Arthur et les minimoys
- Автор: Besson Luc
- Язык: французский
- Жанр: Сказки народов мира
Электронная книга - «Arthur et les minimoys». Краткое содержание книги:
Pas question de compter sur ses parents qui l'ont déposé là sans ménagement.
Pas question non plus d'attendre son grand-père, disparu mystérieusement il y a maintenant quatre ans.
Et puis, comble de malchance, Arthur n'a que dix ans... Peut-être pourra-t-il compter sur Alfred, son gros chien plus affectueux qu'intelligent?
A moins que, dans la vieille bibliothèque du grand-père, un grimoire ne lui permette de passer de l'autre côté, au pays des minimoys...
Il y a une heure à peine, elle aurait pris cette condition comme le pire des affronts. Mais Arthur s'est bien battu et a sauvé son père. Il y a autre chose aussi, qu'elle n'osera jamais s'avouer : une petite porte s'est ouverte dans son cœur » poussée par un souffle chaud, un petit courant d'air plein de tendresse. Une petite porte par laquelle Arthur s'est glissé. Elle lève doucement les yeux et son regard se pose sur son nouveau partenaire. Les deux enfants se regardent, presque pour la première fois.
Arthur sent bien que quelque chose a changé, mais il lui faudra grandir pour pouvoir le définir. Il lance un sourire timide à Sélénia, un peu gêné, comme pour s'excuser d'être son partenaire imposé.
Les yeux de Sélénia s'allongent, comme ceux des chats quand ils s'apprêtent à ronronner, et elle lui renvoie un joli sourire.
La porte centrale de la ville s'ouvre légèrement. Un garde y passe la tête et vérifie que le tunnel est vide. Il s'avance légèrement vers l'extérieur et décoche une flèche enflammée. Le projectile traverse le tunnel, éclairant au passage les parois suintantes.
La flèche se plante dans le sol, à bonne distance. Il n'y a pas de toile peinte.
- La voie est libre, hurle le gardien en se tournant vers la porte, qui s'ouvre aussitôt en grand. Tout le peuple Minimoy est là, réuni pour dire un dernier adieu à sa princesse et à son héros.
Arthur glisse l'épée dans un magnifique fourreau en cuir qu'il ne peut s'empêcher d'admirer.
Miro vient gentiment lui mettre la main sur l'épaule. Il a l'air tout chose.
- Je sais que tu vas à la recherche de ton grand-père, mais... Miro hésite, se tortille, puis se lance.
- Si jamais, dans tes recherches, tu tombes sur une petite taupe à lunettes qui répond au nom de Milo... C'est mon fils. Il a disparu depuis trois mois maintenant... Probablement les séides...
Miro baisse la tête, comme si la tristesse était trop lourde à porter.
- Tu peux compter sur moi, lui dit Arthur sans même hésiter. Miro lui sourit, émerveillé par l'énergie et la candeur de ce jeune héros.
- Merci Arthur. Tu es un bon garçon, répond-il. Bétamèche est un peu plus loin et s'apprête à mettre son sac à dos. Deux gardes soulèvent l'énorme besace, tandis que Bétamèche se glisse dans les bretelles.
- Tu es sûr que tu n'as rien oublié ? dit l'un des gardes avec humour.
- Sûr ! Allez-y, lâchez tout !
Les deux gardes, déjà essoufflés, lâchent le sac et Bétamèche, entraîné par le poids, part en arrière et s'écroule au sol comme une tortue sur le dos.
Les deux gardes sont pliés de rire, le Roi aussi, tandis que Sélénia soupire.
- Père ? Bétamèche doit vraiment nous accompagner ? J'ai peur qu'il nous retarde et nous avons déjà si peu de temps !
- Même s'il est encore jeune, Bétamèche est le prince de ce royaume et il sera amené lui aussi un jour à gouverner ! lui répond le Roi. Il doit lui aussi prouver sa bravoure et apprendre à travers les épreuves.
Sélénia est vexée et se met à bouder aussitôt, ce qui prouve qu'elle est de nouveau très en forme.
- Très bien ! Il n'y a plus de temps à perdre ! Adieu ! lance-t-elle en tournant les talons, sans même prendre le temps d'embrasser son père.
Elle se dirige vers la grande porte et passe devant Arthur.
- Allons-y ! lui fait-elle sans s'arrêter.
Arthur adresse un petit signe d'adieu à Miro et rattrape Sélénia.
Bétamèche vide son sac de quelques objets inutiles quand il voit partir sa sœur.
