Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Историческая проза » 1943-Le souffle de la victoire
1943-Le souffle de la victoire - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

1943-Le souffle de la victoire

Электронная книга - «1943-Le souffle de la victoire». Краткое содержание книги:

1943-Le souffle de la victoire
1 ... 24 25 26 27 28 29 30 31 32 ... 62
Перейти на страницу:

Katyn serait le produit monstrueux de cette union maléfique, le commissaire politique juif et communiste.

Les Polonais ne doutent pas de la responsabilité des Russes.

Ils les ont subis quand, en 1939, les Soviétiques ont occupé 201 000 km2 de territoire polonais peuplé de 13 millions de personnes. Et cela en vertu des protocoles secrets du pacte germano-soviétique de non-agression d’août 1939.

Ils ont vu les Russes arrêter, torturer, déporter tous ceux qui incarnaient le patriotisme polonais.

Les Juifs polonais ont d’abord salué cette occupation russe qui les protégeait de l’antisémitisme.

Puis ils ont découvert la réalité du régime soviétique. Parmi les déportés polonais envoyés au goulag, un sur trois est juif. Et 100 000 d’entre eux disparaissent dans ces transferts. Mais rien n’y fait. L’engouement initial des Juifs pour les Russes, les Polonais ne l’ont pas oublié.

Les 4 443 officiers polonais enfouis dans les fosses de la forêt de Katyn, personne ne doute qu’ils n’aient été abattus par le NKVD. Et cette police politique russe a protégé les Juifs, un temps, en 1939.

Lorsque, en avril 1943, le général Sikorski, chef du gouvernement polonais en exil à Londres, entre dans le bureau de Churchill au 10, Downing Street, il évoque la responsabilité des Russes dans le massacre de Katyn.

« Ils ont voulu assassiner l’élite polonaise, dit-il. Il faut exiger de Staline la vérité. »

Churchill, massif, immobile, le visage enveloppé par la fumée de son cigare, laisse longuement parler Sikorski, qui analyse les intentions soviétiques. Ils veulent annexer les territoires de l’Est polonais. La cruauté de cette exécution de masse est équivalente à celle des Allemands.

Le doute sur le crime des Russes n’est pas permis.

« S’ils sont morts, rien ne pourra les faire revenir », dit Churchill.

Il se lève, poursuit tout en mâchonnant son cigare :

« Nous devons vaincre Hitler, et ce n’est pas le moment de provoquer des querelles ou de lancer des accusations. »

Le général Sikorski rappelle que, depuis 1941, il se préoccupe du sort de ces officiers. Et les Russes n’ont jamais donné de réponse précise.

On comprend pourquoi. Il faudrait que la Croix-Rouge internationale ouvre une enquête.

Churchill secoue la tête. Jamais Staline n’acceptera. Et le Premier ministre anglais répète :

« Il faut vaincre Hitler. »

Mais il est déjà trop tard pour éviter les « querelles ».

Les Russes accusent Goebbels et son « gang de menteurs », ces « assassins professionnels qui ont fait une boucherie de centaines de milliers de Polonais en Pologne ne tromperont personne ».

La Pravda accuse les Polonais d’avoir mordu à l’hameçon allemand.

La requête adressée à la Croix-Rouge internationale par le ministère polonais de la Défense « témoigne d’un désir d’apporter un appui direct aux falsificateurs et aux provocateurs hitlériens ».

« Les Allemands occupant la Pologne se sont mis d’accord avec l’entourage du gouvernement Sikorski. »

Et le 27 avril 1943, les Russes suspendent leurs relations diplomatiques avec le gouvernement polonais de Londres.

Churchill n’est pas dupe des accusations soviétiques. Staline veut faire de la Pologne sa chasse gardée. Il prépare en ce printemps de 1943 l’après-victoire. Il va créer un gouvernement polonais en exil à Moscou, le doter d’une armée polonaise combattant aux côtés des Russes. Ce sera la division Kosciuszko, comme il y a une escadrille française en Russie, l’escadrille Normandie-Niemen, ou une division tchécoslovaque, et un Comité pour l’Allemagne Libre.

