1943-Le souffle de la victoire
- Автор: Галло Макс
- Язык: французский
- Жанр: Историческая проза
Электронная книга - «1943-Le souffle de la victoire». Краткое содержание книги:
Il regarde autour de lui.
« C’est déjà le printemps de ce côté de la mer, arbres en fleur, prairies, soleil… Le monde pourrait être si beau pour tous les hommes ! Il y aurait de telles possibilités de pourvoir à leurs besoins et de les rendre heureux ! Il y aurait tant à faire surtout sur cette terre d’Afrique aux espaces illimités ! »
Il veut tenter de plaider la cause auprès de Hitler. Il va se rendre en avion au Grand Quartier Général du Führer. Avant de partir, il délègue ses pouvoirs au général von Arnim.
À Rome où il fait escale, il voit les généraux italiens du Comando Supremo et il comprend que personne n’imagine qu’il retournera en Tunisie. Le Führer l’enverra en convalescence.
Mussolini le reçoit pendant vingt-cinq minutes. Le Duce, qui parle allemand, est cordial.
« La perte de Tunis produirait un choc considérable en Italie », dit-il.
Rommel l’observe.
Ce Duce est un grand comédien, mais sûrement pas un Romain, comme il cherche à s’en donner l’apparence.
Il ajoute :
« À ce moment, le Duce voit s’écrouler tous ses rêves. C’est pour lui une heure cruelle, dont il est à peu près incapable de supporter les conséquences. J’aurais peut-être dû lui parler autrement sur la fin, mais j’étais si profondément écœuré de ce faux optimisme perpétuel que je ne peux simplement pas le faire. »
Puis Rommel, refusant de prendre place dans le train spécial de Goering qui est à Rome, rejoint le Grand Quartier Général de Hitler en avion. C’est l’après-midi du 10 mars 1943, quelque part en Russie.
« Le soir même, je suis invité à prendre le thé avec Hitler, à qui je peux ainsi parler en particulier. Il paraît encore sous le coup de la dépression causée par le désastre de Stalingrad. Il me dit qu’on est toujours sujet à considérer le mauvais côté des choses après une défaite, tendance qui peut conduire à des conclusions fausses et dangereuses.
« Il se montre complètement fermé à mes arguments, qu’il élimine les uns après les autres, persuadé que je me suis laissé envahir par le pessimisme.
« Je déclare pourtant, avec toute la fermeté dont je suis capable, qu’il faut rééquiper l’armée d’Afrique en Italie et la mettre en état de défendre nos frontières méridionales d’Europe. Je vais même jusqu’à lui donner l’assurance – ce qui n’est pourtant pas dans mes habitudes – que je me fais fort, avec ces troupes, de repousser toute invasion par le sud de l’Europe.
« Mes efforts répétés sont vains.
« Je reçois la consigne de prendre une permission de convalescence et de me remettre sur pied, pour pouvoir prendre un peu plus tard le commandement des opérations vers Casablanca… »
Ainsi donc, le Führer imagine une contre-offensive rejetant les Anglo-Américains hors de l’Afrique du Nord.
Un tel aveuglement, une telle capacité à s’illusionner laissent Rommel accablé.
Le lendemain, le Führer lui remet les « feuilles de chêne avec glaives et diamants ».
Brève satisfaction !
« Mes efforts pour sauver mes hommes et les ramener sur le continent se sont révélés inutiles.
« Je reprends l’avion pour Wiener-Neustadt d’où je me rends à l’hôpital de Semmering. »
Il sait que « son » armée, puisqu’on refuse de l’évacuer et qu’elle n’a plus ni armes ni munitions, sera contrainte de se rendre en mai 1943.
On sera surpris et désespéré quand on apprendra la nouvelle au Grand Quartier Général du Führer.
Rommel avait pourtant averti le Führer. Mais le Feldmarschall sait désormais que dans l’entourage du Führer certains « mènent une lutte personnelle pour le pouvoir sur le dos des troupes combattantes ».
