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La Recluse

Электронная книга - «La Recluse». Краткое содержание книги:

Le 25 mars 1851, un charmant aviso gréé en goélette quittait New-York, vers cinq heures de l'après-midi, et, poussé par une brise favorable, prenait la mer, toutes voiles dehors.
C'était l'Atalante, un des plus fins, voiliers de la marine. La petite goélette faisait partie d'une escadre d'exploration qui, évoluait sur les côtes d'Amérique; elle avait reçu pour mission d'aller prendre à New-York les dépêches de France, et, après avoir mouillé quelques jours en vue du port, elle repartait, alerte et vive, pour rallier l'escadre et lui apporter les correspondances attendues…
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– Demain?

– Oui, demain! demain!

– Venez, Mademoiselle! commanda sœur Rosalie du fond du parloir.

Il fallait obéir et se séparer.

Les deux jeunes filles s’éloignèrent, laissant Maxime et Gaston diversement impressionnés.

Maxime, lui, n’était guère occupé que de Mariette, qu’il suivit du regard jusqu’à ce qu’elle eût disparu; mais Gaston, encore tout à la sensation qu’il venait d’éprouver, attendait sœur Rosalie, qui, pour quitter le parloir, devait passer près de lui.

Machinalement, sans pouvoir se défendre d’un entraînement irréfléchi, il se porta même à sa rencontre, comme s’il eût voulu l’arrêter au passage.

Mais la sœur fit un geste vif et prompt comme l’éclair, et posa un doigt impérieux sur ses lèvres; puis, s’inclinant jusqu’à le toucher:

– Prenez garde! dit-elle à voix rapide et basse; ce soir, Palmer ira vous trouver: faites ce qu’il vous dira.

Et ramenant son voile sur les yeux, elle gagna l’escalier et ne tarda pas à disparaître.

Gaston resta frappé de stupeur.

Il ne s’était pas trompé!

Cette femme qui venait de lui parler, c’était miss Fanny Stevenson!

VII

Le soir, vers huit heures, Gaston était seul dans sa chambre.

Il venait de quitter Maxime à qui il avait promis de l’accompagner encore le lendemain, et il était rentré précipitamment.

Il attendait Palmer et ne voulait pas le manquer.

Les découvertes qu’il avait faites le matin, l’avaient effrayé.

Miss Stevenson! C’était bien elle! s’il avait pu conserver quelque doute jusqu’alors, maintenant il n’en avait plus aucun.

Que venait-elle faire à Paris? Qui l’y retenait?

Qu’avait-elle appris, et quel projet nourrissait-elle?

Il avait hâte de l’interroger et de connaître le but mystérieux qu’elle poursuivait.

Quoiqu’il ne vît pas encore très bien ce qu’il y avait au fond de cette ténébreuse affaire, cependant, certains points obscurs commençaient à s’éclairer.

C’était le comte de Simier que miss Fanny recherchait; c’était son enfant qu’elle voulait lui redemander, et tout l’autorisait à croire qu’elle était sur les traces du comte et de sa fille!

Comme huit heures sonnaient, le timbre de l’appartement retentit.

Bob alla ouvrir, et presque aussitôt il introduisit Georges Palmer.

Ce dernier entra l’air souriant et de bonne humeur.

– Ah! ah! vous m’attendiez, commandant, dit-il en remarquant que Gaston était debout et prêt à sortir.

– Vous le voyez, fit ce dernier.

– Vous avez vu miss Stevenson?

– En effet!

– Et elle vous a donné rendez-vous pour ce soir?

– Elle vous a prévenu vous-même, à ce qu’il paraît.

– Comme vous dites: il est convenu que la jeune lady vous attendra sur le coup de neuf heures.

– Où cela?

– Au couvent, parbleu!

– Et vous êtes certain que l’on nous permettra d’y pénétrer?

Palmer fit un haut le corps.

