Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Триллеры » Les fantômes de Belfast
Les fantômes de Belfast - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Les fantômes de Belfast

Электронная книга - «Les fantômes de Belfast». Краткое содержание книги:

Signé le 10 avril 1998, l’Accord de Paix pour l’Irlande du Nord a mis un terme à des années de guerre sanglante. En 2007, Belfast est une ville où se presse une foule d’étudiants et de jeunes cadres, et où ont fleuri bars branchés et boutiques de luxe. Pourtant, les anciennes haines n’ont pas disparu. Entre les anciens militants toujours attachés à leur cause, les activistes reconvertis en politiciens présentables et les gangsters qui prospèrent, le pays cherche son identité. Gerry Fegan, lui, se débat avec ses démons personnels. Depuis qu’il est sorti de la prison de Maze, cet ex tueur de l’IRA est devenu alcoolique. Il est hanté par les fantômes des douze personnes qu’il a délibérément assassinées et ne connaît plus le repos. Le seul moyen de se débarrasser de ces ombres qui assaillent sa conscience sera d’exécuter un par un les commanditaires des meurtres. Mais les nouveaux cadavres que laisse Gerry Fegan sur son passage menacent le précaire équilibre du processus de paix. Une chasse à l’homme commence sur fond de paranoïa et de duplicité, jusqu’à un final explosif.
Avec Les Fantômes de Belfast, Stuart Neville, révélation du roman noir irlandais, signe un thriller où dominent la tension et l’effroi, servi par une écriture tranchante. Il a su donner à son personnage principal un caractère ambigu et profondément tragique. Entre remords et désir de vengeance, Fegan, qui aspire à la rédemption, incarne les contradictions d’un territoire en quête d’identité, où le feu semble toujours couver.
1 ... 28 29 30 31 32 33 34 35 36 ... 79
Перейти на страницу:

— Je ne suis pas en position de juger qui que ce soit, dit Fegan.

— Mais vous savez ce qu’on éprouve.

— Oui. Sauf que vous, vous ne le méritez pas. Vous n’avez rien fait de mal. Pas comme moi.

— Comment pouvez-vous vivre avec ça ? »

Fegan regardait Ellen se déplacer le long de l’immense serre, s’arrêtant tous les cinq ou six mètres, debout sur la pointe des pieds pour mieux voir à l’intérieur. Malgré la douceur de la température, il sentit un frisson le gagner. Les ombres s’allongeaient à l’approche du crépuscule. « Je ne vis pas, répondit-il. En tout cas, la plupart des gens n’appelleraient pas ça vivre.

— Vous respirez, non ?

— Sans doute… » Il avait envie de lui raconter : les Suiveurs, les hurlements, le bébé qui pleurait la nuit. « Je veux essayer de me racheter, dit-il en se tournant vers elle. Je vais réparer. »

Marie se pencha en avant pour saisir son regard. « Comment ?

— Je ne sais pas encore. » Ce n’était qu’un demi-mensonge. Il savait très bien ce qu’il avait à faire, il ignorait seulement comment il s’y prendrait. « Mais je trouverai un moyen. Je trouve toujours.

— Vous êtes un homme intéressant, Gerry Fegan. » Elle avait vraiment un très beau sourire. Fegan sentit quelque chose tressaillir en lui. « J’aimerais vous connaître mieux, si vous voulez bien. »

Il baissa les yeux. Le sol était jonché de mégots, de chewing-gums. « Je ne suis pas quelqu’un de très recommandable.

— Ça, c’est à moi de décider », dit-elle.

Fixant les détritus à ses pieds pour ne pas la regarder, Fegan voyait encore son sourire, la lueur malicieuse dans son regard. Dis-lui, maintenant.

« Paul McGinty m’a demandé de vous faire passer un message », commença-t-il.

Elle se recula sur le banc. « Oh ?

— Il veut que vous partiez, continua-t-il sans relever la tête. Parce que vous n’êtes plus en sécurité ici, maintenant que votre oncle est mort. »

Déjà, Marie était debout. Elle fit signe à sa fille. « Ellen ! Viens. C’est l’heure de rentrer. »

Ellen pivota, fronçant les sourcils pour manifester son désaccord. « Non, maman !

— Ne discute pas, dit Marie. Dépêche-toi.

— Attendez », dit Fegan en se levant.

Marie se tourna vers lui, le visage dur. « Dites à McGinty qu’il peut aller se faire foutre. Je n’ai pas eu peur d’eux avant. Ça ne marchera pas non plus maintenant. » Des larmes brillaient dans ses yeux. « Comment pouvez-vous faire ça ? Vous donnez la main à ma fille, et une minute après, vous me transmettez les menaces de McGinty !

— Vous ne comprenez pas.

— Ah non ? Il me semble au contraire que c’est très clair. » Elle appela de nouveau Ellen qui s’attardait près de la serre. « Ellen, viens ici tout de suite.

