Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне

Электронная книга - «Un homme pour le Roi». Краткое содержание книги:

Un homme pour le Roi
1 ... 25 26 27 28 29 30 31 32 33 ... 87
Перейти на страницу:

Le baron avança un siège mais Anne-Laure fit non de la tête, se contentant de s'approcher à toucher le bureau auquel elle s'appuya du bout des doigts, tout son corps raidi dans sa volonté désespérée de ne pas céder à la crise qui tendait ses nerfs à les briser. Elle se contenta de répéter d'une voix blanche :

- Pourquoi m'avez-vous sauvée ?... Je ne le voulais pas.

Batz alla s'adosser à la bibliothèque, croisa les bras sur sa poitrine :

- Je sais. Même la mort affreuse qui vous attendait devant la Force ne vous arrêtait pas... tant vous avez souffert et souffrez toujours ! Mais moi, il fallait que je vous arrache à cette horreur. D'abord parce que je l'avais juré !

- Juré ? A qui, mon Dieu ? Qui se soucie encore de moi?

Elle tourna lentement vers lui des yeux pleins d'incompréhension et de lassitude, mais il y avait des larmes dans sa voix.

- Le duc de Nivernais d'abord, votre vieil ami et le mien. Ses sentiments pour vous sont ceux d'un aïeul et ce n'est pas d'hier qu'il se tourmente à votre sujet. En outre, il se trouve qu'il y a quelques années, étant passé au service de l'Espagne avec la permission de notre roi, j'ai rencontré là-bas votre frère et que nous avions lié amitié. Il parlait souvent de sa jeune sour...

- Vous avez connu Sébastien ? Oh, mon Dieu !... Vous réveillez là les plus doux de mes souvenirs d'autrefois. Mon frère est le seul être, avec ma marraine, qui m'ait témoigné la tendresse que je n'ai jamais reçue de ma mère, mais je ne peux lui en vouloir. La mort de mon père l'avait déchirée, m'a-t-on dit, et l'amour qui lui restait, elle l'a reporté sur un fils dont elle était fière à juste titre. Elle n'en avait plus assez pour moi et, quand nous avons appris le naufrage de son navire, j'ai compris que j'avais cessé d'exister. Elle a conclu mon mariage comme elle mène ses affaires...

- Non, fit durement le baron. Je pense qu'elle mène ses affaires avec plus d'attention qu'elle n'en a accordé à votre futur sinon elle aurait hésité à vous donner à ce misérable.

L'injure souffleta la jeune femme :

- Un misérable? Pourquoi?... Est-ce sa faute s'il ne m'a jamais aimée ? L'amour, est-ce que cela compte d'ailleurs dans les mariages arrangés par nos familles?...

- Apparemment cela comptait pour vous... et, par pitié, ne vous avisez pas de lui chercher des excuses si vous voulez que je garde une bonne opinion de votre intelligence...

- Cela représente-t-il quelque importance ?

- A mes yeux oui... Ainsi l'amour vous a aveuglée au point de refuser d'admettre ce qu'est au juste le noble marquis de Pontallec? On peut ne pas aimer une femme. Cela arrive en effet dans ces unions où l'intérêt prime le cour, mais, si l'on est... je ne dirai pas un gentilhomme, simplement un homme digne de ce nom, on ne met pas tout en ouvre pour l'envoyer à la mort par le chemin le plus direct.

- Où avez-vous pris cela? C'est de la folie...

- Croyez-vous? Alors je vais vous mettre les points sur les i. Pourquoi pensez-vous qu'il avait ordonné à son frère de lait de vous escorter en Bretagne ? Cet homme avait l'ordre de vous assassiner.

- Comment pouvez-vous savoir cela?

- Très simple ! Joël Jaouen, bien que tenté par la république, n'en est pas moins un ami d'Ange Pitou. Il lui a tout dit et l'a prié de veiller sur vous quand il a dû quitter votre maison, sachant bien que le marquis n'hésiterait pas à l'exécuter pour lui avoir désobéi. Mais continuons ! Qui, selon vous, a suscité la petite émeute de la place Saint-Sulpice après vous avoir envoyée - en cabriolet de plus ! - chez le duc de Nivernais sous le prétexte d'une fausse maladie? Émeute dont certain porteur d'eau vous a tirée ?

- C'est ridicule ! Comment mon mari pouvait-il, lui, un royaliste intransigeant, prendre la moindre influence sur une masse populaire ?

