Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité
- Автор: AdrienH
- Год: 2013
- Язык: французский
- Год: FanFiction.net
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité». Краткое содержание книги:
La sensation brûlante montait de nouveau dans sa gorge, accompagnée d'un sentiment d'impuissance, elle ne comprenait pas pourquoi le professeur McGonagall l'avait amenée ici si le directeur ne l'aidait pas, et d'un coup d'œil vers cette dernière elle vit que cette dernière n'était probablement pas non plus certaine que cela ait été une bonne idée.
"Je ne veux pas être une héroïne," dit Hermione Granger, "je ne veux pas être le compagnon d'un héros, je veux juste être moi."
(Quelques secondes plus tard, elle songea qu'elle voulait être une héroïne mais elle décida de ne pas revenir sur ce qu'elle avait dit).
"Ah," répondit le vieux sorcier. "Voilà qui est fort difficile, Mlle. Granger." Dumbledore se leva de son trône, s'écarta de son bureau et montra un symbole accroché au mur, un symbole si omniprésent que les yeux de Hermione étaient passés dessus dans le voir : un bouclier usé qui portait le blason de Poudlard, le lion, le serpent, le blaireau et l'aigle, ainsi que des mots gravés en latin dont elle n'avait jamais compris la pertinence. Puis elle reprit conscience de l'emplacement du bouclier et de son apparence ancienne, et il lui vint soudain à l'esprit que cela pourrait bien être l'original -
"Un Poufsouffle dirait," continua Dumbledore, tapotant du doigt contre le blaireau poli et faisant grimacer Hermione par ce sacrilège (si c'était bien l'original), "que les gens échouent à devenir ceux qu'ils sont destinés à être parce qu'ils sont trop paresseux pour fournir l'effort nécessaire. Un Serdaigle," tapotant l'aigle, "répéterait ces mots que les sages savent être bien plus vieux que Socrate : connais-toi toi-même, et dirait que les gens échouent à devenir ceux qu'ils sont destinés à être par ignorance et manque de réflexion. Et Salazar Serpentard," Dumbledore fronça les sourcils lorsque son doigt tapota le serpent poli, "eh bien, il dirait que nous devenons ceux que nous sommes destinés à être en suivant nos désirs partout où ils nous mènent. Peut-être dirait-il que les gens échouent à devenir eux-mêmes parce qu'ils refusent de faire le nécessaire pour accomplir leurs ambitions. Mais on remarque alors que presque tous les Seigneurs des Ténèbres sortis de Poudlard étaient Serpentard. Sont-ils devenus ceux qu'ils devaient être ? Je ne pense pas." Le doigt de Gryffondor tapota le lion, puis il se tourna vers elle. "Dites-moi, Mlle. Granger, que dirait un Gryffondor ? Je n'ai pas besoin de vous demander si le Choixpeau vous a proposé cette maison."
La question ne semblait pas être difficile. "Un Gryffondor dirait que les gens ne deviennent pas ceux qu'ils sont censés être parce qu'ils ont peur."
"La plupart des gens ont peur, Mlle. Granger," dit le vieux sorcier. "Ils vivent leur vie entière restreints par la peur paralysante qui fait échouer tout ce qu'ils pourraient accomplir, tout ce qu'ils pourraient devenir. La peur de dire ou de faire ce qu'il ne faut pas, la peur de perdre de simples possessions, la peur de la mort, et par-dessus tout la peur de ce que les autres vont penser d'eux. Cette peur est une chose terrible, Mlle. Granger, et il est terriblement important de le savoir. Mais ce n'est pas ce que Godric Gryffondor aurait dit. Les gens deviennent ceux qu'ils sont censés être, Mlle. Granger, en faisant ce qui est juste." La voix du vieux sorcier était douce. "Donc dites-moi, Mlle. Granger, quel est selon vous le choix juste ? Car c'est ça que vous êtes vraiment, et où que cette voie vous mène, c'est en la suivant que vous deviendrez celle que vous êtes censée être."
Il y eut un long silence emplit par le bruit des choses qui ne pouvaient être comptées.
Elle y réfléchit, car elle était Serdaigle.
