La nurse anglaise
- Автор: Дар Фредерик
- Год: 2011
- Язык: французский
- ISBN: 978-2-265-06163-7
- Жанр: Полицейские детективы
Электронная книга - «La nurse anglaise». Краткое содержание книги:
Tom Lacase annonçait à son maître qu’une femme était là, porteuse d’un message ultraconfidentiel à son intention. Elle venait, mandatée par Jessie Lambeth, et devait remettre son pli en main propre.
— Qu’elle aille se faire aimer ! riposta David.
Mais la nurse lui saisit le bras.
— Non, sir. Après votre comportement d’hier, vous devez la recevoir.
Il fixa Victoria, troublé. Puis ordonna au Noir d’accompagner la messagère.
Cette dernière déclara se prénommer Rosy et être la femme de chambre de miss Jessie. Il s’agissait d’une jeune personne plutôt bien prise qui avait dû fournir pas mal d’efforts pour se débarrasser de son côté ordinaire. Elle coltinait avec bravoure une énorme poitrine de nourrice et ses cheveux couleur de crin végétal tire-bouchonnaient sur ses oreilles. Son visage, cependant, ne laissait pas indifférent, à cause de deux grands yeux verts qui exprimaient la malignité.
Elle portait une jupe ample, imprimée, un sweater rose bonbon avec, jeté sur le tout, un ciré noir et brillant comme de la peau de squale.
Rosy ne semblait pas gênée par l’attitude du couple. Le nain conservait sa posture de soupirant transi gardant la main de sa maîtresse dans la sienne.
— Eh bien ? demanda-t-il sèchement.
Sans se montrer troublée par cet accueil peu aimable, la fille sortit un pli de son imperméable.
— Miss Lambeth m’a chargée de remettre cette lettre à Votre Honneur. Elle demande que vous la lisiez, puis me la rendiez ensuite.
— Pourquoi ne me téléphone-t-elle point, si elle entend s’adresser à moi sans laisser de trace ?
La soubrette eut un geste d’impuissance.
— Bon, donnez-moi ce message, je vous le rendrai après lecture.
Elle s’approcha en tendant la lettre.
— Vous sentez bon, fit David. Est-ce le parfum de votre maîtresse ?
— Non, c’est le mien.
— Alors vous avez bon nez !
Il se saisit du pli, en éventra l’enveloppe avec son auriculaire.
— Vous permettez ? demanda-t-il à Victoria.
Il se mit à lire et sa surprise se mua rapidement en effarement.
Le texte de la missive était le suivant :
Merveilleux sir David,
Non, ne croyez pas à quelque insolence de ma part : merveilleux, vous l’êtes absolument.
Je mesure votre stupeur en apprenant ce projet d’union entre nous. Aussitôt, vous fûtes en alerte et imaginâtes tout et le reste. Qu’une fille à peu près normale, née de parents riches et titrés vous veuille pour époux a de quoi vous désorienter et vous inciter à la défiance, je sais. Il faut que je tente, non de me justifier, mais du moins de vous expliquer. Cela remonte à un an environ. A cette époque encore proche, vous avez caressé l’idée de pratiquer le tennis. Vous prîtes donc un abonnement à un club dont je faisais partie. Je n’ai pas la prétention de croire que vous m’y avez remarquée, vous avez passé si peu de temps sur les courts que ce serait improbable. Sachez simplement que moi j’ai été intéressée par votre personne si particulière et attachante.
Une après-midi, après votre leçon avec un professeur, vous êtes allé prendre une douche. Par erreur, vous entrâtes dans la partie réservée aux ladies. Je m’y trouvais et eus la présence d’esprit de me dissimuler derrière une corbeille de linge à laver. Depuis ma cachette, sir David, je vous vis entièrement nu et ressentis de ce fait le choc de mon existence. Seigneur, quel pénis ! Sur le moment, j’eus du mal à croire que cela en était un. La surdimension de cet appendice est telle qu’on ne peut admettre de prime abord qu’il appartienne à un humain ! J’étais tétanisée, comme l’écrivent les romanciers à bas prix ; ne pouvais m’arracher à la vue de ce membre phénoménal ; croyais m’en sentir pénétrée. L’eau chaude de la douche ajouta à sa vigueur et il devint ardent. Vous cacherai-je, merveilleux David, que j’en fus malade de désir, moi qui, jusqu‘à ce jour, ne connais de la possession que ce que nous en montrent les films hard des chaînes privées, à des heures infréquentables ?
Depuis cet instant de prodigieuse révélation, j’aspire à devenir vôtre. J’ai besoin de vous pour vivre. O mon aimé, mon régnant, je serai à vous ou bien à personne.