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La voix des morts [Speaker for the Dead - fr]

Электронная книга - «La voix des morts [Speaker for the Dead - fr]». Краткое содержание книги:

3 000 ans ont passé depuis le massacre des doryphores. Mais seulement vingt-six ans pour Ender Wiggin. Paradoxe de la relativité du temps dans l’espace ! Hanté par sa participation au génocide d’un peuple, Ender poursuit sa quête : trouver une planète où il pourra enfin déposer le cocon de la reine des doryphores.
Serait-ce Lusitania ? Là vivent les piggies, drôles de petits cochons à l’esprit agile. Des êtres étranges, véritable énigme pour les hommes. N’ont-ils pas assassiné, sans mobile apparent, le scientifique qui les étudiait ? Une mort mystérieuse et rituelle. Ender s’est jure de découvrir la vérité sur ce meurtre. Malgré la peur et l’incompréhension des hommes.
La paix régnera-t-elle un jour entre des races aussi différentes ? Les hommes, les piggies et… pourquoi pas les doryphores ?
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— Ainsi, cette histoire est vraie !

— J’ai entendu de nombreuses versions de l’histoire, madame Bosquinha. Selon l’une d’entre elles, San Angelo était possédé par le démon, sur son lit de mort, de sorte qu’il a exigé les rites païens du Hablados de los Muertos.

Bosquinha sourit.

— Cela ressemble à l’histoire que l’on murmure. Dom Cristão dit qu’elle est ridicule, naturellement.

— En fait, San Angelo, alors qu’il n’était pas encore un saint, était présent lorsque j’ai parlé pour une femme qu’il connaissait. Le champignon qui empoisonnait son sang le tuait à petit feu. Il est venu me voir et a dit : « Andrew, on répand déjà des mensonges terrifiants à mon propos ; on dit que j’ai fait des miracles et que je dois devenir un saint. Il faut que vous m’aidiez. Il faut que vous disiez la vérité à ma mort. » Vous voyez ?

— Mais les miracles ont été certifiés et il a été canonisé seulement quatre-vingt-dix ans après sa mort.

— Oui. Eh bien, c’est en partie ma faute. Lorsque j’ai Parlé sa mort, j’ai personnellement attesté plusieurs miracles.

Elle ne se cacha pas pour rire.

— Un Porte-Parole des Morts croyant aux miracles ?

— Regardez la colline de la cathédrale. Parmi ces bâtiments, combien sont destinés aux prêtres et combien servent aux écoles ?

Bosquinha comprit immédiatement et le foudroya du regard.

— Les Filhos da Mente de Cristo obéissent à l’évêque.

— À ceci près qu’ils conservent et enseignent toutes les connaissances, que cela plaise à l’évêque ou non.

— Il est possible que San Angelo vous ait autorisé à vous mêler des affaires de l’Eglise. Je vous assure que l’Evêque Peregrino ne vous laissera pas faire.

— Je suis venu Parler une mort toute simple et je me conformerai à la loi. Je crois que vous constaterez que je fais moins de mal que vous ne craignez, et peut-être un peu plus de bien.

— Si vous êtes venu Parler la mort de Pipo, Porte-Parole pelos Mortos, vous ne ferez que du mal. Laissez les piggies derrière le mur. Si j’étais libre d’agir comme je l’entends, aucun être humain ne franchirait plus cette clôture.

— J’espère qu’il y a une chambre que je pourrai louer.

— Nous sommes une ville immuable, Porte-Parole. Chacun a sa maison, ici, et il est impossible d’aller ailleurs – pourquoi y aurait-il une auberge ? Nous pouvons seulement vous offrir un des préfabriqués en plastique construits par les premiers colons. Ils sont petits, mais ils disposent de tout le confort.

— Comme je n’ai besoin ni de confort ni d’espace, je suis certain que cela conviendra. Et je suis impatient de rencontrer Dom Cristão. Là où les disciples de San Angelo sont installés, la vérité a des amis.

Bosquinha renifla ironiquement et fit redémarrer la voiture. Comme Ender l’avait prévu, ses idées reçues concernant les Porte-Parole des Morts étaient ébranlées. Dire qu’il avait personnellement connu San Angelo, et qu’il admirait les Filhos ! Cela ne correspondait pas à ce que l’évêque les avait amenés à croire.

La pièce était modestement meublée et, si Ender avait eu de nombreux bagages, il lui aurait été difficile de les ranger. Comme toujours, à l’issue d’un voyage interstellaire, il ne lui fallut que quelques minutes pour les défaire. Seul le cocon enveloppé de la reine resta dans son sac ; il y avait longtemps qu’il ne trouvait plus bizarre de ranger l’avenir d’une race magnifique dans son sac sous son lit.

