Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité
- Автор: AdrienH
- Год: 2013
- Язык: французский
- Год: FanFiction.net
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité». Краткое содержание книги:
Il y eut un silence.
J'arrive pas à croire que tu viens de faire ça, pensa Hermione Granger qui se sentit soudain un peu défaillante ; ça devait être à cause de sa course récente. "Excuse (halètement) moi," dit-elle, "est-ce que tu pourrais juste (halètement)me dégélifier les jambes ?"
Le garçon hocha la tête, se remit sur pied et chercha sa baguette dans ses robes ; puis Hermione dut corriger son geste pour que le contre-sort fonctionne.
"Je m'appelle Michael Hopkins," dit le garçon après que Hermione se fut relevée d'une roulade. Il tendit la main. "Ou juste Mike pour ceux de Poufsouffle, il n'y a aucun autre Mike à Poufsouffle cette année, incroyable non ?"
Ils se serrèrent la main et Mike dit : "Enfin bref, merci."
Hermione n'était pas préparée à la bouffée d'euphorie qui la saisit alors ; sauver ainsi quelqu'un l'avait faite se sentir mieux qu'elle ne s'était jamais sentie de toute sa vie, littéralement.
Elle se tourna pour regarder les brutes.
Ils étaient très grands et, songea-t-elle, semblaient avoir environ quinze ans, et elle se rendit soudain compte de l'immensité de la distance qui s'était établie entre les élèves de Poudlard qui s'étaient inscrits à toutes les activités du soir du professeur Quirrell et ceux qui avait plusieurs années durant reçu l'enseignement des pires professeur à avoir jamais professé. Pouvoir atteindre les cibles qu'on visait, par exemple ; ou pouvoir suffisamment réfléchir au milieu d'un combat pour se rendre compte qu'on avait intérêt à Innerver ses alliés tombés. Et d'autres choses que le professeur avait dites, par exemple que dans le monde réel presque tous les combats seraient résolus par une attaque surprise, voilà qui lui semblait soudain très sensé.
Alors qu'elle essayait encore de reprendre son souffle, elle se tourna de nouveau vers Mike.
"Est-ce que tu (halètement) me croirais," dit Hermione Granger, "si je te disais qu'il y a cinq minute j'avais (halètement) du mal à trouver comment devenir une (halètement) une héroïne ?"
Avait-elle vraiment cru qu'elle avait besoin de la permission de quelqu'un, ou que les héros restaient juste là assis à attendre qu'on leur donne des quêtes ? C'était en réalité très simple : il suffisait d'aller là où le Mal se trouvait, et c'était tout ce qu'il y avait à faire pour être une héroïne. Elle aurait dû s'en souvenir, elle n'aurait pas dû avoir besoin qu'un phénix lui dise que des méfaits étaient parfois commis ici, à Poudlard.
Puis elle jeta un regard nerveux en arrière, là où les trois garçons plus âgés étaient étendus, inconscients, et elle réalisa soudain qu'ils l'avaient vue, qu'ils savaient peut-être qui elle était, qu'ils pourraient se faufiler jusqu'à elle et la prendre par surprise et - et ils pourraient vraiment lui faire mal -
Elle s'arrêta.
Elle se souvint que Harry Potter s'était mis devant cinq brutes de Serpentard lors de son premier jour, alors qu'il ne savait même pas comment utiliser une baguette.
Elle se souvint du directeur lui disant qu'on grandissait en étant mis face à des situations d'adultes et que la plupart des gens vivaient leur vies restreints par un enclos de peur.
Et elle se souvint de la voix du professeur McGonagall qui lui disait : 'Vous avez douze ans.'
Elle prit une profonde inspiration, puis une deuxième, puis une troisième.
Elle demanda à Mike s'il avait besoin d'aller au bureau de Mme. Pomfresh, et la réponse était non ; puis elle obtint de lui qu'il nomme les garçons Serpentard, juste au cas où.
Puis Hermione Granger s'éloigna d'un pas tranquille du tas de brutes inconscientes en s'assurant d'avoir un sourire sur le visage.
