cocher qui a conduit un client au bureau de poste 40, dans la matinée du 24 octobre, vers les dix heures. S’adresser à la rédaction de L’Époque, et demander M. R.» Ça n’a rien donné. En somme, cet homme est peut-être venu à pied; mais, puisqu’il était pressé, c’était une chance à courir qu’il fût venu en voiture. Je n’ai pas, dans ma note aux journaux, donné la description de l’homme pour que tous les cochers qui pouvaient avoir, vers cette heure-là, conduit un client au bureau 40, vinssent à moi. Il n’en est pas venu un seul. Et je me suis demandé nuit et jour: «Quel est donc cet homme qui ressemble aussi étrangement à M. Robert Darzac et que je retrouve achetant la canne tombée entre les mains de Frédéric Larsan? Le plus grave de tout est que M. Darzac, qui avait à faire, à la même heure, à l’heure où son sosie se présentait au bureau de poste, un cours à la Sorbonne, ne l’a pas fait. Un de ses amis le remplaçait. Et, quand on l’interroge sur l’emploi de son temps, il répond qu’il est allé se promener au bois de Boulogne. Qu’est-ce que vous pensez de ce professeur qui se fait remplacer à son cours pour aller se promener au bois de Boulogne? Enfin, il faut que vous sachiez que, si M. Robert Darzac avoue s’être allé promener au bois de Boulogne dans la matinée du 24, il ne peut plus donner du tout l’emploi de son temps dans la nuit du 24 au 25!… Il a répondu fort paisiblement à Frédéric Larsan qui lui demandait ce renseignement que ce qu’il faisait de son temps, à Paris, ne regardait que lui… Sur quoi, Frédéric Larsan a juré tout haut qu’il découvrirait bien, lui, sans l’aide de personne, l’emploi de ce temps. Tout cela semble donner quelque corps aux hypothèses du grand Fred; d’autant plus que le fait de Robert Darzac se trouvant dans la «Chambre Jaune» pourrait venir corroborer l’explication du policier sur la façon dont l’assassin se serait enfui: M. Stangerson l’aurait laissé passer pour éviter un effroyable scandale! C’est, du reste, cette hypothèse, que je crois fausse, qui égarera Frédéric Larsan, et ceci ne serait point pour me déplaire, s’il n’y avait pas un innocent en cause! Maintenant, cette hypothèse égare-t-elle réellement Frédéric Larsan? Voilà! Voilà! Voilà!

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