Les intentions de Staline sont claires. Créer en Europe à la fin de la guerre une zone d’influence soviétique.

Et il faut pour cela « liquider » les officiers, les policiers, les agents des douanes polonais.

Les serviteurs de l’État polonais formaient un groupe de 15 000 personnes, partie importante de l’armature de la société polonaise.

Quatre mille quatre cent quarante-trois sont dans les fosses de la forêt de Katyn.

Et les autres, où sont-ils ? Morts à l’évidence, mais tués où ?

Sur 15 000, 450 environ, les communistes et ceux jugés aptes à se convertir, ont été épargnés.

Mais ceux qui sont morts, Churchill le répète : « Rien ne pourra les faire revenir. »

17.

Au cynisme et au réalisme glacé de Churchill répondent l’hypocrisie et l’impudence de Staline.

Le Premier ministre britannique détourne la tête pour ne pas voir les fosses de la forêt de Katyn pleines d’officiers polonais assassinés, il n’en doute pas, par les tueurs du NKVD.

Mais la vérité doit être sacrifiée aux nécessités de l’alliance avec la Russie. Pas d’accusations contre Staline parce qu’il faut vaincre Hitler !

Le tsar communiste exploite son avantage. Contre l’évidence, il affirme que les nazis sont responsables du massacre. Et il accuse le gouvernement polonais en exil à Londres d’être le complice de Goebbels et de son « gang de menteurs ».

Le 6 mai 1943, Staline, patelin, répond aux questions du correspondant du Times, en affirmant qu’il veut une Pologne forte et indépendante.

Le 9 mai, on célèbre à Moscou par une grande manifestation « l’union de tous les Slaves ». Et on donne la parole à un officier polonais – le colonel Berling. Il s’exprime au nom de ses compatriotes qui se « trouvent en Union soviétique » et veulent se battre aux côtés des Russes.

« La route de notre patrie passe par le champ de bataille », dit-il.

Oubliés les 15 000 à 20 000 patriotes polonais morts dans les camps du goulag, dans l’extrême nord russe, ou en Asie centrale.

Vive l’amitié entre les peuples russe et polonais !

Refermons les fosses de Katyn !

La presse allemande, sur l’ordre de Goebbels, continue de dénoncer « le massacre d’officiers polonais par les judéo-bolcheviks », mais les informateurs du parti nazi et des SS signalent que l’évocation des crimes commis par les Juifs et les communistes rappelle « que les SS ont commis des boucheries par les mêmes méthodes dans leur combat contre les Polonais, les Russes, les Juifs ».

Les Allemands disent : « À cause de ces méthodes barbares, il n’y a plus aucune possibilité de voir nos ennemis faire la guerre humainement.

« N’avons-nous pas assassiné des milliers de Juifs ? Les soldats n’ont-ils pas dit et répété que les Juifs en Pologne ont dû creuser leur propre tombe ? »

Tout cela appelle le châtiment.

Des Allemands de plus en plus nombreux pensent que le bombardement des villes du Reich – Cologne, Essen, Hambourg, Berlin – est une « punition de notre peuple par le Seigneur ». Les synagogues, les demeures des Juifs n’ont-elles pas été détruites ? Les familles juives massacrées ?

« Les Juifs nous feront payer les crimes que nous avons commis contre eux ! »

« En assassinant des innocents, nous avons montré à l’ennemi ce qu’il peut nous faire s’il gagne. »

« Les Russes, les Juifs nous tueront comme ils ont tué ces Polonais, comme nous les avons assassinés. »

« La vue des victimes des Russes et des Juifs, l’insistance à montrer les fosses de Katyn rappellent à tous ceux qui pensent – lit-on dans un rapport – les atrocités que nous avons commises en territoire ennemi et même en Allemagne. »

En ce début de l’année 1943, la peur et le sentiment de culpabilité suscitent l’effroi des représailles, la terreur du châtiment.

1 ... 24 25 26 27 28 29 30 31 32 ... 62
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)