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READ-E-BOOK » Научная фантастика » Route de la gloire [=En route pour la gloire / Glory Road - fr]
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Route de la gloire [=En route pour la gloire / Glory Road - fr]

Электронная книга - «Route de la gloire [=En route pour la gloire / Glory Road - fr]». Краткое содержание книги:

Je n'étais pas très chaud pour partir en colonie de vacances dans le Sud-Est asiatique, mais on ne m'avait pas donné le choix. Enfin, à mon retour, j'avais une belle cicatrice toute neuve sur la figure et un billet de Sweepstake gagnant dans la poche grâce auquel j'ai rencontré la plus belle sorcière des Vingt Univers. C'est là que mes ennuis ont commencé : je me suis retrouvé dans un monde parallèle, à pourchasser des rats gros comme des loups, des dragons cracheurs de feu (évidemment), et même un Ogre, tout en essayant d'échapper aux Fantômes à Longues Cornes et autres Ecumeurs des Eaux Glacées. Sans compter Celui-Qui-N'a-Jamais-Vu-Le-Jour et Celui-Qui-Dévore-Les-Âmes. Et tout ça pour récupérer un oeuf de Phénix…
Vous allez dire que je ne suis jamais content, mais vous ne croyez pas qu'il y a de quoi vous faire regretter notre bonne vieille Terre, Sud-Est asiatique ou pas ? Et encore, je ne vous raconte pas tout !
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— « Je ne vous ai pas vu au banquet. »

— « J’y étais en esprit. À la cuisine, la nourriture est plus chaude, on a plus de choix et les convives sont moins formalistes. Mais je n’avais pas l’intention d’y passer la nuit. Tôt couché, est ma devise. De la modération en toute chose. Epictète. Mais la pâtissière… je vous assure, elle me rappelle une autre fille que j’ai connue autrefois, avec laquelle j’étais associé pour une affaire tout à fait légitime, une affaire de contrebande. Elle, sa devise était que tout ce qui valait la peine d’être fait valait aussi la peine d’être fait au centuple, et c’est bien ce qu’elle faisait. Elle fraudait même sur la marchandise de contrebande, et elle ne me mettait pas au courant de sa propre fraude, qui n’entrait pas dans notre comptabilité… car moi, je vérifiais tous les articles avec les douaniers, à qui je donnais un état des marchandises en même temps que leur pot-de-vin, pour qu’ils sachent bien que j’étais honnête.

» Mais une fille ne peut pas passer par une porte, grasse comme une oie que l’on gave, et revenir vingt minutes plus tard maigre comme un clou, – ce qu’elle n’était pas, ce n’est là que manière de parler, – sans provoquer des regards inquisiteurs. S’il n’y avait pas eu la même chose étrange qu’a faite un drôle de type cette nuit, les flics nous auraient épinglés. »

— « Et quelle étrange chose a donc faite le type, dans la nuit ? »

— « Exactement ce que j’étais en train de faire la nuit dernière. Le bruit nous a réveillés et nous sommes sortis sur le toit, libres, mais sans rien à montrer qui puisse nous valoir six mois de travaux forcés, rien que nos genoux décharnés. Mais cette pâtissière… vous l’avez vue, monseigneur. Des cheveux bruns, des yeux bleus, une petite mèche sur le front et tout ce qu’il lui faut pour ressembler trait pour trait à Sophia Loren. »

— « J’ai un vague souvenir de quelqu’un qui y ressemblait. »

— « Alors, vous ne l’avez pas vue car il n’y a rien de vague chez Nalia. En fait, j’avais l’intention, la nuit dernière, de vivre sainement, car je savais bien que la journée d’aujourd’hui serait sanglante. Vous savez :

Quand vient la nuit, c’est pour dormir, Car, le lendemain, c’est une nouvelle journée.

«… comme nous le conseille le sage. Mais je n’avais pas compté avec Nalia. Et c’est pourquoi je n’ai pas dormi, je n’ai pas eu de petit déjeuner et, si je suis mort avant la nuit tombée, perdant mon sang de toutes parts, ce sera en partie la faute de Nalia. »

— « Je raserai votre cadavre, Rufo, je vous le promets. » Nous avions dépassé la marque de la frontière, nous étions maintenant dans un autre comté mais Star ne ralentit pas pour autant. « À propos, où avez-vous donc appris le métier d’entrepreneur de pompes funèbres ? »

— « Le quoi ? Ah, oui ! c’était d’ailleurs une bonne place. Après cette côte, derrière ces arbres, se trouve une maison où nous pourrons bien déjeuner. Chez des gens agréables. »

— « Enfin ! » La pensée de déjeuner me réjouissait et j’en regrettais même ma conduite de boy-scout, la nuit précédente. « Rufo, vous vous êtes complètement trompé sur ce qu’a fait cet étrange type, hier soir. »

— « Monseigneur ? »

— « Le type n’a rien fait pendant la nuit, c’est bien là ce qui est étrange. »

— « Et bien, ce n’était pas l’impression que cela donnait, » dit Rufo, dubitatif.