— Ce sera peut-être l’endroit, murmura-t-il.

Le cocon était frais au toucher, presque froid, malgré les serviettes qui l’entouraient.

‹ C’est l’endroit. ›

Il était agaçant qu’elle en soit aussi certaine. Il n’y avait aucun indice de prière, d’impatience ou des autres sentiments qu’elle lui communiquait parfois, dans son désir de réapparaître. Simplement une certitude absolue.

— J’aimerais que nous puissions décider tout de suite, dit-il. C’est peut-être l’endroit, mais tout repose sur la question de savoir si les piggies pourront supporter ta présence.

‹ La question est de savoir s’ils pourront supporter les êtres humains sans nous. ›

— Il faut du temps. Accorde-moi quelques mois.

‹ Prends tout ton temps. Désormais, nous ne sommes pas pressées. ›

— Qu’est-ce que tu as découvert ? Tu prétendais que tu ne pouvais communiquer qu’avec moi.

‹ La partie de notre esprit qui contient notre pensée, ce que vous appelez l’impulsion philotique, l’énergie des ansibles, est très froide et difficile à découvrir chez les êtres humains. Mais celui-ci, celui que nous avons découvert ici, le premier de tous ceux que nous trouverons ici, son impulsion philotique est beaucoup plus forte, beaucoup plus claire, plus facile à trouver, et il nous entend plus aisément, il voit nos souvenirs et nous voyons les siens, nous le trouvons facilement et, ainsi, pardonne-nous, cher ami, pardonne-nous si nous renonçons à la tâche difficile qui nous permet de parler à ton esprit et retournons près de lui afin de lui parler, parce qu’il ne nous oblige pas au travail difficile consistant à élaborer des mots et des images accessibles à ton esprit analytique, parce qu’il nous communique l’effet du soleil, de la chaleur du soleil, de son visage au nôtre et au plus profond de notre abdomen la sensation d’eau fraîche, de mouvement aussi tendre et doux que le vent que nous n’avons pas senti depuis trois mille ans, pardonne-nous de rester avec lui jusqu’à notre réveil, jusqu’au moment où tu nous installeras ici, parce que tu le feras, parce que tu découvriras à ta manière, le moment venu, que c’est ici, que notre patrie est ici… ›

Puis il perdit le fil de sa pensée, sentit qu’il s’éloignait comme un rêve que l’on oublie en s’éveillant, même si l’on tente de s’en souvenir et de le garder en vie. Ender se demandait ce que la reine avait découvert mais, quoi qu’il en soit, il lui faudrait concilier la réalité du Code Stellaire, l’Eglise catholique, des jeunes xénologues qui ne lui permettraient peut-être pas de rencontrer les piggies, une xénobiologiste qui avait changé d’avis après l’avoir invité, et surtout, ce qui serait peut-être le plus difficile : à savoir que, si la reine restait ici, lui serait obligé de s’y installer. Il y a tellement longtemps que je vis en marge de l’humanité, se dit-il, ne venant que pour fouiller, arracher, blesser et guérir, puis m’en allant sans avoir moi-même été touché. Comment pourrai-je m’intégrer à cet endroit, si je dois y rester ? Mes seuls liens ont été une armée de petits garçons, au sein de l’Ecole de Guerre, et Valentine et, à présent, ils appartiennent tous les deux au passé…

— Et alors, tu te complais dans la solitude ? demanda Jane. Je constate que ton rythme cardiaque diminue et que ta respiration devient lente. Dans quelques instants, tu vas t’endormir, mourir ou fondre en larmes.

— Je suis beaucoup plus complexe que cela, répondit joyeusement Ender. Complaisance anticipée, voilà ce que je ressens, à propos de douleurs qui ne se sont pas encore produites.

— Très bien, Ender. Prends de l’avance. Ainsi, tu pourras te complaire plus longtemps.

Le terminal s’alluma, montrant Jane, sous la forme d’un piggy au milieu d’une ligne de femmes aux longues jambes dansant un french cancan exubérant.

— Prends un peu d’exercice, cela te fera le plus grand bien. Après tout, tu as défait tes bagages. Qu’est-ce que tu attends ?

— Je ne sais même pas où je suis, Jane.

— En fait, il n’y a pas de carte de la ville, expliqua Jane. Tout le monde sait où tout se trouve. Mais ils ont une carte des égouts, divisée par quartiers. Je peux extrapoler la situation des bâtiments.

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