— Je ne veux pas que vous partiez, dit Fegan. Vous n’avez rien à vous reprocher. Je ne laisserai pas McGinty vous faire du mal. Ni à Ellen. S’il vous envoie ses gars, je m’en occuperai. »

Ellen s’approchait en traînant des pieds, la mine renfrognée. Marie la prit par la main. « Je me débrouille très bien avec ma fille depuis cinq ans. Nous n’avons pas besoin de votre protection.

— Peut-être pas, mais j’aimerais vous aider quand même. »

Marie donna libre cours à sa colère. « Pourquoi ? Qu’est-ce que ça peut vous faire ? Si vous êtes son larbin, il vous trouvera sûrement des tas de petits boulots ! Vous n’avez qu’à collecter l’argent qu’il réclame en échange de sa protection, ou cambrioler un bureau de poste, ou voler des cigarettes pour les revendre sous le manteau. Pourquoi perdre votre temps avec quelqu’un comme moi qui a trahi la cause ? »

Une centaine de raisons se bousculèrent dans l’esprit de Fegan ; certaines qu’il n’osait dire, d’autres qu’il n’osait penser. Il regarda la fillette qui se pressait contre la jambe de sa mère. « Parce que Ellen m’a donné la main », répondit-il.

Marie soupira et plaqua une main sur ses yeux. « C’est infernal ! Parfois, j’imagine qu’il y a un avenir possible ici, pour moi et pour Ellen. Et puis je vois que tout est encore contrôlé par des hommes comme McGinty. J’aurais dû saisir ma chance et partir il y a des années.

— Je ne veux pas que vous partiez, répéta Fegan.

— Oui, vous l’avez déjà dit. » Elle le gratifia d’un vague sourire.

« Si quelqu’un vient vous voir, appelez-moi.

— Quel est votre numéro de portable ?

— Je n’ai pas… Je vais en acheter un. Demain matin. »

Elle eut un petit rire agacé. « Qui n’a pas de portable, de nos jours ?

— Moi, dit Fegan.

— Moi non plus, claironna Ellen. Maman ne veut pas m’en acheter. »

Marie regarda sa fille. « Tu as cinq ans, Ellen. À qui téléphonerais-tu ? »

Ellen réfléchit. « Au Père Noël », répondit-elle.

Marie fouilla dans son sac et en sortit un stylo. Elle attrapa la main de Fegan et la tint fermement pendant qu’elle écrivait sur sa paume. Elle avait la peau douce et chaude. « Appelez-moi quand vous aurez votre téléphone. Je ne vous promets pas que je répondrai, mais on ne sait jamais.

— Merci », dit Fegan. Il sourit à Ellen. « Entraîne-toi bien à sauter. La prochaine fois, peut-être que je te battrai.

— Ça m’étonnerait », répliqua la fillette que sa mère tirait par la main.

Fegan les suivit des yeux jusqu’à ce qu’elles aient disparu entre les arbres. Il se sentait les membres glacés. Le froid brusquement le saisit tout entier et le sang se mit à cogner à ses tempes. Ils étaient là, pensa-t-il. Ils l’attendaient.

En se retournant, il vit la femme aux cheveux bruns qui tenait son bébé dans les bras. Elle désigna du menton deux autres Suiveurs, les loyalistes de l’UFF. Ils pointaient le doigt sur les arbres à l’entrée du parc, côté Botanic Avenue, regardant tour à tour Fegan et les ombres mouvantes sous les branches.

« Qu’est-ce qu’il y a ? » demanda Fegan. Il s’approcha pour adopter le même angle de vue mais ne distingua rien, hormis des étudiants qui entraient et sortaient, chargés de sacs en plastique pleins de bière et de cidre, afin de passer la soirée à boire en profitant de la douceur de l’air.

Lentement, les deux UFF laissèrent retomber leurs bras tatoués. Ce qu’ils voulaient montrer à Fegan avait disparu.

20

« Il ne m’a pas vu », dit Campbell tout en mangeant des haricots froids en boîte, le téléphone coincé entre l’épaule et l’oreille. Dès que Fegan avait regardé dans sa direction, il s’était éclipsé pour regagner l’appartement de University Street.

« Tu as eu McGinty ? demanda l’agent.

— Non. Je l’appelle après.

— Qu’est-ce que tu vas lui raconter ?

— La vérité. Je ne crois pas que Fegan lui ait dit de partir. Elle s’est un peu énervée, mais ils ont eu l’air de se séparer en bon termes. Ça ne ressemblait pas trop à une menace. »

Campbell posa la boîte de conserve sur le rebord de la fenêtre, prit un verre de lait et but une longue gorgée. En bas, dans la rue, les étudiants ouvraient des cannettes de bière. Ils rejoindraient bientôt leurs divers lieux de ralliement, des pubs comme The Bot ou Lavery’s, dont ils reviendraient tard dans la nuit en chantant et en criant, sans se soucier du sommeil des bonnes gens.

1 ... 28 29 30 31 32 33 34 35 36 ... 79
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)