— « Autres lieux, autres mœurs. Je suis désolé. Ce que je voulais dire c’est qu’une drôle de chose m’est arrivée quand je suis allé me coucher la nuit dernière… pour passer une nuit calme. »

— « Au fait, monseigneur ? »

— « En fait, sinon en pensée. » J’avais besoin d’en parler à quelqu’un et Rufo était bien le genre de truand en qui je pouvais avoir confiance. Je lui racontai l’histoire des Trois Filles Nues.

« J’aurais bien pris le risque, » dis-je en terminant. « Oui, je vous le dis, je l’aurais pris si cette gosse avait été dans mon lit toute seule, comme cela aurait dû être. Du moins, il me semble que je l’aurais fait, sans regretter que l’on m’ait forcé la main, malgré le risque de me faire accuser d’abus de confiance. Rufo pourquoi faut-il que les plus jolies filles aient toujours des pères ou des maris ? Enfin, à dire vrai, elles étaient là, la grande Fille Nue, la Fille Nue moyenne et la toute petite Fille Nue, assez près pour me toucher et toutes les trois désireuses de réchauffer mon lit, et je n’ai rien fait ! Allons, moquez-vous de moi. Je le mérite. »

Il ne rit pas le moins du monde. Je me retournai et vis qu’il avait l’air effondré. « Monseigneur ! Oscar, mon camarade ! Dites-moi que ce n’est pas vrai ! »

— « C’est vrai, » dis-je d’un ton bourru. « Et je l’ai tout de suite regretté, mais trop tard. Et c’est vous qui vous plaignez de votre nuit ! »

— « Oh ! dieux du ciel ! » Il changea la vitesse de son cheval, passa en prise directe et s’éloigna. Ars Longa regarda par-dessus son épaule et continua.

Rufo rattrapa Star. Ils s’arrêtèrent, à peu de distance de la maison où nous pouvions espérer déjeuner. Ils m’attendirent et je les rejoignis. Star était sans expression ; Rufo paraissait terriblement embarrassé.

Star se décida à parler : « Rufo, va demander à déjeuner pour nous. Tu feras servir ici. Mais j’aimerais parler seule à seul avec monseigneur. »

— « Certainement, maîtresse ! » et il s’éloigna rapidement.

Star m’adressa alors la parole, le visage toujours inexpressif. « Seigneur Héros, est-ce vrai ? Ce que votre valet vient de me raconter ? »

— « Je ne sais pas ce qu’il vous a raconté. »

— « Au sujet de votre défaillance… votre prétendue défaillance, la nuit dernière. »

— « Je ne sais pas ce que vous entendez par défaillance. Si vous tenez à savoir ce que j’ai fait après le banquet… j’ai dormi seul. Point final. »

Elle laissa échapper un soupir mais ne changea pas d’expression. « Je voulais l’entendre de votre propre bouche. Pour être certaine. » Alors, son expression changea et je vous assure que je n’ai jamais vu pareille fureur. À voix basse, presque dénuée de passion, elle se mit à m’injurier :

— « Vous, un héros ! Vous n’êtes qu’une cruche sans cervelle ! Un maladroit, une grande gueule, un bon à rien, un résidu de fausse-couche, un gros tas de muscles, un idiot…»

— « Suffit ! »

— « Du calme, je n’en ai pas fini avec vous. Insulter trois dames innocentes, dévouées…»

— « LA FERME ! »

Le coup lui rejeta la tête en arrière. Je commençai avant qu’elle ait eu le temps de se reprendre. « Ne me parlez plus jamais de cette manière, Star. Plus jamais. »

— « Mais…»

— « Taisez-vous, espèce de teigne ! Vous n’avez pas le droit de me parler de cette manière. Aucune fille n’en a le droit. Vous devez toujours, je dis bien toujours, vous adresser à moi avec politesse et respect. Un mot de plus sur ce ton-là et je vous administre une fessée à vous en faire pleurer. »

— « Vous n’oseriez pas ! »

— « Ôtez votre main de cette épée où je vous la prends, et je vous déculotte ici même, sur la route, et je vous fesse avec votre épée. Jusqu’à ce que vos fesses soient toutes rouges et que vous me demandiez pardon. Star, je ne bats jamais les femmes, mais je corrige les enfants insupportables. Je traite les dames en dames. Les mioches mal élevés, je les traite en mioches. Star, vous seriez même la reine d’Angleterre et la suzeraine de la Galaxie, tout ensemble… UN MOT DE PLUS, un mot déplacé, et je vous ôte votre collant en vous assurant que vous ne pourrez plus vous asseoir pendant une semaine. Compris ? »

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