– Oh! si nous avions eu l’idée d’en demander la permission, répliqua-t-il, je crois pouvoir assurer qu’elle nous aurait été refusée; mais nous avons d’autres moyens à notre disposition.

– Lesquels?

– Je me suis fait des amis dans la place, et depuis quelque mois, François, le jardinier, n’a rien à me refuser.

En parlant ainsi, Palmer se prit à rire.

– Voyez-vous, continua-t-il, François est un très honnête homme qui se ferait couper en quatre plutôt que de manquer à son devoir; mais on n’est pas parfait, et notre jardinier a un défaut, tout comme votre serviteur. Moi, c’est le gin; lui, c’est l’absinthe! Et, dès le jour où hasard nous a mis en présence, nous nous sommes entendus tout de suite. Ce jour-là était un dimanche! Vous comprenez, je n’avais pas de scrupule, lui non plus. Et depuis, il m’accorde à peu près tout ce que je lui demande; il faut dire, d’ailleurs, que miss Fanny Stevenson est très généreuse, et qu’il n’a qu’à se louer de sa libéralité.

– Alors, c’est lui qui, ce soir…

– C’est chez lui que miss Stevenson vous attendra, à neuf heures; François habite, au fond de l’enclos, un petit pavillon où personne ne vient jamais le déranger. Il cédera sa chambre pour tout le temps que vous désirerez, et pendant que vous causerez avec sœur Rosalie, nous irons chercher quelque distraction dans un cabaret voisin.

– Eh bien, s’il en est ainsi, n’attendons pas plus longtemps et partons!

– Vous avez raison. J’ai une voiture à la porte, et le cocher pourrait s’impatienter.

Ils descendirent.

Quand ils eurent pris place dans la voiture, le cocher enleva ses chevaux d’un vigoureux coup de fouet, et ils partirent dans la direction de la Seine.

Le trajet fut vite franchi: une demi-heure après, ils s’arrêtaient contre le mur du couvent de Sainte-Marthe et sautaient à terre.

Puis ils marchèrent vers la porte, qu’ils trouvèrent entr’ouverte.

Palmer la poussa.

Le jardinier attendait à quelques pas; il vint à leur rencontre.

– Est-ce vous, monsieur Palmer? demanda-t-il.

La nuit était sombre; on y voyait à peine.

– C’est moi, monsieur François, répondit Palmer.

– Ça suffit; suivez-moi.

Au bout d’un instant, ils s’arrêtèrent de nouveau.

Ils avaient atteint le pavillon; une lumière brûlait à l’intérieur.

– Vous pouvez entrer, commandant, dit alors Palmer; miss Stevenson vous attend, et nous allons nous retirer, pour revenir dans une heure.

Gaston n’en attendit pas davantage et, franchissant le seuil du pavillon, il pénétra presque aussitôt dans la première pièce du rez-de-chaussée.

Une lampe brûlait sur la cheminée, jetant alentour une lumière douteuse, et pendant quelques secondes, Gaston distingua mal les objets qui s’y trouvaient; mais peu après un bruit se fit entendre dans l’un des angles de la chambre, et une femme vînt à lui.

C’était miss Fanny Stevenson.

Elle ne prononça pas une parole, mais elle l’enveloppa d’un regard plein d’effluves et lui tendit la main.

Gaston s’en empara vivement.

– Vous! c’est vous, dit-il profondément ému, ah! je savais bien que je ne m’étais pas trompé.

– Vous m’avez donc reconnue? fit la jeune femme.

– Pouvait-il en être autrement?

– Je suis bien changée cependant.

– J’ai si souvent pensé à vous.

– Vraiment.

– Je n’espérais plus vous revoir…

Un amer sourire crispa la lèvre de miss Stevenson.

– C’est Dieu qui m’a donné la force de vivre, répondit-elle; deux sentiments puissants m’ont soutenu… l’amour que je portais à mon enfant, la haine que j’avais vouée au comte de Simier!

– Que dites-vous?

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