Arthur et les minimoys
- Автор: Besson Luc
- Язык: французский
- Жанр: Сказки народов мира
Электронная книга - «Arthur et les minimoys». Краткое содержание книги:
Pas question de compter sur ses parents qui l'ont déposé là sans ménagement.
Pas question non plus d'attendre son grand-père, disparu mystérieusement il y a maintenant quatre ans.
Et puis, comble de malchance, Arthur n'a que dix ans... Peut-être pourra-t-il compter sur Alfred, son gros chien plus affectueux qu'intelligent?
A moins que, dans la vieille bibliothèque du grand-père, un grimoire ne lui permette de passer de l'autre côté, au pays des minimoys...
- Archibald ? propose Arthur.
- Archibald ! C'est ça !
- Vous savez où il est parti ? demande Arthur, les yeux pleins d'espoir.
- Oui. Ce vieil excentrique voulait absolument que je l'envoie sur Nécropolis ! Au milieu des séides ! Le pauvre fou ! commente-t-il.
- C'est génial ! s'exclame Arthur. C'est exactement là où nous voulons aller !
L'agent reste un instant immobile, atterré par cette demande incongrue, puis il ferme son guichet d'un seul coup en faisant tomber la grille.
- C'est complet ! lance-t-il sans s'embarrasser.
Sélénia n'a pas de temps à perdre avec la mauvaise foi des autres. Elle sort son épée et découpe une ouverture à même le comptoir.
Elle pousse la porte fraîchement tracée, qui tombe sur le sol avec fracas.
L'employé est tétanisé au fond de son bureau, les moustaches à la verticale.
- À quelle heure le prochain départ pour Nécropolis ? demande la princesse.
Bétamèche a déjà sorti un annuaire de son sac. Il fait bien huit cents pages et autant de kilos.
- Le prochain départ est dans huit minutes ! dit-il en trouvant la page. Et c'est un direct !
Sélénia sort une petite bourse pleine de pièces et la jette aux pieds de l'employé.
- Trois billets pour Nécropolis ! Première classe ! ordonne la princesse, décidée comme jamais.
L'agent de conduite pousse sur un énorme levier comme sur un aiguillage et une énorme noix roule au-dessus des têtes, guidée par un bambou fendu en deux, pareil à l'oléoduc d'Arthur.
La noix roule et traverse un bout de terrain, avant de se caler au-dessus d'un appareillage assez complexe dont on ne comprend pas immédiatement l'utilité.
L'agent ouvre une porte dans la noix, comme pour un œuf de téléphérique.
Nos trois héros baissent la tête et s'installent à bord. La noix est vide, sauf la partie du bas qui a été taillée à même le fruit et forme une banquette.
Sélénia tire sur la membrane au milieu de la noix, qui vient se coller contre elle comme une ceinture de sécurité. Arthur la regarde faire et l'imite dans tous ses gestes plutôt que de la déranger par les milliers de questions qu'il meurt d'envie de lui poser.
- Bon voyage ! lance l'agent avant de claquer la porte.
Chapitre 13
Une autre porte, ailleurs, s'ouvre légèrement. La grand-mère passe la tête dans la chambre d'Arthur. L'enfant dort toujours, au fond de sa couette. Tant mieux. Elle va pouvoir lui faire la surprise. Elle pousse la porte du pied et laisse découvrir un magnifique plateau nacré, garni d'un somptueux petit-déjeuner.
Elle pose le plateau au bout du lit et savoure le moment.
« Le petit-déjeuner est servi ! », chantonne la grand-mère, un sourire satisfait au coin des lèvres.
Elle tapote sur la couette et ouvre les rideaux. Une belle et joyeuse lumière envahit la pièce et donne toute sa valeur au petit-déjeuner.
- Allez, gros feignant, c'est l'heure ! lance-t-elle gentiment en tirant sur la couette.
Elle pousse alors un cri d'horreur en constatant que son petit-fils s'est transformé en chien ! À la réflexion, on dirait plutôt Alfred qui a tout simplement dormi dans le lit d'Arthur. Le chien remue la queue, trop content de sa blague. Mais la grand-mère ne semble pas apprécier ce tour de magie.
- Arthur ?! vient-elle hurler sur le perron, comme à son habitude.
L'enfant, du fond de sa noix, ne risque pas de l'entendre. Il est, de toutes façons, bien trop occupé à régler sa ceinture de sécurité.