Elle savait qu'elle allait probablement souffrir, tôt ou tard. Mais si on avait trop peur d'avoir mal pour faire ce qui était juste alors on ne pouvait pas devenir un héros, c'était aussi simple que cela ; et auriez-vous mis le Choixpeau sur sa tête à cet instant il n'aurait pas attendu une seule seconde avant de s'écrier : 'GRYFFONDOR !'
Elle y réfléchissait encore lorsque vint l'heure du dîner ; l'euphorie d'avoir sauvé quelqu'un ne s'était pas encore estompée et elle commençait à s'inquiéter de la possibilité que cela ait cassé quelque chose dans son cerveau.
Un épidémie de chuchotements se déclencha dès qu'elle s'approcha de la table Serdaigle, et elle se demanda si le garçon Poufsouffle avait dit quelque chose avant de se rendre compte que les chuchotements ne parlaient probablement pas de ça.
Elle s'assit face à Harry Potter qui avait l'air extrêmement nerveux, probablement parce qu'elle souriait encore.
"Euh -" dit Harry alors qu'elle se servait d'une tranche de pain de mie grillé, de beurre, de cannelle, d'aucun fruit, d'aucun légume et de trois parts de brownie au chocolat. "Euh -"
Elle le laissa continuer comme ça jusqu'à ce qu'elle eut fini de se verser un verre de jus de pamplemousse puis elle dit : "J'ai une question pour vous, M. Potter. Comment pensez-vous que les gens échouent à devenir eux-mêmes ?"
"Quoi ?" dit Harry.
Elle le regarda. "Fais comme si tout était comme d'habitude," dit-elle, "et dis juste ce que tu aurais dit hier."
"Euh..." dit Harry, et il avait l'air très perplexe et inquiet. "Je pense que nous sommes déjà nous-mêmes... ce n'est pas comme si j'étais la copie imparfaite de quelqu'un d'autre. Mais je suppose que si j'essayais de m'en tenir au sens de la question, je dirais que les gens ne deviennent pas eux-mêmes parce qu'ils absorbent toutes ces idioties de leur environnement et qu'ils les régurgitent ensuite. Je veux dire, combien de joueurs de Quidditch joueraient à un jeu de ce genre s'ils l'avaient inventé eux-mêmes ? Ou en Angleterre moldue, combien de gens qui se voient comme des travaillistes, des conservateurs ou des démocrates libéraux auraient inventé exactement le même paquet de croyances politiques s'ils avaient dû tout inventer eux-mêmes ?"
Hermione y songea. Elle s'était demandée si Harry aurait une réponse de Serpentard, ou peut-être même de Gryffondor, mais cela ne semblait pas correspondre à la liste du directeur ; et l'idée lui vint qu'il existait peut-être peut-être bien plus de quatre perspectives sur le sujet.
"D'accord," dit Hermione, "autre question. Qu'est-ce qui fait de quelqu'un un héros ?"
"Un héros ?" dit Harry.
"Ouais," dit Hermione.
"Ah..." dit Harry. Sa fourchette et son couteau tranchèrent un morceau de steak avec nervosité, le coupèrent en des morceaux de plus en plus petits. "Je pense que beaucoup de gens sont capables d'accomplir des choses lorsque le monde les canalise dans cette direction... si d'autres s'attendent à ce que tu fasses quelque chose, par exemple, ou si ça ne demande que des compétences que tu as déjà, ou s'il y a une autorité présente pour remarquer tes erreurs et t'assurer que tu remplis ton rôle. Mais les problèmes de ce genre sont probablement déjà résolus, tu sais, et il n'y a donc pas besoin de héros. Donc je pense que les gens qu'on appelle des 'héros' sont rares parce qu'ils doivent tout inventer au fur et à mesure, et la plupart des gens trouvent ça pénible. Pourquoi cette question ?" La fourchette de Harry poignarda trois morceaux de steak minutieusement découpés et les fit monter vers sa bouche.
"Oh, je viens juste d'assommer trois brutes de Serpentard et de sauver un Poufsouffle," dit Hermione. "Je vais devenir une héroïne."
Lorsque Harry eut fini de s'étrangler sur sa bouchée (certains des autres Serdaigle à portée d'oreille toussaient encore), il répondit : "Quoi ?"