"Je ne pense pas qu'il soit juste," dit lentement Hermione, "que quelqu'un doive vivre ainsi dans l'ombre de quelqu'un d'autre..."
"De nombreuses choses sont injuste en ce monde," dit le vieux sorcier, "la question est de savoir ce qu'il est juste que vous fassiez à leur sujet. Hermione Granger, je serais moins subtil que les vieux sorciers le sont habituellement et je vous annonce catégoriquement que vous ne pouvez pas imaginer à quel point les choses pourraient mal tourner si les événements qui gravitent autour de Harry Potter prenaient un mauvais détour. Sa quête a trait à un problème que vous ne rêveriez même pas d'ignorer si vous le connaissiez."
"Quelle quête ?" dit Hermione. Sa voix tremblait car la réponse que le directeur attendait était très claire et elle refusait de la lui donner. "Qu'est-ce qui est arrivé à Harry Potter ce jour là, pourquoi Fumseck était-il sur son épaule ?"
"Il a grandi," dit le vieux sorcier. Il cligna plusieurs fois des yeux sous les lunettes en demi-lunes et son visage eut soudain l'air très ridé. "Car voyez-vous, Mlle. Granger, les gens ne grandissent pas avec le temps, ils grandissent en étant mis face à des situations d'adultes. C'est ce qui est arrivé à Harry Potter ce samedi-là. On lui a dit – vous ne partagerez cette information avec personne, comprenez-vous ? - on lui a dit qu'il devrait combattre quelqu'un. Je ne puis vous révéler qui. Je ne puis vous dire pourquoi. Mais c'est ce qui lui est arrivé, et c'est pour cela qu'il a besoin de ses amis."
Il y eut un silence.
"Bellatrix Black ?" dit Hermione. Le choc n'aurait pas été plus grand si quelqu'un avait branché un câble électrique dans son oreille. "Vous allez le faire combattre Bellatrix Black ?"
"Non," dit le vieux sorcier. "Pas elle. Je ne puis vous dire qui, ni pourquoi."
Elle y réfléchit un peu plus.
"Existe-t-il un moyen me permettant de rester à la hauteur de Harry ?" dit Hermione. "Je ne veux pas dire que c'est ce que je vais faire mais – s'il a besoin d'amis, alors est-ce qu'on peut être des amis égaux ? Est-ce que je peux être une héroïne moi aussi ?"
"Ah," dit le vieux sorcier, et il sourit. "Seul vous pouvez en décider, Mlle. Granger."
"Mais vous n'allez pas m'aider comme vous avez aidé Harry."
Le vieux sorcier secoua la tête. "Je ne l'ai que peu aidé, Mlle. Granger. Et si vous êtes en train de me demander une quête -" le vieux sorcier eut un autre sourire, plutôt ironique. "Mlle. Granger, vous êtes en première année à Poudlard. Ne soyez pas trop pressée de grandir ; vous aurez assez de temps pour ça plus tard."
"J'ai douze ans. Harry en a onze."
"Harry Potter est spécial," dit le vieux sorcier. "Comme vous le savez, Mlle. Granger." Les yeux bleus devinrent soudain perçants derrière les lunettes en croissant de lune, et elle se souvint du jour du Détraqueur, quand la voix de Dumbledore lui avait révélé dans son esprit qu'il était au courant pour le côté obscur de Harry.
Hermione leva la main, toucha celle du professeur McGonagall qui était fermement restée sur son épaule pendant tout ce temps, et dit, surprise que sa voix ne se brise pas : "Je voudrais partir maintenant, s'il vous plaît."
"Bien sûr," dit le professeur McGonagall, et Hermione sentit la main sur son épaule la tourner gentiment pour faire face à la porte de chêne.
"Avez-vous déjà choisi votre voie, Hermione Granger ?" dit la voix d'Albus Dumbledore derrière elle, alors même que la porte s'ouvrait lentement pour révéler l'enchantement des Escaliers Infinis.
Elle hocha la tête.
"Et ?"
"Je ferai," dit-elle, sa voix bloquée, "je ferai, je ferai -"
Elle déglutit.