Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Лингвистика » Au commencement était le verbe… Ensuite vint l'orthographe
Au commencement était le verbe… Ensuite vint l'orthographe - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Au commencement était le verbe… Ensuite vint l'orthographe

Электронная книга - «Au commencement était le verbe… Ensuite vint l'orthographe». Краткое содержание книги:

L'orthographe, ses règles obscures et ses exceptions vous font souffrir ?
Rassurez-vous, c'est voulu !
Comment pourrait-il en être autrement dans un pays à l'histoire si tumultueuse ? Comme la France, notre orthographe a traversé les siècles en empruntant des voies détournées, sans craindre détours et autres pirouettes.
Il fallait un Belge comme Bernard Fripiat pour raconter cette histoire avec un humour et une irrévérence qui déculpabiliseront les pires cancres. En une centaine de pourquoi, il explique l'origine de chaque difficulté et raconte la folle épopée d'une orthographe que le monde entier nous envie…
Biographie de l'auteur
Historien passionné par la langue française, Bernard Fripiat anime depuis vingt ans des stages d orthographe en entreprise. Auteur dramatique, il est également comédien et chroniqueur radio. En 2013 il a publié L'Orthographe : 99 trucs pour en rire et la retenir (éd. Gunten).
1 ... 29 30 31 32 33 34 35 36 37 ... 45
Перейти на страницу:

La principale difficulté de « tout » est que nous n’entendons pas son pluriel quand il est adjectif : « tous les hommes ». Il n’en va pas de même lorsqu’il est pronom : « Nous irons tous au paradis ! » André Lanly, dans ses Fiches de philologie française, explique que ce s cesse d’être prononcé dans la langue populaire dès le XIIIe siècle et ce dans tous les cas. Au XVIIIe, les grammairiens commencent à vouloir corriger notre manière de parler. Ils sont prudents, mais cette époque voit naître une habitude qui débouchera sur une phrase souvent entendue : « Même en parlant, il fait des fautes. »

Les grammairiens insistent pour que l’on prononce le s de « tous » lorsqu’il est pronom. Leur but n’est pas de nous simplifier la vie. Ne rêvons pas ! Si tel avait été le cas, ils nous auraient demandé de tous les prononcer. Ils désirent simplement que, à l’oral aussi, il soit possible de faire la distinction entre « ces habits sont tout abîmés » et « ces habits sont tous abîmés ». Ils sont encouragés par le succès de certaines de leurs trouvailles étymologiques. Par exemple, les partisans du s vont se trouver confortés par le fait que certains commencent à se prononcer. Ce que l’on disait juque, lorque, preque, puique se dit désormais « jusque », « lorsque », « presque » et « puisque ». L’oral a fini par obéir à l’écrit. Du coup, ils se sont dit que tout était possible…

102. POURQUOI DISONS-NOUS « CHAIRE » ET « CHAISE » ?

Pour que les professeurs d’université puissent se distinguer.

Entre les XIIIe et XVIe siècles, le r à l’intérieur des mots tend à se prononcer s ou z. Les Parisiens disent faze le mot « farce ». Une réaction corrigera cette habitude, mais nous en avons gardé une trace dans le mot « chaise ». Celui-ci n’est autre que la prononciation populaire de l’antique « chaire », qui a perduré sous sa forme noble dans la « chaire » du prêtre ou du professeur. « Chaise » et « chaire » coexistent longtemps. Le peuple dit chaise, les savants chaire. Pensons à cette réplique de Martine dans Les Femmes savantes de Molière : « Les savants ne sont bons qu’à nous prêcher en chaise ! »

Mais nous utilisons encore le mot « chaire » lorsque nous voulons désigner un siège honorifique comme une « chaire d’université »… même s’il n’est pas qu’honorifique !

103. POURQUOI HÉSITONS-NOUS ENTRE LE MASCULIN ET LE FÉMININ ?

Pour décomplexer les étrangers.