Bétamèche a sorti une petite boule blanche, aussi légère qu'une fleur de pissenlit. Il la secoue énergiquement et la boule s'illumine.
Bétamèche lâche cette jolie lampe qui flotte dans l'espace et éclaire légèrement la cabine, comme les boules à facettes éclairent les dancings.
- Je ne l'ai qu'en blanc. Désolé, dit-il, comme s'il parlait de biscottes sans sel.
Arthur est fasciné par tout ce qui l'entoure, émerveillé par la magie de cette aventure. Même dans le meilleur de ses rêves, il n'aurait jamais osé imaginer tout cela.
L'agent de transport a rejoint son poste de pilotage, aussi compliqué que celui d'un paquebot. Il pousse une première manette. Une petite aiguille tourne sur un disque où l'on peut lire le nom des sept terres qui composent le monde. L'aiguille descend vers la partie sombre du disque et s'arrête sur : « Terres interdites ». L'énorme mécanisme se met en branle et ajuste légèrement le fruit. Arthur essaye, à travers les jointures de la noix, d'apercevoir ce qu'il se passe.
- Je ne comprends toujours pas comment on va voyager, demande naïvement l'enfant.
- Ben, avec la noix ! répond Bétamèche, comme une évidence. Comment veux-tu voyager autrement ?
Le petit prince a déplié une carte générale. On y voit les sept terres.
- On est là. Et on va là ! pointe Bétamèche comme s'il s'agissait d'un voyage en banlieue.
Arthur se penche sur la carte et essaye de comprendre, malgré l'échelle, où il se trouve. A priori, Nécropolis se situerait non loin du garage.
- Je reconnais ! dit soudain l'enfant. C'est juste sous le réservoir d'eau.
- Comment ça : le réservoir d'eau ? questionne Sélénia, soudainement inquiète.
- Ben oui. Toute l'eau dont on a besoin pour la maison est stockée dans une énorme citerne située là, juste au-dessus de Nécropolis.
La grand-mère allume le néon du garage. Elle constate qu'il est désespérément vide. Aucune trace d'Arthur. « Où est-il passé ? », demande-t-elle au chien bien incapable de lui répondre.
De toutes façons, même s'il avait la parole, Alfred sait très bien que la Mamie ne le croirait jamais.
« Combien de litres contient exactement ton réservoir ? », questionne Sélénia, sur la piste de quelque chose.
- Oh là, là ! Des milliers et des milliers ! lui répond Arthur. Le visage de la princesse s'assombrit.
- Je commence à y voir plus clair dans les plans de l'autre.
- Qui ça ? demande l'enfant.
- Les plans de « M », lui répond la princesse, comme une évidence.
- Aah ! Maltazard ?! s'écrie Arthur, complice comme un initié. Bétamèche et Sélénia se raidissent. L'enfant comprend instantanément sa bourde.
- Oups ! lâche-t-il, une main sur la bouche.
Ce nom étant toujours porteur de catastrophes, un grondement sourd monte aussitôt du fond des âges.
- Nom d'un gamoul à bosses ! hurle Sélénia. On ne t'a jamais appris à surveiller ton langage ?!
- Je... Je suis désolé, bafouille Arthur, au bord de la panique.
L'agent de transport a son stéthoscope posé sur un énorme tuyau. Il sent le grondement qui s'amplifie.
- Départ pour Nécropolis dans dix secondes ! hurle-t-il en mettant ses lunettes de protection.
Bétamèche sort de son sac deux boules roses et cotonneuses.
- Tu veux des Moufs-moufs pour te mettre dans les oreilles ? demande-t-il à Arthur.
- ... Non merci, répond l'enfant, plus préoccupé par le sol qui commence à vibrer.
- Tu as tort. Ce sont des Moufs-moufs de première qualité. Ils sont tout neufs, ils n'ont jamais servi et grâce au pelage auto-nettoyant, tu peux aussi...
Il est coupé net au milieu de sa phrase. Sélénia vient de lui enfoncer un Mouf-mouf au fond de la bouche. Le sol vibrait, maintenant il tremble et Arthur est obligé de se cramponner s'il ne veut pas se cogner partout. L'agent de transport pousse une seconde manette. L'aiguille tourne à nouveau autour d'un autre disque. Celui qui marque la puissance. L'aiguille s'arrête dans le rouge, là où l'on peut lire : « Maximum ».