Purgatoire des innocents
- Автор: Giébel Karine
- Год: 2013
- Язык: французский
- Год: Éditions Fleuve Noir
- ISBN: 978-2265097841
- Жанр: Триллеры
Электронная книга - «Purgatoire des innocents». Краткое содержание книги:
Ceux de Sandra.
Il balance sa clope, se précipite dans la maison. Il s’arrête encore, regarde William qui tente de se lever du canapé.
— En haut ! indique le jeune homme en retombant sur le sofa.
Raphaël se rue dans l’escalier en dégainant son colt. Il s’arrête, écoute encore ; les cris proviennent de la chambre du fond. Il se jette sur la porte, l’ouvre d’un violent coup d’épaule.
Et reste médusé un instant sur le seuil.
Sandra se débat, à moitié nue, entre les griffes de Fred.
— Lâche-la ! ordonne Raphaël.
Fred obtempère et Sandra se réfugie immédiatement dans les bras de son sauveur.
— Empêche-le ! hurle-t-elle entre deux sanglots. Ne le laisse pas me faire ça !
Raphaël la met à l’abri derrière lui et s’avance lentement vers Fred.
— C’est pas ce que tu crois, Raph, je sais pas ce qui lui prend ! Elle a voulu qu’on…
Il n’a pas le temps de finir sa phrase. Raphaël lui colle une droite en pleine figure et l’envoie valdinguer contre une commode.
Il se redresse pour recevoir un nouveau coup, dans l’estomac cette fois. Il se plie en deux, crache un peu de sang avant de tomber à genoux.
— Arrête, merde… T’es devenu fou !
Raphaël le plaque contre le mur en lui enfonçant le colt dans le ventre.
— Bouge pas.
— Arrête tes conneries, Raph… Cette fille est cinglée !
— Encore un mot et je te mets les tripes à l’air, prévient Raphaël. C’est toi qui vas arrêter tes conneries. Je veux pas d’une saloperie de violeur dans mon équipe.
— C’est elle qui a voulu, répète Fred en bougeant le moins possible. Et puis elle s’est mise à hurler…
Raphaël jette un coup d’œil furtif à Sandra, assise contre le mur, la tête entre les mains, secouée par de violents sanglots.
— Bien sûr, dit-il d’une voix pailletée de glace. C’est dingue comme elle avait l’air partante pour une petite partie de jambes en l’air avec toi !
— Putain, Raph, je te dis que…
— Ferme ta gueule. Et dégage.
Il recule un peu mais braque toujours son flingue. Fred le dévisage un instant avant de se diriger vers la porte. Sandra se ratatine lorsqu’il passe près d’elle en lui jetant un regard de tueur.
— Toi, tu me le paieras, espèce de salope.
Puis il se retourne avant d’ajouter :
— Tu viens de faire la pire connerie de ta vie.
Raphaël arme son pistolet.
— Fous le camp, j’ai dit… Je te le répéterai pas une troisième fois.
— Tu ne sais pas ce que tu fais, Raph. Cette fille veut qu’on s’entre-tue.
Fred quitte la chambre et Raphaël remet son flingue à la ceinture avant de s’agenouiller devant Sandra, véritable boule de douleur en fusion. Il attrape ses poignets, tente d’écarter ses bras derrière lesquels elle cache son visage.
— C’est fini, dit-il. Il est parti.
Il saisit son pull qui traîne sur la moquette.
— Rhabille-toi.
Elle s’exécute en tremblant de la tête aux pieds et remonte son jean baissé jusqu’à mi-cuisses.
— Qu’est-ce qui s’est passé ? interroge Raphaël.
Elle s’assoit sur le lit, essuie ses yeux hagards.
— Il m’a demandé de le suivre dans la chambre… Il… il m’a dit qu’il ne pouvait pas me laisser seule en bas et qu’il devait prendre un truc ici… Et… il a fermé la porte et…
Un nouveau sanglot l’étouffe, elle enfouit à nouveau son visage entre ses mains.