Tous ceux qui apprennent le français comme langue étrangère le découvrent très vite avec joie : nos mots hésitent à distinguer le masculin et le féminin. Il arrive même à des francophones de se tromper (si ! si !). Pour mettre de l’ambiance au bureau, il suffit de demander naïvement : « On dit un ou une après-midi ? »

Vous étonnerai-je en vous disant qu’il en a toujours été ainsi ? Très souvent, l’origine latine joue un rôle. Rosa explique « la rose » : les mots en a de la première déclinaison étaient féminins. Murus explique « le mur » : ceux en us, de la deuxième déclinaison, étaient masculins. Si nous avons un ami qui étudie le français comme langue étrangère, conseillons-lui de bien mémoriser l’article avec le nom : house — « la maison ». Si nous l’aimons moins, disons-lui d’apprendre le latin ! Une aide utile mais pas suffisante.

En effet, parfois, l’analogie détermine le genre : on a eu tendance à unifier le genre des mots qui traitent d’un domaine équivalent. C’est rare, mais cela arrive. « Pendule » était masculin et l’est encore quand nous parlons d’« un pendule » (« le pendule de Foucault »). Une « horloge à pendule » désignait une petite horloge, que l’on a raccourcie en une « pendule ». « Pendule », dans ce cas, est féminin par analogie avec « horloge ». Ce dernier, masculin à l’origine, est progressivement, entre le XIIIe et le XVIIe siècle, devenu féminin, par analogie avec « montre ». En effet, « montre » désigne le cadran de l’horloge qui montre l’heure. « Montre » vient du verbe « montrer ».

Une petite anecdote pour la route : au XVIIe siècle, les consonnes étaient au féminin quand leur prononciation commençait par le son è. Nous disions : une s, une r, mais un z, un t.

104. POURQUOI N’AVONS-NOUS PAS RECONNU QUE LES PRÉCIEUSES AVAIENT RAISON ?

Par machisme, peut-être !

Le XVIIe siècle vit des dames beaucoup moins ridicules que ne le laisse entendre la comédie de Molière lancer un mouvement culturel inédit, celui des précieuses. Elles sont le point de mire d’une nouvelle tendance : les femmes ont leur mot à dire. Les précieuses sont à la mode et popularisent de nouveaux mots. Nous leur devons « s’encanailler », « féliciter », « s’enthousiasmer », « bravoure », « anonyme », « incontestable », « pommade ». Dès lors, pourquoi n’interviendraient-elles pas dans l’orthographe ?

Au siècle précédent, Théodore de Bèze se demandait déjà s’il fallait concéder à une femme l’art et la pratique de l’orthographe. Si oui, il faudrait dire que l’écriture est un plaisir et non une élection. Par cette phrase, il répondait négativement. D’accord, ce n’est pas génial.

Mais qu’il se soit posé la question constitue déjà un progrès.

Le littérateur misogyne Somaize publie en 1661 son Grand Dictionnaire des Précieuses. Il se moque d’elles et imagine que quatre précieuses se réunissent pour ébaucher une orthographe phonétique « afin que les femmes puissent écrire aussi assurément et aussi correctement que les hommes ». Grâce à lui, nous connaissons la manière dont elles écrivaient. Petite remarque, ce livre ridiculise l’orthographe des précieuses. Au siècle précédent, on a critiqué Ronsard qui proposait d’écrire phonétiquement, mais personne ne s’est moqué de lui. En revanche, quand il s’agit d’une femme, on se moque.

Comme il y a une justice, le pamphlet que Somaize croit écrire peut aujourd’hui se lire comme un plaidoyer. Avec des ennemis comme lui, on n’a plus besoin d’amis. Grâce à lui, nous découvrons qu’elles adorent l’accent circonflexe. Elles écrivent « prône », « flûte », « aîné », « âpre », « âge » à une époque où les savants préfèrent prosne, fluste, aisné, aspre, aage… Certes, elles ne sont pas les seules, mais la postérité, en leur donnant raison, ne les trouvera pas ridicules.

La prétendue satire de Somaize va nous permettre de comparer l’orthographe des précieuses à celle de l’Académie et de voir à qui l’Histoire donnera raison.

Voici cinquante de leurs propositions suivies entre parenthèses de la manière dont l’Académie a décidé de les écrire en 1694. Nous avons souligné la version triomphante.

L’Histoire a donné raison à l’Académie dans dix cas (20 %) : acomode (accommode). calité (qualité), éficace (efficace), grans (grands), pié (pied), repren (reprend), résonne (raisonne), soûfert (souffert), trèze (treize), vieu (vieux), indontable (indomptable).

1 ... 29 30 31 32 33 34 35 36 37 ... 45
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)