Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité
- Автор: AdrienH
- Год: 2013
- Язык: французский
- Год: FanFiction.net
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité». Краткое содержание книги:
Et il le sut, alors que naissait une sensation morbide au fond de son estomac. Bien sûr que quelqu'un serait assez stupide. Salazar Serpentard n'avait probablement jamais considéré les implications morales de l'intelligence reptilienne, pas même pendant une seconde, tout comme ça ne lui était même pas venu à l'esprit que les nés-Moldus puissent être assez intelligents pour mériter d'avoir des droits. La plupart des gens ne remarquaient même pas qu'un problème moral existait tant qu'on ne le leur avait pas directement montré...
"Harry ?" dit Terry, à côté de lui, comme s'il avait peur d'être sur le point de regretter d'avoir posé la question. "Pourquoi est-ce que tu regardes ta fourchette comme ça ?"
"Je commence à penser que la magie devrait être illégale," dit Harry. "Au fait, est-ce que tu as déjà entendu des histoires au sujet de sorciers capables de parler aux plantes ?"
Terry n'avait jamais rien entendu de cet acabit.
Pas plus qu'aucun des autres Serdaigle de septième année auxquels Harry avait posé la question.
Il revint donc à sa place mais ne s'assit pas immédiatement, regardant son assiette de légumes avec un air désespéré. Il avait de plus en plus faim et allait, plus tard dans la journée, rendre visite à la Chambre de Marie pour y déguster l'un de leurs plats incroyablement délicieux... la tentation de revenir à ses habitudes alimentaires de la veille et à ne plus y penser commençait à être douloureuse.
Tu dois manger quelque chose, dit son Serpentard intérieur. Et la probabilité qu'un sorcier ait saupoudré un peu de conscience de soi sur des volailles n'est pas si élevée que ça comparée à la probabilité qu'il l'ait fait sur des plantes, alors, puisque de toute façon tu en es à manger de la nourriture dont la sentience est soupçonnable, pourquoi ne pas manger ces délicieuses tranches de Dirico grillées dans l'huile ?
Je ne suis pas sûr que ce soit de la bonne logique utilitariste, là -
Oh, tu veux de la logique utilitariste ? Eh bien en voilà une bonne part : Même au cas peu probable où un abruti aurait réussi à conférer la sentience aux poulets, c'est tes recherches qui ont le plus de chances de le découvrir et de faire quelque chose à ce sujet. Si tu peux finir ton travail, même un peu plus vite, en ne chamboulant pas ton régime alimentaire, alors, aussi contre-intuitif que ce soit, la meilleure chose que tu puisses faire pour sauver le plus grand nombre possible de je-ne-sais-quoi possiblement sentients, c'est de ne pas perdre ton temps à conjecturer follement sur la bonne marche à suivre. Ce n'est pas comme si les elfes de maison n'avaient pas déjà préparé la nourriture, que tu la mettes dans ton assiette ou pas.
Harry considéra cela pendant un moment. C'était un raisonnement séduisant -
Bien ! dit Serpentard. Je suis heureux que tu voies maintenant que le choix moral est de sacrifier la vie d'êtres sentients pour ton confort personnel, pour nourrir tes appétits morbides, pour le plaisir ancestral de les déchirer de tes dents -
Quoi ? pensa Harry avec indignation. Tu es dans quel camp, là ?
La voix de son Serpentard mental était sinistre. Toi aussi tu ouvriras un jour les bras à la doctrine selon laquelle... la faim justifie les moyens. Ceci fut suivit par une sorte de rire sarcastique mental.
Depuis que Harry avait commencé à s'inquiéter de la possibilité que les plantes soient sentientes, ses composants non-Serdaigle avaient eu du mal à prendre ses doutes moraux au sérieux. Poufsouffle criait Cannibalisme ! à chaque fois que Harry essayait de penser à quelque chose de comestible, et Gryffondor visualisait cette nourriture en train de crier, même s'il s'agissait d'un sandwich -
Cannibalisme !