« Goering en particulier, accuse Rommel, s’acharne contre l’armée, essayant de lui damer le pion. »
Il a créé des divisions de campagne de la Luftwaffe. Il choisit de les faire intervenir en Afrique du Nord, imaginant que la victoire serait aisée.
Ce sera l’échec, la capitulation de toutes les forces allemandes et italiennes présentes en Tunisie.
« N’est-il pas chargé de sens, écrit Rommel, que l’on retrouve la trace de Goering dans l’affaire de Stalingrad ?
« On m’a raconté que, lorsque le Führer a décidé d’envoyer au commandant de la VIe armée – Paulus – l’ordre de se frayer un chemin vers l’ouest, Goering lui a dit : “Mais, mon Führer, vous n’allez tout de même pas faiblir. Nous ravitaillerons Stalingrad par avion.” »
TROISIÈME PARTIE
Mars
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juin 1943
« … Si les Juifs ne veulent pas travailler, ils sont abattus ; s’ils ne peuvent pas travailler, ils doivent aussi mourir. Il faut les traiter comme les microbes de la tuberculose susceptibles d’infecter un corps sain. Ce n’est pas cruel si l’on considère qu’il faut tuer même des êtres innocents comme des cerfs ou des lièvres pour éviter des dégâts. Pourquoi épargner ces bêtes qui ont voulu nous apporter le bolchevisme ?… Les peuples qui ne se sont pas défendus contre les Juifs ont péri… La force motrice [du capitalisme et du bolchevisme] est en tout état de cause la haine éternelle de cette race maudite qui, depuis des milliers d’années, châtie les nations comme un vrai fléau de Dieu jusqu’à ce que sonne l’heure pour ces nations de reprendre leurs esprits et de se redresser contre leurs bourreaux… »
Propos de HITLER,
Vassili Grossman, article pour
Krasnaïa Zvezda, intitulé
« Aujourd’hui à Stalingrad »
Mars-avril 1943
14.
En ce printemps de l’année 1943, alors que les villes du Reich sont écrasées sous les bombes, que les morts, les disparus de Stalingrad hantent les mémoires allemandes, Hitler passe de l’abattement à l’exaltation ou à la colère.
Il a choisi de nouveaux favoris, Martin Bormann d’abord, devenu le « secrétaire du Führer ».
Le Reichmarschall Goering aux tenues extravagantes est en disgrâce.
Goering n’a tenu aucune de ses promesses, et Hitler ne l’oublie pas. Il s’emporte, furibond, contre celui qui est encore son héritier désigné. Le Führer lui tourne le dos et, quand il s’adresse à lui, il ne parle pas, il aboie, déroulant un réquisitoire que Goering, servile, subit.
« La Luftwaffe n’a pas ravitaillé Stalingrad, hurle le Führer. Elle n’a pas exterminé les Anglais à Dunkerque, en mai 1940. Elle devait briser l’Angleterre, terroriser et écraser les villes anglaises, contraindre Churchill à la démission, à la capitulation. »
Le Reichmarschall avait promis de fournir à Rommel « armes, munitions, carburant ! Et il n’y a plus un soldat allemand en Afrique du Nord. L’armée de Rommel a dû déposer les armes ! ».
Hitler s’avance vers Goering, comme s’il allait le frapper, mais il se détourne, s’adresse à Bormann.
Puis, épuisé, Hitler s’assied, ferme les yeux.
Goering, d’une voix doucereuse qui enfle peu à peu, s’engouffre dans le silence du Führer.
Goering affirme, répète :
« Churchill et Roosevelt sont des drogués et des malades mentaux qui s’agitent au bout des ficelles tenues par des Juifs… Cette guerre est une grande guerre des races qui décidera si les Allemands et les Aryens survivront ou si les Juifs domineront le monde. »
Hitler se lève, parle avec exaltation. Il semble avoir oublié la Luftwaffe, repris par ses obsessions.
« La force motrice [du capitalisme et du bolchevisme] est en tout état de cause la haine éternelle de cette race maudite qui, depuis des milliers d’années, châtie les nations comme un vrai fléau de Dieu jusqu’à ce que sonne l’heure pour ces nations de reprendre leurs esprits et de se redresser contre leurs bourreaux. »