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La nurse anglaise

Электронная книга - «La nurse anglaise». Краткое содержание книги:

Sir David Bentham, lord et pair d'Angleterre, compte parmi les individus les plus petits du Royaume-Uni puisque, à vingt-huit ans, il ne mesure que 104 centimètres. En revanche, la nature a doté ce gentleman d'un attribut viril d'une taille et d'une puissance phénoménales dont il use sans répit. Le nanisme de sir David, joint à la richesse familiale, le dispense d'exercer une profession. Alors, comme il déteste l'oisiveté, pour passer le temps, il tue les gens…
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Tom Lacase annonçait à son maître qu’une femme était là, porteuse d’un message ultraconfidentiel à son intention. Elle venait, mandatée par Jessie Lambeth, et devait remettre son pli en main propre.

— Qu’elle aille se faire aimer ! riposta David.

Mais la nurse lui saisit le bras.

— Non, sir. Après votre comportement d’hier, vous devez la recevoir.

Il fixa Victoria, troublé. Puis ordonna au Noir d’accompagner la messagère.

Cette dernière déclara se prénommer Rosy et être la femme de chambre de miss Jessie. Il s’agissait d’une jeune personne plutôt bien prise qui avait dû fournir pas mal d’efforts pour se débarrasser de son côté ordinaire. Elle coltinait avec bravoure une énorme poitrine de nourrice et ses cheveux couleur de crin végétal tire-bouchonnaient sur ses oreilles. Son visage, cependant, ne laissait pas indifférent, à cause de deux grands yeux verts qui exprimaient la malignité.

Elle portait une jupe ample, imprimée, un sweater rose bonbon avec, jeté sur le tout, un ciré noir et brillant comme de la peau de squale.

Rosy ne semblait pas gênée par l’attitude du couple. Le nain conservait sa posture de soupirant transi gardant la main de sa maîtresse dans la sienne.

— Eh bien ? demanda-t-il sèchement.

Sans se montrer troublée par cet accueil peu aimable, la fille sortit un pli de son imperméable.

— Miss Lambeth m’a chargée de remettre cette lettre à Votre Honneur. Elle demande que vous la lisiez, puis me la rendiez ensuite.

— Pourquoi ne me téléphone-t-elle point, si elle entend s’adresser à moi sans laisser de trace ?

La soubrette eut un geste d’impuissance.

— Bon, donnez-moi ce message, je vous le rendrai après lecture.

Elle s’approcha en tendant la lettre.

— Vous sentez bon, fit David. Est-ce le parfum de votre maîtresse ?

— Non, c’est le mien.

— Alors vous avez bon nez !

Il se saisit du pli, en éventra l’enveloppe avec son auriculaire.

— Vous permettez ? demanda-t-il à Victoria.

Il se mit à lire et sa surprise se mua rapidement en effarement.

Le texte de la missive était le suivant :

Merveilleux sir David,

Non, ne croyez pas à quelque insolence de ma part : merveilleux, vous l’êtes absolument.

Je mesure votre stupeur en apprenant ce projet d’union entre nous. Aussitôt, vous fûtes en alerte et imaginâtes tout et le reste. Qu’une fille à peu près normale, née de parents riches et titrés vous veuille pour époux a de quoi vous désorienter et vous inciter à la défiance, je sais. Il faut que je tente, non de me justifier, mais du moins de vous expliquer. Cela remonte à un an environ. A cette époque encore proche, vous avez caressé l’idée de pratiquer le tennis. Vous prîtes donc un abonnement à un club dont je faisais partie. Je n’ai pas la prétention de croire que vous m’y avez remarquée, vous avez passé si peu de temps sur les courts que ce serait improbable. Sachez simplement que moi j’ai été intéressée par votre personne si particulière et attachante.