- Avec de l'argent et quelques hommes bien entraînés, c'est simple comme bonjour avec un peuple toujours prêt à hurler à la mort après n'importe quoi. Quant au royalisme du marquis, nous en reparlerons tout à l'heure...

- Alors, je pose une autre question : comment avez-vous été prévenu du " danger " que je courais?

- Pitou ! Il avait loué une chambre en face de chez vous. C'est lui qui m'a prévenu. Je poursuis ?

- Je ne vois pas comment je pourrais vous en empêcher !

- J'espérais vous intéresser mais, bref!... reprenons! Votre époux ne vous menait jamais à la Cour. D'où vient qu'il ait jugé bon de vous y conduire quelques heures avant l'émeute qui allait ravager le château ?

- Il voulait que nous soyons ensemble pour affronter ce qui allait se passer. Il disait qu'il ne voulait pas me laisser seule à la maison...

- Mais il vous a laissée tandis qu'il prenait la fuite au moment même où les massacreurs donnaient l'assaut. Je le sais parce que j'y étais et que je n'ai pas eu le temps de vous mettre en sûreté : mon devoir était à la protection du Roi. Entre lui et vous, je n'hésiterai jamais, quel que soit l'intérêt que vous m'inspirez, ajouta-t-il avec une brutalité qui la fit frissonner.

- D'autant que vous ne me devez rien! murmura-t-elle.

- En effet, mais j'ai la mauvaise habitude de tenir ma parole ! Grâce à Dieu - à votre courage aussi ! - vous avez encore échappé à ce piège-là et vous êtes rentrée chez vous. Qu'y avez-vous trouvé ?

Elle aurait voulu mentir, par orgueil, mais il était impossible de résister au regard qui la transperçait. Comme elle ne répondait pas, Batz continua :

- Je vais vous le dire : vous avez trouvé maison vide à l'exception de Pontallec qui achevait ses préparatifs après avoir donné congé, sous prétexte de leur sauvegarde, à vos domestiques. Il a été surpris, sans doute, de vous revoir, et que vous a-t-il dit? Qu'il devait partir?

Elle fit oui de la tête sans rien ajouter.

- Et pour quelle destination ? demanda le baron avec une soudaine douceur.

- Pour rejoindre le comte de Provence. Il a dit aussi qu'il me ferait venir plus tard...

- Et vous l'avez cru ?

- Pourquoi ? Il ne fallait pas ?

- Si. En partie tout au moins. Il a surtout rejoint Mme de Sinceny pour les beaux yeux de laquelle il tient tellement à se débarrasser de vous...

Se souvenant de la femme entrevue dans la berline qui emmenait Josse, Anne-Laure murmura presque malgré elle :

- Il n'a pas eu besoin de la rejoindre : elle est venue le chercher !

- Que dites-vous?

- Que je l'ai vu monter dans une voiture et que dans cette voiture il y avait une femme..., fit-elle d'une voix morne.

- Et vous n'avez rien fait ?

- J'ai couru après lui, figurez-vous, pour le supplier de ne pas me laisser seule, de m'emmener... Que vous fallait-il de plus ? Que je me traîne derrière le fiacre en pleurant?... J'ai pleuré, oui, assise sur une des bornes du portail, seule dans cette rue où il n'y avait plus âme qui vive. A la fin je suis rentrée pour attendre le retour de nos gens. Mais personne n'est venu...

- ... sinon, au matin, les municipaux prévenus qu'une fidèle amie de la Reine se cachait dans un hôtel désert. Prévenus par qui, selon vous ?

Elle releva sur lui un regard effrayé :

- Encore lui... vous croyez?

- J'en suis sûr ! Moi aussi j'ai des relations dans bien des cercles. Malheureusement, quand je l'ai su vous étiez déjà à la Force. Il est difficile de suivre la trace de quelqu'un au milieu d'une ville en révolution. Mais quand vous avez vu que personne ne revenait, pourquoi n'êtes-vous pas allée chercher refuge à l'hôtel de Nivernais? Si étrange que cela paraisse, les quartiers de la rive gauche étaient fort calmes tandis que l'on massacrait puis que l'on fes- toyait aux Tuileries en s'y saoulant sur les cadavres des malheureux Suisses avec le vin des caves du Roi...

1 ... 25 26 27 28 29 30 31 32 33 ... 87
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)