AAAIIEEEEEE NE ME MANGE PAS -
Ignore les cris, mange-le quand même ! C'est le genre de situation où il faut compromettre son éthique au service de ses idéaux, tout le monde pense que c'est normal de manger des sandwiches alors tu ne peux pas utiliser ta rationalisation habituelle au sujet de la faible probabilité d'un grand désavantage dans le cas où tu serais pris -
Harry laissa échapper un soupir mental et pensa : Tant ça ne te dérange pas que nous soyons dévorés par des monstres géants qui n'ont pas assez faits de recherches pour découvrir si on était sentients ou pas.
Ça ne me dérange pas, dit Serpentard. Ça ne dérange personne (hochements de tête mentaux). ? Génial, on peut en revenir aux tranches de Dirico plongées dans l'huile bouillante maintenant ?
Pas avant que j'ai fait quelques recherches pour découvrir ce qui est sentient et ce qui ne l'est pas. Maintenant la ferme. Et Harry se détourna d'un geste volontaire de son assiette pleine de légumes si tentants avant de se diriger vers la bibliothèque -
Mange juste les élèves, dit Poufsouffle. Il n'y a aucun doute quant à leur sentience.
Tu sais que tu en as envie, dit Gryffondor. Je parie que les plus jeunes sont les plus goûtus.
Harry commençait à se demander si le Détraqueur n'était pas parvenu à endommager ses personnalités imaginaires.
"Franchement," dit Hermione d'une voix acerbe tandis que son regard scannait les rayons de Botanique de la bibliothèque de Poudlard. Harry lui avait laissé un message lui demandant si elle pouvait se rendre à la bibliothèque après le petit déjeuner que lui-même avait sauté ; mais lorsque Harry avait introduit le sujet du jour, elle avait semblé un peu décontenancée. "Tu sais ce que c'est ton problème, Harry ? Tu n'a aucun sens des priorités. Une idée te vient et tu dois tout de suite la poursuivre."
"J'ai un excellent sens des priorités," dit Harry. Sa main s'avança et il attrapa Rouerie végétale, de Casey McNama, puis il commença à faire défiler les premières pages, à la recherche de la table des matières. "C'est pourquoi je veux découvrir si les plantes peuvent parler avant de manger mes carottes."
"Tu ne penses pas qu'on a peut-être des choses plus importantes à faire ?"
On dirait Draco, pensa Harry, mais il ne le dit évidemment pas. Ce qu'il dit fut : "Qu'est qui pourrait être plus importante que la découverte que les plantes sont sentientes ?"
Il y eut un silence éloquent, et il baissa les yeux sur la table des matières. Il y avait bien un chapitre sur le langage des plantes, ce qui fit manquer un battement à son cœur ; et ses mains commencèrent alors à rapidement tourner les pages, en direction du bon numéro.
"Parfois," dit Hermione Granger, "je n'ai vraiment, mais alors vraiment aucune idée de ce qui se passe dans ta tête."
"Écoute, c'est une question de multiplication. Il y a beaucoup de plantes dans le monde, et si elles ne sont pas sentientes alors elles n'ont pas d'importance, mais si les plantes sont des gens, alors cela leur donne plus de poids moral que toute l'humanité réunie. Bien sûr, ton cerveau ne s'en pas intuitivement compte, mais c'est parce que le cerveau ne sait pas multiplier. Par exemple si tu demandes à trois groupes de maisonnées canadiennes ce qu'elles seraient prêtes à payer pour sauver deux mille, vingt mille ou deux cent mille oiseaux d'une mort par marée noire, les trois groupes répondront qu'ils sont respectivement prêts à payer soixante dix huit, quatre-vingt huit et quatre-vingt dollars. En d'autres termes, aucune différence. Ça s'appelle l'insensibilité à l'échelle. Ton cerveau imagine un seul oiseau luttant dans une mare de pétrole, et cette image créée une quantité donnée d'émotion qui détermine ce que tu es prête à payer. Mais personne ne peut visualiser ne serait-ce que deux mille "quelque chose", alors la quantité est immédiatement évacuée. Essaie maintenant de corriger ce biais pour cent billions de brins d'herbe sentients, et tu comprendras qu'ils pourraient avoir des milliers de fois plus d'importance que celle que nous accordions à l'espèce humaine... oh, Azathot merci, ça dit qu'il ne s'agit que de quelques plantes magiques capables de parler et qu'elles parlent le langage humain à voix haute, pas qu'il existe un sort permettant de parler à n'importe quelle plante -"