- Eh ? Attendez moi ! hurle-t-il en remettant son sac à dos sans prendre le soin de le refermer.
Il rejoint ses camarades en courant, perdant tout un tas d'ustensiles apparemment inutiles.
Sélénia est déjà dans l'immense tuyau. Bétamèche rattrape son retard.
- Eh ? Vous pourriez m'attendre tout de même ?! se plaint-il.
- Excuse-nous, on a un peuple à sauver ! lance la princesse comme un jet d'acide.
Les trois s'éloignent dans l'obscurité du tuyau. Seule la torche qu'Arthur a pris soin d'emporter éclaire un peu la route et forme une petite boule de lumière qui s'éloigne. Derrière eux, le peuple Minimoy leur adresse les derniers signes d'adieu, tandis que les gardes referment les lourdes portes.
Un claquement sourd et hermétique vient marquer la fermeture.
Le Roi soupire devant cette porte qui lui a volé ses enfants.
- J'espère qu'ils sauront éviter les séides ! souffle-t-il à Miro. D'ailleurs, à propos de séides, où en sont nos prisonniers ? s'interroge le Roi.
- Ils sont tenaces, mais ça progresse, lui répond la taupe.
Les deux séides en question ont quitté leurs armures et trempent dans une immense baignoire pleine de mousse multicolore. De jolies Minimoys font des bulles aux formes diverses, tandis que d'autres dansent lascivement sur un air de tamouré. L'ambiance est chaude, douce et enivrante, de quoi ramollir nos deux morceaux de granit.
Deux charmantes Minimoys s'avancent et leur tendent de somptueux cocktails.
- ... Nan !! répondent-ils en chœur.
C'est pas gagné.
Chapitre 12
Le tuyau dans lequel nos trois héros déambulent paraît maintenant plus glacial, plus sombre et plus inquiétant. Les parois suintent de partout et chaque goutte qui tombe du plafond éclate au sol avec fracas, comme autant de bombes lâchées du ciel.
- Sélénia, j'ai un peu peur ! finit par lâcher Bétamèche, collé à sa sœur.
- Eh bien reste à la maison ! On te racontera l'histoire quand on sera de retour ! lui répond-elle avec son arrogance naturelle. Toi aussi tu veux faire demi-tour ? demande-t-elle à Arthur.
- Pour rien au monde ! répond-il sans hésiter. Je veux rester avec toi, je veux dire... pour te protéger !
Sélénia lui arrache le fourreau des mains et se l'attache à la ceinture.
- Avec ça, je suis protégée ! Ne t'inquiète pas pour moi ! lui dit-elle en ajustant l'épée magique.
- C'est quand même grâce à lui que l'épée est sortie de la pierre ! lance Bétamèche dans un souci de vérité.
- Oui. Et alors ? répond négligemment la princesse.
- Alors la moindre des choses serait de dire : merci Arthur ! Sélénia lève les yeux au ciel.
- Merci Arthur d'avoir sorti l'épée « royale » qui, comme son nom l'indique, ne peut être portée que par la famille « royale » ! Tu n'es pas encore roi à ce que je sache ?
- Euh... non, répond Arthur, un peu perdu.
- C'est donc à moi de la porter ! conclut-elle en accélérant le pas. Les deux garçons se regardent, un peu atterrés. Ça va pas être facile de faire le voyage avec cette petite peste.
- On va passer par la surface et prendre un transporteur. On gagnera du temps ! ajoute la princesse, comme un ordre. Sélénia grimpe sur une jointure de tuyau et se hisse, par un petit trou, vers la surface.
Nos trois héros se retrouvent dans une forêt de hautes herbes, touffues, immenses, quasiment impénétrables. Pourtant il ne s'agit que d'un carré de pelouse perdu au milieu du jardin, face à la maison.
La fenêtre du deuxième étage est toujours ouverte. Une brise légère, comme elles le sont au printemps, vient caresser la joue de la grand-mère qui, péniblement, sort de son profond sommeil.
« J'ai dormi comme une pierre ! », dit-elle d'une voix rocailleuse en se frottant la nuque.
Elle enfile ses chaussons et traîne les pieds jusqu'à la chambre d'Arthur.
Elle tourne la clé et glisse son visage dans l'embrasure de la porte.
Arthur est emmitouflé sous la couette, recroquevillé au milieu du lit, ne laissant apparaître aucune partie de son corps. La grand-mère sourit et décide de le laisser dormir davantage. Elle ressort en refermant tout doucement la porte.