Une après-midi, après votre leçon avec un professeur, vous êtes allé prendre une douche. Par erreur, vous entrâtes dans la partie réservée aux ladies. Je m’y trouvais et eus la présence d’esprit de me dissimuler derrière une corbeille de linge à laver. Depuis ma cachette, sir David, je vous vis entièrement nu et ressentis de ce fait le choc de mon existence. Seigneur, quel pénis ! Sur le moment, j’eus du mal à croire que cela en était un. La surdimension de cet appendice est telle qu’on ne peut admettre de prime abord qu’il appartienne à un humain ! J’étais tétanisée, comme l’écrivent les romanciers à bas prix ; ne pouvais m’arracher à la vue de ce membre phénoménal ; croyais m’en sentir pénétrée. L’eau chaude de la douche ajouta à sa vigueur et il devint ardent. Vous cacherai-je, merveilleux David, que j’en fus malade de désir, moi qui, jusqu‘à ce jour, ne connais de la possession que ce que nous en montrent les films hard des chaînes privées, à des heures infréquentables ?

Depuis cet instant de prodigieuse révélation, j’aspire à devenir vôtre. J’ai besoin de vous pour vivre. O mon aimé, mon régnant, je serai à vous ou bien à personne.

Jessie L.

David laissa retomber sa main qui tenait le message enflammé. Il éprouvait une sensation bizarre, un peu comme s’il venait de percuter un obstacle. Un jour de son enfance à la campagne, alors qu’il courait après un gros poulet afin de le tuer à coups de bâton, il avait heurté de la tête la ridelle d’une charrette. Le choc avait été si violent qu’il était resté au sol, sans réaction, voire sans pensées. Il conservait de cette secousse une impression confuse, faite d’effroi et de désespoir. A croire que ce traumatisme laissait en lui quelque chose de capital. Son existence en avait été ébréchée. Pendant une période assez longue, il pleura dans son lit, le soir, avant de s’endormir.

A cet instant, il retrouvait l’état semi-comateux ayant suivi le coup.

— C’est grave ? interrogea doucement Victoria, alarmée par son attitude.

— Non, répondit-il. C’est fou.

Il redressa la lettre, la relut rapidement, puis la tendit comme promis à la femme de chambre.

— Tenez, Rosy, reprenez-la ; mais je le déplore, car elle constitue un document.

La fille s’en empara et s’approcha de la cheminée où végétait un feu de boulets qui aurait tenu dans une coupe à dessert.

— Puis-je la brûler, Votre Honneur ? demanda l’ancillaire : c’est le souhait de Sa Grâce.

— Faites ! répondit-il.

La servante tordit le grand feuillet de vélin et le plongea dans les braises. Il produisit un peu de fumée, puis s’enflamma en force. Il se consuma rapidement, donnant une brève vigueur à l’âtre somnolent qui retrouva vite son apathie.

— Son Honneur est témoin que j’aurai obéi aux instructions de ma maîtresse, dit-elle avec un demi-sourire.

Il existait chez cette fille un aspect plaisant provenant sans doute de son tempérament primesautier.

— Puis-je demander à Son Honneur la permission de me retirer ? s’enquit-elle.

— Pas tout de suite, dit David. A mon tour je vais vous charger d’un message pour Jessie. Approchez, ma jolie, et asseyez-vous sur ce pouf.

Intriguée et profondément intimidée, la femme de chambre obéit.

David chuchota à l’oreille de sa nurse, laquelle suivait la conversation en silence et sans marquer de réaction. Malgré son sang-froid, Victoria eut un haut-le-corps.

— Oh ! sir ! protesta-t-elle.

— Faites ! ordonna-t-il avec cette rudesse qui réapparaissait dès qu’on le contrariait.

Résignée, elle se laissa glisser du canapé pour venir s’asseoir auprès de lui sur le tapis.

— Ma chère Rosy, fit alors David, vous risquez d’être profondément choquée par ce à quoi vous allez assister. Je vous demande de suivre attentivement les faits et gestes de miss Victoria ici présente et de les rapporter en toute intégrité à votre délicieuse maîtresse.

Il passa sa main dans le décolleté de la nurse, après l’avoir dégrafe, et dégagea son sein gauche dont il se prit à lécher la pointe.

Devant cette scène un tant soit peu orgiaque, la femme de chambre voulut fuir. Mais le nain qui la guignait d’un œil poussa un cri qui la glaça. Se croyant en danger, elle s’immobilisa.

— Ne paniquez pas, ma chère, la rassura sir David, vous ne craignez rien.

Son sourire, bien qu’il semblât machiavélique à la jeune femme, la calma quelque peu, Elle attendit donc la suite des événements, craintive mais piquée par une curiosité féminine.

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