— Et il a essayé de me forcer à…
— Ça va, j’ai compris, coupe Raphaël. C’est fini maintenant. Tu n’as plus rien à craindre.
Elle le regarde, complètement paniquée.
— Il va me tuer ! gémit-elle. Il va se venger !
— Je suis là, rappelle Raphaël. Il ne te touchera plus, fais-moi confiance. Allez, maintenant on descend.
Il la prend par le poignet avant de l’entraîner de force dans le couloir.
CHAPITRE 14
Christel revient lentement vers la maison. Elle aperçoit alors Fred qui en sort. Il claque violemment la porte, file un coup de pied dans une jardinière en plastique.
Même si elle est à plus de cinquante mètres, Christel comprend qu’il est furieux. Son cœur s’affole ; et si Raphaël avait parlé ?
Elle reste pétrifiée, le regardant marcher droit vers l’étang. Il ne s’y arrête pas, continue en direction des bois.
Elle hésite un instant, décide finalement de le rejoindre. Elle se met à courir, traverse la prairie, longe la pièce d’eau et s’enfonce enfin dans le bois de feuillus.
C’est sous un ciel de plus en plus menaçant qu’elle s’élance sur les traces de l’homme qu’elle aime plus que tout au monde.
Sandra est dans le fauteuil de la salle à manger, près de William. Elle pleure en silence, tremble encore légèrement.
Raphaël lui apporte une tasse de café brûlant.
— Tiens, bois ça.
— Qu’est-ce qui s’est passé ? s’enquit William.
— Rien.
— Rien ? répète Sandra.
Soudain, la colère la transfigure.
— Ce malade a essayé de me violer et tu dis qu’il ne s’est rien passé ? hurle-t-elle.
William reste sans voix un instant. Abasourdi. Tandis que Raphaël regarde par la fenêtre, visiblement mal à l’aise.
— Qu’est-ce qui lui a pris ? demande Will.
— Aucune idée, prétend Raphaël. Mais je suis arrivé à temps alors inutile d’en parler pendant cent ans !
Sandra lance la tasse contre le mur, non loin du visage de Raphaël avant de s’enfuir en direction de la porte. Mais il la rattrape sur le seuil, la fait rentrer de force et ferme à double tour.
— Maintenant, tu te calmes !
Elle se précipite vers l’étage, il se jette à nouveau à sa poursuite, la stoppe au milieu de l’escalier. Ils manquent de tomber tous les deux jusqu’à ce qu’il parvienne à la ceinturer.
— Tu vas te calmer, oui ou merde ?
Il l’oblige à redescendre, l’assoit de force dans le fauteuil où elle éclate en sanglots. Raphaël ferme les yeux, pousse un soupir de lassitude. Après la crise d’hystérie, la crise de larmes. Il fallait s’y attendre. Mais au moins, elle n’a plus l’air de vouloir s’échapper.
Au bout d’une minute, elle lève la tête, essuie ses joues.
— J’ai eu tellement peur ! sanglote-t-elle.
— C’est fini, rappelle Raphaël d’un ton sec. Alors tu te reprends et tu restes tranquille. Sinon, je t’attache sur le plumard, c’est clair ?
— Qu’est-ce que tu vas faire ? demande William.
Raphaël le dévisage avec étonnement.
— Je lui ai collé mon poing dans la gueule. Qu’est-ce que tu veux que je fasse de plus ? Maintenant, il va me haïr… Tout va de mieux en mieux !
Fred et Christel sont assis face à face. Ils sont revenus non loin de l’étang pour s’installer sur le vieux banc en bois rongé par l’humidité, sous le squelette d’un hêtre centenaire qui a déjà perdu presque toutes ses feuilles et attend patiemment le printemps pour renaître de ses cendres.
Les deux amants parlent, de longues minutes. À voix basse. Main dans la main, yeux dans les yeux.
Complices, comme toujours.
Complices, comme jamais…